{{larger|VAINEMENT}}
{{right|''A Saint-Pol Roux.''}}
Mon âme est un grand parc où la pousse géante
De mes désirs et de mes rêves s'enchevètre,
Implorant de leurs bras noués la nuit béante
Sans qu'une aube clémente y veuille m'apparaître :


De trop vastes Vouloirs y tordent leur ramure,
Et des espoirs trop vieux étagent leur feuillage,
Fermant impénétrablement de leur armure
Ma voûte à la splendeur du Magique Sillage.


Tumultueusement ma famine réclame
Une Chair — magnifique pôle des prunelles —
Tabernacle marmoréen prodiguant l'Ame
En avalanche d'opulences éternelles.


Mais la Femme-idéale dérobe son buste
Aux cèdres qu'érigea mon oraison altière :
Elle arbore l'effroi d'une étreinte robuste;
Mais je n'abdique point sa possession fière.


Si nul est mon espoir de sa chère récolte,
J'en veux perpétuer quand même la semence ;
Qu'importe mon isolement si ma révolte
Peuple d'échos puissants ma solitude immense!

{{right|{{sc|Jules Méry}}.}}