:::Je suis celui qui n'étais plus. :::Du fond des temps révolus, :::Du plus loin, des souvenirs les plus anciens, :::Je viens. {{gap}}Le rêve d'Antonia, le constant et unique rêve qui gît au plus secret de son cœur, s'accomplirait-il ? La vie « se rouvre pour elle », l'ancien bonheur va renaître. Mais l'aube point, la clarté du jour « où toute vérité se reconnaît » et qui abolit le cher songe où s'exaltait la pauvre âme déchue : car l'Amant s'éloigne d'elle, qui n'est plus que la forme, la semblance de celle qu'il aima : :::::..... tu n'es plus :::Celle que tu fus.... :::............ :::Le jour revient, la vie revient; :::Adieu ! Le cours des choses indissolublement te tient. :::Le passé est détruit, ton âme :::D'autrefois est morte, tu es une autre femme ; :::L'Amante avec l'Amant a connu le trépas. :::O douloureuse créature, cherche ! et tu trouveras :::Le chemin, le dur et divin chemin :::Par où ta vie aura son lendemain. :::Au milieu du sort qui t'envoûte, :::Cherche ! et tu trouveras la route; :::Elle peut refleurir un jour, ton âme absoute... {{gap}}Antonia obéit à ces graves suggestions de sa conscience: elle quitte le lieu de mensonge et d'avilissement où elle vécut, et s'en va vers de nouvelles destinées.
{{gap}}Cette seconde partie la ''Légende d'Antonia''est de conception moins large que la première. L'Amante ne pouvait, jadis, en face du Tentateur, n'être point l'Eve curieuse et faible dévolue au péché : elle était alors ''la'' femme ; à la mort de l'Amant, elle ''choisit'' la prostitution : la conséquence n'était point fatale, peut-être même moins logique que telle ou telle autre, et cet acte libre de sa volonté individualise Antonia, qui n'est plus qu'''une'' femme.
{{gap}}De même, il n'y a plus ici l'ombre d'un symbole, et à peine les personnages abstraits qu'on nous montre sont-ils synthétiques.
{{gap}}''Le Chevalier du Passé'' se réduirait donc à un cas sentimental traité par la simplification : procédé excellent en soi, mais dangereux. Tout ce qui, en effet, constitue l'intérêt immédiat d'une action dramatique, le geste individuel, étant écarté, il est de nécessité