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     "texte": "VINGT-QUATRIÈME ANNÉE. N° 31. 31 JUILLET 1904.\n\n# L'ART MODERNE\n\nREVUE CRITIQUE HEBDOMADAIRE\n\n---\n\nBUREAUX : RUE DE L'INDUSTRIE, 32, BRUXELLES\n\nABONNEMENT : BELGIQUE, 10 FRANCS L'AN; UNION POSTALE, 13 FRANCS. — LE NUMÉRO, 25 CENTIMES\n\n---\n\nL'ART MODERNE est envoyé à l'essai, pendant un mois, aux personnes qui nous en font la demande ou qui nous sont indiquées par nos abonnés.\n\nLes demandes d'abonnement et de numéros à l'essai doivent être adressées à l'administration générale, rue de l'Industrie, 32, Bruxelles.\n\nOn est prié de renvoyer la revue à l'Administration si l'on ne désire pas s'y abonner.\n\nL'ART MODERNE est en vente, à Paris, à la librairie H. Flourney, 1, boulevard des Capucines.\n\n---\n\n## SOMMAIRE\n\nVoyages en gare (Octave Maus). — Mes Lectures. L'Arche de Monsieur Cheunus. Charles Van Léberge (Hubert Krains). — Les Indépendants. Premier Salon annuel (O. M.). — Pictographie moderne (H. F.-G.). — Monuments d'autrefois. — Musique. Edition instructive d'œuvres classiques pour le piano. — Nécrologie. César De Cock. — Accusés de réception. — Petite Chronique.\n\n---",
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     "texte": "## VOYAGES EN GARE\n\nLe plus spirituel de nos confrères affirmait récemment que si les chemins de fer ont quelque utilité, les gares ne servent à rien, attendu qu'on n'y séjourne jamais. Le voyageur qui part a pour unique souci de sauter dans le train, avec la crainte (parfois justifiée) de le manquer. Au retour, son légitime ou, hélas! autre foyer le requiert, et il se hâte de fuir les fumées et les coups de sifflet.... A quoi bon, dès lors, ces dispendieux monuments dans lesquels le gouvernement ou une compagnie que guette le conseil judiciaire prodigue la pierre de taille, le fer, et parfois de coûteux spécimens de sculpture ornementale?\n\nN'en déplaise à Ethérel, les gares ont actuellement une raison d'être. Depuis qu'on les a transformées en musées d'affiches illustrées, elles dispensent de voyager, ce qui est un progrès évident. Si l'espèce affolée des touristes n'a pas le temps de regarder les œuvres d'art qui les tapissent, nul droit d'entrée, ni même de vestiaire, n'empêche les gens sensés de s'y réjouir l'œil à toute heure du jour, et même de la nuit, jusqu'aux arrivées tardives des plus extravagants trains de luxe internationaux partis on ne sait d'où, de Brindisi, de Constantinople ou d'Irkoutsk.\n\nCe musée gratuit offre aux regards, en images multicolores, le panorama de l'Europe entière. Il n'est plus aujourd'hui un casino de ville d'eaux, une plage, une montagne, un lac, une grotte, une ruine, une cathédrale romane ou gothique qui puisse se vanter de nous contraindre à un déplacement onéreux et, par ces chaleurs, souvent pénible. Tous et toutes viennent, dans les gares, à notre rencontre. Et l'aspect qu'en propage le double-colombier colorié est toujours très supérieur à leur beauté réelle. Les aller voir de près amènerait une désillusion non moins certaine que cruelle.\n\nDe telle sorte que si, dans le double organisme véhiculaire de l'Etat, une chose est devenue superflue, ô Ethérel, ce ne sont pas les gares, mais bien les chemins de fer! Pourquoi ceux-ci, en effet, puisque les gares fournissent à chacun, au moment des vacances, et sans frais, les impressions pittoresques (paysages alpestres, costumes locaux, curiosités naturelles et architectu-",
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     "texte": "248\n\nL'ART MODERNE\n\nrales, flore étrangère, etc., etc.) dont naguère on ne pouvait s'orner la mémoire qu'au prix d'un voyage dont des statistiques malheureusement officielles et de nombreux procès en dommages-intérêts ont enseigné aux plus confiants les incontestables dangers?\n\nVoulez-vous, par exemple, vous faire une idée avantageuse des grottes de Han ou de celles de Rochefort? Allez à la gare du Luxembourg, mais gardez-vous d'approcher des guichets. Des affiches en couleurs vous familiariseront. sans que vous ayez à échanger contre un ticket (d'ailleurs ridiculement exigu) la moindre monnaie, avec les bouches et les chambres les plus célèbres de ces cavernes réputées. Aucune plage n'est plus jolie, plus pimpante, plus peuplée d'élégantes baigneuses que celles que nous offrent, à la portée de la main, les affiches du Littoral belge, d'Ostende, de Middelkerke, du Coq, de Westende et autres. Les Ruines de l'Abbaye de Villers? Les voici, plus solennelles et plus solitaires que vous ne pourriez les voir dans l'assaut dominical de la famille Kaekebroeck en mal de diner champêtre. Namur et sa citadelle développent sur un panneau contigu leur amphithéâtre de verdure, de clochers, de toits d'ardoises. L'Exposition de Liège a déjà lancé tant d'affiches qu'on la connaît par cœur avant qu'elle ait achevé ses fondations. Les sports de Spa, ses pavillons d'eau thermale, ses promenades n'ont plus de secrets depuis que M. Fernand Toussaint les a popularisés dans tout le pays...\n\nQue dire de la Hollande; décrite par M. Henri Cassiers avec un art si séduisant que ses arbres vernis, ses moutons frisés et ses campagnardes accoutrées comme des poupées de Noël vous paraîtraient, si vous traversiez le Moerdijk pour les voir, infiniment moins « vrais » que dans les estampes du peintre? — « Visitez l'île de Walcheren! » ordonne (avec une familiarité un peu déplaisante) le paysan mi-partie blanc et noir sur fond violet de M. Henri Schaap. Gardez-vous-en bien! Toute la Zélande est dans les affiches de M. Cassiers, et ces affiches sont exposées dans les gares...\n\nAimez-vous les sites alpestres, les pics neigeux, la transparence des glaciers? La Jungfrau érige sa silhouette majestueuse sous les rayons obliques du couchant tandis que l'ombre envahit déjà les névés. Des rouges, des verts sonores fixent dans la mémoire un Rigi plus altier que vous le suggérerait une ascension dans le funiculaire. La ligne de la Wengernalp, Lucerne, le Lac des Quatre-Cantons, le Grutli, Zug, Zermatt, la vallée du Rhône, toutes les régions célèbres, tous les lacs, toutes les cimes sont à votre discrétion. Et vous échappez miraculeusement au diner de table d'hôte, au tourniquet des cascades, au pourboire du « lifteur » et au langage helvétique!\n\nPréférez-vous les stations françaises? Vous aurez l'embarras du choix entre Aix-les-Bains, Uriage, Alle-\nvard, Royat, Trouville, les Sables d'Olonne, Bagnères-de-Luchon, Cauterets, que sais-je? L'énumération graphique des distractions qu'offrent ces cités réputées vous remplira d'allégresse sans que nulle banque-rasoir, nul zéro intempestif, nulle « bûche » ou embûche trempe d'amertume le pain blanc de vos félicités. Et du même coup vous visiterez les gorges du Tarn, le château de la Caze et le Pas-de-Souci, vous déplorerez que les moines de saint Bruno aient été contraints de quitter l'admirable désert de la Grande-Chartreuse, vous embrassez d'un coup d'œil Rocamadour, son curieux rocher et les flots d'ocre de la Dordogne pour vous reposer un instant après sous les palmiers de la baie d'Alger, parmi de mystérieuses almées réunies dans le dessein de vous distraire par la Compagnie transatlantique. Luttant avec celle-ci d'amabilité, le Syndicat d'initiative de la Provence vous présente, dans le décor aux lignes classiques de Saint-Rémy, des Baux, de la Sainte-Baume, un tambourinaire et une Arlésienne dont l'espèce se fait rare en ces contrées de lumière, — presque aussi rare que les antiques symboles de la Méditerranée et de l'Océan, divinités nécessairement escortées de poissons, de crustacés, d'algues, de conques et de coquilles, dont l'évocation inattendue pare d'un attrait inédit la réclame des Pyrénées. Soyez de bonne foi : les verriez-vous, ces mythologiques vestiges d'une civilisation éteinte, si, quittant la gare par exemple de Lyon, vous faisiez la folie de parcourir jusqu'à son ultime terminus la ligne du P. L. M.?\n\nPour prendre conscience de Luxembourg, de son nouveau et vraiment audacieux pont, d'Echternach et des enrochements qui n'ont pu échapper à l'appellation de Petite-Suisse, il n'est plus nécessaire de dépasser la gare du Quartier Léopold. Il en est de même pour apprécier le charme des stations thermales de Lipik, en Slavonie. de Barffa, en Hongrie, de Buzias, aux confius de la Roumanie, de Méhadia-Bad, en Transylvanie, ou de Tatrá-fured dont le parc-casino-hôtel Husz m'a, foi de voyageur, paru infiniment plus vaste, plus élégant et plus divertissant depuis qu'à son aspect authentique et de visu s'est substitué, sur la plaque sensible de ma mémoire, la vision qu'en a tracée un artiste hongrois. C'est par les yeux des artistes qu'il faut voir. Et c'est pourquoi le voyage en gare, par quoi l'usage des affiches illustrées va infailliblement remplacer le déjà banal voyage en wagon, est non seulement plus rapide et plus économique, mais plus fertile en impressions artistiques que l'autre.\n\nDes Esseintes, ce philosophe dont J.-K. Huysmans a noté les si spéciales inversions, n'avait-il pas coutume, lorsqu'il voulait, tout en échappant au mal de mer, se suggérer les âces et fortes sensations que procure un séjour à Londres, d'aller déjeuner à la Taverne anglaise de la rue d'Amsterdam, après avoir respiré quelques ins-",
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     "texte": "# L'ART MODERNE\n\n## 249\n\ntants l'atmosphère d'un magasin de cordages et de toiles goudronnées? La vie est faite d'illusions. Il suffit de canaliser celles-ci pour s'orienter vers les bonheurs souhaités. La sagesse est de les choisir avec soin et de les approprier à son tempérament. Pour ceux que tourmente la nostalgie des pays inconnus, le voyage en gare, créé par la généreuse initiative des compagnies de chemins de fer et des hôteliers, est une thérapeutique efficace qui aura promptement raison du traumatisme, de la névrite et autres névropathies dont l'introduction dans l'organisme humain coïncide avec l'invention des locomotives.\n\nJe n'irai pas jusqu'à réclamer la suppression des chemins de fer. Ceux-ci peuvent avoir leur utilité pour les hommes d'affaires. Puis, il est bon que les trains de marchandises tout au moins continuent à circuler, ne fût-ce que pour amener dans les gares les ballots d'affiches destinés à faire voyager les touristes. L'Allemagne et l'Angleterre, toujours en avance au cadran de la civilisation européenne, ont d'ailleurs concilié déjà les nécessités du commerce avec celles des gens qui voyagent par pur agrément. Les placards officiels initient les premiers aux heures de départ et d'arrivée des trains; quant aux autres, des vues exactes de toutes les curiosités locales, imprimées sur les marges, les dispensent de se déranger pour les aller visiter. Ainsi, par exemple, l'État bavarois donne, sur la même affiche, l'horaire de ses express, de ses bummelzüge, etc., et douze illustrations résumant les attractions du pays : Munich, Nuremberg, Ratisbonne, le Walhalla, Rothenburg et jusqu'au théâtre de Bayreuth. On peut, de même, connaître à fond Metz, Strasbourg et les Vosges en consultant l'indicateur des chemins de fer de l'Alsace-Lorraine. En Angleterre, on va jusqu'à afficher dans les wagons les photographies de tous les sites traversés par la voie ferrée. Ceci, sans doute, pour flatter la manie des gens qui sacrifient encore à la mode surannée des voyages. On les laisse monter dans un compartiment, mais on les dispense d'en descendre en leur montrant immédiatement tout ce qu'ils veulent aller voir.\n\nMais il faut conclure. Il est loin le temps où l'unique matelot de la Red Star Line, auquel un passant facétieux ne manquait jamais d'ajouter, au crayon, une pipe, gardait solitairement les salles d'attente. Aujourd'hui il faudrait user une grosse de crayons pour dessiner des moustaches aux innombrables personnages qui sont venus lui tenir compagnie. L'avantage qui en résulte est double : désormais les artistes, êtres sédentaires par tempérament, sont tenus de voyager pour exécuter les commandes des compagnies, et les oisifs, dont l'agitation est toujours stérile, restent en gare où ils voyagent à l'œil, — c'est, ou jamais, le cas de le dire, — ce qui désencombre les lignes, vraiment surchargées à l'époque des vacances. Enfin, songeons un peu à ces pauvres chefs de gare qui passent leur vie à faire partir des gens et qui ne partent jamais. Dorénavant ils voyageront, eux aussi.\n\nOCTAVE MAUS\n\n---",
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     "texte": "## MES LECTURES\n\n**L'Arche de Monsieur Cheunus**, par EUGÈNE DEMOLDER (1).\n\n**Charles Van Lerberghe**, par ALBERT MOCKEL (2).\n\nEn lisant certains comptes rendus du Jardinier de la Pompadour, il m'est arrivé de découvrir sous les éloges quelque chose qui ressemblait à un petit regret. C'était M. Haringus qui flairait chez son ami Eugène Demolder un commencement d'apostasie. La Pompadour, le XVIIIe siècle, la France de Louis XV n'é mouvaient que tout juste le cœur calleux du rude Germain. Pour lui, cela manquait de tulipes, de schiedam, de canaux, de moulins à vent et de pipes de Hollande. Oh ! on fut bien près de se brouiller ! Les poignées de main se réduisaient à un petit frottement des deux index et quand Eugène Demolder se découvrait pour saluer son vieil ami, celui-ci touchait légèrement le bord de son chapeau Kruger et faisait sa tête de bois.\n\nCela dura jusqu'au jour où Eugène Demolder dit à M. Haringus :\n\n« M. Haringus, j'ai une histoire pour vous, une belle histoire, où il y a des tulipes, du schiedam et des pipes de Hollande. Il s'y trouve aussi un peu d'amour. De l'amour comme vous l'aimez, gras et ferme, et qui sent le foin des prairies. Cette histoire m'a été léguée par un homme qui vous ressemblait comme un frère. Il s'appelait M. Cheunus. Il était Hollandais et il détestait les Anglais. »\n\nCe dernier détail plut fort à M. Haringus, qui voulut tout de suite connaître l'histoire.\n\nEugène Demolder, un doigt levé et l'œil rond, commença. Il dit comment M. Cheunus philosophait — tel Descartes ou Spinoza — devant une mappe-monde en compagnie de sa vieille servante Prétoria ; ce que M. Cheunus aimait : les propos lestes, la bonne chère et le vin rare; les mélancolies de M. Cheunus, causées par la fuite des heures et celles de la jeunesse. Puis le poète Eugène Demolder, oubliant M. Cheunus, laissa librement chanter son cœur. Il célèbra, en d'exquis poèmes en prose, les vieilles villes flamandes, les kermesses, les patineurs, les fermes et les Zélandaises :\n\n« Ce matin, ô fée de mes caprices, changeante comme une couleuvre, que tes yeux soient verts, tes bras nus, et qu'à tes tempes brillent les boucles d'or des Zélandaises. Coiffe-toi d'un bonnet aux ailes blanches, pareil à ceux que j'ai vus papillonner autour des moulins à vent de Flessingue, et mets à ton cou un collier de corail. Arbore un jupon de flanelle bleue et un tablier violet semé de fleurettes. Puis, sous les dentelles de ta poitrine, porte un corsage en soie noire. Ainsi parée, verse-moi la liqueur de Schiedam dans un verre en forme de tulipe et emplis une longue pipe d'un tabac à l'acre parfum. Car je veux m'enivrer en rêvant à ma claire Zélande dont les pommiers aujourd'hui sont en fleurs. »\n\nM. Haringus, les mains croisées sur son ventre important, écoutait, transporté et ravi. La fumée de sa pipe de Gouda lui faisait une auréole. Ses petits yeux regardaient en l'air. Il était au\n\n(1-2) Paris, Mercure de France.",
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     "texte": "250\n\nL'ART MODERNE\n\nseptième ciel, le brave homme. Il rêvait que les Boers avait reconnu l'Afrique du Sud, qu'il n'y avait plus d'Anglais, que la justice et la beauté régnaient enfin sur la terre. Et pour exprimer sa béatitude, il ne trouvait qu'un mot qui tombait de temps en temps de ses lèvres sensuelles comme une goutte dorée de schiedam : « God !... God !... »\n\n***\n\nM. Albert Mockel vient de publier en volume l'étude littéraire qu'il a consacrée dernièrement à Charles Van Lerberghe dans le Mercure de France. Nul mieux que le délicat poète de Clartés n'était à même de parler convenablement de l'auteur de la Chanson d'Ève. S'il n'y a peut-être pas d'art plus facile à admirer que celui de Van Lerberghe pour tous ceux qui sont sensibles à la belle poésie, il n'y en a peut-être pas non plus qu'il soit plus difficile de commenter. Pour toucher, sans le déflorer, à cet art, où il entre si peu de matière, il faut des doigts de fée, une intelligence très fine et un cœur auquel le dur spectacle de la vie n'ait rien enlevé de sa juvénile allégresse. Albert Mockel a exécuté sa tâche avec une réelle maîtrise. Tous ceux qui connaissent intimement Van Lerberghe l'auront retrouvé tout entier, avec son noble caractère et la belle rectitude de sa vie d'artiste, dans les quelques pages consacrées à l'homme. Quant à ceux qui ne connaissent que ses œuvres, il leur serait impossible, je pense, de ne pas ratifier le jugement, si précis et si sûr dans ses subtilités et ses nuances, que porte sur elles son biographe.\n\nComme le dit M. Mockel, Van Lerberghe est bien « le poète de l'ineffable », dont l'œuvre nous remplit « d'une sorte de plénitude heureuse qui console le cœur en appelant l'âme vers la clarté ». C'est également un artiste réfléchi et volontaire qui s'est créé une forme d'une simplicité savante où « le purisme s'arrête à une diaphane pureté ». M. Mockel insiste aussi avec raison sur la force qui se dissimule sous la délicatesse du vers et sous la fragilité des images; sur le caractère profondément humain d'une œuvre où rien ne vise jamais à provoquer directement l'émotion; sur l'essence rare d'un lyrisme où il n'entre pas un atome de rhétorique. Dans son travail, M. Mockel a heureusement combiné ses dons de poète et de critique; il y a mis autant de sensibilité que de saine logique; aussi son petit livre possède-t-il, à côté de toutes les qualités qu'on peut exiger d'une œuvre de raisonnement, les brillantes séductions d'une véritable œuvre d'art.\n\nHUBERT KRAINS",
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     "texte": "LES INDÉPENDANTS\n\nPremier Salon annuel.\n\nOuvrir une exposition d'œuvres d'art le 24 juillet, par 35 degrés à l'ombre, n'est pas précisément banal. Il faut, pour s'y risquer, toute la témérité de la jeunesse, et une foi robuste dans la puissance attractive de l'Art... Puisse l'opinion favorable que se font de l'empressement du public les membres du nouveau cercle être récompensé! Et souhaitons à ceux-ci le succès que mérite leur effort.\n\nOn trouve parmi eux, à côté de débutants, quelques artistes déjà connus par leur participation aux expositions de cercles ou aux Salons triennaux : MM. Jefferys, paysagiste consciencieux;\n\nW. Jelley, qui cherche sa voie entre de poétiques impressions noc turnes et d'éclatantes notations du littoral; Maurice Pirenne, dont le lumineux Balcon échappe heureusement au coloris verdâtre qui atriste la plupart de ses toiles, d'une si fidèle observation; François Beauck, illustrateur tragique, peintre macabre, dont quelques toiles, Le Piano entre autres, révèlent un œil de coloriste qu'on ne lui soupçonnait pas; René de Man, qui expose, outre le Carillon aperçu au dernier Salon de Bruxelles, des impressions synthétiques, éprouvées à Nieuport, qui promettent un peintre délicat et sensitif quand il se sera rendu maître des valeurs et de la perspective.\n\nPuis quelques-uns des membres du cercle gantois Kunst en Kennis dont nous avons signalé dernièrement les débuts : MM. Maurice Sys, dont le pastel L'Escaut est d'une coloration charmante, encore que l'exécution en paraisse superficielle, Léon Desmet et son frère Gustave, croquistes adroits et déliés, évocateurs subtils des sites flamands, dont ils résument en menues esquisses, vermiculées de couleurs vives, les aspects caractéristiques (le Soir de kermesse, du premier, est vraiment joli dans sa gamme fraîche et aérienne).\n\nLes envois les plus nombreux, sinon les meilleurs, sont ceux de M. Lantoine, qui oscille entre les tendances les plus opposées, (son Jour de marché à Nieuport affirme une sincérité tout à fait sympathique); Mahaux, dont les dessins, précis et intelligents, valent mieux que la peinture, et J. Delsaux, auteur d'une innombrable série de Paysages des bords de l'Ourthe, simples camaioux d'une interprétation aimable auxquels de terribles cadres en bois, de style up to date, nuisent considérablement.\n\nQuelques toiles d'une expression plus littéraire que picturale rappellent mélancoliquement le souvenir d'une artiste disparue, Mme Eva Beauck.\n\nM. Denonne, qui s'inspire de Struys, et M. Bosiers, dont le Paria rappelle Raffaëlli, apportent à l'ensemble un appoint qui n'est pas négligeable et que complètent, outre les œuvres de MM. Roessingh, Marneffe, Glansdorff et Willem, quelques sculptures signées E. Canneel (Figure tombale, le Philosophe, divers bustes), O. Petyt, Thérèse Van Hall, ainsi qu'une vitrine d'objets en cuir incisé et colorié, d'une exécution parfaite, pour l'ornementation desquels Mme A Migeotte a utilisé avec goût des éléments tirés de la flore et de la faune : narcisses, lys, oranges, bambous, méduses, chauves-souris, etc.\n\nO. M.",
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     "texte": "PICTOGRAPHIE MODERNE\n\nDans un livre extrêmement curieux où se trouvent définies, avec une parfaite justesse, les lois psychologiques du symbolisme, le philosophe italien Guillaume Ferrero, élève de Lombroso, a fait une bien singulière découverte en ce qui concerne la réclame illustrée.\n\nA l'époque où la race humaine parlait un langage universel, la pictographie — ou représentation des idées par l'image — était la seule écriture connue. On eut ensuite l'idéogramme (une pictographie perfectionnée), puis l'écriture alphabétique. Mais celle-ci ne réussissant qu'à bien évoquer les idées abstraites, la pictographie ne devait point disparaître de nos civilisations. Depuis quelques années même elles remporte ses plus éclatants succès, car la",
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     "texte": "## CHANSONS DE GESTES\n\nM Jaques-Dalcroze vient de prendre à Genève une assez curieuse initiative en faisant interpréter par des groupes de jeunes filles une série de pièces vocales dans lesquelles des gestes rythmiques soulignent et accentuent le sens littéraire et musical. Le Courrier musical décrit en ces termes cette innovation : « L'essai tenté par M. Jaques-Dalcroze est l'application et l'extension d'une science bien connue de l'ancienne Grèce et encore en honneur aujourd'hui en Angleterre, aux Etats-Unis. L'étude de la callisthénie fait partie du programme de toutes les écoles de jeunes filles de ces pays. Elle y accompagne, précède ou remplace l'étude de la danse ou de la gymnastique. L'auteur des six « chansons de gestes » que nous avons vues et entendues est donc parti du principe esthétique de la réunion intime des divers arts. Il a voulu arriver ainsi à la manifestation de la beauté, non dans une œuvre d'imagination et de philosophie, comme Wagner, mais dans le corps humain. La poésie lui a fourni l'idée, toujours considérée par les Grecs comme l'essentiel; la musique lui a fourni le rythme; les deux réunis doivent logiquement aboutir au geste.\n\nPour que le geste soit artistique, harmonieux, il faut qu'il soit libre. Le vêtement sera donc souple et flottant. Naturellement, l'antiesthétique corset doit être proscrit, car il est événent qu'un buste serré dans un étui rigide ne saurait être plus expressif qu'un dos de fouteuil ou une colonne d'affichage. Le geste doit ensuite être spontané, il doit procéder logiquement de la sensation reçue. Ainsi donc, pas d'uniformité dans les gestes, car la même sensation, éprouvée par des individualités différentes, se traduit en des attitudes variées. Le travail du professeur consistera à dégager chez l'élève la conscience engourdie, à lui faire analyser ses sensations, à faire passer celles-ci du domaine réflexe dans celui de l'intelligence. L'élève devra comprendre d'abord; l'expérience a prouvé qu'il n'éprouve ensuite aucune difficulté à traduire par son attitude ce qu'il aura compris, et M. Jaques-Dalcroze a constaté chez ses élèves, surtout chez les jeunes, des progrès si rapides qu'il en a été lui-même surpris.\n\nLes chansons de gestes de M. Jaques-Dalcroze sont intitulées La Petite Muette, Jolis bras blancs, Tique toque, Les Petites Filles de pierre, La Jolie Poupée et L'Ondine. Cette dernière a été rendue par un groupe d'élèves plus âgés, en longues drape-ries blanches, bras nus et cheveux dénoués. Ce fut une étude de plastique générale de toute beauté.\n\nIl n'est pas besoin de faire ressortir que l'enseignement de la callisthénie par les chansons de gestes, tel que le comprend M. Jaques-Dalcroze, est non seulement une école de maintien, mais qu'il tend à développer harmoniquement chez l'élève l'individualité et le sens esthétique. Il faut donc le ranger parmi les enseignements intellectuels, ou plus justement y voir le trait d'union entre la culture physique et celle de l'esprit. Envisagé sous cet aspect, son importance n'échappera à personne et nul ne sera surpris d'apprendre que ces chansons de gestes, exécutées pour la première fois à la Hochschule de Berlin l'hiver dernier, sur l'initiative de Mme Lina Gorter, puis à Munich, sous le patronage du compositeur Max Schillings et sous la direction de M. Erdmannsdorfer, aient été inscrites au programme des conservatoires de Mannheim et de Dortmund. Elles vont être interprétées, cet été, à Vienne, Cologne et Francfort, ainsi qu'au festival de Bonn, sous la direction du chef d'orchestre Steinbach. »",
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     "texte": "## MONUMENTS D'AUTREFOIS\n\nUne jolie pensée de Ruskin :\n\n« Il ne doit s'agir ni de nécessité ni de sentiment en ce qui concerne la conservation des édifices d'autrefois En vérité, nous n'avons absolument pas le droit d'y toucher. Ils ne sont point nôtres. Ils appartiennent en partie à ceux qui les ont bâtis, en partie à toutes les générations humaines qui nous succèderont. Les morts aussi ont des droits sur eux; nous n'avons pas le droit de supprimer les résultats de leur labeur. Jetons à bas ce que nous avons nous-mêmes construit, nous sommes libres de le faire; mais sur ce que d'autres hommes ont créé au prix de leur effort, de leur richesse et de leur vie, leurs droits ne doivent point cesser avec leur mort. Cela est la propriété de tous leurs successeurs. »",
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     "texte": "## MUSIQUE\n\nÉdition instructive d'œuvres classiques pour le piano.\n\nSonates et autres œuvres pour le piano, par L. van Beethoven Edition élaborée par Sigmund Lebert et Hans von Bulow, avec le concours de Immanuel von Faist Traduction française et italienne du texte explicatif par Ernest Closson et Ippolito Valetta. Stuttgart, J.-G. Cotta'sche Buchhandlung Nachfolger G. m. b. H\n\nLes œuvres des maîtres n'ont pas toujours, on le sait, été respectées par les éditeurs, qui en ont trop souvent altéré les textes en négligeant de collationner sur l'original les planches gravées au petit bonheur d'après des éditions parfois inexactes. C'est un reproche auxquels échappent MM Cotta, de Stuttgart, qui ont publié des Sonates de Beethoven pour piano une édition qui offre toute sécurité aux musiciens.\n\nConfiee à MM. Sigmund Lebert et Hans de Bulow, aidés de la collaboration de M. von Faist, cette édition, parue en 1870 et épuisée depuis longtemps, vient d'être l'objet d'un nouveau tirage attentif et minutieux. Ce précieux recueil, divisé en cinq volumes, comprend, à l'exclusion des compositions à quatre mains, la collection complète des Sonates écrites par Beethoven durant ses années de maîtrise et portant un numéro d'œuvre, toutes les Variations également numérotées, les Rondos et autres œuvres de moindre importance, enfin un choix de compositions (principalement des Variations) non numérotées, mais intéressantes par leur valeur musicale ou pédagogique. Le premier volume renferme les dix premières Sonates (op. 2 à 14), le deuxième les dix suivantes (op. 22 à 49), le troisième les Variations, Rondos, etc.; les",
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     "texte": "252\n\nL'ART MODERNE\n\ndeux derniers, publiés par Hans de Bulow, contiennent toutes les œuvres numérotées de 53 à 70 et de 101 à 129.\n\nLa scrupuleuse fidélité du texte, la clarté de la gravure et de la typographie, le soin qui a été apporté aux indications dynamiques, aux mouvements, aux accents, aux ornements, au doigté, etc. recommandent particulièrement l'édition Cotta aux pianistes. Ce qui donne, en outre, à celle-ci une portée éducatrice justifiant le titre d'Édition instructive d'œuvres classiques que lui ont donné ses éditeurs, c'est le commentaire analytique qui accompagne chacune des œuvres. Les moindres détails d'exécution sont indiqués par MM. Lebert et de Bulow en brèves annotations qui ne surchargent pas le texte et qui en facilitent l'interprétation.\n\nLa traduction française de M. Ernest Closson rend désormais accessible à nos pianistes cet ouvrage réservé jusqu'ici aux musiciens de langue allemande.\n\n---",
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     "texte": "NÉCROLOGIE\n\nCésar De Cock,\n\nLe peintre César De Cock, dont les artistes gantois fêtaient il y a un an le quatre-vingtième anniversaire, est mort la semaine dernière. C'était le doyen des paysagistes belges, un artiste unanimement aimé et dont la carrière noble et simple, tout entière consacrée au travail, fut un bel exemple de probité et de désintéressement.\n\nM. De Cock passa la plus grande partie de sa vie en France, où ses Sous-bois étaient très appréciés. Il exposait régulièrement au Salon de Paris et y remporta, ainsi qu'à nombre d'expositions étrangères, de nombreux succès. Son art s'apparente à celui des peintres de l'école de Fontainebleau avec lesquels il se lia dans sa jeunesse, et s'inspire parfois de Corot, dont le peintre gantois fut l'ami sinon l'élève.\n\n---",
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     "texte": "ACCUSÉS DE RÉCEPTION\n\nPOÉSIE. — Le Sang parle, par CAMILLE MAUCLAIR. Paris, Maison du Livre (rue de la Bienfaisance, 3).\n\nCRITIQUE. — La Peinture belge au XIXe siècle, par RICHARD MUTHIER. Traduit de l'allemand par JEAN DE MOT. Avec trente-deux planches hors texte. Bruxelles. Misch et Thron. — Nos Peintres, par GUSTAVE VAN ZYPE. Deuxième série. Avec huit phototypies. Bruxelles. P. Lacomblez. — I grandi illustratori moderni : Daniel Urrabieta Vierge, par VITTORIO PICA (extrait de l'Emporium), vingt-quatre illustrations.\n\nDIVERS. — Waterloo-Monuments, par LÉON VAN NECK. Trente-quatre illustrations. Bruxelles. O. Lamberty. — Petit Vocabulaire de Fantaisie, par G. DE BREYNE-DUBOIS (2e éd.). Dixmude, imp. Desmyter.\n\n---\n\nL'Art moderne publiera incessamment une étude de M. MÉDÉRIC DUFOUR, professeur à la Faculté de Lille, sur Zola critique d'art, une analyse par Mme BLANCHE ROUSSEAU du dernier volume de la comtesse de Noailles, Le Visage émerveillé, et des chroniques de MM. EUGÈNE DEMOLDER, HUBERT KRAINS et GEORGES RENCY.\n\n---",
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     "texte": "PETITE CHRONIQUE\n\nA l'occasion de l'inauguration de son nouvel hôtel de ville, la commune de Saint-Gilles a fait frapper une médaille commémorative qu'elle a remise à l'architecte du monument, M. Albert Dumont, et à ses collaborateurs, aux membres de la municipalité et aux sociétés qui ont participé aux fêtes inaugurales.\n\nElle représente un génie ailé apportant une corne d'abondance à la commune, symbolisée par une figure assise ornée des attributs du commerce et de l'industrie et silhouetée sur la façade de l'hôtel de ville. L'œuvre est due à M. Ch. Samuel.\n\nSaint-Gilles mérite d'être louée pour les nombreuses initiatives artistiques que, sous l'impulsion de son bourgmestre M. Van Meenen, elle prend à toute occasion.\n\nEpilogue des représentations wagnériennes de la Monnaie : la semaine dernière, les coins ayant servi à frapper la jolie médaille de M. Pierre Braecke offerte aux collaborateurs de l'Anneau du Nibelung ont été remis à M. Lepage, échevin des Beaux-Arts, qui les a fait déposer au Musée communal.\n\nLe tirage de la médaille a été, on le sait, limité strictement aux héros de cette manifestation et aux souscripteurs.\n\nA la liste que nous avons publiée des engagements faits par la direction de la Monnaie pour la prochaine saison, il faut ajouter ceux de Mlle Cécile Thévenet, notre compatriote, — qui créa avec un très grand succès la Chauve-Souris aux Variétés et la Bohème de Pucecini à Nice, et de Mme Alda, une jeune cantatrice australienne, élève de Mme Marchesi, qui débuta l'hiver dernier à l'Opéra-Comique dans Manon.\n\nLe théâtre Molière, après quelques jours de relâche, a repris sa campagne d'opérette. M. Péronnet a monté avec des soins luxueux, une mise en scène pittoresque et mouvementée l'une des œuvres les plus populaires d'Offenbach : La Fille du tambour-major.\n\nUn concert consacré aux œuvres de M. Emile Wambach aura lieu aujourd'hui au Waux-Hall sous la direction de l'auteur, avec le concours de Mme Lundgrun, professeur de chant au Conservatoire d'Anvers, et de M. Swolfs, ténor au théâtre Lyrique.\n\nIl est question de fonder à Bruxelles un Musée du Livre, comprenant une exposition permanente de typographie, lithographie, gravure, reliure, etc. Le Ministre du Travail a donné son adhésion au projet que lui ont soumis les promoteurs de cette entreprise, MM. Ed. Gregoir et J. Van Overstraeten.\n\nMM. Khnopff, De Rudder, Michel, Crespin et Crabbe, chargés par la Commission des fêtes militaires de 1903 de la décoration des chars du grand cortège historique, ont soumis leurs projets à MM. Mabille, directeur des Beaux-Arts de la ville de Bruxelles, et Remy, capitaine aux grenadiers, désignés par la Commission pour l'organisation du cortège. Une nouvelle réunion aura lieu en août.\n\nL'Académie flamande ouvrira l'an prochain un concours littéraire à l'occasion du soixante-quinzième anniversaire de l'indépendance de la Belgique.\n\nL'Association des Écrivains belges, poursuivant la publication de l'anthologie qu'elle a entreprise, vient de faire paraître, en un élégant petit volume, un choix judicieux des œuvres d'Octave Pirmez.\n\nC'est M. Maurice Wilmotte, un de ceux qui connaissent le mieux le philosophe d'Acoz, qui s'est chargé de composer cette anthologie et de présenter au public l'écrivain à la fois célèbre et ignoré à qui nous devons les Feuillées et les Heures de philosophie. Il le fait en une excellente préface, où il analyse avec un sens critique très sûr, mais qui n'exclut pas l'émotion admirative, l'œuvre et la pensée de cet ancêtre de notre jeune littérature. Sous sa forme ramassée, c'est une œuvre véritablement définitive qui fait connaître Pirmez dans sa personnalité intime autant que dans son œuvre littéraire.\n\nQuant au choix même, il a été fait de façon à donner l'essentiel de la pensée de l'écrivain et à en écarter les longueurs, les répétitions et le fatras romantique qui ont éloigné tant de lecteurs modernes de ces livres dont le spiritualisme romantique, malgré tout, se démode un peu.",
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     "texte": "# L'ART MODERNE\n\n## 253\n\nLe public allemand s'intéresse de plus en plus vivement au mouvement littéraire belge, dit le *Petit Bleu*. Nos meilleurs écrivains sont traduits et passionnément étudiés et commentés. Sans parler des ouvrages de Maeterlinck, il convient de signaler une bonne traduction de *Claire Fantin*, de Gustave Van Zype, et une excellente anthologie de Verhaeren, traduite et composée par le grand poète Stephan Sweig. Le traducteur a réussi à donner une transcription presque adéquate de l'œuvre de Verhaeren; il a su merveilleusement en conserver la musicalité brusque et véhémente. Mais celui de nos auteurs qui excite le plus de curiosité et de sympathie, c'est Camille Lemonnier. Non seulement ses œuvres *L'Homme en amour*, traduit par Paul Adler sous ce titre *Die Liebe im Menschen*, avec une très belle préface de Stephan Zweig, *Poupées d'amour* (*Liebesputpen*), traduit par Zweig, sont lues par tout le public lettré, mais elles provoquent en outre un véritable mouvement d'idées; dans le dernier roman de Johannes Schlif, *Der Klein* (*Le Petit*), cet excellent romancier examine le cas d'un adolescent à qui *L'Homme en amour* a révélé le danger, la beauté et le vrai sens de la vie. Les absurdes poursuites intentées à l'éditeur de la traduction du livre de notre compatriote par un émule de M. Janssens de Bisthoven sont venues, du reste, mettre le comble à la réputation dont il jouit.\n\nPans l'Émulation, organe de la Société centrale d'architecture de Belgique, M. Charles Buls analyse et recommande les ouvrages de M. G. Fatio, qui mène en Suisse une active campagne pour développer le sens esthétique de la foule *La Campagne genevoise d'après nature*, *Genève à travers les siècles*, *Autour du lac Léman* et surtout *Ouvrons les yeux!* *Voyage esthétique à travers la Suisse* renferment, au dire de l'ancien bourgmestre de Bruxelles, demeuré fidèle à ses prédilections, des notions fort intéressantes sur les habitations, sur l'accord de celles-ci avec le paysage qui les environne, sur leur architecture et leur ornementation, etc.\n\nToutes les œuvres de M. Anatole France, décidément, verront les feux de la rampe; le *Lys rouge*, *Thaïs*, *Crainquebille*, le *Mannequin d'osier*, le *Jongleur de Notre-Dame* — nous en passons probablement — ont été adaptés à la scène, les uns à la scène comique, les autres à la scène lyrique.\n\nEt maintenant on annonce, dit l'Indépendance, que M. Charles Levadé, prix de Rome, vient de terminer la musique de Rôtisserie de la reine Pédauque, comédie lyrique en quatre actes, tirée du roman de M. Anatole France par le poète Georges Docquois. L'idée, tout au moins, est originale.\n\nLa revue parisienne *La Plume* a organisé un concours de prose. Les jeunes écrivains avaient le droit de choisir leurs juges. Il y a eu cent dix-huit concurrents. Parmi les juges désignés, quatre littérateurs belges: Maurice Maeterlinck, Emile Verhaeren, Camille Lemonnier, Eugène Demolder et vingt-huit littérateurs français: H. de Régnier, Anatole France, Remy de Gourmont, Paul Adam, Octave Mirbeau, Maurice Barrès, P. Louys, Jean Lorrain, André Gide, Jules Renard, Marcel Schwob, Stuart Merrill, Ad. Retté, Violis, Emile Fabvre, Trarieux, Camille Maucclair, Edmond Pilon, Maurice Magne, Claretie, Charles-Louis Philippe, Huysmans, Jules Lemaitre, Willy, J.-H. Rosny, Geoffroy, Capus et Mme Colette Willy. Etrange salade! Mais le résultat est honorable pour les lettres belges, d'autant plus que Maeterlinck est le juge qui, avec H. de Régnier, a obtenu le plus de suffrages, — et c'est en France!\n\nLes représentations du théâtre de Bayreuth, commencées le 22 juillet, seront poursuivies au mois d'août dans l'ordre suivant: 4er, 4 et 19 août, *Tannhäuser*; 5, 7, 8, 11, 12 et 20 août, *Parsifal*; 14, 15, 16 et 17 août, l'*Anneau de Nibelung*.\n\nA Munich, le festival Mozart aura lieu, comme nous l'avons annoncé, du 4er au 11 août (théâtre de la Cour), et le festival Wagner du 12 août au 14 septembre (théâtre du Prince-Régent).\n\n---",
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     "texte": "# Maison Félix MOMMEN & C°, Brevetés\n\nFABRIQUE ET ATELIERS : 37, RUE DE LA CHARITÉ, BRUXELLES  \nTéléphone 1947\n\nFabrique de Couleurs, Panneaux, Toiles, Vernis, etc., etc.\n\nSpécialité de tous les articles concernant la peinture, la sculpture,  \nla gravure, l'architecture et le dessin.\n\nRENTOILAGE, NETTOYAGE ET VERNISSAGE DE TABLEAUX\n\nPremières médailles aux Expositions d'Amsterdam, Paris, Liverpool, Le Havre, Bruxelles, Chicago, etc., etc.\n\n---\n\n# LIMBOSCH & CIE\n\nBRUXELLES 19 et 21, rue du Midi  \n31, rue des Pierres\n\n## BLANC ET AMEUBLEMENT\n\nTrousseaux et Layettes, Linge de Table, de Toilette et de Ménage,  \nCouvertures, Couvre-lits et Edredons\n\n## RIDEAUX ET STORES\n\nTentures et Mobiliers complets pour Jardins d'Hiver, Serres, Villas, etc.  \nTissus, Nattes et Fantaisies Artistiques\n\n## AMEUBLEMENTS D'ART\n\n---\n\n**ANCIENNE MAISON ADÈLE DESWARTE**\n\n**ALBERT MENDEL SUCC**  \nRue de la Violette, 28, Bruxelles.\n\nFabrique de couleurs fines.  \nMatériel pour artistes.  \n| Toiles et cotons préparés.  \nPanneaux. — Châssis.\n\n**MENUISERIE ARTISTIQUE**  \nBOITES, CHEVALETS, TABLES, ÉCRANS, PARAVENTS, ETC.  \nDevis et croquis sur demande. — Prix très modérés.\n\n---\n\n**E. DEMAN, Libraire-Éditeur**  \n86, rue de la Montagne, 86, à Bruxelles.\n\n**ŒUVRES** de MALLARMÉ, MAETERLINCK, VERBAEREN,  \nVILLIERS de l'ISLE ADAM  \nConstantin MEUNIER, Félicien ROPS, etc.\n\nBulletins périodiques d'ouvrages rares et précieux en vente aux prix marqués.  \nCatalogue envoyé gratuitement sur demande.  \nDirection de ventes publiques de livres et estampes. Expertises.\n\n---\n\n# VITRAUX\n\n## R. EVALDRE\n\n23, Rue des Douze-Apôtres,  \nBRUXELLES\n\n---\n\n**JUGEND**  \nRevue illustrée hebdomadaire  \nFONDÉE EN 1895  \nÉditeur : DR. GEORG HIRTH, Munich.\n\n---\n\nDEMANDEZ CHEZ TOUS LES PAPETIERS  \nL'Encre à écrire indélébile  \nBLUE-BLACK Van Loey-Noury  \nSUPÉRIEURE A TOUTES LES AUTRES MARQUES\n\nImprimé sur papier de la Maison KEYM, rue de la Buanderie, 12-14.\n\n---\n\nBruxelles. — Imp. V° MONNOM, 32, rue de l'Industrie.",
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