II

Or, voici que soudain l'orgue d'un malandrin,
{{gap}}Dans le recueillement de l'heure,
Moud dolemment un lent et chevrotant refrain
{{gap}}Où tout un vieil Autrefois pleure.

On dirait des sanglots clamés par le Passé
{{gap}}Sur un deuil cher qui s'éternise...
— Un lamentable oiseau mortellement blessé
{{gap}}A travers la bise agonise...

Le vent coulis rôdant parmi les corridors
{{gap}}Mêle des complaintes funèbres
Aux sons criards de l'orgue et plaque des accords
{{gap}}Frigides comme des ténèbres.

Imperturbablement la chanson d'Autrefois
{{gap}}Pleure dans le vent, monotone...
— Maints souvenirs perdus, tels des cerfs aux abois
{{gap}}Brament en mon cœur qui s'étonne,

Et tandis que le parc s'efface lentement
{{gap}}Dans le clair obscur équivoque,
Tandis qu'au ciel rosit un vague enchantement,
{{gap}}Mon âme endolorie évoque

La magique splendeur des rêves abolis
{{gap}}Qui se jouaient das les lumières,
Vers les couchants d'or pâle où sommeillaient des lis,
{{gap}}Des lis plus blancs que des Prières!...

{{right|{{sc|Jean Court}}.}}