Page 288 · Tome II. Janvier-Juin 1891

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Un vieux cadavre où la horde des vers
A découvert, pour assouvir sa faim,
Un fin festin, digne des séraphins !...
— Moi! je mettrai, dans mes lugubres vers,

Ainsi que dans mes proses, afin qu'au
Pinde je sois acclamé le vainqueur,
Le plus possible de mon pauvre Cœur!...
— Tant pis, si l'on y trouve un asticot!

Les Doigts ont dit à la Cervelle:Non!
Et, fors les yeux maléfiques du Rat,
Nul doux espoir d'étoile n'éclaira
Le ciel obscur du sanglant cabanon.

Le Scolopendre hydrophobe et pelé,
Le Stercoraire aux airs de matador,
Le Capricorne et la Limace d'or
S'estramaçonnent parmi les bolets,

L'Araignée acéphale fait le guet...
— Toi, ma maîtresse aux suçons trop ardents,
Plante en mon Cœur tes ongles et tes dents!...
L'Araignée acéphale fait le guet...

— Vois-tu les yeux maléfiques du Rat?
—Mange mon cœur, commensale du ver!...
Tu me diras s'il sent le vétyver
Ou le cédrat, ah! ah! ah! ah! ah! ah!
19 Mars 1890

G.-Albert Aurier.

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