{{gap}}{{larger|RÉÉDITIONS}}
{{gap}}'''Versiculets''', par {{sc|Alfred Poussin}}, ''Préface'' de {{sc|Jean Richepin}}, ''Notice'' d'{{sc|Alfred Vallette}}, avec deux ''Portraits'' de l'auteur (dans 50 exemplaires de luxe, un seul dans les exemplaires ordinaires), par {{sc|Evert van Muyden}}(Genève : imprimerie Centrale Genevoise, — Paris : Léon Vanier). — Je ne sais pas de livre qui reflète mieux son auteur que ces ''Versiculets'' dont voici une troisième édition, et c'est une histoire tragi-comique que la leur : ils la racontent eux-mêmes. Chaque fois qu'il les réimprime, Poussin les élague et y ajoute ; ainsi ont disparu de la seconde édition quelques pièces assez factices qu'on lit dans la première, et il est exact de dire que la troisième, encore expurgée, n'est plus faite que de moment d'une vie — déjà longue. Il n'est point jusqu'aux continuelles modifications des dédicaces qui ne soient significatives de quelque incident — accident serait plus juste — de cette vie à la fois bohème et très ordonnée. Et le livre offre un mélange de naïveté, de pessimisme sans amertume, de fierté parfois défaillante, d'amour de l'art, de détestation du Mufle, de mélancolie point pleurnicharde, d'esprit ça et là. Poussin eût excellé dans un genre secondaire bien délaissé aujourd'hui, l'épigramme. En Voici deux :
{{sc|Le Silence d'or}}
''Je vous demandais, Excellence,''
''Un louis sur votre trésor ;''
''Mais, sachant bien que le silence est d'or,''
''Vous jugez bon de garder le silence.''
{{sc|A un Grec de la Décadence}}
''Je ris bien lorsque tu flagelles''
''Musset, qu'on admire partout'' :
''Ses vers inspirés ont des ailes,''
''Et les liens n'ont que des ficelles''
''Et des pieds à dormir debout.''
{{gap}}La prosodie d'Alfred Poussin, tout à fait simple, ne relève de personne, et s'il a des vers malheureux, par exemple celui-ci :
{{gap|4em}}''J'embrassai tout enfant le culte d'Apollon,''
il en a qui dénotent sinon la Science, du moins le sentiment du rythme. Mais les ''Versiculets'' valent surtout en tant que confession : chacune de leurs courtes pièces est une échappée sur une vie absolument unique en notre ère bourgeoise ― ainsi, du reste, que l'auteur lui-même le reconnaît :
{{gap|4em}}''Si ma conduite est étrange et permet''
{{gap|4em}}''A quelques-uns de la trouver blâmable,''
{{gap|4em}}''― Je leur réponds Pour couper court et net :''
{{gap|4em}}''Je ne suis pas votre semblable.''
{{gap|30em}}A.V
{{gap}}'''L'Anarchie dans l'Évolution socialiste.''' ― '''Esprit de Révolte''', par {{sc|Pierre Kropotkine}} (au bureau de la ''Révolte'',