{{gap}}De même chaque fois qu'un homme, ou un groupe d'hommes, songe à améliorer le sort des misérables, à leur donner la part de bien-être que les lois de la justice, très différentes des lois juridiques, accordent à tout homme, et, pour cela, à détruire quelques institutions oppressives, le respect est là, qui le fait honnir, car ce sont les institutions sociales, surtout, qu'une sage éducation apprend à respecter. Des aphorismes rythmés et éminemment respectueux - tels que:
{{gap}}{{gap}}{{gap}}{{smaller|Il y aura toujours des pauvres et des riches,}}
ou:
{{gap}}{{gap}}{{gap}}{{smaller|Où peut-on mieux être qu'au sein de sa famille?}}
ou:
{{gap}}{{gap}}{{gap}}{{gap}}{{gap}}{{smaller|Mourir pour la patrie
{{gap}}{{gap}}{{gap}}Est le sort le plus beau, le plus digne d'envie,}}
et beaucoup d'autres dont un gros livre, rédigé en un français déplorables et qui honore peu la littérature du premier Empire (''Les Codes Français''), réunit une copieuse anthologie, - sont, dès le bas âge, enseignés aux citoyens futurs; on veille à ce qu'ils les sachent par coeur, et cette utile précaution perpétue le respect des institutions; et les gouvernements, qui ont pour mission de veiller au maintien des iniquités créées par elles, les peuvent espérer immuables.
{{gap}}Et pourtant, par les siècles, il s'est levé des irrespectueux grâce à qui nous commençons à sortir de la primitive sauvagerie; si ceux-là n'avaient pas paru, sans doute nous habiterions encore au fond des cavernes, nous défendant à coups de pierres contre la faim des fauves et celle de nos pareils, avec, pour seule idée politique et sociale: « Haïssons-nous les uns les autres. » L'irrespect de certains a, depuis lors, légèrement amélioré notre vie; mais on n'en raille et on n'en persécute pas moins ceux qui veulent aller encore vers le mieux, et renverser ce qui est toujours debout des vieilles institutions.
{{gap}}De ces institutions, il n'en est pas une qui ne