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     "texte": "VINGT-QUATRIÈME ANNÉE. N° 30. 24 JUILLET 1904.\n\n# L'ART MODERNE\n\nREVUE CRITIQUE HEBDOMADAIRE\n\n---\n\nBUREAUX : RUE DE L'INDUSTRIE, 32, BRUXELLES\n\nABONNEMENT : BELGIQUE, 10 FRANCS L'AN; UNION POSTALE, 13 FRANCS. — LE NUMÉRO. 25 CENTIMES\n\n---\n\nL'ART MODERNE est envoyé à l'essai, pendant un mois, aux personnes qui nous en font la demande ou qui nous sont indiquées par nos abonnés.\n\nLes demandes d'abonnement et de numéros à l'essai doivent être adressées à l'administration générale, rue de l'Industrie, 32, Bruxelles.\n\nOn est prié de renvoyer la revue à l'Administration si l'on ne désire pas s'y abonner.\n\nL'ART MODERNE est en vente, à Paris, à la librairie H. Floury, 1, boulevard des Capucines.\n\n---\n\n## SOMMAIRE\n\nLes Précieux (Georges Rency). — Rops en Amérique. — Art folklorique. Chansons populaires recueillies dans les Alpes françaises (O. M.). — L'Art à Gand. — Albert Baertsoen. — Un diorama militaire. — Curiosités bibliographiques. Le Mot préféré de l'auteur (O. M.). — Publications d'Art. Attraverso gli Albi e le Cartelle. — Concours et Concurrents. — Petite Chronique\n\n---",
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     "texte": "## LES PRÉCIEUX\n\nL'histoire littéraire, comme l'autre, est un perpétuel recommencement. Pensez-vous, par exemple, que les Précieuses ridicules aient été tuées par Molière? Depuis le siècle du Grand Roi elles ressuscitent périodiquement. Mais si nous avons nos Précieuses, nous avons aussi nos Précieux. Chaque pays a les siens, d'ailleurs. En France, il en est de délicieux. C'est là qu'il faut aller pour trouver le modèle du genre. Le Précieux français, c'est un snob qui a du talent. Il lui manque la vertu créatrice, la faculté d'observation, le don d'animer des personnages,\n\nla simple et divine émotivité devant les scènes de la nature et de la vie. Comme il est très intelligent, il se rend parfaitement compte de ces lacunes et s'efforce de les faire oublier. Incapable de conter avec charme une histoire empruntée aux événements quotidiens, il se choisit des sujets rares, où il a l'air de se trouver sur un terrain neuf, parce que terrain, personnages, sentiments, décor, tout sort de son imagination. Ou bien il produira d'élégants essais qui auront la prétention d'être de la philosophie quintessenciée, le fin du fin, la suprême essence de la pensée humaine. N'oublions pas qu'il a du talent, parfois même beaucoup de talent : par là ses œuvres sont de nature à faire illusion aux esprits jeunes ou étourdis. Aux yeux de beaucoup, il passe pour un grand homme, un profond philosophe, un érudit qui cache sa science, un artiste à l'âme haute qui dédaigne la popularité vulgaire et plane sans cesse dans les régions sereines. Généralement ignoré, avec politesse, dans son milieu national, il s'expatrie de temps en temps et va dérouler, devant les publics complaisants de l'étranger, ses phrases creuses, mais si jolies!... Dans le royaume des aveugles, les borgnes sont rois. Au fond, qu'y a-t-il dans tout cela? De la littérature, de l'art, de la science... pour l'exportation.\n\nIl serait bien vain de vouloir mettre obstacle à ce petit commerce qui, somme toute et pour des motifs divers, amuse tout le monde, si l'influence de ces brillants et météoriques étrangers ne retentissait fâcheusement dans la personnalité indécise de certains des nôtres. Je n'en veux pour exemple que le cas, vraiment typique, de ce charmant écrivain qui a nom André Ruyters. Les lec-",
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     "texte": "240\n\nL'ART MODERNE\n\nteurs de l'Art moderne connaissent son esprit subtil et délié, son écriture savante et harmonieuse, le charme archaïque et voluptueux de ses contes galants. « Il fait songer, a écrit de lui M. Edmond Picard, aux alcôves voluptueusement ravagées de Fragonard. » Et c'est bien vrai : certains de ses tableautins littéraires évoquent l'art factice et délicieux des peintres du temps de Watteau. Hélas ! pourquoi faut-il que ce précieux talent soit en train de devenir un talent « précieux » ?\n\nAnalysons, si vous le voulez bien, son dernier livre. Il s'intitule Le Tentateur (1). Dans une villa près de Naples, un jeune homme, Marc, fait à une jeune femme, du nom rare de Callixte, une cour aussi pressante que singulière. Admettez que ce soit le monde renversé : c'est l'homme qui fait le coquet, se dérobe, finit par affoler la femme. Un matin qu'il l'a surprise au bain — la scène est fort jolie — elle se donne avec emportement. Au réveil, elle le cherche ; Marc a déjà disparu. Il est allé à Naples visiter un autre jeune homme qui est également amoureux de Callixte. Par son attitude naïvement violente, il contraint l'autre à deviner que Callixte est devenue sa maîtresse. Remplis l'un pour l'autre d'une haine corse, ils se promènent ensemble dans Naples, tout le jour. Ils se séparent à la nuit, sans qu'on découvre bien clairement la raison de ces allures bizarres. Et l'on sent que Marc, l'amoureux, et l'auteur lui-même ont lu et relu — mais n'ont nullement compris — Dostoïewsky. Rentré à la villa, Marc continue à torturer Callixte, passant tour à tour, envers elle, de la frénésie la plus brûlante à l'indifférence la plus glaciaire. Survient une autre jeune femme : Florence, à l'âme claire et à l'esprit calme. Marc, lâchant Callixte, s'efforce de l'affoler, elle aussi. Mais lorsque Florence comprend le danger, elle s'en va. Marc ne tarde pas à la suivre. Et cet étrange roman se termine de la sorte, se perd dans le vague et l'inconnu.\n\nDisons tout de suite que les amateurs de jolies phrases bichonnées, pomponnées, harmonieusement cadencées, trouveront leur compte à la lecture de ce livre. Les âmes bien élevées, dédaigneuses des réalités d'ici-bas, se plairont à ce récit dont pas un mot un peu trivial, pas une indication familière ne rompt la noble monotonie. Ceux qui aiment les descriptions factices et arrangées, où les roses exhalent leurs parfums, où coulent de musicales fontaines, où des jeunes filles se groupent çà et là « pour le plaisir des yeux », salueront dans cet ouvrage un tour de force admirablement réussi. Et si l'auteur a eu pour but essentiel d'écrire trois cents pages de « littérature », c'est-à-dire une succession de riens délicieusement dits, certes le Tentateur est une belle réalisation.\n\nCependant, comme généralement les lecteurs deman-\n\n(1) Paris, collection de l'Ermitage.\n\ndent à un roman d'être autre chose que l'équivalent d'un verre d'exquise limonade, examinons maintenant les personnages et le décor du livre.\n\nPour ce qui est des premiers, on ne pourrait imaginer quelque chose de plus faux, de moins vivant, de plus artificiel et conventionnel que ce Marc, cette Callixte, cette Florence. D'où viennent-ils? Sont-ils Français ou Italiens? Quelle est leur condition sociale? Ne s'occupent-ils donc que d'amour? Nul ne le sait, et M. Ruyters l'ignore autant que nous. Il a cru qu'il suffisait, pour créer de la vie, de donner un nom aux vagues phantasmes de son cerveau. Mais l'écrivain doit être autre chose qu'un styliste, un remueur de dictionnaires. Il faut qu'il vive parmi les hommes, qu'il les étudie avec une âme sympathique et qu'il s'efforce à les peindre tels qu'il les voit. Tout le reste, ces obscures entités, ces symboles, ces Marc, ces Callixte, ces Florence, ce sont les pantins d'un mauvais guignol.\n\nLe décor, au moins, est-il intéressant? Est-ce que le paysage s'anime, nous transporte, nous exile? Avons-nous la sensation d'être là, près de cette Naples dont nous rêvons tous? Pas le moins du monde. Le décor est un décor de théâtre, fait de trompe-l'œil, sans profondeur, sans vie, sans personnalité.\n\nQuant au but du livre, il se révèle dans une phrase de Dostoïewsky mise en épigraphe : « ... J'ai mis partout ma force à l'épreuve... Dans ces expériences, comme dans toute ma vie précédente, je me suis révélé immensément fort... » Ne vous y trompez pas : dans l'esprit de M. Ruyters, Marc est un surhomme, un être supérieur.\n\nEt c'est cela, surtout, qui est déplorable : qu'un écrivain de mérite, sous l'influence d'un snobisme néfaste, s'imagine que la force d'un homme consiste à tromper une femme, à troubler ses sens, puis à la rejeter comme un citron dont on a exprimé le jus. Voilà où nous en sommes. On crée péniblement un Marc, c'est-à-dire un pitoyable petit serin, un jeune poseur qui mérite des coups de pied au derrière, et l'on s'imagine avoir ajouté un portrait à la galerie des Rastignac et des Julien Sorel !\n\nJe suis bien fâché de devoir parler de la sorte d'un ouvrage dû à la plume élégante d'un écrivain qui promettait d'aller si haut. Mais rien n'est perdu encore. Il peut reprendre sa place parmi nous s'il consent à croire que le talent ne se développe pas dans la solitude et dans l'orgueil et que, pour faire œuvre de vie, il faut fuir comme la peste la préciosité et se jeter à plein corps dans l'amour de ses semblables, dans le torrent vivant qui emporte notre âme vers ses destinées.\n\nGEORGES RENCY",
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     "texte": "## ROPS EN AMÉRIQUE\n\nFélicien Rops traversa l'Atlantique en 1887. Voici en quels termes il transmit, aussitôt débarqué, ses impressions à son ami Jean d'Ardenne :\n\n« Comme toujours, tout ce qu'on nous a dit de New-York n'était qu'un tas de stupidités. Mon vieux, il faut tout voir par ses yeux — et nous les avons bons, toi et moi. New-York est la ville la plus étonnante qui soit au monde, je crois, en tant que ville moderne, — d'une modernité xx° siècle. C'est exorbitant, invu et imprévu en diable! Je ne te parlerai pas de cette rade qui est une des merveilles du monde. Je suis arrivé par un temps de soleil laiteux comme celui que nous avons eu ensemble, dernièrement, à l'île Thomé. Une ville formidable avec ses ponts, ses chemins de fer en l'air, ses milliers de navires, issant d'un rêve. Et cela vu du pont de la Bretagne, saluée par le canon des forts, passant vis-à-vis de centaines de warfs où dorment les grands steamers. C'est inoubliable.\n\nMais c'est de la ville elle-même que je veux te toucher un mot. On se l'imagine embêtante, avec ses avenues numérotées, ses deux cent quarante streets et ses maisons énormes, noires et uniformes, — un Londres plus neuf et plus régulier. Pas du tout! On ne s'aperçoit pas de la régularité. Les rues sont tracées souvent à la diable. Des petits jardins partout. Les gens plantent ce qui leur plaît; de là, des arbres qui apparaissent à travers tout, des saules pleureurs, principalement, donnant un aspect doux et charmant à celles des rues nouvelles qui ne sont pas de grandes artères. Dans les squares, la longueur et la chaleur des étés permettent de cultiver des plantes d'Égypte, les splendides lotus à fleurs roses, et les nymphéacées de la Floride s'épanouissent dans les bassins.\n\nQuant à l'architecture, loin de présenter les horreurs et les sottises qu'on s'imagine aussi, d'avance, sur les récits des « gens de goût, » elle est, sinon digne d'admiration, du moins intéressante au plus haut point. Certes, tous les styles s'y mélangent souvent en de féroces accouplements, mais l'architecte new-yorkais s'occupe d'abord de l'intérieur, et ces intérieurs, où tous les éléments du confort, du pratique, de l'utile comme de l'agréable, se trouvent réunis, sont admirables. Partout de la lumière ou de l'ombre, de la chaleur ou de la fraîcheur à volonté. Ajoute que presque toutes les maisons sont à six et huit étages, plusieurs à dix, et tu jugeras de la difficulté d'aménager tout cela.\n\nIls ont commencé avec la brique et la terre cuite et ils ont maintenant, grâce aux chemins de fer, des grès de toutes couleurs, superbes. L'extérieur, ainsi qu'il convient, se modelant sur l'intérieur, il en résulte forcément des choses trouvées, nouvelles et étranges, qui, se mêlant aux vieilles formules architecturales, vous ahurissent un peu, mais, le plus souvent, ne manquent ni d'intérêt ni de charme.\n\nLe vieux New-York, c'est la cité de Londres avec plus de via-duces, plus de chemins de fer en l'air, plus d'activité encore. De temps à autre, un cimetière avec de grands arbres, un cimetière xvii° siècle, où dorment les premiers bandits débarqués dans l'île de Manhattan, — maintenant la première ville du nouveau monde. L'église tranquille, avec ses chênes d'Amérique, enveloppée, dominée par les fabriques, est d'un aspect délicieux, résigné, exquis!...\n\nRops projetait alors d'illustrer un prestigieux bouquin qui devait s'intituler Strange America. Un éditeur de New-York en faisait les frais. Le titre, en effet, promettait monts et merveilles.\n\nMais tout se borna au titre et à une tournée de l'artiste dans la région des étrangetés.\n\nIl écrivait à son ami :\n\n« Le livre Strange America est pour l'été prochain. Il ne serait donc pas impossible que je te prisse sous le bras pour t'emmenner ici en juillet 1888. Ce serait une joie pour moi. Je n'aime pas juger seul et peu de gens ont des yeux. Ah! mon ami, qu'il y en a peu! C'est incroyable. Tout le monde m'a dit que les environs de New-York étaient simples et plats. Ce que j'en ai vu est rocheux, accidenté, et rappelle Cernay-la-Ville. Un Cernay-la-Ville avec de l'eau. »\n\nEt le botaniste apparaissait, — car l'artiste que personne n'ignore était doublé d'un joli amateur de plantes que peu de gens ont eu l'occasion d'apprécier et qui se manifestait volontiers avec une solennité plaisante :\n\n« Quel automne, en ce moment!... Les chênes verts de l'Ohio, les peupliers ontariens, les érables à sucre, les platanes sont dorés, bronzés, brûlés, émerillonnés, vermillonnés à n'y pas croire, et les dessous de forêts sont éclairés par une floraison automnale admirable : la Vernonie de New-York, Vernonia noveboracensis! — je l'ai vue, enfin !!! — dix ou douze asters, les solidages du Canada, etc., etc., sont en fleurs. Et dire qu'en France nous n'avons pas même une petite plante d'automne! J'oubliais la vigne Catawba, qui est en fruits, et le rosier vétigère, en fruits aussi, — qui jettent aux branches des lianes de vingt pieds de haut. Tu juges de mon enthousiasme d'artiste et d'horticulteur...\n\n---",
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     "texte": "## ART FOLKLORIQUE\n\nChansons populaires recueillies dans les Alpes françaises (Savoie et Dauphiné), par JULIEN TIERSOT, sous-biliothécaire du Conservatoire de Paris. Un volume de 600 pages grand in-4°. Nombreuses illustrations. Grenoble, Librairie dauphinoise; Moutiers, Librairie savoyarde.\n\n« C'est une manière d'alpinisme assez inédite que celle qui consiste à courir la montagne à la recherche des chansons populaires. Loin de s'en tenir à une observation superficielle, d'ailleurs sans négliger de contempler en passant les merveilles de la nature, l'on entre dans les chaumières, l'on s'entretient avec les habitants, on apprend à connaître leur vie, leurs mœurs, on évoque avec eux les souvenirs du passé de la race, et l'on pénètre ainsi dans la complète intimité du pays... » C'est en ces termes que, très modestement, M. Julien Tiersot, l'érudit et savant musicien qui a signé tant d'ouvrages documentaires d'un haut intérêt, expose le plan qu'il a suivi pour composer l'important ouvrage dont se réjouiront tous les musiciens. La chanson populaire n'est-elle pas la source de la musique, l'inspiratrice des œuvres les plus émouvantes? Mais à mesure que s'écoulent les années, les traditions s'effacent. La mémoire des hommes est trop fragile pour garder l'empreinte des mélodies que se transmettent les générations. Les recueillir, les fixer définitivement dans leur forme originale est une œuvre digne de l'effort d'un artiste. « Encore, est-il bien sûr que nous soyons venus à temps? » se demande avec mélancolie M. Tiersot. Les autorités départementales des régions montagneuses tentent d'enrayer, par de sévères arrêtés, la destruction de l'eldeweiss, du genépi, du rhododen-",
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     "texte": "242\n\nL'ART MODERNE\n\ndron; mais quelles mesures administratives pourraient sauver la chanson?\n\nLes provinces de l'ouest de la France, la Normandie, la Bretagne, la Vendée, le Poitou, etc., furent explorées fréquemment et enrichirent de documents précieux le trésor folklorique. Il en est même de la Lorraine et de l'Alsace. Dès 1862, Damase Arbaud publia un recueil des chansons populaires de la Provence. Celles du Vivarais furent notées récemment par M. Vincent d'Indy, qui en utilisa plusieurs dans ses œuvres. Mais jusqu'ici la vaste région du sud-est avait été négligée, soit qu'on considérât sa flore musicale comme moins abondante, soit que les difficultés d'accès de ses massifs rocheux et de ses vallées solitaires eussent découragé les explorateurs.\n\nC'est ce qui décida M. Tiersot à compléter les notions acquises sur la chanson populaire française par une enquête attentive et minutieuse, poursuivie pendant cinq ans sous les auspices du Gouvernement, des traditions musicales conservées dans la région la plus élevée des Alpes, dans les hameaux les plus reculés du Dauphiné et de la Savoie, à l'extrémité du pays vers la frontière d'Italie. Sa moisson a été extrêmement riche. Elle embrasse onze catégories de documents, ainsi divisés: chansons historiques(dont plusieurs remontent au xve siècle, d'autres au xvie), chansons traditionnelles (récits légendaires et tragiques, chansons d'aventures et chansons satiriques), chansons d'amour, chansons relatives au mariage, chansons de bergers, chansons de conscrits et de soldats, chants des fêtes de l'année, chansons de travail, berceuses et danses. Toutes sont notées, avec leur texte, dans leurs diverses versions s'il y a lieu, et commentées au point de vue historique et ethnographique avec une érudition sûre à laquelle le charme du style enlève toute sécheresse. Quelques-unes ont été harmonisées par l'auteur. Des illustrations tirées de l'œuvre de Greuze, de Boilly, de Drouais, etc., complètent ce magnifique volume, auquel les éditeurs ont donné une toilette irréprochable.\n\nO. M.",
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     "texte": "L'ART A GAND\n\nUne innovation passée presque inaperçue et néanmoins digne d'un sérieux intérêt a caractérisé l'exposition annuelle de la Chambre syndicale provinciale des Arts industriels à Gand.\n\nCette société, qui s'est évertuée il y a plus de trente ans à provoquer un mouvement d'art appliqué à l'époque où un conflit permanent empêchait l'Art de communier avec l'Industrie, a inauguré une série d'expositions restreintes d'objets d'art appliqué pouvant, en quelque sorte, servir d'œuvres types.\n\nSous l'intelligente direction de M. Oscar Van de Voorde ont été rassemblés de remarquables échantillons de céramiques, faïences, cuirs, et il est vraiment regrettable que, faute de réclame, on y ait si peu fait attention.\n\nIl y a là des pièces de réelle valeur; les tons si vifs des poteries à grand feu y alternent avec les finesses charmantes des cristaux irisés accompagnant des masques d'une polychromie heureuse; (telles petites têtes de Zélandaises, de De Rudder, par exemple, sont d'un effet décoratif si complet qu'on ne peut plus se les représenter autrement). A ces produits de la maison Boch frères s'ajoutent et les carreaux de revêtement de la Majolique de Hasselt et les sobres mosaïques de Léon Desmet et les pièces rares de la Société des céramiques, système Geldens, de Nieuport, venant prouver que l'industrie moderne, au lieu de le rejeter, fait un appel constant au sentiment artistique individuel.\n\nLa section du cuir, grâce à quelques spécimens remarquables exposés par Mme Clara Voortman, montre mieux encore ce que devient la matière banale sous l'impulsion d'un véritable tempérament d'artiste. A voir le style de ces couvertures de livres, de ces chaises ornées dont le décor est toujours dans un rapport si direct avec la forme à décorer qu'on ne peut le rêver autre, à voir la variété et la splendeur du coloris, toujours harmonique et d'une vérité surprenante parfois, comme dans le grand panneau en cuir ornant un écran où les rouges rutilants et si variés des immenses champignons vénéneux de l'avant-plan sont admirablement reliés, par les rouges bruns des feuilles mortes du terrain, aux frondaisons d'automne du paysage; à étudier surtout cette interprétation de la fleur, tantôt stylisée, tantôt rendue presque réelle, semblant révéler, dans les souplesses des flexions ou la fière attitude des corolles, le caractère intime, la vie de la plante, on se rend compte de l'étude émue qu'un travail pareil révèle. Mais il y a plus (et cela n'a pas été signalé et d'ailleurs échappe à l'examen rapide et superficiel du passant), c'est l'entente supérieure du modèle bas-relief, qui seul convient au travail du cuir. Il se révèle dans les formes fuyantes, dans les plans estompés de ces fleurs, de ces feuilles qui s'enfoncent en profondeur ou se retournent vers nous; ce n'est plus seulement la série de silhouettes découpées en arabesques plus ou moins heureuses, c'est toute la variété des caprices de la nature rendue avec un tact exquis qui s'arrête à la limite voulue, ne trouvant jamais une matière destinée à couvrir et à protéger. Là est la différence capitale entre ces œuvres d'artiste et les productions aimables, très à la mode, où les mêmes matières employées semblent, aux yeux du profane, donner les mêmes résultats.\n\nPeut-être doit-on regretter de voir ces œuvres, qui sont de remarquables spécimens d'art moderne, retourner dans des salons où de rares privilégiés pourront les admirer, alors que leur vrai rôle eût été de servir d'exemples.\n\nALBERT BAERTSOEN\n\nUn écrivain qui, sous le pseudonyme SOLRAC, s'est fait remarquer depuis quelques mois dans l'Occident par de judicieuses critiques, apprécie en ces termes élogieux notre compatriote Baertsoen, dont l'État français vient d'acquérir une nouvelle toile pour le Musée du Luxembourg:\n\nNous éprouvons une entière admiration devant l'œuvre de M. Baertsoen et ce nous est une joie d'en faire l'aveu. Ce bel artiste est un de ceux qui ont le plus la préoccupation de toutes les qualités qui distinguent la bonne peinture. Remarquez comme toujours les sites sont bien choisis, caractéristiques et heureusement mis en toile. Ce n'est pas seulement le pittoresque de la Flandre avec ses canaux bordés de maisons à pignons, mais aussi l'atmosphère brumeuse, le climat, l'âme enfin de son pays. Cette atmosphère, pourtant bien différente dans chaque tableau, en fait une masse ininterrompue, en assurant d'une forme à une autre, de l'une à l'autre couleur, la continuité de la vie. On pourrait dire qu'elle prend l'importance d'une matière; c'est bien en effet de",
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     "texte": "# L'ART MODERNE\n\n## 243\n\nl'air que M. Baertsoen semble ajouter à ses mélanges de couleur sur la palette. La pâte, toujours épaisse, de près paraît maçonnée, car c'est à dessiner que le peintre l'applique et la répand en larges touches, pour être aperçue à une distance déterminée, celle où l'on embrasse tout l'ensemble. A cette distance seulement toute cette « architecture de couleur » prend son entière signification ; les touches se mélangent et se confondent ; l'eau devient fluide, le ciel transparent et les tons acquièrent toujours leur entière « plénitude », à tel point que toutes les toiles des autres peintres — exception faite pour l'œuvre de M. Anglada — paraissent creuses à côté. Et remarquez aussi comme toujours le ton local et les valeurs sont judicieusement observés dans cette même ambiance aérienne.\n\nLes toiles de M. Baertsoen donnent toujours l'impression d'un moment et pourtant ce peintre n'est pas un « impressionniste » au sens restreint où l'on entend cette appellation. Lui aussi, comme l'impressionniste, réalise son tableau en plein air et devant son objet, mais il ne choisit pas les effets rares et fugitifs, jamais deux fois pareils, qui obligent à une vision très prompte et à une facture particulière pour les fixer, dans le plus court temps possible, étant données les variations rapides de l'éclairage. Ceux qu'il adopte — quoique très différents — sont relativement stables et se reproduisent aux mêmes heures dans des conditions à peu près analogues. Cela va lui permettre une autre réalisation de la vie. Au lieu de rendre seulement l'extériorité des choses avec la vibration de la couleur et de la lumière, il ira plus loin dans la pénétration de la nature et, sachant extraire en une admirable synthèse le définitif du provisoire, il donnera, pourtant, à chaque objet sa qualité propre, sa densité et son poids; le ton aussi acquerra une entière plénitude, qualités que seules peuvent donner les techniques lentes et savantes.\n\nEntre les deux importantes toiles représentant des vues de Gand, la première avec la neige, la seconde avec la brume du crépuscule, on peut avoir une préférence, mais on ne saurait dire laquelle est la mieux venue.\n\n---",
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     "texte": "## UN DIORAMA MILITAIRE\n\nM. Léon Abry vient d'être chargé d'exécuter, pour l'Exposition universelle de Liège, en collaboration avec M. H. Le Roy, statuaire, un diorama militaire analogue à celui que ces deux artistes, secondés par M. Philippet, composèrent en 1894 pour l'Exposition d'Anvers.\n\nM. Abry travaille en ce moment aux projets préalables. Il a, dit un de nos confrères, proposé au président de la section militaire de l'Exposition de Liège, M. le lieutenant-général Donny, de représenter trois des aspects caractéristiques de Liège militaire et de Liège pittoresque. Ce serait la construction d'un pont à Jupille avec la vue si belle de la Meuse à cet endroit, et le clocher connu de la Schavée dans le fond. Puis, pour l'Ourthe, un double passage de pont à Sinai. Ce point n'est pas encore décidé. Enfin, une opération tactique dans le paysage familier de Chévremont. Le caractère des trois sites étant différent, la difficulté réside dans l'agencement de ces scènes, alors que la disposition des avant-plans, si elle est favorable à l'une des scènes, vient presque inévitablement contrarier les autres. Cette difficulté sera surmontée à l'aide d'un truc bien fait pour susciter la curiosité du public.\n\nM. Hipp. Le Roy va très prochainement commencer l'exécution de trente ou quarante figures en staf, d'après des croquis des différents personnages de la composition centrale. Comme à Anvers, ce seront, en grande partie, des portraits très ressemblants.\n\nM. Bergmans fils exécutera les toiles de fond, c'est-à-dire quelque six cents mètres carrés de peinture à faire et qui doivent avoir un aspect saisissant de nature, car les sites sont connus.\n\nM. Léon Abry devra ensuite y peindre les personnages, soit une armée entière !\n\nCe diorama sera, sans conteste, un des clous de l'exposition de Liège.\n\n---",
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     "texte": "## CURIOSITÉS BIBLIOPHILIQUES\n\n### Le Mot préféré de l'auteur (fantaisie et paradoxe), par G. De Breyne-Du Bois. Dixmude, imp. Desmyter.\n\n« Le mot préféré de l'auteur, — mot que l'écrivain aime réellement, passionnément, au delà de toute expression... de toute autre expression ; vocable émergeant, par-ci par-la, comme ensoleillé, des pages de son livre ; terme qu'il emploie infiniment plus que tous les autres ; terme à répétition, si je puis dire, verbe sacré qui revient, intuitivement, comme une sorte de leitmotiv... »\n\nPar ces lignes, M. De Breyne-Du Bois définit et justifie la fantaisie philologique qu'il nous adresse de son ermitage de Dixmude.\n\nLisant beaucoup, M. De Breyne a été surpris de voir certains vocables blasonner, plus que d'autres, les écrits de certains hommes de lettres. Il les a minutieusement relevés, classés, étiquetés, et le catalogue qu'il en a dressé est vraiment amusant.\n\nVous douteriez-vous, par exemple, que le verbe préféré d'Emile Verhaeren, celui qu'il emploie le plus souvent, c'est Halluciner? Que Maeterlinck raffole du mot Cheveux? Rodenbach de Mièvre, Blanc, Araignée, Lune? Que Max Waller tient tout entier entre ces deux expressions : Aube et Zut!... Que, parmi nos confrères, si M. Solvay affectionne Troublant, M. Hannon abuse de Déconcertant et M. Tardieu de Certes?\n\nOn ne s'étonnera point, sans doute, que le mot Ame ait été employé par Victor Hugo avec abandonne, ni que Nature revienne dans les poèmes de Lamartine plus que tout autre, Mer dans ceux de Baudelaire, Pleurer et Peine chez Verlaine, alors que dans les romans de Jean Lorrain Cythère, Lesbos, Alcôve et Courtisane l'emportent, et Avril dans les vers de M. Rostand...\n\nEcrivains, mes frères, méfiez-vous du « mot préféré! » il tourne promptement au tic. De même que la parole, la plume adopte des clichés. Le petit livre de M. De Breyne aura-t-il pour effet bienfaisant de nous en préserver?\n\nO. M.\n\n---",
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     "texte": "## PUBLICATIONS D'ART\n\n### Attraverso gli Albi e le Cartelle (Sensazione d'arte), par Vittorio Pica. Fascicolo IV. Bergamo, Instituto italiano d'arti grafico.\n\nNous avons signalé déjà l'importante et consciencieuse étude consacrée par M. Vittorio Pica aux graveurs contemporains. Dans la quatrième partie de cette étude, il passe en revue les virtuoses de la pointe-sèche et du vernis mou en Hollande et en Belgique, et groupe en un chapitre spécial, hors de toute classification ethnique, trois artistes « d'exception » : Aubrey Beardsley, James Ensor et Edward Munch.\n\nD'excellentes reproductions, au nombre d'environ cent cinquante, illustrent ce volume, particulièrement intéressant pour nous puisqu'il contient l'essentiel de l'œuvre gravé de nos meilleurs spécialistes : A. Baertsoen, Van Rysselberghe, E. Laermans, R. Wytsman, F. Maréchal, H. Meunier, F. Khnopff, G. Minne, Ch. Doudelet, H. Cassiers, etc., sans oublier le regretté Henri Evenepoel qui signa, tout jeune, quelques eaux-fortes magistrales.\n\nLa Hollande est représentée, dans l'album de M. Pica, par",
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     "texte": "244\n\nL'ART MODERNE\n\nl'élite de ses graveurs originaux, au premier rang desquels figurent Israels, les Maris, Th. Van Hoytema, Jan Toorop, Ph. Zileken, Ch. Storm van 's Gravesande, M. Bauer, P. Dupont, W.-O.-J. Nieuwenkamp, etc.\n\nDe curieuses compositions de Beardsley, d'Ensor et de Munch, dont plusieurs peu connues, complètent l'illustration de cet attrayant ouvrage.\n\n---",
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     "texte": "CONCOURS ET CONCURRENTS\n\nPour consoler les candidats malheureux aux prix de tragédie, de comédie, de chant, etc., ces simples réflexions d'un chroniqueur parisien :\n\n« Comment s'est-il pu faire que l'exquise Barretta n'ait jamais obtenu qu'un deuxième prix de comédie? Que Réjane et Sarah Bernhardt, accablées l'une et l'autre sous un premier accessit une première fois, n'aient réussi de même, à force d'acharnement, à décrocher qu'un deuxième prix? Comment s'est-il pu faire que Mme Bartel n'ait jamais pu dépasser un deuxième accessit? Remontons plus haut : Mme Favart ne put jamais non plus dépasser l'accessit.\n\nQue d'illustres restés « médailles de bronze » ! Delaunay n'eut jamais qu'un accessit. Coquelin cadet eut la chance, sous forme d'un premier prix. Mais Coquelin ainé dut se contenter d'un deuxième prix; Guirty pareillement; Leloir, d'un premier accessit. Mounet-Sully eut bien un deuxième prix de comédie, mais dans la tragédie le jury le trouvait insuffisant et ne lui accorda qu'un deuxième accessit!\n\nIl ne faut pas oublier non plus que si Mme Rose Caron eut un deuxième prix de chant, elle n'eut du moins qu'un premier accessit d'opéra. »\n\n---",
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     "texte": "PETITE CHRONIQUE\n\nA l'occasion de la fête inaugurale du nouvel hôtel de ville de Saint-Gilles, une exposition d'œuvres de peintres et de sculpteurs habitant ou ayant habité Saint-Gilles aura lieu dans les principales salles du nouveau monument, place du Sud. Elle sera accessible au public lundi 25, mardi 26 et dimanche 31 courant, de 10 à 5 heures.\n\nLe gouvernement, à l'occasion de l'Exposition de Liège, a décidé la frappe de deux médailles, l'une pour l'exposition des beaux-arts, l'autre pour l'exposition universelle.\n\nCes médailles seront mises au concours entre un nombre assez restreint d'artistes. Il y aura deux prix pour chaque concours, respectivement de 3,000 et 1,000, de 2,500 et de 800 francs. Un jury vient d'être constitué sous la présidence M. A. De Witte, fondateur de la Société hollandaise-belge des amis de la médaille d'art qui a largement contribué à développer le goût de la médaille en Belgique.\n\nM. Henry Meunier a été chargé par le gouvernement de créer de nouveaux types de timbres-poste. Ceux-ci seront émis l'an prochain à l'occasion du soixante-quinzième anniversaire de l'indépendance de la Belgique. Il n'y a vraiment pas de mal qu'on ait songé à confier ce petit travail à un artiste, et particulièrement à M. Meunier à qui l'on doit tant de jolies trouvailles dans le domaine de l'art ornamental et décoratif.\n\nOn été désignés pour composer le jury de placement au Salon triennal d'Anvers :\n\nPour Bruxelles : M. Paul Mathieu;\n\nPour Anvers : MM. J. Van der Ouderaa, De Smeth, Baeseleer, Jacobs;\n\nPour les Flandres : M. Jean Delvin;\n\nPour Liège : M. Evariste Carpentier.\n\nUne exposition d'aquarelles et de dessins réunira à partir de demain, au Coq-sur-Mer, dans les galeries du Grand Hôtel, un choix d'œuvres de Constantin Meunier, F. Charlet, Ch. Watelet, H. Stacquet, L. Bartholomé, H. Cassiers, M. Haegemans, Th. Hannon, P. Hermanus, H. Janlet, F. Luigini, V. Uytterschaut et I. Verheyden.\n\nLe 8 août, à 3 h. 1/2, aura lieu à l'exposition une audition musicale au profit de l'œuvre du Grand Air pour les Petits, patronnée par la princesse Elisabeth, avec le concours de Mmes Carlhant et Bernard, de MM. Imbart de la Tour, H. Janlet, Arm. Seure et Dralantz.\n\nLa chorale mixte A Capella, dirigée par M. V. Beauvais et composée de deux cents exécutants, donnera ce soir, à 8 heures, à la Grande-Harmonie, son concert annuel avec le concours de Mme Drabbe-Bauvais, de MM. Debusscher, Lesne, Th. Kauffmann, Demont, Van Weyenbergh, etc. Le programme comprend entre autres le chœur Super flumina, le premier acte de Roméo et Juliette, la cantate La Liberté et le Toréador, opéra comique en deux actes, d'Ad. Adam.\n\nLa livraison de juillet de l'Art Flamand et Hollandais contient une étude de M. Georges Eekhoud sur les Impressionnistes, à l'occasion de l'Exposition rétrospective de la Libre Esthétique. De fort belles reproductions d'œuvres de Manet, Monet, Renoir et Van Rysselberghe accompagnent cette étude. M. Roest van Limburg analyse quatre cartons de Bernard van Orley conservés à la Pinacothèque de Munich et au sujet desquels l'auteur a fait d'intéressantes découvertes. Enfin, à propos de l'exposition des œuvres de Vincent Van Gogh à Groningue et de la vente de quelques-unes de ses toiles à Amsterdam, MM. R. Jacobsen et F. Van Haamstee consacrent au maître hollandais d'élogieuses notices, accompagnées de nombreuses reproductions de ses œuvres, choisies à diverses époques de sa vie.\n\nPour paraître en automne chez l'éditeur Julius Hoffmann, à Stuttgart : La Collection Cheramy, à Paris, par J. MEIER-GRAEFE et E. KLOSSOWSKI, ouvrage illustré de cent vingt gravures d'après Gainsborough, Reynolds, Hopper, Constable, Bonnington, David, Ingres, Géricault, Delacroix, Chassériau, Corot, Degas, etc. Trois cent cinquante exemplaires en langue allemande, trois cent cinquante en français. Prix : 40 marks (50 francs). Tirage de luxe sur japon, limité à vingt exemplaires, dont dix en français, 100 marks (125 francs). L'ouvrage est en souscription chez l'éditeur. Le prix sera majoré après sa publication.\n\nLa célèbre tragédienne Eléonore Duse est, dit-on, à la veille de quitter définitivement la scène. Elle va donner en automne une dernière tournée d'adieu qui commencera en Suisse. Dans le courant du mois de septembre, elle jouera successivement à Vienne, Budapest et Berlin. Après avoir visité quelques autres villes allemandes, elle se rendra à Londres et à Paris, où elle a déjà été applaudie. La Duse fera ses adieux au public italien en dernier lieu, c'est-à-dire au début du printemps prochain.\n\nVoici quelques prix atteints par des autographes de musiciens à une récente vente à Berlin :\n\nDe Beethoven, une lettre, 325 francs; quatre pages de musique, 4,175; deux pages de musique, 242; trois petites pièces : la première, 425, la deuxième, 87, et la troisième, 50 francs; de Boccherini, manuscrit du quatuor n° 1, 412; de Brahms, un duo, op. 61, n° 3, 631, une lettre, 93; de Chopin, une mazurka, 750; de Liszt, divers manuscrits, 418, 437, 200, 350 et 443; de Schumann, 56, 72, 425; de Wagner, des lettres, 437, 425, 456, 462; de Meyerbeer, une ariette, 67; de Schubert, trois mélodies, 1,126; de Schumann, Les Papillons, 812 francs.\n\nLa reine de Roumanie (Carmen Sylva) termine le livret d'un opéra dont la partition sera écrite par un enfant prodige, le petit Florizel de Reuter, violoniste et compositeur, qui n'est âgé que de douze ans.\n\nLe sujet? Jeanne d'Arc.\n\nLa reine a envoyé au jeune compositeur une lettre par laquelle elle l'invite à venir travailler avec elle en son château de Neuwied",
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     "texte": "# Maison Félix MOMMEN & C°, Brevetés\n\nFABRIQUE ET ATELIERS : 37, RUE DE LA CHARITÉ, BRUXELLES  \nTéléphone 1947\n\nFabrique de Couleurs, Panneaux, Toiles, Vernis, etc., etc.\n\nSpécialité de tous les articles concernant la peinture, la sculpture,  \nla gravure, l'architecture et le dessin.\n\nRENTOILAGE, NETTOYAGE ET VERNISSAGE DE TABLEAUX\n\nPremières médailles aux Expositions d'Amsterdam, Paris, Liverpool, Le Havre, Bruxelles, Chicago, etc., etc.\n\n---\n\n# LIMBOSCH & CIE\n\nBRUXELLES 19 et 21, rue du Midi  \n31, rue des Pierres\n\n## BLANC ET AMEUBLEMENT\n\nTrousseaux et Layettes, Linge de Table, de Toilette et de Ménage,  \nCouvertures, Couvre-lits et Edredons\n\n## RIDEAUX ET STORES\n\nTentures et Mobiliers complets pour Jardins d'Hiver, Serres, Villas, etc.  \nTissus, Nattes et Fantaisies Artistiques\n\n## AMEUBLEMENTS D'ART\n\n---\n\n**ANCIENNE MAISON ADÈLE DESWARTE**\n\n**ALBERT MENDEL SUCC**  \nRue de la Violette, 28, Bruxelles.\n\nFabrique de couleurs fines.  \nMatériel pour artistes.  \nToiles et cotons préparés.  \nPanneaux. — Châssis.\n\n**MENUISERIE ARTISTIQUE**  \nBOITES, CHEVALETS, TABLES, ÉCRANS, PARAVENTS, ETC.  \nDevis et croquis sur demande. — Prix très modérés.\n\n---\n\n**E. DEMAN, Libraire-Éditeur**  \n86, rue de la Montagne, 86, à Bruxelles.\n\nŒUVRES de MALLARMÉ, MAETERLINCK, VERBAEREN,  \nVILLIERS de l'ISLE ADAM  \nConstantin MEUNIER, Félicien ROPS, etc.\n\nBulletins périodiques d'ouvrages rares et précieux en vente aux prix marqués.  \nCatalogue envoyé gratuitement sur demande.  \nDirection de ventes publiques de livres et estampes. Expertises.\n\n---\n\n# VITRAUX\n\n## R. EVALDRE\n\n23, Rue des Douze-Apôtres,  \nBRUXELLES\n\n---\n\n**JUGEND**  \nRevue illustrée hebdomadaire  \nFONDÉE EN 1895  \nÉditeur : DR. GEORG HIRTH, Munich.\n\n---\n\nDEMANDEZ CHEZ TOUS LES PAPETIERS  \nL'Encre à écrire indélébile  \n**BLUE-BLACK Van Loey-Noury**  \nSUPÉRIEURE A TOUTES LES AUTRES MARQUES\n\nImprimé sur papier de la Maison KEYM, rue de la Guanderie, 12-14.\n\n---\n\nBruxelles. — Imp. V° Monnom, 32, rue de l'Industrie.",
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     "texte": "L'ART MODERNE\n\nsur le Rhin. « Je termine, écrit-elle, le livret très vite. Personne n'en saura écrire la musique comme toi, mon enfant chéri; tu es pur, tu es un ange et tu es doué comme pas un autre musicien. Ta maman, reine Elisabeth. »\nLe petit Florizel a commencé ses études à trois ans. Ysaye, qui fut un de ses maîtres, l'a, dit-on, appelé « le génie le plus miraculeux qu'il ait jamais connu ». Ce compositeur prodige à déjà à son actif une symphonie, un concerto pour violon, un quatuor, un poème symphonique et de nombreux morceaux d'orchestre et de violon.\n\nSommaire de l'Art décoratif, revue mensuelle d'art contemporain (n° de juin):\n\nFabrique de cadres pour tableaux.\nCh. XHROUET\n192, rue Royale, Bruxelles\n\nCadres de tous styles et d'après dessin pour tableaux aquarelles, pastels, etc.\nLE PLUS GRAND CHOIX DU PAYS\nPRIX MODÉRÉS\n\nVient de paraître chez MM. A. DURAND et fils, éditeurs\n4, place de la Madeleine, PARIS.\n\nVincent d'INDY. — Deuxième Symphonie (op. 57) en si bémol.\nRéduction pour piano à quatre mains par M. MARCEL LABEY.\nPrix net : 8 francs.\n\nGabriel FAURÉ. — Impromptu pour la harpe (op. 86).\nPrix net : 3 francs.\n\nAMEUBLEMENTS D'ART MODERNE\nG. SERRURIER\n\nLIÈGE - 41 RUE HEMRICOURT\nBRUXELLES - 2 BOULE DU REGENT\nPARIS - 54 RUE DE TOCQUEVILLE\nLA HAYE - 39 PARKSTRAAT\n\nMOBILIERS\nSPECAUX POUR LA\nCAMPAGNE\nARTISTIQUES PRATIQUES\nSOLDES ET PEU COUTEUX\n\nLa Peinture aux Salons, par Gustave Soulier (dix illustrations).\nL'Ameublement au Salon (Société nationale), par R. de Félice (neuf illustrations).\nLes Objets d'art au Salon (Société nationale), par Em. Sedeyn (vingt-cinq illustrations).\nLa Sculpture au Salon (Société nationale), par Albert Thomas (vingt et une illustrations).\nExpositions. — Concours. — Livres nouveaux.\n\nPLAGE DE WESTENDE\ndans les superbes dunes du littoral ouest de la Belgique.\n\nPlage Westende\n\nTerrains avantageux. — Villas et cottages charmants.\nJeux de tennis, jeux de golf. — Festivités locales. — Fêtes enfantines.\nCommunications faciles. — Excursions agréables.\nTramway électrique Ostende-Middelkerke-Westende.\nTrajet en une demi-heure. — Service de dix en dix minutes.\n\nWESTEND-HOTEL\nCONFORT - ÉLÉGANCE\nBAINS DE MER\nSÉCURITÉ - GRATUITÉ",
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