Page 137 · Tome III. Juillet-Décembre 1891

AU LAC D'ARQUA
Au lac d'Arqua (des roseaux levés droits
Lui font une ceinture, et des tremblants peupliers),
A l'abri des rets et des fusils
Les farlouses, les tètes-noires et les mésanges
Gringotent toute la journée ; mais quand les noires
Ombres déménagent du ciel il semble que se double
La joie de leur vie, et sonnent des éclats
Gais de trilles et un frou-frou d'ailes allègres.
Souvent descendait là par les sentiers humides
Pétrarque, et là il s'asseyait et se taisait
A écouter son saint à la voix acerbe.
Ah! regrets! il revoyait les eaux de jadis
En son inoublieuse pensée et les collines de jadis!
Et le livre ouvert de ses mains tombait sur l'herbe.
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