autres sous prétexte qu'eux n'ont rien. Le voilà, le danger, « l'hydre qui sans cesse renaît de ses cendres ». Aussi, prend-il des poses héroïques en face de l'Ennemi, et il sévit, le brave homme, prononçons l'homme brave pour le flatter — on ne sait point, par « le vent de justice qui court » il faut toujours avoir des précautions dans ses poches.
{{gap}}Oh, rien de plus naturel qu'il sévisse, le juré intègre; il sent très bien que seuls les vainqueurs trouvent grâce. Quand on peut triompher à si petits frais et se débarrasser de qui vous gêne! D'une pierre deux coups: brave et libéral; il honore le vainqueur d'homme à homme et punit le vaincu d'homme à foule. Et la foule applaudit, j'espère!
{{gap}}Ah ça, messieurs les Fièrabras de toutes nos comédies, il faudrait pourtant nous entendre sur le mot bravoure.
{{gap}}Sérions les exemples, et, de peur d'erreur, proposons comme en théorèmes.
{{gap}}L'individu qui, devant subir l'inquisitoriale épreuve du feu, s'enduisait la main d'une substance ignifuge; l'individu qui, voulant faire subir à un autre l'épreuve de l'épée, s'exerce le poignet une trinité d'heures par jour: que sont-ils, braves ou lâches?
{{gap}}Corollaire : avec ou sans préméditation?
{{gap}}Du monsieur qui le premier donne un coup de poing — souvent par peur d'être atteint et sur qu'après le prime soufflet'' on les séparera'', — du monsieur qui force quelqu'un à lui rendre raison sur le terrain, — pu de l'autre par eux frappés, par eux insultés : qui sont les lâches?
{{gap}}Corollaire : avec ou sans préméditation?
{{gap}}D'une société qui rue ses trente-six millions d'esclaves, crétins, mouchards, délateurs, indicateurs, envieux, pleutres, pouacres, justiciers, bourreaux, etc..., contre un Révolté qui — sûr de payer de la tête — s'insurge, isolé, contre tant d'hostilités : quel est le brave?