s'accentuait, devenait formidable ; je voyais des croisillons, des ogives, des créneaux, et tous ces détails bleuâtres se fonçaient comme sous les coups d'un pinceau fantastique.
{{gap}}« Enfin, murmurai-je, on peut bien visiter cette roche ? »
{{gap}}La mère, de Téard souriait en inclinant son bon visage sur l'épaule gauche.
{{gap}}« Vous voulez donc risquer le saut du mauvais garnement ? »
{{gap}}« Qu'est-ce que le mauvais garnement? Une légende? »
{{gap}}« Non, une aventure très naturelle. C'est un conscrit qui avait parié de dénicher des œufs de buse, là-haut, avant d'aller au régiment, et, comme il était gris le matin où il tenta son ascension, il a dégringolé de votre fameux château jusqu'à sa chaumière. S'il n'a pas trouvé des œufs de buse, il a toujours trouvé de la salle de police en arrivant chez son capitaine, car il a fallu le soigner et il a manqué le premier appel, ce nigaud. »
{{gap}}Je restai en contemplation devant le château magique. Une brume entourait cette colline revêtue de grands genévriers et de taillis de hêtres. On y rêvait la fraîcheur d'une eau cachée dans les profondeurs des ''donjons'', et la roche, à distance, paraissait luire comme une peau de reptile. A un pied du premier corps de bâtiment, une sorte de renflement taillé en chemin de ronde faisait exactement l'effet d'un travail humain, et il semblait tellement facile de se promener là-dessus que je ne comprenais pas le dédain de mes amis.
{{gap}}« Nous irons! c'est entendu », décida Téard avec une grimace narquoise.
{{gap}}Nous y allâmes le lendemain. Madame Téard nous suivait, portant un panier copieusement garni, parce que, disait-elle, ''c'était toujours plus loin qu'on ne le pensait''.
{{gap}}Au bout d'une heure de marche dans les blés