Page 148 · Tome III. Juillet-Décembre 1891

Fac-similé de Mercure de France tome 003 1891 page 148.jpg


Et René Ghil, si Belge ! prédicant
Son Verbe doux comme pestes et rognes,
Ah! loin d'iceux contrevaller son camp!
Ce que j'écris n'est pas pour ces charognes.

envoi


Prince, immergez l'odieux fabricant
De méchants vers au plus noir des Baugrognes,
Et, retranché parmi vos quinquengrognes,
Exterminez l'ignare et le pacant :
Ce que j'écris n'est pas pour ces charognes.

(*) Il s'agit de monsieur Joséphin Péladan, renommé dans la littérature pour l'odeur forte de ses pieds.

L. T.


VENDREDI-SAINT


Trop de merluche et des lentilles copieuses
— Seule réfection tolérée aux croyants —
Enjolivent de certains rots édifiants
La constipation des personnes pieuses.

Dans l'omnibus aucunement blasphématoire
Montent force nonnains, coiffes et canezou,
Et c'est un air de deuil en les boutiques où
Sourit la poire du Bienheureux Peyreboire.

Quelques petits enfants, — dirai-je masturbés —
Vers Saint-Sulpice, et leurs maîtres, larges abbés,
Du goguenot prochain éjouissent la vue;

Et, près d'eux, obstruant le degré colossal,
Un homme-affiche avec cette annonce imprévue
« Concert spirituel à Tivoli Vaux-Hall ».

MercureWiki, révision 15439, 2012-05-31. Wikitexte original.