prirent la chose de même et publièrent côte à côte ''Moon Story'' et ''Hans Pfaall'', pensant que l'auteur de l'une de ces histoires avait été pillé par l'auteur de l'autre. Quoique les détails soient, sauf quelques exceptions, très dissemblables, je maintiens encore que les traits généraux des deux compositions sont presque identiques. Toutes les deux sont des ''mystifications'' (l'une, il est vrai, écrite sur un ton presque purement plaisant, et l'autre sur un ton absolument sérieux) ; les deux mystifications portent sur le même sujet, l'astronomie ; toutes deux sur la même partie de ce sujet, la lune ; toutes les deux ont pour point de départ un pays étranger, et toutes les deux ont cherché la même vraisemblance dans la minutie du détail scientifique. Ajoutez a cela que jamais rien de pareil n'avait été tenté avant ces deux mystifications, dont l'une suivit l'autre immédiatement, les pieds sur ses talons.
{{gap}}Après avoir exposé ainsi l'affaire, je dois cependant rendre cette justice à M. Locke qu'il a toujours nié d'avoir lu mon article avant d'écrire le sien, — et je dois ajouter que je le crois.
{{gap}}Pas une personne sur dix n'avait refusé d'admettre les révélations du ''Sun'', et (fait bizarre entre tous !) les récalcitrants étaient surtout ceux qui doutaient sans être capables de dire pourquoi, — les ignorants, ceux qui n'avaient aucune connaissance astronomique, les gens qui ne voulaient pas acquiescer, parce que la chose était si étrange, si « en dehors de l'ordinaire ». Un grave professeur de mathématiques dans un collège de Virginie me dit sérieusement qu'il n'avait ''aucun doute'' touchant la vérité du récit de M. Locke! L'effet produit sur l'esprit du public tenait d'abord à la ''nouveauté de l'idée'' ; secondement, au caractère fantaisiste et irrationnel des découvertes alléguées ; troisièmement, au tact consommé avec lequel la tromperie était conduite; quatrièmement, à la ''vraisemblance'' aiguë de la narration. Cette mystification eut un