Page 327 · Tome II. Janvier-Juin 1891

SUR UNE DILIGENCE DE BRETAGNE
immense Guêpe aux ailes de cheval, qui ruisselles parmi le joli val flori par la brebis et le calvaire où gazouille la coiffe héréditaire, envieillis-moi vers le jeune autrefois de bien avant les mains de la quenouille,
ô Guêpe, vers l'éteint matin de roche inencore enguirlandé par la cloche appendant à la ruche de la croix, oh ! m'enjeunir vers le vieil autrefois de bien avant les yeux de la quenouille, afin que viergement je m'agenouille ! De Douarnenez à Audierne, 19 octobre 90.
SOUS UN FIRMAMENT D'ANGÉLUS
Sur les parfums bêlés par les saintes mamelles Plane le lac où clignent les grenouilles d'or. Maudissant les anneaux des chevilles jumelles, Tel un ibis ouvert au succulent trésor, J'adjure mes désirs d'apitoyer l'Orfèvre Avec le mendiant tapi dans leurs roseaux. Mais la brise est tarie en le puits de ma lèvre; Aux calices des flûtes sont morts les oiseaux. D'ailleurs les fleurs humaines, dites les oreilles, N'éclosent pas sans doute sur les joues du ciel. C'est en vain souhaiter que les dives abeilles Descendent me répondre une pitié de miel.
Je vais donc me faner entre les draps de lune Où splendit l'éventail des vides chasselas Et mourir un peu, loin de la glèbe importune, En attendant les coqs, fanfariers du lilas.
Audierne, 20 octobre 90.
Saint-Pol-Roux
MercureWiki, révision 12639, 2011-05-26. Wikitexte original.