{{larger|A LA DÉRIVE}}


{{gap}}Flotte mélancolique en somptueux arroi,
{{gap}}Des barques balancées par une mer de pourpre
{{gap}}S'en vont vers l'horizon de mystère et d'effroi
{{gap}}Où de vagues rumeurs d'orage semblent sourdre.

{{gap}}Le ciel d'or et de sang attire leur essor
{{gap}}Par le philtre pervers d'un délice éphémère...
{{gap}}Un souffle triste et doux berce sur le flot mort
{{gap}}Leur voile déployée en aile de Chimère;

{{gap}}Et, vains oiseaux d'espoir nonchalamment repris
{{gap}}A l'illusoire attrait du rêve de jadis,
{{gap}}Elles s'en vont, sans bruit, sur les vagues muettes,

{{gap}}Et le vent s'est levé, qui sous le ciel brûlant
{{gap}}Gonfle d'un lent soupir les voiles violettes,
{{gap}}Et les pousse là-bas vers l'horizon sanglant.
{{gap}}{{gap}}
{{larger|PAYSAGE D'AME}}

{{gap}}L'éclat pensif du soir sur la vaste forêt
{{gap}}Etend nonchalamment un brouillard de lumière;
{{gap}}Dans l'air vibrant sourit la grâce meurtrière
{{gap}}Des tristesses qui font le vespéral attrait.

{{gap}}Tes yeux mystérieux, où l'idéal Regret
{{gap}}Brûle comme un soleil rêveur et funéraire,
{{gap}}Te donnent la splendeur de ces cimes qu'éclaire
{{gap}}Le paisible occident de son calme reflet.

{{gap}}Ton sourire répond à des appels mystiques
{{gap}}Par le souffle attiédi des bois mélancoliques
{{gap}}Portés vers toi, leur sœur, comme de longs sanglots,

{{gap}}Et vers la volupté du silence nocturne
{{gap}}S'épanchent lentement, en invisibles flots,
{{gap}}Les désirs alanguis de ton cœur taciturne.
{{gap}}{{right|C. M{{sc|aryx}}.}}