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     "texte": "# VINGT-QUATRIÈME ANNÉE\n\n## NUMÉRO UN\n\n### 3 JANVIER 1904\n\n#### SOMMAIRE\n\nThéâtres de pantins (EUGÈNE DEMOLDER). — André Fontainas. L'Indécis (HUBERT KRAINS). — La Belle au Bois dormant (OCTAVE MAUS). — Expositions (O. M.). — Conservatoire royal de Gand (F. V. E.). — A propos de l'« Étranger ». — Livres nouveaux. Hector Berlioz et la Société de son temps. — Chronique judiciaire des arts. De la ressemblance des portraits. — Concours d'architecture — Accusés de réception. — Mémento des expositions. — Petite Chronique.\n\n---",
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     "texte": "## THÉÂTRES DE PANTINS\n\nEn publiant l'Abbé Prout de M. Paul Ranson, le Mercure de France a sans doute voulu fournir un aumônier au Roi Ubu d'Alfred Jarry, qu'il a présenté jadis à l'admiration et à la joie du public. Le sous-titre du nouveau livre indique assez bien son contenu : « Guignol pour les vieux enfants », — pour les vieux enfants, c'est-à-dire que le bouquin n'est point écrit pour les jeunes vierges des pensionnats ni pour les distributions des prix. L'abbé Prout est un « gros curé jovial au teint apoplectique, à la voix très ecclésiastique, pleine d'onction sereine, indulgente et gaie ».\n\nIl n'est pas tout à fait édifiant, mais il cache son jeu aux âmes pieuses et apparaît tel qu'il est aux spectateurs que son pantagruélique personnage amuse fort. Mon Dieu! Je ne le crois pas très orthodoxe, mais en ce temps de scepticisme on en a vu bien d'autres! En tous cas, qu'il blesse ou non les convictions les plus respectables, il est fort joyeux, ce qui importe en matière de marionnettes.\n\nL'abbé Prout évolue au milieu de pantins bien modernes : le marquis de Percefort, vieux beau très aristocrate et légèrement gâteux, Théobald de Cocquebinet, jeune homme très naïf, le député Troussetutu, homme d'action, la voluptueuse Clotilde de Blanc-Bedon, la jeune et douce Bérangère, Mme Magloire, une gouvernante d'âge canonique, et le colonel qui jure ainsi : « Mille escadrons de lurons aux pompons, les bons dragons, patapon, patapon, au trot des canassons! »\n\nL'Abbé Prout apparaît dans six pièces, avec à peu près les mêmes personnages, toujours. Je recommande spécialement l'Armoire des voluptés, le Lis de la vallée, le Presbytère et le Sabre et le Goupillon. Au surplus, si la littérature de l'Abbé Prout est court-vêtue, je vous assure qu'elle est élégante, d'un style",
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     "texte": "# L'ART MODERNE\n\nlucide, d'une jolie facilité de langue et qu'elle charme le lettré. C'est très bouffon et c'est très délicat\n\n# $* $ Le célèbre auteur dramatique Georges Ancey a écrit au sujet du fond même du livre (et je ne pourrais mieux dire!) ces élogieuses phrases : « Nous sommes là en face de pantins, qui sont juste assez pantins pour avoir le droit de chevaucher l'extravagance. Mais qui nous dira la limite exacte où ils apparaissent en bois? Qui nous dira le point précis où ils s'articulent d'un squelette, vêtu de chair? C'est l'art de l'auteur de nous laisser là ce sujet, en une charmante perplexité. Comme ce sont bien des êtres vivants, et pas tout à fait des marionnettes! Quelle vivante galerie de nos actuels bonshommes, et quelle blague sournoise de tous nos messieurs à gros ventre et à petit esprit! Comme, à travers de folles gaillardises, perce, jaillit, éclate tout à coup l'éblouissante fusée du mot comique! Et comme ce sont bien aussi des marionnettes et pas tout à fait des êtres vivants! Comme l'expression, cueillie en pleine vie, se transforme, se déforme et se reforme en pleine fantaisie guignolesque! Comme le trait part juste, et avec les proportions qu'il lui faut pour être à la fois le mot d'un être vivant et la calembredaine d'un fan-toche. »\n\nSi Georges Ancey est le parrain littéraire de l'Abbé Prout, Claude Terrasse, le nouvel Offenbach dont Paris vient de s'éprendre, en est le parrain musical. C'est lui qui a écrit l'air des Folles Voluptés qu'il faut jouer à certains moments, — air ironique qui remplit dans les piécettes le rôle du nuage dont se voilent parfois les dieux d'Homère.\n\nQuant à l'auteur, M. Paul Ranson, il en est à son premier livre. Mais son nom était loin d'être inconnu. C'est un peintre, et il exposa à la Libre Esthétique des choses qui furent remarquées. Aussi je voudrais que la Libre Esthétique invitât M. Ranson une seconde fois — et, maintenant à venir donner lui-même une représentation de l'Abbé Prout. M. Ranson manie les marionnettes de façon merveilleuse. Ce serait pour les Bruxellois un plaisir peu ordinaire de l'entendre, changeant de voix avec une facilité comique, parler ou comme l'abbé, paternellement, onctueusement, ou comme le marquis de Percefort qui fait entendre un grincement bizarre, un raclement de gorge dépourvu de salive, ou comme Gontran de Percefort qui ponctue ses phrases d'un « pfheu » dédaigneux, ou comme Théobald de Cocquebinet qui zézaie timidement.\n\nD'ailleurs, on s'occupe fort de marionnettes, depuis quelques années. La Princesse Maleine de Macterlinck, le fameux Roi Ubu n'ont-ils pas été conçus pour des théâtres de fantoches? Ces jours derniers — en un autre genre, évidemment — n'a-t-on point célébré en deux représentations très courues le vingt-cinquième anniversaire de Jan de Crol, le successeur de Toone dans le théâtre des marionnettes marolliennes, rue Haute? Si l'Abbé Prout fait songer par son audace à la pièce aiguë et saisissante d'Ancey, Ces Messieurs, le théâtre de Toone est plus « ancien répertoire ». Il nous donne les Trois Mousquetaires, la Muette de Portici, Waterloo, Flamberge au vent. C'est naïf et pompeux, bien fait pour saisir l'attention et l'admiration des « ketjes » des impasses. Théâtre vraiment populaire et bien curieux à étudier et pour sa direction et pour son public habituel. Le Petit Bleu, à propos de ces représentations d'anniversaire, a publié un article très documenté que je signale aux fervents des pantins. Si dans ses pièces de cape et d'épée ou dans ses opéras le théâtre Toone est déclamatoire (le théâtre flamand est souvent ainsi!) il devient assez gras dans ses pièces de genre. On dirait que le vieil Ulenspiegel passe alors par là. Quant aux pantins, ils sont nombreux (environ trois cents) et remarquables. Je connais des mousquetaires et des coupe-jarrets qui font songer à Callot, et des reines et des princesses qui paraissent majestueusement descendues des cadres d'une imagerie d'Epinal.\n\nToujours en matière de marionnettes, la bibliothèque de « La Pensée » à Paris vient de publier Punch et Judy, célèbre drame guignolesque anglais, pour la première fois adapté en français, à l'usage des montreurs de Puppes. Il est intéressant de le rapprocher des marionnettes marolliennes et aussi des meilleures marionnettes françaises, qui sont celles de Lyon. Car Guignol est né en cette ville vers la fin du xviiie siècle. Il fut d'abord bossu comme Polichinelle, mais bientôt il adopta le costume et l'âme du canut lyonnais, c'est-à-dire de l'ouvrier en soie. Il est « populo », loupeur, un peu ivrogne, plein de bon sens, parfois délicat et spirituel. Les « pouchinelles » brabançons sont « théâtraux » à côté de lui, mais ils montrent aussi dans certaines pièces un esprit populaire, peut-être plus lourd, mais qui émane bien de la race marollienne, et qui apparaît « zwanzeur » ou attendrissant. Punch, lui, en vrai Anglais, parle à coups de bâton. Son âme, c'est la Trique. Il ne raisonne pas, il ne badine pas : il frappe. C'est une brute. Il tue sa femme, son médecin et M. Scaramouche, il lance son baby au public, casse les reins au larbin, assomme le constable, étrangle le bourreau et enfonce sa trique dans le ventre du diable. Doux personnage! On dirait un général anglais au Transvaal. La force prime tout. Il est vrai que Lord Byron a dit de Punch : « Triomphant Punch, je te suis avec joie à travers les gais détours de ta course badine où la vie humaine est peinte avec tant de vérité et d'énergie. » La vie humaine vue à travers un tempérament anglais, soit! On se rappelle Kipling célébrant, en des vers déplorables d'ailleurs, les ignobles victoires de la soldatesque britannique sur les Boers. Punch! Punch!",
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     "texte": "# L'ART MODERNE\n\n---\n\nToujours Punch! Ah! Oui! Il est aussi de sa race. *Punch et Judy* sont suivis d'une très bonne étude sur les marionnettes, signée Émile Straus et intitulée : *Les Paralipomènes de Punch*.\n\nEUGÈNE DEMOLDER\n\n---",
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     "texte": "## ANDRÉ FONTAINAS\n\n### L'Indécis (1).\n\nM. André Fontainas est un des jeunes écrivains qui ont le plus fortement subi l'influence de Mallarmé. Pendant plusieurs années, son style fut une armure compliquée, ciselée avec art, hérissee de clous d'or et de diamants pointus, qui étreignait sa pensée et la protégeait contre les regards profanateurs du grand public. *L'Ornement de la solitude* est ce qu'il a fait de plus complet et de plus fort en ce genre. C'est sa tour d'ivoire, le refuge d'une âme délicate, désireuse de s'enfermer avec ses rêves loin des petitesesses et des misères de la vie. Seulement, il paraît qu'on peut être tenté dans une tour d'ivoire comme dans le désert, car voilà M. Fontainas qui vient d'ouvrir la porte de son ermitage pour regarder passer une caravane de pauvres mortels. Il s'est même amusé à la peindre, ce qui nous vaut un beau roman de mœurs, clairement et simplement écrit.\n\nTout le fond de l'œuvre est occupé par une collection de petits bourgeois. Au premier plan se détache la figure d'Étienne Béjaric, « l'Indécis ». C'est un être hybride, supérieur à son milieu, assez clairvoyant pour apercevoir les turpitudes des siens, assez noble pour en rougir, mais qui manque de la volonté nécessaire pour élever sa vie à la hauteur de ses rêves. Il souffre par son père, vieillard égoïste, il souffre par sa sœur, jeune fille pratique qui épouse un personnage à la fois vulgaire et important, il souffre par les femmes qui l'attirent et qui le dupent, il souffre par tout le monde, jusqu'au jour où le destin le pousse dans les bras d'une miss qui lui apporte en mariage une grande beauté avec une grande dot.\n\nUn siècle plus tôt, Étienne aurait été un romantique. Il aurait rempli le ciel et la terre du bruit de ses lamentations. Il se serait suicidé aux pieds de Mme Duin ou devant la porte fermée de Mme Delaroque. A notre époque, ce n'est plus qu'une épave. C'est le contre-pied d'un Julien Sorel, une médaille effacée par trop de polissage. Il n'y a chez lui aucune ligne arrêtée; c'est un être tout en nuances. Maniée par des doigts un peu durs, cette frêle silhouette se serait effritée. Le talent souple de M. Fontainas a su lui infuser la vie à la fois forte et ondoyante qui lui convenait. Il l'a fait évoluer avec beaucoup d'habileté dans son milieu insipide. Ce milieu lui-même est décrit avec un art très fin. La vulgarité de tous ces gens se devine plus qu'elle ne se montre. La satire garde une hautaine élégance. L'auteur se contente de souligner d'un petit sourire de mépris les ridicules de ses personnages. Il est même si discret qu'il est difficile de deviner ce qu'il pense au juste du héros principal. Je suis tenté de croire qu'il lui est indifférent. Il semble n'avoir vu en lui qu'un beau sujet de dissection et il l'a disséqué d'une main experte. Ses sympathies paraissent plutôt aller à deux comparses: à Gurneau et à Médéric. Le pre-\n\nParis, *Mercure de France*.\n\n---\n\nmier est un sage, qui cherche le bonheur dans l'indépendance et l'obscurité; l'autre est un ivrogne impénitent. En eux se résume la morale du livre, à savoir que pour être relativement heureux ici-bas, il faut se contenter d'une honnête médiocrité ou, comme l'avait déjà dit Baudelaire, se griser.\n\nSi l'Indécis est, au fond, un livre pessimiste, ce n'est pas un livre noir. Le poète de *Crépuscules* apparaît derrière le romancier et guide souvent sa main. Il se révèle surtout dans les descriptions, dont quelques-unes sont charmantes et suggestives comme des poèmes. Les personnages se meuvent souvent dans des oasis de clarté. M. Fontainas excelle à faire jouer la lumière sur la nature, à nous montrer celle-ci à l'heure où elle s'éclaire, à ce moment précis où les couleurs s'avivent mais où il reste encore assez de brume entre elles et le soleil pour leur conserver leur fraîcheur, leur délicatesse et leur suprême pureté.\n\nHUBERT KRAINS\n\n---",
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     "texte": "## La Belle au Bois dormant.\n\nS'inspirant de l'usage qui, chaque année, à Londres, veut qu'à la Noël quelque éblouissante féerie apporte aux spectateurs, sur les scènes les plus sérieuses, les joies innocentes des contes puérils, la direction de la Monnaie a intercalé entre les représentations du *Roi Arthus* et celles des *Maitres Chanteurs* une féerie lyrique dont le spectacle — qui tient à la fois du ballet, de la pantomime et de l'opéra comique — délassera les auditeurs et les divertira agréablement.\n\nLa naïveté des récits qui charmèrent notre enfance fut souvent utilisée par les dramaturges d'aujourd'hui, de même que la chanson populaire servit de base à maintes compositions vocales ou symphoniques. Mais à mesure que les fables innocentes s'enfoncent dans le recul des temps, leurs contours s'effacent, leur ingénuité disparaît, des personnages modernes s'y introduisent. En écrivant *Ariane et Barbe-bleue*, Maeterlinck pénètre son drame de symbolisme, l'anime de son esprit philosophique. Dans ses *Chansons populaires*, Pierre de Bréville, sous couleur de noter musicalement l'invocation de Pierrot à la lune ou les rêverences des passantes sur le pont d'Avignon, exprime la mélancolie, la tendresse, les émois d'une âme d'aujourd'hui. Ainsi se relie au passé le présent, dans le mystère de la vie. Chaque étape humaine marque d'un millésime distinct les mythes éternels.\n\nLa *Belle au Bois dormant* ne reflète point de préoccupations de ce genre, — et on peut le regretter. MM. Michel Carré et Paul Collin n'ont eu, semble-t-il, d'autre ambition que de tirer du joli conte de Perrault un livret d'opéra offrant au compositeur d'aimables prétextes à commentaires lyriques. Afin de permettre au costumier de mettre en scène des accoutrements pittoresques, ils ont situé le début de l'action au xve siècle, sous le règne de Charles VI, et la suite au xvie, sous celui de François Ier.\n\nLes fées, avec leurs robes couleur de soleil et de lune, — ou même avec l'élégante tunique noire pailletée dont le caprice de M. Fernand Khnopff a revêtu Mme Maubourg — paraissent quelque peu dépaysées parmi les hennins du prologue, parmi les pourpoints et les toquets empanachés des actes subséquents. Mais, bast! Dans une féerie, la fantaisie est reine. Résignons-nous à ne point discuter ces inventions paradoxales.",
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     "texte": "4\n\n# L'ART MODERNE\n\nC'est donc dans le cadre des architectures flamboyantes que la méchante fée Urgèle trouble le baptême d'Aurore par cette malédiction : Aurore mourra si elle connait l'amour avant sa vingtième année. Heureusement, la fée Primevère entrave le maléfice : ce n'est point la mort, mais un sommeil de cent ans qui menace la petite princesse si son cœur s'éveille avant le délai prescrit. Hélas! un beau chevalier pénètre dans le château la nuit même où Aurore va atteindre sa vingtième année. Le baiser qu'il lui donne sur une terrasse baignée de lune l'endort pour un siècle, et sur elle se referment les buissons enchantés.\n\nLe terme révolu, c'est un prince qui la réveillera d'un autre baiser, — vous n'en doutez pas, j'espère! En vain la fée Urgèle tente-t-elle de pousser vers la Belle endormie un lourdaud que dévore l'ambition. L'amour triomphant finit par renverser tous les obstacles avec l'aide bienfaisante de la fée Primevère. Et le printemps, qu'incarne celle-ci parmi les lumières et les fleurs, dissipe la nuit et les glaçons au milieu desquels la méchante Urgèle complète le malheur des humains.\n\nSi cette donnée n'apporte à la littérature dramatique aucun « frisson nouveau », la musique de M. Silver n'a rien de révolutionnaire ni de troublant. Les qualités principales sont la clarté, le charme d'une écriture châtiée et d'une instrumentation élégante et variée. L'auteur, qui remporta le prix de Rome, est un musicien habile qui n'ignore rien des secrets du métier. Son inspiration, malheureusement, n'est pas neuve et manque d'ampleur. Elle reflète l'art artificiel de M. Massenet et parfois, dans la manière de traiter les ensembles vocaux, le style de M. Saint-Saëns. Son effort personnel est mince et n'est pas toujours exempt de vulgarité. La partition de la Belle au Bois dormant n'en contient pas moins plusieurs jolies pages, parmi lesquelles, au début du premier acte, l'air : *Il part où l'honneur l'appelle*, d'un archaïsme discret, et le duo d'Aurore et du chevalier.\n\nLa direction de la Monnaie a monté la Belle au Bois dormant avec ses soins habituels et l'a encadrée d'une mise en scène chatoyante. Mme Bréjean-Silver a chanté avec un grand charme et d'une voix délicieuse le double rôle de la Reine et de la princesse Aurore. Mlle Maubourg a donné de l'accent et du caractère aux imprécations de la fée Urgèle. Dans le personnage de Jacotte, Mlle Eyreams a fait valoir l'agilité de sa voix et l'espèglerie de son jeu. Il n'y a, au surplus, que des éloges à adresser à tous les interprètes, et surtout à MM. Delmas. Boyer, Cotreuil et Caisso, à Mmes Tourjane et Paulin, cette dernière chargée d'un rôle exclusivement « parlé » et mimé.\n\nOCTAVE MAUS\n\n---",
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     "texte": "## EXPOSITIONS\n\nLe Salon des Aquarellistes avait au Cercle artistique, la semaine dernière, une petite succursale. — une « extension », pour nous servir de la terminologie nouvelle. Deux des membres les plus en vue de la Société royale, MM. Hagemans et Thémon, y exposaient de concert l'un une vingtaine d'aquarelles dont la Sortie de l'étable ou la Rentrée à la bergerie formaient les leit-motifs principaux, — et si hardiment exécutées qu'elles semblaient avoir été peintes les yeux ferm s ; l'autre, une trentaine de sites des environs de Namur, du Condroz, du Luxembourg, interprétés tantôt par la neige, tantôt dans l'éclat de l'été. Le talent des deux exposants est trop connu pour qu'il soit utile d'en apprécier ici les mérites et les imperfections.\n\nLa comtesse de Flandre est allée à deux reprises féliciter ces messieurs. Elle doit s'y connaître.\n\nAux œuvres de MM. Hagemans et Thémon ont succédé celles de MM. A. Clarys, L. Huygens et C. Werleman.\n\nO M.\n\n---",
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     "texte": "## Conservatoire royal de Gand.\n\nLe concert du 19 décembre est un des meilleurs que nous avons entendus au Conservatoire. La personnalité très originale du violoniste Johan Smit aux prises avec les difficultés du Troisième Concerto de violon de Saint-Saëns faisait l'intérêt de cette soirée et avait attiré un public nombreux. Le programme, un peu chargé, comprenait encore la *Symphonie héroïque*, la Suite d'orchestre écrite par Grieg pour le *Peer Gynt* d'Ibsen, et l'ouverture d'*Obéron* qui, bien que souvent entendue, ne laisse jamais d'être appréciée ; M. Johan Smit y ajoutait une *Fantaisie sur des thèmes russes* de Rimsky-Korsakoff.\n\nLes deux concerts suivants sont fixés au 13 février et au 26 mars. Le dernier sera consacré en partie à l'exécution de *Christus*, symphonie mystique d'Adolphe Samuel.\n\nNous saurons gré à M. Emile Mathieu de cet hommage pieux rendu à la mémoire du grand et sincère artiste.\n\nF. V. E.\n\n---",
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     "texte": "## A propos de « L'Etranger ».\n\nDans sa chronique hebdomadaire du XXe Siècle, — toujours intéressante, aussi judicieusement pensée que bien écrite, — M. G. Systermans signale en ces termes le triomphe du drame de Vincent d'Indy à l'Opéra :\n\n« *L'Etranger* a été accueilli avec enthousiasme là-bas comme ici; et chaque représentation est l'occasion de manifestations significatives de la part de l'auditoire difficilement emballable de l'Opéra. C'est que vraiment l'œuvre de d'Indy rayonne d'une impressionnante beauté, c'est qu'elle s'impose par sa noblesse, son élévation, par ce mystérieux pouvoir qu'elle a d'exalter en l'âme toutes les aspirations de la pure Charité. Après une année, elle nous est apparue plus puissante, plus émouvante, dans une unité plus vigoureuse encore; et il serait bien désirable qu'on la reprise sans délai au théâtre de la Monnaie.\n\nL'interprétation de Paris, très différente dans son esprit de celle de Bruxelles, offre des côtés d'une saisissante grandeur. Sans doute, les grands gestes et la superbe voix de Delmas ne nous découvrent pas autant que l'interprétation très intérieure d'Albers le sens profond de la mission et des angoisses sacrifiantes de l'étranger; sans doute aussi Mlle Bréval, qui chante merveilleusement les invocations à la mer, n'indique-t-elle pas suffisamment la juvénile spontanéité de Vita. Mais l'atmosphère « maritime » du drame est rendue par l'orchestre et par les décorateurs avec une réelle éloquence. Et l'on aperçoit ici avec quelle clairvoyance l'invention créatrice de d'Indy a synthétisé toutes les forces expressives : l'effet du tableau de la tempête est d'écupé par la belle sonorité de l'orchestre, par l'extraordinaire réalisme de la mise en scène; et vraiment cette montée grandissante de musique de nuées, de vagues furieuses, aboutit à la plus étreignante sensation de farouche beauté : c'est bien là le gigantesque couronnement que l'auteur a dû rêver pour son drame.\n\nM. Paul Vidal a transformé l'orchestre de l'Opéra, dont les excellents éléments sont trop souvent annihilés par une direction indifférente et molle; cette fois c'est le réveil : de la vie, de l'accent, une large émotion, et surtout une admirable plénitude sonore, puissante sans brutalité.\n\nL'esprit qui a présidé aux études de l'*Étranger* semble indiquer dans les traditions de l'Académie nationale de musique",
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     "texte": "## Concours d'architecture.\n\nUn concours est ouvert par la Société royale des Architectes d'Anvers pour l'érection d'une École destinée à l'enseignement moyen et supérieur de l'architecture pour deux cents élèves. Prix: 1,000 francs, 750 francs, 600 francs, 400 francs, 250 francs. Les projets doivent être envoyés avant le 1er août 1904 chez le président de la Société, M. Arnou, rue du Moulin, 53, ou chez le secrétaire, M. De Vooght, rue Happaert, 22, Anvers.",
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     "texte": "## ACCUSÉS DE RÉCEPTION\n\nROMAN. — Fillette slovaque, par WILLIAM RITTER. Paris, Mercure de France.\n\nCRITIQUE. — Le Mouvement poétique français de 1867 à 1900, rapport à M. le ministre de l'instruction publique et des Beaux-Arts, par CATULLE MENDES, Paris, E. Fasquelle.\n\n— Rapport de l'Académie libre sur la situation des écrivains en Belgique. Liège, imp. de la Marse.\n\n— De l'Importance du public, conférence prononcée par ANDRÉ GIDE à la cour de Weimar. Paris, collection de l'Ermitage.\n\n— Œuvres complètes de JULES LAFORGUE. Mélanges posthumes. Portrait de Jules Laforgue par Théo Van Rysselberghe. Paris, Mercure de France.\n\n— Les Grands Artistes: Van Dyck, par H. FIERENS-GEVAERT. Vingt-quatre reproductions hors texte. Paris, Henri Laurens (Librairie Renouard).\n\n— Anthologie des écrivains belges: Edmond Picard. (2e éd.). Bruxelles, éd. de l'Association des Écrivains belges.\n\nBEAUX-ARTS. — Notes sur les primitifs italiens: Sur quelques peintres de Sienne, par JULES DESTRÉE, avec deux eaux-fortes d'Aug. Danse, cinq eaux-fortes de Mme J. Destrée et plusieurs reproductions photographiques. Bruxelles, Dietrich et Cie; Florence, Alinari frères.",
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     "texte": "## Memento des Expositions.\n\nARRAS. — Exposition du Nord de la France. 15 mai-4 octobre 1904. Réservée aux artistes de l'Aisne, du Nord, de l'Oise, du Pas-de-Calais et de la Somme. Section d'art décoratif ouverte à tous les artistes français. Dépôt à Paris chez Robinot, 32, rue de Maubeuge, 25 mars; envois directs, 1er-15 avril. Renseignements: M. N. Bauvin, président du Comité exécutif, Arras.\n\nCANNES. — Association des Beaux-Arts. 1er mars-10 avril 1904. Par invitation. Deux œuvres par exposant. Transport gratuit (petite vitesse) sur le territoire français. Dépôt chez Ferret, rue Vanneau, le 25 janvier. A Cannes, 10-15 février. Commission sur les ventes: 10 p. c.\n\nLYON. — Société lyonnaise des Beaux-Arts. 1er février 1904. Envois: 4 et 5 janvier.\n\nId. — Société des artistes lyonnais. 23 janvier-27 mars. Dépôt à Paris chez Pottier, 14, rue Gaillon.\n\nMONACO. — Exposition internationale. Janvier-avril 1904. Dépôt à Paris chez M. Robinot, 32, rue de Maubeuge. Renseignements: M. Jacquier, secrétaire, 40, rue Pergolèse, Paris.\n\nPARIS. — Union des femmes peintres et sculpteurs (Grand Palais). 14 février-14 mars. Délais: notices, 15 janvier; œuvres, 22-23 janvier.\n\nPAU. — Société des Amis des Arts. 15 janvier-15 mars 1904. Dépôt à Paris chez M. Pottier, 14, rue Gaillon. Renseignements: Secrétaire général de la Société, Pau.",
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     "texte": "## Livres nouveaux.\n\nHector Berlioz et la Société de son temps, par M. JULIEN TIERSOT. Paris, Hachette & Cie.\n\nVoici un livre qui paraît à son heure, puisque l'heure est à Berlioz et que le monde musical fête de toutes parts son glorieux centenaire. Mais quand l'heure sera passée, ce livre continuera de demeurer comme l'étude la plus sérieusement documentée et la plus pénétrante qu'on ait encore consacrée à l'illustre musicien.\n\nMais, non moins que sa personne et son tempérament, l'art de Berlioz est étudié ici dans ses origines et dans son développement, puis exactement défini par ses affinités et ses contrastes. C'est ainsi qu'en nous transportant «au pays de Berlioz», M. J. Tiersot nous révèle à la fois quelques-unes des plus touchantes intimités de sa vie et certaines origines lointaines, mais incontestables, de son inspiration musicale.\n\nAu reste, il n'est pas un musicien, pas un amateur éclairé qui ne connaisse les excellents travaux de M. Julien Tiersot sur l'histoire de la musique française. On retrouvera dans son nouveau livre ses mérites ordinaires, la sûreté de sa méthode, l'exactitude de son jugement critique; mais on sera, d'autre part, séduit, sans nul doute, par un certain ton de sympathie chaleureuse, qui achève d'assurer à l'ouvrage son caractère de vivante originalité.",
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     "texte": "## Chronique judiciaire des Arts.\n\nDe la ressemblance des portraits.\n\nLa cinquième chambre du tribunal de la Seine est, dit le Journal des artistes, saisie d'un nouveau procès en refus de portrait. Le peintre est M. Benziger, le modèle Mme Gans, le prix du portrait 5,000 francs, payables sous forme d'automobile, ce qui s'explique par le fait que M. Gans est fabricant d'automobiles. Ceci paiera cela; c'est la théorie du libre échange. Seulement, au dernier moment, M. Gans ne voulut plus rien échanger du tout: Mme Gans en peinture ne répondait décidément plus à l'idéal de M. Gans, et celui-ci refusa tout net.\n\nAlors, on nomma des experts, MM. Jules Lefebvre et Gabriel Ferrier. Ceux-ci, après avoir conclu à une ressemblance suffisante, ajoutaient, — la théorie vaut d'être retenue:\n\n«Au surplus, dans une œuvre de peinture, la ressemblance ne peut être que l'interprétation personnelle d'une physionomie. A chaque séance de pose, la physionomie du modèle peut être dissemblable de celle de la veille; bien que les traits, les lignes soient toujours les mêmes, une personne portraiture par dix artistes aura dix portraits différents, qui lui ressembleront et pourtant ne seront point semblables, chacun pouvant avoir une physionomie différente.»\n\nVoilà qui est net, mais tout aussi net continue à être le refus de M. Gans, qui a demandé au tribunal d'ordonner la confrontation de Mme Gans et de son portrait. Le tribunal s'est refusé à ce petit exercice artistique. Et, se trouvant suffisamment éclairé par le rapport des experts, il vient de condamner M. Gans à payer au peintre Benziger la somme de 5,000 francs, plus les frais.",
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     "texte": "## PETITE CHRONIQUE\n\nLe directeur des Beaux-Arts s'est rendu mardi dernier à Liège avec MM. Ch. Van der Stappen, P. Du Bois, V. Rousseau et G. Charlier, membres du Comité, pour apprécier l'esquisse du monument Defrécheux, par M. Joseph Rulot.\n\nCe monument, qui aura 12 mètres de hauteur, se composera, outre le médaillon du chansonnier populaire, de sept figures en bronze de 2m, 50 symbolisant la Poésie, la Musique, le Peuple, etc., et d'une série de bas-reliefs taillés dans le rocher sur lequel seront groupées les figures.\n\nA l'unanimité, les membres de la Commission ont approuvé le projet, qui échappe heureusement à la banalité habituelle.\n\nL'œuvre de vulgarisation littéraire entreprise par l'Association des écrivains belges se poursuit très méthodiquement. L'Anthologie des auteurs belges, dont elle a commencé la publication, compte déjà trois volumes consacrés à Camille Lemonnier, à Georges Rodenbach et Edmond Picard. Une seconde édition de celui-ci vient d'être mise en vente. C'est une excellente synthèse de l'œuvre touffue et variée de l'avocat-écrivain.\n\nL'Anthologie publiée par l'Association des écrivains belges a, du reste, été très favorablement accueillie non seulement par le grand public, mais aussi par les administrations communales. La ville de Bruxelles, plusieurs faubourgs et de nombreuses villes de province distribuent en prix dans leurs écoles ces excellents petits volumes de vulgarisation littéraire, mis en vente brochés à fr. 1-50, reliés à fr. 2-25.\n\nLe prochain volume, qui paraîtra incessamment, sera consacré à Emile Verhaeren, lauréat du Prix quinquennal.\n\nM. Jules Van Biesbroeck fils vient de vendre à la ville de Venise, pour sa galerie, son haut relief A nos morts, qui figurait à l'Exposition internationale d'art.\n\nM. Gisbert Combaz fera demain soir, lundi, à 8 h. 1/2, une conférence sur l'Art hindou (avec projections lumineuses) à la Maison du Peuple.\n\nLe Lieder Abend de Mme Arctowska, remis par suite d'indisposition, aura lieu à la salle Allemande demain lundi, à 8 h. 1/2.\n\nM. Émile Mathieu, l'auteur de Richilde et de l'Enfance de Roland, travaille en ce moment à la partition d'un opéra biblique en quatre actes et neuf tableaux dont il a lui-même écrit le poème. Titre : La Reine Vasthi.\n\nA propos de la Belle au Bois dormant, Jean d'Ardenne rappelle dans la Chronique un amusant souvenir :\n\n« L'ouvrage parut, dit-il, à Marseille, il y a deux ans. C'était à l'époque où M. Albert Vizentini essayait de rendre quelque lustre à l'Opéra phocéen, sous la régie de la municipalité. Il n'y réussit pas longtemps et fut tôt remplacé, dans la direction, par un Marius quelconque de la dite municipalité, marchand de café à la Canebière, lequel débuta par proscrire le Crépuscule des Dieux, annoncé, et donna ces deux raisons : « D'abord, c'est embêtant; et puis, au xx° siècle, les dieux, qu'est-ce que ça peut bien nous f....? »\n\nLe Cercle artistique offrira samedi prochain à ses membres une représentation théâtrale donnée par des artistes de la Comédie française et composée de Le Bonheur qui passe, d'Aug. Germain, La Peur, de Félix Duquesnel, et Plaisir de rompre, de Jules Renard.\n\nMounet-Sully donnera au théâtre du Parc, les 18 et 19 janvier, deux représentations dont l'une sera composée d'Hamlet, l'autre d'Édipe-Roi, deux des œuvres dans lesquelles le grand tragédien est le plus profondément émouvant.\n\nLes trois séances annuelles de M. Wieniawski seront partagées cette année entre Paris et Bruxelles. Deux de celles-ci seront données à la salle Pleyel, et une à Bruxelles, à la Grande-Harmonie, le jeudi 7 avril.\n\nLe deuxième concert organisé par la Société des Nouveaux Concerts, d'Anvers aura lieu demain lundi, sous la direction, de M. C. Chevillard, le chef d'orchestre des Concerts Lamoureux. Au programme figurent l'ouverture d'Egmont, de Beethoven, la Symphonie n° IV, de Schumann, des fragments de Roméo et Juliette, de Berlioz, l'Espana, de Chabrier. Le pianiste Diemer prêtera son concours au concert, qui aura lieu au théâtre Royal, à 8 h. 1/2 précises.\n\nMM. Jaspar et Zimmer inaugureront mercredi prochain, à Liège (salle Renson), l'Histoire de la Sonate et du Concerto. Cette première audition sera réservée aux écoles italienne, hollandaise et allemande.\n\nLa première représentation de Parsifal à New-York vient, comme nous l'avons annoncé, d'avoir lieu malgré les efforts de Mme Cosima Wagner pour l'interdire. Un de nos confrères résume en ces termes l'impression de la soirée :\n\nFoule énorme. On avait payé les fauteuils de 100 à 200 francs. Le public américain n'a pas paru transporté par la musique, mais il a admiré la mise en scène et fait une ovation à l'impresario Conried pour avoir bravé Mme Wagner. La Société des enfants martyrs de New-York avait vainement protesté contre l'emploi d'enfants de chœur de l'Église du Calvaire pour les scènes du temple. Les enfants ont pu chanter.\n\nLes principaux interprètes étaient Mme Ternina, M. Burgstaller, M. Van Rooy et M. Rosest-Blass. La mise sur pied de Parsifal a coûté à M. Conried 80,000 dollars (400,000 francs); mais la recette de la première s'est élevée à 150,000 francs.\n\nLa Ville de Liège se propose d'inaugurer à l'époque de l'Exposition de 1903 un Musée d'art décoratif. Elle vient de faire dans ce but l'acquisition de l'hôtel d'Ansembourg, rue Féronstrée.\n\nUne nouvelle revue mensuelle vient de paraître à Gand, La Tribune artistique, « ouverte à tous ceux qui veulent prendre publiquement la défense d'une idée, d'une revendication artistique ». Dans son premier fascicule, la Tribune artistique annonce, en l'approuvant chaleureusement, l'initiative que prennent à Gand MM. F. Scribe et G. Carels en vue de fonder une « Union des arts décoratifs » destinée à favoriser l'éducation des artisans et la diffusion de l'art.\n\nAprès l'Allemagne, la Finnde s'ouvre à son tour aux idées artistiques nouvelles. Une exposition internationale de peinture et de sculpture reflétant les tendances actuelles aura lieu prochainement, par invitations, à Helsingfors. Les artistes belges invités à y prendre part sont M. C. Meunier, P. Du Bois, G. Minne, Van Rysselberghe, G. Lemmen et A.-W. Finch.\n\nAu nombre des œuvres d'art français envoyées à la prochaine exposition de Saint-Louis figurera une épreuve en bronze du Penseur de Rodin, qui doit couronner sa Porte de l'Enfer. Cette statue assise, qui ne mesure pas moins de 2 mètres de hauteur, offrira la particularité d'être, malgré ses dimensions, fondue à cire perdue.\n\nUne bien jolie phrase cueillie dans la Chronique artistique d'un quotidien : « Le contraste saute aux yeux, qui existe entre les toiles citées qui nous semblent pondérées et observées, et certaines autres, qui d'ailleurs seront peut-être celles que préféreront certains amateurs ». (Textuel.)\n\nAprès M. Langton Douglas, M. Bernhard Berenson a étudié dans le Burlington Magazine (septembre-octobre 1903) le maître ignoré de Sienne Stefano di Giovanni, dit Sassetta, auquel notre collaborateur Jules Destreée consacra ici, une étude documentée (1). La même livraison contient la reproduction des quatre panneaux de Victor Gilsoul à l'hôtel de ville de Bruxelles, avec une notice de M. R. Petrucci.\n\nDans le premier fascicule des Marges, dont nous avons annoncé la publication chez Floury, M. Eugène Montfort consacre à Gérard\n\n(1) Voir l'Art Moderne du 2 août 1903.",
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     "texte": "# L'ART MODERNE\n\n---\n\n**de Nerval, un romantique que nous pouvons aimer, un intéressant article qui débute par cette définition inattendue : « Le Romanisme, c'est le nom d'une grave maladie qui a infecté la littérature française et qui lui a fait courir les plus grands dangers. »**\n\nLa revue allemande *Jugend* consacre au centenaire du peintre M. von Schwind sa livraison de Noël, illustrée de nombreuses planches en couleurs et en noir.\n\nLe numéro de décembre d'*Onze Kunst*, qui clôture la seconde année de cette belle publication, contient une série de dessins inédits et fort intéressants de J. Jordaens commentés par Max Rooses, des reproductions d'œuvres d'Alb. Baertsoen, H.-J. Haverman et d'un tableau du xve siècle acquis récemment par le Musée du Louvre.\n\nVoici le sommaire du numéro de décembre de l'*Idée libre* :\n\n*Le Mouvement révolutionnaire en Russie*, Sviatopolk Dombrovski; *Le Coq*, Georges Ramaekers; *Colloque*, Levêque; *Préses*, Em. Vanderbeek; *Certitude et probabilité*, A. Legrand; *Les Pâques en Flandre*, Emile Verhaeren; *Hymne*, Jean Gabriel; *Myriam*, Paul Germain; *La Ressemblante*, Franz Hellens; Chronique artistique, L. Mornave; Chronique musicale, Léon Delcroix; Chronique sociale, Paul Sosset. Échos.\n\nParmi les curiosités du Musée municipal de Brunswick figure une affiche de théâtre datant de 1742 et qui contient ces prescriptions extraordinaires :\n\n« Pour la commodité des spectateurs, il est ordonné que les personnes du premier rang se couchent par terre, que celles du second se mettent à genoux, que celles du troisième soient assises, que celles du quatrième se tiennent debout. De cette façon, tout le monde pourra voir. Il est défendu de rire pendant le spectacle, parce que c'est un drame. »\n\nL'Arguille est la terre d'élection de la statistique, et c'est là que se font les calculs les plus intéressants. Dans une conférence musicale faite à Dublin, l'orateur a constaté que pour être un pianiste habile il faut habituer l'œil à lire 1,500 signes à la minute et les doigts à faire 2,000 mouvements dans le même laps de temps. Pour confirmer son dire, il a établi que dans le *Mouvement perpétuel* de Weber, l'exécutant doit lire 4,541 notes en moins de quatre minutes et qu'un fragment d'une étude de Chopin exige la lecture de 3,950 notes en deux minutes et demie. C'est beau, la science appliquée à l'art !\n\nPourquoi donne-t-on, en typographie, le nom de coquille à l'emploi d'une lettre pour une autre? La question n'a, dit la Revue universelle, jamais été ni posée ni résolue dans les dictionnaires. Tous se contentent de dire, au mot coquille : Faute typographique résultant de la substitution d'une lettre à une autre, sans la moindre explication. Un fait avéré, c'est que la coquille a longtemps servi de marque à un certain nombre d'imprimeurs et de libraires, et qu'en outre elle était au xviie et au xviiie siècle l'emblème de la corporation des typographes. A Lyon, Guillaume Testefort (1566) fait figurer une coquille dans la vignette qui lui sert de marque d'imprimeur; J. Fradin (1558) a pour marque une Fortune dont un pied est posé sur le rivage et l'autre sur une boule qui porte sur les flots une coquille marine; à Bordeaux, Claude Laboltière (1703) prend pour marque une huitre perlière; à Leipzig, Nicolas Wolrab (1544) a pour marque une Fortune voguant sur une conque marine; à Modène, G. Cassiani (1609), un colimaçon grimpant sur le paroi d'un rocher. Dans les cortèges où figurait la corporation des typographes, les suppôts de l'imprimerie se montraient habillés de casques semées de coquilles d'argent et portaient une coquille au cou. Il y a donc entre les typographes et la coquille, considérée comme emblème, une relation évidente. Mais, d'un autre côté, il est non moins certain que l'emploi du mot coquille dans le sens de faute typographique est récent, qu'il ne remonte pas au delà de la seconde moitié du xixe siècle. On en chercherait vainement des exemples antérieurs.\n\nL'Argus de la Presse, le plus ancien bureau de coupures de journaux, est entrée dans sa vingt-cinquième année d'existence. L'Argus de la Presse, qui est en relations avec les journaux du monde entier, fournit chaque jour plus de douze mille extraits de journaux aux représentants les plus divers de l'activité humaine.",
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     "texte": "BRUGES. — Ecole d'aquarelle, dessin, peinture et pastel sous la direction de M. Alexandre Robinson. Méthode progressive et moderne. Etudes d'après nature (figures, intérieurs, paysages, accessoires) Cours spéciaux pour jeunes filles S'adresser pour tous renseignements à M. A. Robinson, artiste-peintre, 13, marché au Fil, Bruges.\n\n---\n\n## AMEUBLEMENTS D'ART MODERNE\n\n### G. SERRURIER\n\n**LIÈGE - 41 RUE HEMRICOURT**\n**BRUXELLES - 2 BOUL DU REGENT**\n**PARIS - 54 RUE DE TOCQUEVILLE**\n**LA HAYE - 39 PARKSTRAAT**\n\n**MOBILIERS SPECIAUX POUR LA CAMPAGNE ARTISTIQUES PRATIQUES SOLDES ET PEU COUDEUX**",
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