Page 146 · Tome IV. Janvier-Avril 1892

démontre expérimentalement que cela est, se réservant de donner dans un prochain volume la clef de la Magie noire, le pourquoi du comment, qu'il expose invinciblement aujourd'hui.
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L'écrivain de la Sorcière s'est occupé seulement de la sorcellerie au moyen-âge. S'il avait, comme M. de Guaita, poursuivi son étude jusqu'à nos jours, il lui eût été difficile, après les expériences de Croockes, de sir Russell Wallace, et de tant d'autres ! de mettre sur le compte de l'hallucination les apparitions posthumes, les évocations d'outre-tombe, si fréquentes dans les milieux spirites. Certains médiums, ces sorciers contemporains, dont le Temple de Satan nous révèle les mœurs honteuses et la réelle puissance, auraient eu quelque peine à passer à ses yeux pour de charitables consolateurs.
Aussi la thèse de l'infamie du sorcier soutenue par M. de Guaita est-elle la bonne. Les pièces qu'il produit sur les modernes adeptes de la magie noire, et notamment ces hypocrites que M. Huysmans amis en scène dans Là-bas, les montrent tous en communion d’œuvre avec les sorciers du moyen-âge. Les rites actuels ne diffèrent guère des rites anciens : on dit encore la Messe noire à peu près comme il y a six cents ans ; et ces rites ont d'abominables conséquences. Pourquoi, en dépit de Michelet, leur horrible vertu n'aurait-elle pas été la même dans le passé?
Telles sont quelques-unes des réflexions suggérées par le livre de M. de Guaita. Si elles ne suffisent pas à donner une juste opinion de son importance, elles témoignent au moins de l'érudition et de la conscience qui ont présidé à sa composition
Il n'était peut-être pas inutile d'attirer sur ce point l'attention des lecteurs, dont les notions d'occultisme ont été puisées trop souvent dans les romans d'un ignorant qui a osé publier, parmi d'autres sottises : « que le texte du Zohar couvrait bien une page et demie d'imprimerie. »
Edouard Dubus.
(1) Un vol. grand in-8, par M. Stanislas de Guaita.
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