{{larger|DÉSESPÉRANCE}}

{{gap}}Le silence et l'effroi planent sur le manoir
{{gap}}Dont les Sphynx endormis ne gardent plus les portes,
{{gap}}Et c'est comme un parfum triste de choses mortes
{{gap}}Qui flotte vaguement et monte dans le soir.

{{gap}}Les émaux sont ternis et les verrières closes,
{{gap}}Et l'on voit, au soupir des vieux luths détendus,
{{gap}}Sur les ifs assombris des Jardins suspendus,
{{gap}}En pétales pourprés pleuvoir le deuil des roses;

{{gap}}Car, vers le bon combat, les Rois aventuriers
{{gap}}Que présageait, de loin, l'éclair des boucliers,
{{gap}}Ne viendront plus jamais du fond des bois magiques ..

{{gap}}Aux matins de splendeur succède un soir de mort,
{{gap}}Et le dernier Veilleur de ses mains héroïques
{{gap}}Laisse à jamais tomber le Glaive avec le Cor.

{{larger|L'AMOUR FUNÈBRE}}

{{gap}}L'Amour, le souverain Seigneur de toute Vie,
{{gap}}M'apparut, couronné de lys et de pavots,
{{gap}}Sur le pré jaunissant, dévasté par la faux
{{gap}}Où l'automne sécha les bouquets d'Ophélie.

{{gap}}La tristesse rêvait dans l'ombre de ses yeux;
{{gap}}Le vent frais soulevant sa chevelure folle
{{gap}}Agitait en ses mains une branche de saule,
{{gap}}Et les fleurs s'effeuillaient sur son front sérieux.

{{gap}}Or, cet Amour, avec sa douce bouche triste,
{{gap}}Me dit : « Tu veux en vain me fuir; je suis Celui
{{gap}}Qui, pour te conquérir, t'ai naguère ébloui

{{gap}}Du rayon de mes yeux; nul cœur ne me résiste.
{{gap}}Et plus que la Douleur et le Temps je suis fort,
{{gap}}Moi, Seigneur de la Vie et Seigneur de la Mort ! »