{{gap}}
''{{larger|VERS POUR HYMNIS.}}''
{{gap}}Viens respirer l'odeur des vignes et des fruits.
{{gap}}Ce soir te sera doux comme tes longues nuits,
{{gap}}
Hymnis, enfant qui dors depuis deux mille années,
{{gap}}
Et par le souffle lent des sentes où je fuis
{{gap}}
Les roses du tombeau ne seront point fanées.
{{gap}}Je te dédie, enfant, la mourante forêt.
{{gap}}Elle se pare encor malgré son mal secret :
{{gap}}
Tu te reconnaîtras à sa noble agonie,
{{gap}}Vierge dont le front pâle et fiévreux se parait
{{gap}}Avec l'or éclatant et la blême ancolie.
{{gap}}L'automne funéraire embaume les halliers
{{gap}}Hymnis! Hymnis ! Hymnis! tes cheveux déliés,
{{gap}}
Libres du bandeau frêle où tu les emprisonnes,
{{gap}}
Ont frôlé des santals et des girofliers
{{gap}}Et se sont enivrés de cruelles automnes.
{{gap}}De plus calmes parfums, ce soir, te charmeront.
{{gap}}Pour que ton corps sacré retourne sans affront
{{gap}}De la forêt lointaine aux ténèbres divines,
{{gap}}J
e veux entrelacer à l'entour de ton front
{{gap}}Le thyrse en demi-deuil des suprêmes glycines.
{{gap}}{{right|P{{sc|ierre}} Q{{sc|uillard}}|3em|3em}}