{{gap}}Les deux monosyllabes « un âne » manquent absolument à la fin, — sans doute par suite d'un de ces lapsus typographiques qui auront été à la fois le poison et l'antidote dans la vie de M. Brown.
IV
{{gap}}En toute fiction, l'originalité du thème doit être le ''premier'' objet; — le premier, nous ne disons pas le plus important. Mais, ''ceteris paribus'', un écrivain trahit son propre intérêt en dédaignant, au début de tel récit, l'effet qui dérive invariablement du grand élément ''nouveauté''.
V
{{gap}}L'œuvre d'art doit contenir en elle-même tout ce qui est nécessaire à sa claire compréhension. L' « argument » n'est jamais qu'une forme du « Ceci est un bœuf », écrit sous l'image représentant un animal à cornes.
VI
{{gap}}Une œuvre d'art peut être admirablement construite et cependant être nulle en ce qui regarde l'essentialité de cet art, le plus ingénu, qui n'est que l'heureux développement de la nature; mais aucune œuvre d'art ne peut incorporer une véritable ''originalité'' si elle n'est pas absolument représentative de l'esprit créateur, ou, plus simplement, du ''génie'' de l'auteur.
VII
{{gap}}Entre l' ''humour'' et l'âme de la Muse il y a antagonisme direct ; et la prédominante croyance que la mélancolie est inséparable des plus hautes manifestations du beau n'est pas sans avoir une très ferme base dans la nature et dans la raison. Mais il arrive que l' ''humour'' et cette qualité que nous avons appelée l'âme de la Muse (imagination) trouvent un égal appui pour leur développement dans ces deux mêmes étais, — le rythme et la rime Ainsi, la seule ressemblance qu'il y ait entre le vers humouristique et la poésie, proprement dite, vient de la communauté de l'instrument qui leur est nécessaire. Cette circonstance a pourtant suffi à faire naître et à maintenir, pendant de longs siècles, dans le cerveau des critiques impensants, la confusion de deux idées aussi absolument distinctes.