''{{larger|REPOSE, DOULEUR}}''
:::Poète, prends la sombre scabieuse,
:La brune échevelée au doux parfum qui mord,
:::Fleur de deuil, fleur de veuve, fleur ombreuse,
:Sur ton sein profond comme la Mer ou la Mort...
:::Dis-moi de quelles nostalgies-névroses,
:Langueurs, satiétés, funéraires débris,
:::Parfums perdus, effondrement de choses,
:Est faite sa corolle aux replis assombris ?
:::De quel tissu, de quelle étrange trame
:Est sa robe de serge, de pourpre et de feu ?
:::De noirs lambeaux arrachés à quelle âme....
:Ou d'un loup de velours... taché de sang un peu ?
:::Quelle est l'haleine énervante, navrée,
:Lourde de lassitude et de subtils relents
:::Comme un vin vieux, qu'exhale, vulnérée,
:Sa patiente ardeur sous tes souffles brûlants ?...
:::Comme un grenat son cœur sombre en lui porte
:::(Rouge tison couvant un feu cruel)
:Une larme où survit une tristesse morte,
:Virtuelle lueur d'un éclair éternel....
:::Toi qui sais, qui vois, qui chantes... Poète !
:Révèle les vouloirs secrets de cette fleur
:Voluptueuse, ténébreuse, si parfaite
:::Dans les empourprements de sa noirceur.