{{larger|''SONNET OUBLIÉ''}}


{{right|''À Raymond de la Tailhède.''}}

::Elle est à vendre, la Villa, depuis des ans. ::Le jardin où sonnaient d’amoureuses paroles ::A tu son rire, et gît, inutile, à présent ::Qu’en chaque allée il a poussé des herbes folles.
::La cour mauresque dont le dallage se fend ::Ne s’éveille plus de sa paix silencieuse. ::Et près d’une eau tarie, une statue-enfant ::S’immobilise en un beau geste de joueuse.
::Personne. Un vieux lierre escalade les volets. ::Or si l’enfant s’abstient de son jeu d’osselets ::Et lève un peu son front d’orphelinette triste,
::C’est, croirait-on, pour suivre au-delà des arceaux, ::Dans le méchant carré de ciel qui lui subsiste, ::Ce seul émoi qu’elle a du monde : un vol d’oiseaux. {{right|{{sc|Ernest Raynaud}}.}}
:::''Ivry, Mai 1888.''