Page 113 · Tome I. Janvier-Décembre 1890

QUATRE BALLADES FAMILIÈRES
POUR EXASPÉRER LE MUFLE
I
BALLADE
DU MARCHAND D'ORVIÉTAN
« Salutations pantaculaires d'une amitié où la communauté des études et l'identité des aspirations illuminent de sérénité les dévouements du cœur. »
Joséphin Péladan au catéchumène Stanislas de Guaita (frère
Adelphe Mercurius pour les initiés).
Voici la rue et le plantain, Le jus de taupe et la merd'oie, Voici la graisse de putain,
Le cloporte, le vers à soie
Et le bol que Fagon emploie.
Ci la Bête du Gévaudan.
Ecco le fiel de la baudroie :
Voici les pieds de Péladan !
Reniflez un peu ! Ni le thym,
Ni la peau d'Espagne où se choie
L'orgueil ducal d'un blanc tétin,
Ni l'ambre, ni l'huile de foie
Que l'Islande à Barrès envoie,
Ni tes narcisses, Eridan,
Au humer n'offre tant de joie :
Voici les pieds de Péladan !
Quel charme ignoré du Bottin
Envoûte l'amoureuse proie ?
Nébo l'a dit à Trissotin.
Donc, lâchez un peu la courroie
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