{{larger|''LES TROIS FEMMES EN DEUIL''}}

{{gap}}Les trois femmes en deuil marchent sur la chaussée d'herbe.
{{gap}}La rivière miroite au soleil et semble une princesse vêtue de soie changeante, qui tient sur sa main pâle, au lieu de l'épervier de chasse, une palombe familière ; dans sa robe lumineuse, dans sa robe de soie et de joie, la rivière se hâte vers la mer prochaine.
{{gap}}Les trois femmes en deuil marchent sur la chaussée d'herbe.
{{gap}}Mais de l'autre côté du chemin, le marécage s'endort dans sa chape d'acier ; vieux roi silencieux, il darde ses prunelles blanches ; les opales tristes qui pleurent sur sa poitrine muette sont brulées par des flammes obscures : la guerre, le meurtre et le viol hantent son sommeil.
{{gap}}Les trois femmes en deuil marchent sur la chaussée d'herbe.
{{gap}}Mystérieusement elles vont ; leurs monotones pas s'assourdissent et glissent comme dans une chambre où repose un mort bien-aimé, un mort aux mains tièdes encore ; elles vont vers la campagne,