''{{larger|LE CHANT DU SILENCE}}''
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{{gap}}Il faut croire, la nuit, aux murmures discrets
{{gap}}Que les âmes errantes distillent dans l'ombre :
{{gap}}Sous les flots de la mer ténébreuse où l'œil sombre,
{{gap}}On entend vaguement d'ineffables secrets.
{{gap}}Où serait la douceur et l'attrait du mystère,
{{gap}}Si nous-mêmes n'étions exilés de là-bas ?
{{gap}}Où serait la tristesse inhérente à nos pas
{{gap}}Combien las de longer les chemins de la terre ?
{{gap}}Mais l'espace nous berce d'espoirs précieux,
{{gap}}De lointaines paroles en choient, souriantes;
{{gap}}Nous prêtons notre oreille à ces voix ambiantes
{{gap}}Qui nous semblent frémir de l'ivresse des cieux. ::Il faut tendre le rêve au silence : ::Il est fait des soupirs éternels ::Que le monde imprévu des fantômes ::Laisse bruire à nos crânes réels. ::Il s'épand sur l'humaine détresse ::Comme un baume de calme et d'amour; ::Il apporte une paix infinie ::A des maux qui ne durent qu'un jour. ::Au plus fort du malaise de vivre, ::Quand le cœur au bonheur est ingrat, ::Il suggère une attente sereine ::D'un « plus tard » qui peut-être viendra.
{{gap}}Le silence est un chant que comprennent les tristes.
{{gap}}Accoudés au balcon hors des salles en feu,
{{gap}}La prunelle à l'extase, ils écoutent le jeu
{{gap}}Merveilleusement pur de divins harmonistes.
{{gap}}Et ne fût-ce vraiment qu'un écho vagabond
{{gap}}Dans l'éther éveillé du frisson de notre être,
{{gap}}Et ne fût-ce qu'un leurre amical qui vient naître
{{gap}}Pour tromper notre deuil, rafraîchir notre front,
{{gap}}Ce doux chaut du silence où s'éploient des poèmes
{{gap}}Plus suaves, plus beaux que jamais on n'en lut,
{{gap}}Dans le doute où nous sommes, chercheurs de salut,
{{gap}}Ce doux chant nous serait le meilleur de nous-mêmes. {{right|{{sc|Louis Dumur.}} }}