Page 106 · Tome IV. Janvier-Avril 1892

II
Ecce villicus,
Venit...
Catulle.
D'ailleurs, là-bas, du fond des chaumes qu'il étrape, Le colon vous épie et, s'il vient, par mon pieu! Vos reins sauront alors tout ce que pèse un Dieu De bois dur emmanché d'un bras d'homme qui frappe.
Vite, prenez la sente à gauche, suivez-la Jusqu'au bout de la haie où croît ce hêtre, et là, Profitez de l'avis qu'on vous glisse à l'oreille :
Un négligent Priape habite au clos voisin; D'ici vous pouvez voir les piliers de sa treille Où sous l'ombre du pampre a rougi le raisin.
III
Mihi corolla picta vere ponitur.
Catulle.
Les saisons tour à tour me parent; blonds épis, Raisins mûrs, verte olive ou printanier calice; Et le lait du matin caille encor sur l'éclisse, Que la chèvre me tend la mamelle et le pis.
Le maître de ce clos m'honore. J'en suis digne. Jamais grive ou larron ne marauda sa vigne Et nul n'est mieux gardé de tout le Champ Romain.
Les fils sont beaux, la femme est vertueuse et l'homme, Chaque soir de marché, fait tinter dans sa main Les deniers d'argent clair qu'il rapporte de Rome.
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