et cruelle, je n'ai ni sein, ni sang, et tu n'as ni tranchant ni pesanteur. Nous sommes plus intouchables que la trace de l'oiseau dans l'air et plus invisibles que l'odeur des roses. Je veux bien t'aimer, ô sœur folle, mais va te vêtir, que je te voie !
{{gap}}''Répons''.— Mais tu es nue, pauvre âme, aussi essentiellement nue que moi-même, et tout n'est que métaphore. Si je revêts mon corps, que feras-tu de mon corps, et de quels yeux contempleras-tu mes yeux?
{{gap}}''Antiphone''. — L'essence est essentielle et la forme est formelle, mais la forme est la formalité de l'essence.
{{gap}}''Cantique''. — Nous mettrons les sept roses aux sept clefs de la viole et l'arc-en-ciel sera les cordes.
{{gap}}Respire mon odeur, ô cœur, je suis odorante et mourante, la mort des roses en est la cause.
{{gap}}Respire mon haleine, ô reine, je suis amoureux et peureux, j'ai peur de ton bonheur, ô fleur!
{{gap}}Ecoute mes soupirs, ô sire, mes soupirs ont brisé la viole aux sept cordes, mais j'en ferai sept autres avec mes sept désirs.
{{gap}}Ecoute mes paroles, ô folle, tes paroles ont brisé les cordes de mon cœur, mais j'en ferai sept autres avec tes sept soupirs.
{{gap}}Regarde dans ma joie, ô roi, les fleurs sont mortes, la viole est morte, tout meurt excepté toi.
{{gap}}Regarde dans mon ciel, ô belle, les sept couleurs sont mortes de joie, tout meurt excepté toi.
''II. — LE PALAIS DES SYMBOLES''

{{gap}}La forme est la formalité de l'essence: nous acquiesçâmes à cet aphorisme antiphonaire que les voix célestes n'avaient pas nié et nous nous apparûmes réels, c'est-à-dire équilibrés selon l'objectivité la plus commune, mais non la seule.
{{gap}}Ce fut d'abord en un salon de hasard, parmi la cruauté des robes indiscrètes, et ce milieu nous faisait pâlir d'ennui. L'enfance y vagissait sous de blonds ou blancs cheveux et depareilles joies