Page 240 · Tome V. Mai-Août 1892

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subtile. Grégoire XIII, en 1584, affilia à Rome toutes ces congrégations, et Benoist XIV dans la bulle d'or Gloriosae Dominae de 1748 en fit le plus vif éloge. C'est à cette assistance de bonne volonté, formée de gens relativement instruits, que le Père Lang offrit, en vingt-deux samedis soirs, le spectacle de la Passion. Il aurait pu, comme d'autres Pères, s'illustrer par des tragédies profanes, des Lysimachus et des Brutus, ou même composer des ballets et les danser au besoin (3). Il aima mieux reprendre, sans s'en douter, je le crains, la tradition commencée plus de quinze cents ans auparavant par le Christos paschôn. Grâces lui en soient rendues!
 Les membres de la congrégation se réunissaient le samedi soir dans leur oratoire. Là, ainsi que l'on fait maintenant pour les matinées, des rideau interceptaient la lumière naturelle et des flambeaux et des lampes éclairaient seuls le théâtre dressé dans le fond. Après une courte prière intérieure, la toile se levait et des personnages figurés sur des transparents (« per chartas transparentes! »), ou en bois peint et sculpté, représentaient le Mystère sur lequel, ce soir-là, portait la méditation. Après une « exposition » des principaux motifs édifiants suggérés par la scène Evangélique, venait une « considération » silencieuse d'à peu près un quart d'heure; puis on chantait quelques strophes accompagnées de musique qui exprimaient les « affections » de l'âme, émue par un tel concours de la poésie, de l'éloquence et de l'art théâtral. Ensuite le directeur passait à un second, puis à un troisième point, avec ou sans changement de décor, et l'exercice, pour cette fois, était terminé. Ainsi que tout dramaturge un peu sérieux, le Père Lang s'inquiète beaucoup des conditions matérielles du spectacle, il essaie d'expliquer de son mieux comment manœuvraient.

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