{{gap}}Le paysage vêt cette grâce infinie
{{gap}}Des choses quand y vient la solaire agonie.
{{gap}}Mais, sur sa face, pas un muscle n'a bougé.
{{gap}}À l'horizon, c'est comme un trait de sang figé.
{{gap}}Et paresseuse et presque à regret, se dénie,
{{gap}}La clarté dont le clos s'est tout un jour gorgé.


{{gap}}La musique du bal arrive par bouffées,
{{gap}}Mais lui ne quitte pas son geste de langueur.
{{gap}}Est-ce qu'il sentirait tout à coup dans son cœur
{{gap}}Une étoile revivre aux cendres étouffées,
{{gap}}Par un exploit renouvelé du Temps vainqueur
{{gap}}Où des pierres sourdait une âme aux chants d'Orphée ?


{{gap}}Est-ce un pressentiment du prompt ''deleatur''
{{gap}}Qui fait saigner son cœur ainsi qu'un nœud d'orties ?
{{gap}}O ces yeux ! murés d'ombre où n'arde plus l'azur,
{{gap}}Soit qu'il ostente un grain de porcelaine pur,
{{gap}}Soit que, sous des flocons de soie, une partie
{{gap}}De sa lueur se tienne un peu comme amortie !


{{gap}}Est-ce le deuil d'avoir outrepassé les siens,
{{gap}}De survivre aux élus d'amour des temps virides ?
{{gap}}Trouble-fête ! exilé des clos musiciens
{{gap}}Et des banquets où siège en roi l'effroi des rides,
{{gap}}Des rides ! relentant déjà les eaux fétides
{{gap}}Et le goût que l'humus donne aux corps qu'il détient !


{{gap}}Ou si — comme ô mon Dieu ! le néant vite empire —
{{gap}}Toute humaine pensée a reflué de lui,
{{gap}}S'il n'est plus qu'un tronc vide ! un rien qu'on ne peut dire !
{{gap}}Son geste de statue et de divin ennui,
{{gap}}Tient-il du nonchaloir repu du bétail pire
{{gap}}Dont les prunelles ne roulent que de la nuit ?