consacrée dans un prochain numéro du ''Mercure''. Il importe en attendant de le signaler à l'attention de tous ceux qui veulent apprendre chez un auteur absolument initié, rigoureusement informé et soucieux d'écrire en belle langue française, quelque chose des problèmes les plus obscurs et les plus captivants de la magie noire. Les lecteurs de ''Là-bas'' trouveront à la fin de l'ouvrage des révélations troublantes sur l'un des personnages les plus mystérieux du roman de M. Huysmans.
{{right|E. D.}}
{{gap}}'''Il ne faut pas mourir,''' par J{{sc|ules}} B{{sc|ois}} (Librairie de l'Art Indépendant). — Dialogue entre Psyché et l'Esprit : — l’Âme humaine et Dieu. Psyché, « lasse jusqu'au dégoût » de son état, voudrait n'être plus, convoite ardemment le néant. « Le rêve stable de primitive harmonie — ce souvenir de l’Éden, — qu'en reste-t-il au milieu de ces perpétuelles renaissances pour une proche mort?... L'immuabilité qui lui semble chimérique dans le Bien et l’Être, elle espère l'atteindre dans l'ombre vide du Rien. » Mais l'Esprit guette sa défaillance. Et « ce ne sera plus la sublime mais lente ascension par le Christ. Ineffable, l'Amour se révèle ». L'Esprit pénètre Psyché, « emportée bientôt dans le vertige du divin ». Et qu'elle « ne redoute plus d'être quittée : la prière est le grand rite magique par lequel on conquiert Dieu ». — Les phrases citées sont extraites d'une ''Glose'' qui accompagne le poème, car le dialogue est en vers — et je le regrette. Je voudrais que le vers ne servit qu'à ''la suggestion de l'inexprimable''. Or, rien de ce que dit ici M. Jules Bois n'est inexprimable en une prose rythmique, harmonieuse et souple — où ne voisineraient point nécessairement, un peu comme dans les romances, les mots : ''amour'' et ''jour'', ''femme'' et ''flamme'' (p. 15) : la majestueuse gravité des sujets où se plaît l'esprit de M. Jules Bois s'accommode mal de ces petites faiblesses.
{{right|A. V.}}
{{gap}}'''Un Poète inconnu de la société de François Villon'''. — L{{sc|e}} G{{sc|rant}} G{{sc|arde derrière}}, ''poème du'' {{sc|xv}}me ''siècle publié avec Introduction'', ''Glose et Index'', ''suivi d'une'' '''Ballade Inédite de François Villon à sa dame''', par W.-G.-C. B{{sc|ijvanck}} (Honoré Champion, libraire). M. Bijvanck, d'abord, avoue franchement qu'il hésite à rapprocher — de trop près — son poète sans nom de Villon. Mais, pour qu'on lût cet échantillon d'un poète inconnu du {{sc|xv}}me siècle, l'étiquette avait son importance. Qu'est-ce qu'un ''grant garde derrière ?'' « La maîtresse du poète, du moins il le croyait, avait un arrière garde, un amant secret, qui entrait par quelque porte dérobée. Cette presque certitude exaspérait le poète, au point qu'un jour, excité par ]'exemple de Villon, il voulut crier sa propre honte à la face du monde et bravement jeta ce titre sur le papier : ''Le grant garde derrière''. »
{{gap}}Il est, en plus d'un point, exquis, ce poème, et il faut vivement remercier M. Bijvanck de nous l'avoir fait connaître.