{{gap|6em}}{{smaller|Tu es plus fine, vieille drogue,}}
{{gap|6em}}{{smaller|Que Moregard, cet astrologue}}
{{gap|6em}}{{smaller|Qui fit jadis un roy en l'air,}}
{{gap|6em}}{{smaller|Tu es plus fine que la Brousse}}
{{gap|6em}}{{smaller|Et que César, qui va en housse}}
{{gap|6em}}{{smaller|Dans le sabat, comme un esclair…}}
{{gap}}Cette verve burlesque se maintient pendant trois cents vers, et, à vrai dire, l'''Espadon'' tout entier, même — et surtout — quand l'image devient lupanaresque, sonne en le plus amusant cliquetis de mots et d'évocations bizarres. Dans ce genre, il faut citer encore la prosopopée du Juif errant :
{{gap|6em}}{{smaller|Je me nomme le Juif Errant}}
{{gap|6em}}{{smaller|Je vais de ça de la courant,}}
{{gap|6em}}{{smaller|Mon logis est au bout du monde :}}
{{gap|6em}}{{smaller|Tantost je suis en Trébisonde}}
{{gap|6em}}{{smaller|Et puis soudain chez le Valon.}}
{{gap|6em}}{{smaller|Ma teste aussi n'est pas de plom,}}
{{gap|6em}}{{smaller|Car je suis né dessous la lune,}}
{{gap|6em}}{{smaller|Je vis au soir le roy de Thune}}
{{gap|6em}}{{smaller|Et aujourd'huy le prestre Jau…}}
{{gap|6em}}{{smaller|Je suis un homme de toute heure,}}
{{gap|6em}}{{smaller|Ores nouveau, ores ancien,}}
{{gap|6em}}{{smaller|Ma patrie est où je suis bien.}}
{{gap}}Son étrangeté parfois tourne à la bouffonnerie ; ainsi le récit de la consultation qu'il a dû requérir d'un médecin, - lequel
{{gap|6em}}{{smaller|Escorche la langue latine}}
{{gap|6em}}{{smaller|Comme un boucher fait un mouton.}}
{{gap}}On n'en peut guère indiquer que le passage où il maudît la « haquenée » coupable,
{{gap|6em}}{{smaller|Qui a donné plus de veroles}}
{{gap|6em}}{{smaller|Que l'océan n'a de sablons.}}
{{gap}}Femmes ou filles, bourgeoises ou demoiselles, il les aime toutes et les méprise toutes, et voici son opinion en une strophe fort belle:
{{gap|6em}}{{smaller|Amour, tes plus douces paroles}}
{{gap|6em}}{{smaller|Et tes aubois (22) sont les pistoles.}}
{{gap|6em}}{{smaller|Si tost que ce soleil reluit,}}
{{gap|6em}}{{smaller|L'on voit trembler les pucelages,}}
{{gap|6em}}{{smaller|Comme pendant les grands orages}}
{{gap|6em}}{{smaller|Les arbres tremblent jour et nuit.}}
{{gap}}Il est d'une fécondité rare en images bizarres. Sur l'accoutrement d'une vieille femme :
{{gap|6em}}{{smaller|C'est une musique sans notte,}}
{{gap|6em}}{{smaller|Que le damas de votre cotte:}}