Page 200 · Tome I. Janvier-Décembre 1890

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On l'en sépara, et après diverses pérégrinations dont elle eût à peine conscience, elle se retrouva dans un endroit sombre, au milieu d'un tas de vieilles ferrailles comme elle rouillées. — Ah ! sa royale demeure, sa belle robe verte à reflets mordorés, sa bonne santé de jadis et les communions sous la tonnelle piquée de campanules ! C'était le bon temps, alors, le bon vieux temps !... Maintenant, tout était dit. — Et pourtant elle bayait.

XVII


 Combien de semaines, ou de mois, ou d'années gît-elle là, l'esprit dans ses souvenirs, l'âme noyée de mélancolie et malgré tout béante ?... Or, en présence du creuset où son être dissous allait retourner à la matière informe, elle bayait ; — on la saisit pour l'y précipiter : Las ! las ! c'était la fin des fins, inéluctable ! Et elle bayait ; — lentement elle enfonça dans le métal en fusion, qui déjà la ceignait à mi-corps : elle bayait ; — lentement il l'atteignit aux commissures : elle bayait ; — et lentement, lentement disparurent les deux pointes extrêmes de ses mandibules écartées, toujours béantes...

POSTFACE


 La Volonté, un jour, créa la Grenouille du jeu de tonneau pour se distraire.

Alfred Vallette



 Avril 1890

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