Page 44 · Tome I. Janvier-Décembre 1890

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toilette, un à un : des bonjours ensommeillés. Primary est là, qui guette :
 « Pourvu qu'elle ait entendu ! Petite palotte, petite langoureuse, petite fondante, tu avais besoin d'un coup de fouet... Hé ! elle aura été cinglée... Quelques zébrures, oh ! qu'un seul baiser effacera ! Je ne suis pas si méchant qu'on le dit, oh ! non, puisque je me contente de les faire saigner par métaphore, pauvres anges ! »
 Tout le monde est descendu : on attend la petite Madame Doucin.
 « Elle est si paresseuse, la chère mignonne ! » dit la petite Madame Crocœur.
 Elle vient, la petite Madame Doucin, elle vient, en songeant : « Je voudrais pleurer et je n'en fais que la grimace... Et toute la nuit, cette grimace ! En dormant, je la sentais qui revenait toujours, toujours... Pourvu que cela se passe ! Il va me trouver si laide ! Oh ! monstre, c'est toi ! Et je t'adore... »
 Elle vient, elle entre, Primary s'avance et la salue.
 Elle va pleurer ? non, elle n'en fait que la grimace... (« Mais, elle a un tic ! »)... une si vilaine grimace que tout le monde éclate de rire.

Remy de Gourmont



3 Janvier 1889

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