ses brûlures, — alors, dors, cher, dors ; — et pas un chagrin — ne suspendra ses larmes à tes cils ; — repose en profonde paix, — âme triste, jusqu'à ce que la vague revienne laver — la jante du soleil, demain, — dans le ciel oriental.
{{gap}}« Mais si tu veux guérir ton cœur — de l'amour et de toutes ses brûlures, alors, meurs, cher, meurs ; — paix plus profonde et plus douce, — que de gésir en rêvant sur un banc de roses, — les yeux clos, — et alors seul, parmi, les rayonnements — des étoiles d'amour, tu la retrouveras — dans le ciel oriental. »
{{gap}}Poète lyrique supérieur, artiste de magnificence, Beddoes existe et restera, non pour la foule des lecteurs, mais pour les chercheurs et les délicats, à côté d'Ebenezer Jones et de Charles Wells, — moins dramaturge que Wells, moins personnel que Ebenezer Jones, le rude et tumultueux poète, — mais peut-être, au fond, doué plus qu'eux du génie poétique essentiel : et n'est-ce pas tout?
{{gap}}Ajoutons que Beddoes, né à Clifton en 1803, mourut à Bâle en 1849, après une vie assez vagabonde. Fils d'un médecin, il fut médecin lui-même, passa même pour un physiologiste très distingué. On en avait longtemps douté, mais la notice de M. Edmund Gosse est décisive : Beddoes se suicida, dans un moment de surexcitation maladive, — à l'imitation, jusque dans les détails, du personnage d'un de ses drames.
{{right|R. G.}}
{{larger|LES LIVRES}}{{larger|(1)}}
{{gap}}'''Histoire Générale de la Vélocipédie,''' ''contenant plus de 150 gravures, estampes anciennes, caricatures anglaises et françaises sur la vélocipédie, dessins spéciaux des machines employées depuis trois siècles'', — par L. B{{sc|audry}} {{sc|de}} S{{sc|aunier}}, préface de J{{sc|ean}} R{{sc|ichepin}} (P. Ollendorff). — Voir page 298.
{{gap}}'''Chantefable un peu naïve.''' (Sans nom d'auteur ni d'édition). — L'auteur de ce livre au titre si peu significatif s'est fait du poète une idée à la fois très hautaine et très modeste : le Poète, c'est celui qui chante derrière un triple voile, sans que la foule lui puisse faire l'hommage — injurieux, peut-être, après tout — de la joie qu'elle ressent à l'ouïr. Me pardonnera-t-il de déchirer à mon tour, après quelques autres mécréants, l'ombré sacrée où il se réfugiait et de lui dire : « Cygne qui te voudrais anonyme, tu t'appelles Albert Mockel. »