{{larger|ELAINE}}

:L'allée est droite, obscure et pleine de pervenches. :Dans le corsage étroit d'une robe à longs plis, :Et les deux bras chargés des lys qu'elle a cueillis, :La svelte et pure Elaine apparaît dans les branches.
:Un essaim de ramiers rôde autour de ses hanches, :Blanc essor attiré par la blancheur des lys; :Au loin, sur l'or rosé d'un ciel aux tons pâlis, :Le manoir d'Astolat et ses tourelles blanches.
:Elaine, aux yeux d'aurore, au rire humide et frais, :A sa place marquée aux jardins des cyprès; :Elaine avec les lys sera morte à l'automne.
:Elaine est destinée aux éternels regrets, :Et, présageant l'ennui d'une fin monotone, :Pâle et froide à ses pieds, fleurit une anémone.
{{larger|GENÈVRE}}

:Dans l'implacable orgueil d'un royal adultère, :Genèvre, l'œil aride et les seins empourprés, :Le long de la terrasse aux parapets dorés :Promène son ennui hautain et solitaire.
:Elle songe a l'abîme où, degrés par degrés, :Morne elle est descendue, au clos du monastère :Où mûrira sa faute, et les fleurs du parterre :Font pleuvoir sous ses doigts leurs boutons massacrés.
:Elle songe à sa gloire au milieu des huées :S'écroulant, aux pudeurs de son lit remuées, :A sa honte en pâture offerte aux courtisans;
:Elle songe à ses yeux, autrefois méprisants, :Et sur sa robe étroite, où pas un pli ne bouge, :Sinistre et douloureux saigne un large iris rouge.
{{right|{{sc|Jean Lorrain}}.}} {{right|(D'après les ''Idylles du Roi'', de {{sc|Tennyson}}).|3em}}