Page 325 · Tome IV. Janvier-Avril 1892

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LE CAP DE MINUIT

A Alfred Vallette.


CHŒUR DES NOCTURNES PROMENEURS.


Lumière hypocrite
De lune d'hiver.
Ciel de Noël selon le rite,
Silencieux comme une mer
De glace...
Même voici l'étoile des Mages qui passe.
Alleluia.

VOIX D'HOMME.


Oh! les messes de minuit,
Quand j'étais petit! Féerie
Et candeur! La griserie
A cette heure m'en poursuit.

VOIX FÉMININE.


D'autres fillettes vont dire
Au petit Jésus de cire
Où leurs souliers roses sont,
Et se griseront, chers anges,
Des folles odeurs d'oranges
Qui flottent par la maison.

CHŒUR DES ARRIÈRE-PENSÉES.


Jadis — comme une brise odorante s'en va
Ressuscitant d'un baiser plus frais qu'une haleine
D'enfant les fronts mouillés qui geignent dans la plaine,
Un magnifique espoir d'aurore se leva.
Or, comme on entendait par les airs des cantiques
Et que l'étoile avait des fascinations,
— Pâtres de la montagne et rois des nations,
Accoururent pour voir les rêveurs exatiques.

VOIX D'HOMME

 
Le berger et le roi
Ont trouvé, dit-on. J'ai vainement cherché, moi.

CHŒUR DES ARRIÈRE-PENSÉES.


Quoi donc? Une empreinte sur le sable?

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