Page 282 · Tome I. Janvier-Décembre 1890

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La bouche brûlant de carmin,
Sous tes parures excessives
Tu prends dans les ombres massives
L'air fabuleux et surhumain.

Et mon Désir qui s'exacerbe
Devant ton silence superbe
Cherche en vain, sans trouver la paix,

Ce je ne sais quoi de ton âme,
De ton cœur, de tes sens, ô femme,
Qu'il ne possèdera jamais.

VI


Il pleut des pétales de fleurs...
La flamme se courbe au vent tiède.
De mes deux yeux je te possède,
Et mes yeux ont besoin de pleurs.

Vieille argile faite aux douleurs,
Quel goût de souffrir sans remède
Harcèle ainsi ton cœur qui cède...
Il pleut des pétales de fleurs.

Les Roses meurent, chaque et toutes...
Je ne dis rien, et tu m'écoutes
Sous tes immobiles cheveux.

L'Amour est lourd ; mon âme est lasse !
Quelle est donc, chère, sur nous deux
Cette aile en silence qui passe ?...

Albert Samain.

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