luxe... Il ne m'a touchée que du bout des doigts... Tu souris?... Il fut dédaigneux, c'est vrai. Sans cela je lui aurais peut-être pardonné. »
{{gap}}« — Et tu n'as point pardonné? »
{{gap}}« — Non. »
{{gap}}« — Tu es impitoyable. »
{{gap}}« — La pitié est vaine, répondit Sarah, plus vaine encore que la vie... Mais, je fus, et voilà tout, la jument de l'Apocalypse, celle qui porte la mort, — sans le savoir. »
{{gap}}« — Sans le savoir? » répéta Aubert.
{{gap}}« — Tiens, écoute, je vais te dire la vérité. »
{{gap}}« — Non, je ne veux pas. »
{{gap}}« — Il le faut, reprit Sarah. Ce mariage, je devais le subir, quand je te rencontrai. Je n'avais pas protesté avant. Après, je me tus encore : — tout cela, par piété filiale. Maintenant, comprends-tu? je t'aimais, je te voulais, — alors, j'ai agi selon mon désir... »
{{gap}}La mer jetait à leurs pieds la poussière de ses flots lourds.
{{gap}}Ils se regardèrent, les yeux chargés d'une énervante inquiétude. Aubert, d'une voix cruellement ironique, demanda :
{{gap}}« — Comment t'y es-tu prise? »
{{gap}}« — Je l'ai abreuvé de sarcasmes. »
{{gap}}« — Empoisonnés? »
{{gap}}« — A la dose nécessaire. »
{{gap}}« — Parlons clairement, reprit Aubert. Tu l'as tué. »
{{gap}}« — Oui, pour toi. Me veux-tu? »
{{gap}}Sans répondre, il se mit à marcher le long du flot mouvant...
{{gap}}...Lentement marcher, humer la salure émanée des varechs, guetter si quelque épave n'allait point surgir, atome rapporté par le flux d'entre les illusions couchées au fond des abîmes...
{{gap}}...Sarah le suivait, relevant du bout de son ombrelle les chevelures des algues mortes.
{{gap}}Ils allèrent longtemps, toujours muets. La mer