Page 198 · Tome III. Juillet-Décembre 1891

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ODE TRIOMPHALE


a la gloire des muses romanes


Io! le Délien est né!

J.Tahureau.Ode a Estienne Iodelle.


Le sénile troupeau qui tremble et les Menades
Jalouses, dans ces lieux de gloire n'entreront,
Ni cet esprit vulgaire, effroi des Oréades,
Ni tous ceux dont les Dieux ont détourné leur front!

Raymond de la Tailhède.Ode à Jean Moreas.


 Si, parjure aux Grâces attiques,
 D'une brosse maldocte elle a,
 A quatre épaisseurs d'encaustique,
 Vernissé la Minerve antique
 Du plus barbare des éclats;


 Ou que, d'une bouche sans foudre,
 Elle ait, parodique, tenté
 La buccine par quelle en poudre
 Jéricho vit son mur dissoudre,
 Et s'en soit la gueule éclaté :


 Muses doctorales! Charites!
 Maudissez l'œuvre impur et vain
 De celle de vous qui, du rite
 Affronteuse ou bien mal instruite,
 Déprava le céleste vin!


 Que ta juste nappe, ô Jodelle!
 Pour sa bouche n'ait plus de mets;
 Que, bâtard, son flanc n'ait plus d'aile
 Et que sa sandale infidèle
 Ne foule plus les purs sommets!


 Mais s'elle a, dans la glaise cuite,
 Pétri de dix doigts tortueux
 La défaite d'Io dépite
 Tombant lasse de la poursuite
 Aux bras de Pan voluptueux;

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