{{gap}}Leurs mains plongent enfin dans les poitrines belles et retirent cinq cœurs, cinq cœurs battant de l'aile.
{{gap}}Dans la brise, toujours dorment les Promises de porcelaine emparfumées de marjolaine.
{{gap}}Ensuite, ayant cousu les chairs — avec le fil du baiser cher en l'aiguille des dents — et refermé corsages corselets où rient deux pommes de Quimperlé, les cinq Gars de faïence entrent dans la chapelle peinte offrir les cœurs, les cœurs battant de l'aile à la Sainte aux fins yeux d'algue qui, les sauvant des loups gloutons du vent noroît, guida leurs grands moutons de bois vers le bercail de Cornouailles.
***
{{gap}}Hélas ! quand ils sortirent devers la mousse et l'herbe, plus ne virent leurs Douces aux longs cheveux de gerbe.
{{gap}}Toutes là-bas partaient, partaient parmi la route qui, blanche, se déroule jusqu'au village où l'on roucoule.
{{gap}}{{gap}}Eux les appellent par leurs noms : Yvonne, Marthe, Marion, Naïc et Madeleine !
{{gap}}Mais point ne se tournent les belles, Yvonne, Marthe, Marion, Naïc et Madeleine ; et les vilaines au loin s'en vont.
{{gap}}Si loin que leur coiffelette, d'abord aile de mouette, devient aile de papillon, puis flocon de neige fondu par l'horizon...
{{gap}}Tombent alors en défaillance les cinq Gars de faïence tandis que disparaissent les cinq Promises de porcelaine emparfumées de marjolaine.
***
{{gap}}De cœur n'ayant plus, elles n'aimaient plus : Yvonne, Marthe, Marion, Naïc et Madeleine.
{{gap}}''Novembre 89.''
{{right|{{sc|Saint-Pol Roux.}}}}