Page 129 · Tome IV. Janvier-Avril 1892

Et c'est l'heure où s'ouvre la fleur des songeries; Nous irons par l'éclat fraternel du verger Sous les branches que nulle grêle n'a meurtries
Et qui nous béniront d'aimer et de songer.
La Belle et le Prince
Une brise impalpable et pure nous caresse, Des Femmes de soleil parent nos cheveux blonds, Ses astres luisent sur la route où nous volons Et tous deux nous montons vers la divine ivresse.
Dans le printemps royal nos clartés confondues Volent éperduement d'un sidéral essor, Et nous buvons la vie aux flots de pourpre et d'or Qui fécondent le champ des chères étendues.
Nous sommes la blancheur de la lune rieuse, Nous sommes le saphir argenté de la mer, Nous sommes la pâleur du soir limpide et clair Et la rougeur de l'aurore victorieuse.
L'impérissable Jour de l'Extase se lève. Nous moissonnons l'espoir superbe à pleine faulx, Nous sommes les chants et les rhythmes triomphaux Et nous sommes la Joie éternelle et le Rêve.
A.-Ferdinand Herold.
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