chez une femme si jeune, aimée, et qui voudrait vivre, que je goûte pleinement M. Paul Margueritte : il y a là d'admirables pages d'observation et de psychologie.
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{{gap}}'''Âmes slaves''', par T{{sc|ola}} D{{sc|orian}} (Lemerre). — Après, de Mme Dorian, un volume de vers d'une haute franchise philosophique et d'un art très vivant, de fort bonnes traductions de Shelley (''Hellas'' et ''Les Cenci''), voici, en recueil, des nouvelles. La ''Préface'' avertit que « l'âme slave est l'âme-femme du monde » : pourquoi ? Oui, si toutes les âmes slaves étaient d'essence identique à celle de l'auteur, — mais ces vastes aphorismes me font peur. Raïssa, par exemple, c'est la résignation, le simple devoir domestique et la tendresse pour une jeune sœur, faisant taire dans un cœur de femme un ancien et très légitime amour : la forme donnée à ce court récit est bien slave, mais un tel sacrifice est possible et s'est vu en d'autres milieux. Un des plus étranges épisodes de ce livre, ''La Vierge de l'Ukraine'', a trait à une des mille hérésies russes : il s'agit d'une secte où le Christ s'incarne tous les trois ans dans le sein d'une vierge. Si c'est une fille, on l'étrangle avec sa mère ; si c'est un garçon, on en fait un horrible ''pâté'', dont toute la tribu communie. Le volume est, tout entier, très intéressant et d'une excellente littérature.
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{{gap}}'''Sébastien Roch''', par O{{sc|ctave}} M{{sc|irbeau}}. (Charpentier). — C'est, en intention, l'aventure d'un enfant gâté par des manœuvres onaniques, du fait d'un de ses maîtres, jésuites, — et qui devient pour cela inapte à la vie normale. Mais, comme, chassé du collège, il en arrive, l'âge voulu, à dévirginer une petite amie, ensuite à faire un passable soldat, il est à croire que, sans la mort de hasard qui l'arrête, il se serait marié, tout comme un autre. Alors ? — Mais non, l'auteur s'est moins occupé d'une étude logique que d'un pamphlet. On retrouve, en ce volume, les traditionnels « Jésuite fourbe », « prêtre implacable », « politique ténébreuse » ; cela va jusqu'à la « lourde, la criminelle, l'homicide main du prêtre si fatale au cerveau humain ». Et que de personnages connus : la silhouette de l'abbé Bournisien, encore embêti ; M. Homais, devenu quincaillier et royaliste. Ces choses anciennes sont rédigées dans des phrases d'à peu près, telles que : « Pétrir les cerveaux et manier les âmes... » — « Un mysticisme ''violent'', une obsession de légende et d'épopée bien faits pour impressionner les jeunes âmes ''délicates'' », etc. Trois cent cinquante pages d'écriture. Que de bonnes chroniques perdues ! Le jour est proche où il faudra, entre la littérature et le journalisme, opter définitivement.
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{{gap}}'''Les évolutions de la critique française''', par E{{sc|rnest}} T{{sc|issot}}. (Perrin et Cie). — C'est un peu à la légère, je le confesse, que je me suis engagé à reparler de ce livre : je ferais alors la critique de la critique des critiques, ce qui ne laisserait point que d'être assez inutile. J'ai indiqué l'autre jour les trois grandes divisions de l'ouvrage, et quels écrivains M. Ernest Tissot range dans chacune d'elles. Je me