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{{gap}}J'ai placé, pour cacher son rictus trop morose,
{{gap}}A ses troublantes dents ma cigarette rose.

{{gap}}Puis j'ai posé le tout (à la place d'un saint)
{{gap}}Dans une niche, sur les velours d'un coussin.

{{gap}}Et je songe qu'ainsi (méditations mornes!)
{{gap}}La Catin ne peut plus me gratifier de cornes ! (2)}} {{gap}}Ces deux notes, l'une de mélancolie, l'autre d'ironie, persistèrent à sonner jusqu'à la fin dans les vers d'Aurier, et on les retrouvera dans le ''Pendu'' (3) et dans ''Irénée'' (4).
{{gap}}Quant aux caractères propres, différentiels, de sa poésie, ce sont, il me semble, la spontanéité et l'inattendu. Il ne fut jamais un chercheur de pierres précieuses: il sertissait celles qu'il avait sous la main, plus soucieux de leur mise en valeur que de leur rareté ; mais, pêcheur de perles, il le fut aussi trop peu et, trop confiant en sa force improvisatrice, il laissa, même en des morceaux jugés par lui définitifs, échapper des à peu près et des erreurs. Cela vaut-il mieux que d'être trop parfait ? Oui, quand la perfection de la forme n'est que le résultat d'un pénible limage, d'une quête aveugle des raretés éparses dans les dictionnaires, d'un effort naïf à tirer, sur le vide d'une œuvre, un rideau constellé de fausses émeraudes et de rubis inanes. Il est cependant une certaine dextérité manuelle qu'il faut posséder; il faut être à la fois l'artisan et l'artiste, manier le ciseau et l'ébauchoir, et que la main qui a dessiné les rinceaux puisse les marteler sur l'enclume.
{{gap}}Mais là, Aurier pécha moins par omission que par jeunesse, et s'il montra un talent moins sûr que son intelligence, c'est que toutes les facultés de l'âme n'atteignent pas à la même heure leur complet développement ; chez lui, l'intelligence avait fleuri la première et attiré à soi la meilleure partie de la sève.
{{gap}}L'intelligence et le talent, voilà, je crois, une