COCOTES EN PAPIER
''{{larger|LA ROSE}}''
{{gap}}Bonne-Amie entra et tendit à Marcel, qu'elle aimait parce qu'il avait un prénom à la mode et qu'il écrivait dans les journaux, une rose.
{{gap}}— « Elles sont introuvables par le temps froid qui court, tu sais, lui dit-elle. Devine combien elle me coûte? »
{{gap}}— « Les yeux de la tête », dit Marcel.
{{gap}}Il emplit d'eau le plus ventru de ses pots bleus, pour y mettre la rose.
{{gap}}— « Ne l'abîme pas, dit Bonne-Amie. Le fleuriste affirme qu'elle peut s'ouvrir dans une chambre bien chauffée. »
{{gap}}— « Justement : voilà un bon feu, attendons », dit Marcel.
{{gap}}— « Et toi, quel plaisir veux-tu me faire ?» demanda Bonne-Amie.
{{gap}}Elle s'était assise et, les pieds à la flamme, elle ajouta :
{{gap}}— « Je ne tiens pas aux cadeaux. Un rien me suffit, une attention délicate qui touche une femme plus que l'offre d'un empire ou de grosses richesses. Je ne sais quoi. Arrange-toi. Trouve quelque chose. Il me semble qu'à ta place je ne serais pas embarrassée. J'ai été gentille. Sois mignon. »
{{gap}}— « J'ai ton affaire », dit Marcel.
{{gap}}Sans hésiter, il prit le manuscrit en train, et, remuant la jambe, se tapotant la joue avec une règle, se mit à lire, à haute voix, le chapitre fameux