{{gap}}Et bien souvent mon âme lasse et taciturne,
{{gap}}Que frôle incessamment un vol d'oiseau nocturne,
{{gap}}S'est penchée inquiète sur les bords de l'urne,
{{gap}}Afin de respirer les balsamiques fleurs
{{gap}}Qui cajolaient, de leurs parfums ensorceleurs,
{{gap}}Les douze plaies que lui firent d'amers jongleurs. '''
VII
''' {{right|''Causa nostræ lætitiæ.}}''
{{gap}}Reine blonde, douce Reine, naïve Fée,
{{gap}}Que n'ai-je hélas ! la lyre du divin Orphée
{{gap}}Pour parer tes autels d'un immortel trophée !
{{gap}}Car dans l'obscurité du mauvais corridor
{{gap}}Où j'égarais mes pas de faux Campeador,
{{gap}}Tu fis surgir la fête aux mille lampes d'or.
{{gap}}Ton Sceptre de Lumière tint l'ombre asservie,
{{gap}}Et d'un seul coup d'archet tu fis fleurir la Vie
{{gap}}Spirituelle où nage mon âme ravie. '''
VIII
''' {{right|''Rosa Mystica.}}''
{{gap}}Dans le silence émerveillé d'un frais matin,
{{gap}}Au jardin de lumière interdit au Destin,
{{gap}}Tu t'épanouissais en un rêve incertain.
{{gap}}En un rêve incertain d'extases attendries,
{{gap}}Tu t'épanouissais sous des ciels de féeries
{{gap}}Où de grands migrateurs brochaient des broderies.
{{gap}}Mais moi, mauvais larron que n'effraie nul délit,
{{gap}}J'ai profané, pour reposer mon front pâli,
{{gap}}Tes blancs pétales dont je me suis fait un lit. '''
IX
''' {{right|''Domus aurea.''}}
{{gap}}Ouvré comme un palais de faste et d'opulence,
{{gap}}O retrait de prière et d'ombre et de silence
{{gap}}Au seuil duquel s'apaise toute violence,
{{gap}}Les flots des temps battront en vain tes escaliers.
{{gap}}Ils ne prévaudront point contre les boucliers
{{gap}}Dont j'ai fortifié tes murs hospitaliers :
{{gap}}Boudoir d'Avril, Château d'Été, puis Cathédrale
{{gap}}D'Automne, tu seras l'Abbaye vespérale
{{gap}}Où mon cœur pieux exhalera son dernier râle ! {{right|{{sc|Jean Court}}.}}