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     "texte": "VINGT-CINQUIÈME ANNÉE. N° 2. 8 JANVIER 1905.\n\n# L'ART MODERNE\n\nREVUE CRITIQUE HEBDOMADAIRE\n\nBUREAUX : RUE DE L'INDUSTRIE, 32, BRUXELLES\n\nABONNEMENT : BELGIQUE, 10 FRANCS L'AN; UNION POSTALE, 13 FRANCS — LE NUMÉRO, 25 CENTIMES\n\n---\n\nL'ART MODERNE est envoyé à l'essai, pendant un mois, aux personnes qui nous en font la demande ou qui nous sont indiquées par nos abonnés.\n\nLes demandes d'abonnement et de numéros à l'essai doivent être adressées à l'administration générale, rue de l'Industrie, 32, Bruxelles.\n\nOn est prié de renvoyer la revue à l'Administration si l'on ne désire pas s'y abonner.\n\nL'ART MODERNE est en vente, à Paris, à la librairie H. Floury, 1, boulevard des Capucines.\n\n---\n\n## SOMMAIRE\n\nEugène Carrière ANDRÉ FONTAINAS). Pepita Jimenez OCTAVE MAUS. — Chronique littéraire GEORGES RENCY. — Chronique théâtrale. Le Voyage de la Mariée (G. R.). — L'Art et l'Empereur. — Concours de l'Académie. — Chronique judiciaire des Arts. Musiciens et Critiques. — Néerologie. Paul Vogler. — Memento des Expositions. — Petite Chronique.\n\n---",
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     "texte": "## EUGENE CARRIÈRE\n\nUn banquet, la semaine dernière, réunissait autour de Carrière plus de cinq cents convives désireux d'acclamer, en même temps que le genie de l'artiste, la ferveur généreuse et la foi résolue de l'homme. La destinée acharnée, au début, à l'abattre, à le terrasser, n'a pas eu raison de sa volonté, elle désarme et lui sourit.\n\nCarrière, autant qu'aucun autre, a gouté le vin amer des déboires; il a été incompris, il a été nié; bien plus, on affectait de ne le pas connaître, on le dédaignait; son chemin fut dur, pénible et misérable. Il n'a rien perdu, dans la lutte quotidienne et longtemps vaine, de sa magnanimité forte et souriante; ses convictions d'homme réfléchi s'y sont même purifiées peut-être et élargies. Aucun doute ne l'a assombri, aucune incertitude n'a épuisé son courage. Et à présent qu'il est respecté, sinon admiré, par tous, il ne s'enorgueillit pas des triomphes obtenus et des honneurs conventionnels qu'on lui offre, il se retourne vers ceux qui à sa suite s'engagent par les voies neuves d'amour et d'espérance, leur tend une main dont l'étreinte les réconforte, et rassure par des paroles d'énergie douce leur confiance que parfois les circonstances déconcertent.\n\nQui connaîtrait Carrière par le seul aspect de sa peinture et de sa lithographie, s'il peut comprendre, ne saurait hésiter. Il se trouve en présence d'un créateur sensitif, et qui pense. Ce que l'on raconte de sa vie, ce qu'il a laissé passer de lui-même dans des conversations que l'on rapporte, ou dans quelques conférences qu'il a écrites, confirme cette première impression. Carrière est-il frappé par la forme extérieure des objets, au même degré que les autres artistes? A coup sûr, car il est essentiellement peintre, et c'est là une qualité indispensable au peintre, mais il est frappé d'une autre façon, ou du moins il exprime d'une façon très différente ce qui l'a frappé.\n\nCertains se satisfont de reproduire tant bien que mal l'apparence superficielle des paysages ou des figures qu'ils prétendent représenter. L'œil peut être flatté devant une œuvre de cette nature, la sensation en est souvent délicieuse, comme elle est ephemère. D'autres ont compris que chaque être, chaque chose a une raison",
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     "texte": "# L'ART MODERNE\n\n---\n\n**10**\n\n---\n\nd'exister, dans un certain rapport avec tout ce qui l'environne, et qu'il importe de pénétrer le mystère des significations intimes et réciproques. Ils vont plus à fond, ils descendent dans l'inconnu et dans l'insoupçonnable, ils rejoignent la cause des impressions ressenties, qu'ils s'efforcent de communiquer.\n\nCarrière semble procéder tout autrement. Ému à l'aspect d'une chose ou d'un visage, cette chose et ce visage ne prennent à ses yeux que l'importance de ce qu'ils renferment ou qu'ils révèlent de pensée. C'est l'esprit qui détermine en Carrière la nature de ses émotions, et c'est la particularité qu'il entend exprimer et contenir dans la forme de ses tableaux.\n\nIl ne s'amuse pas à définir l'arabesque banale que découpe un objet sur un autre. Non, c'est l'intimité de ces objets qui surtout le préoccupe. Il ne songe pas à imiter la nature ou l'aspect premier que nous présentent de la nature nos regards ingénus ou les préventions d'une routine académique ; la peinture ne lui paraît pas un moyen de tirer un double, plus ou moins exact, plus ou moins trompeur, de ce qui existe. Il surprend au fond de tout une particulière émotion ; la peinture est le langage qui lui sert à la traduire et à la propager. Et, comme, de proche en proche, toute émotion, toute sensation, toute impression se prolonge, se répercute, se concentre ici et là, se disperse à travers les espaces, il situe dans un milieu auquel ils s'harmonisent les motifs de son émotion première, dont il suit et définit le passage continu, imperceptible et certain.\n\nA l'instar, a-t-on dit, de maint sculpteur, Carrière néglige le contour de ses figures au bénéfice des relations et des contrastes qu'il établit dans leur modèle. Le volume des figures, leurs bosses et leurs dépressions l'arrêtent longtemps, et c'est par outrance de leurs réalités qu'il obtient ses effets. Qu'importe? et ce moyen n'est-il donc pas légitime? Le dessin léger, sans reprise et sans hésitation, d'Ingres, serait-ce le seul qu'on pût admettre? Il est expressif, sans doute, à sa manière, sûrement et profondément. Il constitue un domaine de l'art. Par bonheur l'art est plus divers et plus vaste, et ses domaines sont innombrables.\n\nL'importance capitale des plans, des reliefs, dans l'œuvre de Carrière, est justifiée par la sûreté efficace des rapports d'où l'impression totale a surgi. Où donc, — à coup sûr pas plus dans Raphaël ou Léonard que dans Rembrandt ou dans Michel-Ange, — le détail d'une physionomie ou d'un aspect est-il tout entier retenu par l'artiste, s'il ne concourt pas à l'effet essentiel qu'il s'ingénie à produire, le seul, au reste, qu'il voie dans son modèle ou qu'il consente à y voir.\n\nToute œuvre s'édifie en vue d'un but expressif au moyen des éléments que l'artiste choisit comme nécessaires à la poursuite de ce but, et en rejetant, du moins en atténuant, tout ce qui les contrarierait. Si donc, et c'est fondamental, Carrière s'est proposé un but nouveau, les moyens qu'il emploie devaient être nouveaux.\n\nLorsqu'on dit que, de parti pris, il noie ses personnages dans une sorte de buée épaisse et incolore, on dit, tout mémement, une sottise. Dans l'indécis de leur existence en quelque sorte latente, les figures, si l'on veut, sont fondues ; l'espace qu'y occupent toutes les parties sont suffisamment ménagées, indiquées avec discrétion ; mais voici ce pli du visage qui donne le sens d'une pensée contenue, d'une impression, d'une souffrance ; on en retrouve la marque au froncement du front, dans l'éclair un peu troublé de l'œil, au tremblement des mains, et tous ces traits épars s'accusent, s'éclairent l'un par l'autre, composent bientôt une phase angoissante et significative. Le reste demeure distant, dans l'ombre, à l'écart ; présent, certes, toujours, mais à un plan subordonné, comme il convient.\n\nSi de tels rapides commentaires ont éclairci quelque chose des confusions préjudicielles qui empêchent tant de gens d'apercevoir la beauté spéciale d'une œuvre de Carrière, saisira-t-on peut-être que rien, même que ses lithographies célèbres, n'évoque à l'esprit d'un poète la présence spirituelle de quelques morts illustres : Verlaine, Goncourt, Rochefort, Daudet, Puvis de Chavannes, aussi bien que de plusieurs vivants notoires : Jean Dolent ou Rodin?\n\nLes premiers tableaux de Carrière n'éveillèrent que peu d'enthousiasmes. Quelques amis cependant ne tardèrent pas à grouper autour de lui leur admiration. Le premier article qui exaltât son art date, je pense, de 1879, et est signé de M. Roger Marx Des peintres connus le signalèrent à leurs élèves ; il convient ici de rendre hommage à Benjamin Constant et à M. Cormon, que les préjugés d'un art d'académie ne trompèrent pas sur la valeur du nouveau venu, encore inconnu. Je ne crois pas à propos d'insister sur la ferveur merveilleuse des scènes familiales que Carrière a peintes, sur la noble robustesse de ces effigies de femmes, de mères, sur la douce vigueur de ces visages d'enfants. Tout juste rappellerai-je la splendeur de quelques-unes de ses compositions plus vastes : ce portrait du sculpteur Devillez, debout et travaillant dans son atelier, auprès d'un chien merveilleux ; son Christ étrangement douloureux et populaire ; son théâtre de Belleville, ses décorations pour l'Hôtel de ville et pour la Sorbonne, et, apparu au dernier Salon d'Automne, ce panneau finement émotionnant et glorieux qui s'intitule Les Fiancés.\n\nAujourd'hui il semble bien qu'Eugène Carrière ait atteint au plus haut degré de son art, que son génie s'exprime avec la perfection la plus absolue et la plus généreuse, et il convient de saluer respectueusement en lui le peintre profond de l'âme sentimentale et de la pensée la plus intime et la plus renfermée des hommes.\n\nANDRÉ FONTAINAS",
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     "texte": "## PEPITA JIMENEZ\n\nLa Catalogne nous offre, depuis quelques années, le spectacle d'une activité artistique féconde et brillante. Des peintres au talent personnel, des écrivains, des dramaturges puissants souhaitons qu'on ne tarde pas davantage à représenter en Belgique les œuvres de Santiago Rusiñol, dont la plus récente, *Le Mystique*, vient de triompher à Madrid ont brusquement rallumé le flambeau de l'art espagnol éteint depuis Goya et depuis Calderon. Des revues naissent, parmi lesquelles *Pel e Ploma*, devenue aujourd'hui, sous son nouveau titre, *La Forme*, l'un des plus artistiques magazines illustrés de l'Europe et, certes, le coopérateur le plus influent des auteurs de cette renaissance. L'initiative s'exerce dans tous les domaines : celui de la musique, demeuré en friche jusqu'ici, se couvre à son tour de fleurs grâce au tempérament mélodique prime-sautier et original de M. Albeniz.\n\nCe qui fait le charme de ses compositions lyriques et instrumentales, c'est qu'elles unissent à un accent de terroir fortement accusé la séduction d'une forme parfaite. Ses œuvres de piano, fort nombreuses, ont célébré l'Espagne en des tableaux d'un impressionnisme souriant ou mélancolique qui précède de quelque dix ans celui de M. Debussy. Et s'il développa, au contact des maîtres de l'Ecole française, les ressources d'une technique arrivée aujourd'hui à égaler celle des plus habiles pétrisseurs de sonorités orchestrales, jamais le métier n'altéra chez lui la spontanéité de l'inspiration, fraîche comme l'eau des sources.\n\nCes trois caractéristiques d'un talent sympathique et délicat : l'abondance mélodique, la couleur locale — ou plutôt l'atmosphère lumineuse d'une pensée musicale portée sur des rythmes de séquedilles et de flamencos — et le raffinement harmonique poussé jusqu'aux subtilités les plus imprévues concourent à classer *Pepita Jimenez* parmi les œuvres d'art précieuses et rares. M. Albeniz y affirme un talent dont aucun souffle étranger n'a terni le pur métal. Il y a entre son âme de musicien et le sol sur lequel, au soleil, s'est épanouie la fleur ardente de son inspiration un accord secret qui détermine la sincérité de l'œuvre. Pour emouvoir, l'art lyrique, comme tous les arts, doit être vrai. L'instinct du compositeur l'a servi à souhait en lui faisant chanter son pays d'ins une langue musicale qui, s'il en a assoupli les phrases au caprice de son imagination, n'en est pas moins, par son caractère foncier, celle du peuple espagnol. A l'exotisme banal et artificiel, au pittoresque de convention il a substitué un coloris plus discret mais plus veridique, qui évoque à miracle les sites, les coutumes, les caractères distinctifs de l'Espagne.\n\nC'est, principalement, quand l'action serre de près les mœurs locales que la musique de *Pepita* se « spécialise ». Le premier acte de la partition est, à cet égard, nettement caractéristique. Les rythmes ternaires, sautillants et guillerets, tissent une trame orchestrale légère à travers laquelle s'insinuent de capricieuses broderies. Les voix se superposent à ce galant babillage symphonique. Ollé! Ollé! C'est le pays où les femmes entrent à l'église en lançant des œillades par-dessus leur éventail déployé...\n\nA mesure que la comédie s'élève de l'anecdote régionale vers\n\n(1) Comédie lyrique en deux a tes de M. I. ALBENIZ, sur un livret de M. MONEY-COUTTS, d'après J VALERA. Première représentation en français au théâtre de la Monnaie, le 3 janvier 1905.\n\nle drame humain qui met l'amour en conflit avec l'exaltation religieuse, le musicien dépouille le vêtement pittoresque dont il s'est enveloppé. C'est qu'il s'agit ici de passions universelles. Qu'importe le cadre? A peine un thème, mélancolique et douloureux, situe-t-il, dans l'émoi croissant du dialogue, l'épisode tragique. La musique se fait emportée, véhémente, oppressée. Elle a de l'élan et de la chaleur. Et cette fois encore elle touche parce qu'elle est sincère et profondément sentie.\n\nIl y aurait maints détails charmants à ignaler dans cette jolie partition, dont le succès a été complet. Le rôle d'Antoñona, dans lequel Mme Maubourg s'est montrée musicienne accomplie et comédienne exquise, est écrit avec une verve spirituelle et distinguée. Celui du Vicaire, bien composé par M. Belhomme, est d'une bonhomie amusante. La scène du Vicaire et de Pepita, les danses, ingenieusement mêlées à l'action et très naturellement interrompues, le Noël chanté et fort bien, ma foi par des voix d'enfants et de femmes, l'interlude symphonique du second acte, l'emouvant duo d'amour qui forme le point culminant de l'œuvre — et qui a décidé du succès — sont autant de pages colorées, d'un intérêt musical qui ne faiblit pas. Je me borne à les citer, ne pouvant, en ces notes rapides, en aborder l'analyse. Et je signale aussi l'instrumentation étincelante qui fait de *Pepita* un véritable bijou.\n\nCertes, si les artistes chargés des deux rôles principaux, Mme Baux (Pepita et M. David Don Luis de Vargas), avaient interprété l'œuvre avec plus de vie, d'aisance et de naturel, l'impression eût été plus forte encore. Ils se bornèrent à chanter d'une voix agréable des rôles qui exigent davantage. Mais il faut louer l'orchestre de M. Dupuis pour la finesse de son exécution et la direction de la Monnaie pour le cadre élégant dans lequel elle présenta *Pepita* au public. On croirait voir défiler des tableaux vivants régies par Zuloaga. Les danses en robes longues, notamment, sont une vraie trouvaille.\n\n* * *\n\nLa soirée s'acheva par l'exécution d'une œuvre de jeunesse de M. Albeniz qui, pour n'être qu'une *zarzuela*, c'est-à-dire une bouffonnerie musicale mêlée de danses, n'en renferme pas moins quelques pages spirituellement écrites et du plus délicieux humour. Il est question, dans l'*Erm ta e fle ri*, d'une intrigue amoureuse compliquée de machinations politiques qui jettent tumultueusement les uns sur les autres conspirateurs, alguazils, soldats du guet, amants déguisés en moines, guitaristes et danseurs. L'affaire s'achève, ainsi qu'il sied, par le mariage traditionnel.\n\nL'œuvre est populaire en Espagne, où elle fut jouée sur toutes les scènes de genre. Elle vaut ce que valent ces vaudevilles lyriques, auxquels plus d'un maître a sacrifié. Et j'avoue m'être beaucoup mieux divertie en écoutant l'*Erm tage fleurs* qu'à l'audition de l'*Enlèveme t au sérial*.\n\nEt vous, gens de l'art,\nPour que je 'ouisse,\nQuand c'est du M xart\nQue l'on m'avertisse!\n\nM. Caisso, en conspirateur de la réaction, y est d'un comique irrésistible. Mme Eyreams, Paul n, Tour ane, MM. Forgeur, Lubet, etc., ont de l'entrain et de la verve Les costumes sont d'un pur Goya. Et les flons-flons de la naturel m'ont rappelé le joyeux temps où Albeniz revolu ionn 't Bruxelles et exaspérait",
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     "texte": "12\n\nL'ART MODERNE\n\nla police en organisant dans les rues, à la tête d'une bande estudiantine, des sérénades ou des simulacres de courses de taureaux...\n\nIl n'est pas le seul, au surplus, de ces turbulents adolescents, qui ont, depuis lors, contribué dans les arts ou dans la politique à la gloire de la Catalogne et de la Castille.\n\nOCTAVE MAUS\n\n---",
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     "texte": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n\nIl y a bien longtemps que j'aurais dû rendre compte des livres dont je vais parler aujourd'hui. Ce n'est point de ma faute si j'ai tant tardé. La vie d'un écrivain en Belgique est encombrée de tant de choses qui ne touchent pas à la littérature que c'est miracle, vraiment, s'il trouve encore le moyen de travailler pour soi-même.\n\nIl y a longtemps que j'aurais voulu dire ici le charme sentimental des Nouveaux Contes à Marjolaine (1) de George Garnir. Dans une langue vivante, claire, souvent gonflée d'on ne sait quel flux de nostalgique mélancolie, il conte les histoires joyeuses ou doucement tristes de son pays. Quand un homme a donné sa vie à l'actualité brûlante, au succès tapageur des petits scènes à musique, il y a quelque chose d'attendrissant dans le culte qu'il a su garder pour le coin de campagne où plongent les racines de sa famille et où sa sensibilité s'est éveillée à la Nature et à la Vie. Je ne dirai pas que, parfois, l'on ne sente que la plume qui écrit ces contes délicieux cesse à peine de tracer les couplets lestes de la revue en vogue. Qu'importe ! Ce soupçon de poudre de riz jeté sur de beaux paysages leur donne un aspect particulier. Et si la nature, telle que la conçoit M. Garnir, si les sentiments de ses personnages n'ont pas la rudesse, la franchise de la vraie nature et de la vraie vie, sa prose, en revanche, chante comme de beaux vers et l'on respire ce bouquet de nouvelles ainsi qu'une touffe de fleurs champêtres dont les tiges baigneraient en un vase précieux.\n\n***\n\nDans les Rencontres de M. de Bréot 2), M. de Regnier continue ses études de mœurs sur l'ancien Régime. Ce sont les esprits forts qu'il a considérés cette fois et, entremêlé d'aventures galantes dans le goût du temps, le livre est tout en aimables discours sur le point de savoir s'il faut ou non croire en Dieu. M. de Regnier, dans une courte préface, prétend qu'il « n'a jamais, en écrivant, cherché quoi que ce soit d'autre que le plaisir délicieux et toujours nouveau d'une occupation inutile ». En disant cela, il se moque agréablement de nous, car, pour réussir à nous donner de la sorte la sensation des gens du passé, avec leurs idées et leurs sentiments vrais, dans des décors dont la beauté n'exclut pas l'exactitude, il faut être non seulement un artiste de grand talent, mais encore un érudit patient et laborieux. Des romans comme Les Rencontres de M. de Bréot nous aident à nous représenter de façon vivante les époques disparues. Et s'ils le peuvent faire, c'est que l'âme d'un des premiers poètes de notre génération y anime d'une vie intense des héros que nous finissons par croire réels et comme descendus de leurs cadres armories pour nous jouer une comédie voluptueuse et spirituelle selon les mœurs du bon vieux temps.\n\n***\n\nM. Edmond Picard poursuit sans défaillance, sans se laisser rebuter par les critiques et par les difficultés, sa nouvelle passion pour les choses du théâtre. Quand il conseille aux jeunes de s'adonner au théâtre, parce que c'est le moyen le plus direct de communiquer avec le public, il a bien raison. S'il est vrai qu'il\n\n1) Paris, Felix Juven.\n(2) Paris, Mercure de France.\n\nnous manquera toujours la verve et le métier parisiens, nous pourrons du moins doter notre littérature de pièces où notre génie propre, qui a déjà marqué de son empreinte le poème, le roman, la critique, l'histoire, achèvera de se manifester. M. Picard apporte à cette œuvre une collaboration un peu hâtive, un peu improvisée, mais qui a son prix. Sans parler de la Désespérance de Faust (1), qui n'est que la traduction en vers du prologue du poème de Goethe, il faut louer dans Ambidextre (2) une puissante tentative de monographie scénique. Lui reprocher son parti pris, ce serait faire le procès de M. Picard lui-même. Elle renferme beaucoup de vérités mêlées à beaucoup d'exagérations. Elle sort d'un jet, avec toutes ses tares, sans retouche, sans l'indispensable travail de mise au point. C'est une improvisation, un pamphlet, une satire. Mais c'est aussi un jalon planté sur la route où nos futurs auteurs dramatiques s'avanceront bientôt.\n\n***\n\nJ'aurais bien voulu que M. Paul André m'eût demandé conseil avant de publier son dernier roman : L'Impossible Liberté (3). Je lui aurais représenté qu'à l'époque de libération morale où nous avons le bonheur de vivre, il est quelque peu pénible de voir un écrivain de trente ans consacrer les forces de sa jeunesse à présenter la défense d'une telle thèse. Il s'agit dans ce livre d'un littérateur qui a fait des pièces et composé des ouvrages pour vanter l'amour libre et qui veut mettre sa vie en conformité avec ses principes. Il rencontre une actrice qui épouse ses idées et avec laquelle il consomme l'union idéale, sans le secours du maire ni du curé. Leur ménage est heureux. Mais une fille leur naît. A peine est-elle au monde que la fausse position de ses parents la fait souffrir. Son père, consentant un premier sacrifice, lui laisse faire sa première communion. Plus tard, elle s'éprend d'un jeune homme qui l'épouserait si ses parents étaient légalement mariés. Dans le but d'obtenir le consentement du beau-père, — ce beau-père est un assez vilain monsieur, qui fut jadis l'ami des époux libres, — ces derniers finissent lamentablement par se marier ! Et je ne sais rien de plus pénible — je répète le mot à dessein — que l'histoire de ces deux soi-disant héros qui renversent eux mêmes le noble edifice de leur vie, pour ceder au caprice d'une fillette, à la lâcheté d'un jeune gommeux, à l'hypocrisie d'un faux ami et, par-dessus tout cela, aux préjugés stupides d'une bourgeoisie imbecile. Je ne prends pas ici la défense de l'amour libre. Je veux bien qu'on me montre ses mauvais côtés. Mais, de grâce, qu'on le combatte au nom d'un grand principe, au nom de la religion ou de la société, par exemple, et qu'on ne croie pas l'avoir mis par terre, parce qu'une gamine s'est amourchée d'un pleutre et que deux honnêtes gens ont cédé bassement devant l'insolence sournoise d'une canaille ! Je ne veux pas m'occuper du style ou de la composition de ce livre, je préfère le considérer comme nul. C'est une erreur que M. Paul André regrettera un jour.\n\n***\n\nLa belle collection des Célébrités d'aujourd'hui (4) s'est enrichie d'une très intéressante étude de M. Van Bever sur Maurice Maeterlinck. On sait la contribution précieuse que ces petits livres apportent à la critique. Après une biographie fidèle et concise, une étude succincte des ouvrages de l'auteur dont ils s'occupent, viennent un choix d'opinions et une bibliographie complète. Un ou deux portraits, des dessins, un autographe illustrent ces brochures et achèvent d'en faire de feconds documents. Celle de M. Van Bever est particulièrement remarquable. Après sa lecture, la haute et belle figure de Maeterlinck est aussi connue qu'elle peut l'être. M. Van Bever est un portraitiste habile et un critique juste et précis.\n\n***\n\n(1) Bruxelles, Paul Lacomblez.\n(2) Bruxelles, Paul Lacomblez et Larcier.\n(3) Paris, Victor Havard.\n(4) Paris, Sansot & Cie.",
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     "texte": "## CHRONIQUE THÉÂTRALE\n\n### Le Voyage de la Mariée.\n\nC'est une opérante à grand spectacle, de MM. Ferrier et Ordonneau, musique de Diet et ballets de Clérice, qui se sont mis à quatre pour fabriquer la chose la plus abracadabrante, la plus compliquée, la moins plaisante que l'on puisse voir. Il est vrai qu'il y a un taureau sur la scène, avec un simulacre de courses, et aux yeux de certaines gens cela rachète bien des choses! La musique des ballets est jolie et, de-ci de-la, il y a quelques couplets bien venus. Mais le théâtre des Galeries, qui a eu tort de monter une machine aussi dépourvue de tout intérêt artistique, a fait du moins tout ce qu'il a pu pour lui assurer le succès. La mise en scène est luxueuse, les costumes sont éblouissants, les ballets sont agréables. Et quant aux acteurs, Mme Oryan, Berty, Landon, MM. Ranté, Roussel, Bergniès, Ambreville et Soyer font tout leur possible pour mettre un peu de vie et d'entrain dans ce mauvais vaudeville à musique.\n\nG. R.\n\n---",
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     "texte": "## L'ART ET L'EMPEREUR\n\nLors de l'inauguration qui eut lieu fermement à Berlin du monument érigé par la nation allemande à Frederic III et du Musée qui porte son nom — inauguration à laquelle la Belgique était représentée par MM. le comte J. de l'alaing et Pol de Mont, — l'Empereur Guillaume n'a pas laissé échapper l'occasion d'affirmer, une fois de plus, son dédain pour les artistes novateurs et son incompréhension de l'admirable effort qui relèvera — malgré lui — le niveau artistique de l'Allemagne.\n\n« De nos jours, a-t-il dit entre autres, nous voyons l'art partagé en tendances contraires, qui luttent entre elles et qui essaient de se dominer les unes les autres. A ma conviction, comme je l'ai dit souvent, il s'agit ici de chemins de traverse, qui ne peuvent qu'éloigner du véritable idéal du Beau.\n\nNos artistes devraient avec d'autant plus de force se rappeler quels biens sublimes sont en leurs mains. Cependant, ce n'est pas de ces contrastes que je veux vous parler aujourd'hui, en face de cette statue de l'empereur de la paix que nous celebrons. Je tiens plutôt à faire ressortir ce qui paraît capable de rapprocher de nouveau les tendances divergentes : c'est l'étude des maîtres du passé, qui, d'après ma conviction inébranlable, est seule capable de nous aider à résoudre tous les problèmes de l'art.\n\nCertes, il est permis aux gentes de puiser dans des profondeurs inconnues et cachées, mais on ne peut approuver que les jeunes artistes croient pouvoir se détacher de la vieille tradition et de la vieille école. Le profond sérieux, l'effort sérieux avec lesquels les maîtres anciens ont essayé d'atteindre l'idéal de l'art, offrent également un exemple inimitable aux artistes de nos jours, et devraient imposer, particulièrement à la jeune génération, la critique de soi-même, la modestie et le respect des œuvres d'autrui.\n\n(1 Paris, Fontemoing.\n\n---",
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     "texte": "## CONCOURS DE L'ACADÉMIE\n\nLa classe des Beaux-Arts de l'Académie de Belgique a réglé ainsi qu'il suit le programme des concours pour 1907 :\n\nFaire l'histoire des habitations du xvi° et du xvii° siècle dans les anciens Pays-Bas; établir la comparaison entre ces habitations et celles de nos jours, tant au point de vue esthétique que sous le rapport de l'emploi des matériaux, du confort et de l'hygiène Prix : 800 francs)\n\nÉtudier dans sa source, dans ses tendances et dans ses résultats l'enseignement des arts plastiques (la peinture, la sculpture, l'architecture, la gravure au xixe siècle. Prix : 800 francs.)\n\nÉcrire l'histoire de l'école anversoise de gravure jusqu'à la fin du xviiie siècle, en y comprenant des informations authentiques sur les éditeurs et leur influence sur la production des estampes. (Prix : 1,000 francs.)\n\nArt appliqué: On demande un portrait en buste, gravé en taille-douce, d'un personnage belge vivant. Prix : 800 francs.)\n\nOn demande le projet d'un groupe pour décorer le centre du terre-plein du rond-point de la rue de la Loi, à Bruxelles. Prix : 1,000 francs.)\n\n---",
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     "texte": "## Chronique judiciaire des Arts.\n\n### Musiciens et Critiques.\n\nIrrité par les termes d'un article du Ménestrel critiquant le Fils de l'Étoile, M. Camille Erlanger avait assigné notre confrère en « diffamation ». Il estimait à cent mille francs excusez du peu!) la réparation qui lui était due pour le préjudice que lui avait causé cet article.\n\nLe tribunal civil de la Seine a rappelé paternellement l'irascible compositeur à la modestie par un jugement qui le déboute de son action et dont voici les principaux considérants :\n\n« Attendu qu'Erlanger aurait dû comprendre que la louan.e a pour contre-partie la critique; qu'il aurait dû également se rappeler que les œuvres des plus grands compositeurs ont été, pendant plusieurs années, en butte aux campagnes les plus acharnées, sans qu'ils aient jamais songé à s'émouvoir d'attaques consciencieuses et sérieuses, lesquelles rentrent dans le domaine des critiques musicaux.\n\nAttendu, dès lors, et sans qu'il soit besoin de constater qu'il n'est justifié d'aucun préjudice, que le rejet de la demande s'impose, » etc.\n\n---",
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     "texte": "## NÉCROLOGIE\n\n### Paul Vogler.\n\nLe paysagiste Vogler est mort le mois dernier à Verneuil-sur-Seine, non loin de Mantes, où il s'était retiré depuis quelques années. Il avait fait ses premières armes dans l'atelier d'un décorateur de théâtre et composa pour M. Lugné-Poe la plupart des décors des spectacles de l'Œuvre. Il s'orienta ensuite vers la peinture de chevalet. Ses to les, qui trahissaient des recherches de lumière et d'atmosphère, avaient une grande fraîcheur de coloris et une harmonie delicate. Il y a un an, attire par les sites de la",
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     "texte": "Belgique, il s'installa à Bruxelles et y passa plusieurs mois. Nous le vîmes alors quelquefois. C'était un artiste laborieux, un cœur loyal, une personnalité sympathique. Paul Vogler n'a pas atteint sa cinquante-troisième année...",
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     "texte": "Memento des Expositions.\n\nBRUXELLES. — Douzième Salon de la Libre Esthétique (Musée royal de peinture). 21 février-23 mars. Délais : Notices, 21 janvier; œuvres, 5-10 février. Dépôt des invités belges : 13, 14, 15 février (délai de rigueur). Renseignements : Direction de la Libre Esthétique, rue du Berger, 27, Bruxelles.\n\nPARIS. — Union des femmes peintres (Grand Palais des Champs-Elysées). 12 février-9 mars. Dépôt, 20-21 janvier. Demandes d'admission avant le 10 janvier, 175, boulevard Pereire, Paris.\n\nVENISE. — Exposition internationale des Beaux-Arts. 22 avril-31 octobre. Renseignements : M. A. Fradeletto, secrétaire général, Venise.",
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     "texte": "PETITE CHRONIQUE\n\nA l'issue de la première de Pepita, les directeurs de la Monnaie ont réuni, en une réception intime et toute cordiale, l'auteur de l'œuvre applaudie, ses interprètes et de nombreux amis — artistes et critiques — venus de Paris et de Londres. Le ministre d'Espagne et Mme Perez Caballero ont vivement félicité leur compatriote du succès qu'il venait de remporter et, dans une charmante improvisation, M. Maurice Kufferath a rappelé les liens qui unissent, depuis des siècles, les musiciens d'Espagne à ceux des Flandres. Cette fois, et par un juste retour, c'est la musique d'un Espagnol qu'on célèbre en Belgique. Et pour fêter cet événement, le roi Alphonse XII a nommé MM. Kufferath et Guidé commandeurs de son ordre et a envoyé à M. Sylvain Dupuis la croix de chevalier.\n\nDe deliciueuses chansons catalanes, chantées à ravir par Mme Maria Gay et accompagnées au piano par M. Albeniz, ont clôturé cette aimable soirée.\n\nPour remercier les généreux donateurs qui ont offert au Musée de Bruxelles la statue de Septime Sévère acquise au prix de 250,000 francs à la vente de la collection Somzee et parmi lesquels se trouvaient Mme Jacques Errera, MM. Beernaert, ministre d'Etat, Emile De Mot, bourgmestre de Bruxelles, Ernest Solvay, F. Philipson, Edouard et François Empain, R. Waroqué, etc., le Gouvernement a fait exécuter par M. Godefroid Devreese une plaquette commémorative qui sera remise à chacun d'eux.\n\nCette plaquette, dont le tirage a été strictement limité au nombre des souscripteurs, porte l'effigie, fidèlement reproduite, du célèbre antique; au revers, le nom du destinataire et une inscription rappelant l'événement à l'occasion duquel elle fut frappée.\n\nM. Devreese vient de terminer une autre médaille offerte à l'occasion du 1er janvier par M. Paul Fisch, l'éditeur d'un grand nombre d'œuvres du statuaire-médailleur, à ses amis. C'est le profil, très ressemblant, de M. Fisch, au revers duquel sont gravés la signature et l'adresse de l'éditeur; carte de visite vraiment artistique, qui échappe à toute banalité.\n\nL'exécution de ces deux médailles fait honneur à M. Devreese et affirme un talent universellement reconnu.\n\nC'est à M. Ch. Samuel que la Société hollandaise belge Les Amis de la Medaille a confié l'exécution de la médaille qu'elle offrira à ses membres en 1905. Elle symbolisera l'œuvre du Congo.\n\nLa Société vient de faire frapper une plaquette, due au médailleur hollandais J.-C. Wienecke, pour célébrer le vingt-cinquième anniversaire de la fondation de la Société, créée en Hollande le 23 janvier 1879. La médaille porte l'effigie de la Reine mère. Au revers, dans un motif ornemental d'une composition originale, les dates : 1879-1904 et l'inscription : Hulde der Nederlandsch-Belgische Vereeniging der Medaillevrienden.\n\nSous le titre : Pochades et Etudes, les peintres A. Blandin, F. Beauck, J.-M. Canneel, R. De Man, W. Jelley, F. Lantoine, E. Mahaux, Paerels, les sculpteurs Eng. Canneel, A. Boute et A. de Kut ont réuni leur travail de l'été dernier à la Galerie Boute, rue Royale, 134. Ce Salon restera ouvert jusqu'au 18 janvier.\n\nLe Cercle artistique de Bruxelles prépare pour les vendredi 20 et samedi 21 janvier deux soirées sensationnelles : la reconstitution d'un théâtre de verdure au XVIIIe siècle, sous la direction de M. Charles Bordes et avec le concours de Mmes de La Rouvière, Marthe Legrand et Pironnet, solistes dela Schola cantorum, des sœurs Mante, de l'Opéra, et de MM. Jean David, Louis Bourgeois et Paul Gilbert.\n\nLe spectacle se composera de la Guirlande ou les Fleurs animées, pastorale-ballet en un acte de J.-Ph. Rameau, poème de Marmontel, et du ballet du cinquième acte d'Armide de Gluck. La salle recevra, à cette occasion, une décoration spéciale dans le goût de l'époque.\n\nLe Cercle annonce, en outre, deux conférences sur l'art : M. le docteur Paul Héger parlera, le 16 janvier, de la Notion d'art dans l'œuvre de Vésale et M. Charles Buls, le 27, du Forum romain. Ces deux causeries seront accompagnées de projections.\n\nLa Camera, société de musique de chambre vocale et instrumentale, fondée à Bruxelles sur l'initiative de MM. Ch. Bordes et Victor Vreuls, donnera à la Grande-Harmonie son premier concert le jeudi 19 janvier, à 9 heures du soir. On sait que cette intéressante fondation, créée pour faire connaître les œuvres anciennes de musique de chambre vocale et instrumentale, cantates de chambre, concertos, airs sérieux et à boire, etc., donnera plusieurs concerts par saison.\n\nAu premier, que dirigera M. Ch. Bordes, on entendra une cantate de Nicolas Clérambault de 1710, Orphée, pour voix seule et symphonie; la si curieuse cantate burlesque sur l'abus du café, de J.-S. Bach, qui savait rire à ses heures; des chansons françaises du XVIe siècle et airs à boire très capiteux du Bourguignon Bousset, qui eut une grande vogue au XVIIIe siècle. Les soli seront chantés par les solistes de la Schola cantorum, Mmes Marie de La Rouvière et Marie Pironnet, MM. Bourgeois et Jean David. M. A. Zimmer jouera le concerto en la de J.-S. Bach.\n\nPour rappel, aujourd'hui dimanche, à 2 heures, à l'Alhambra, deuxième concert Ysaye, sous la direction de M. Ed Brahy, avec le concours de M. Jacques Thibaud.\n\nMercredi, à 4 h. 4 2, salle Gaveau, matinée Engel-Bathori : Reynaldo Hahn, avec le concours de l'auteur. — A 8 h. 4/2, salle Erard, Lieder-Abend de Mme S. Denekamp.\n\nJeudi, à 8 h. 4 2, à la Grande-Harmonie, concert Henri Merck. L'orchestre sous la direction de M. I. Albeniz.\n\nSamedi, à 8 h. 4/2, salle Le Roy, concert Alex Disraeli, avec le concours de M. Emile Agniesz.\n\nLes théâtres :\n\nC'est le vendredi 20 janvier qu'aura lieu, à la Monnaie, la première représentation de Tristan et Isolde, chanté par M. E. Van Dyck et Mme Paquot-d'Assy, Mme Bastien et M. Albers.\n\nMme Litvinne reviendra à Bruxelles dans la seconde quinzaine de janvier et donnera deux ou trois représentations d'Alcesto. Elle chantera notamment l'œuvre de Gluck en matinée le dimanche 22.\n\nMartille, de MM. E. Cattier et A. Dupuis, passera à la fin du mois.\n\n— Au Parc, jeudi prochain, les Oiseaux de passage.\n\n— Au théâtre Molière, succès persistant pour l'Aiglon.\n\nL'Association des Chanteurs de Saint-Boniface interprétera, aujourd'hui dimanche, au salut de 4 heures, le Dies sanctificatus, à quatre voix, de Palestrina, O Beata Mater, d'Aug. De Boeck et un Alleluia à quatre voix de Jacob Van Berchem (1499).",
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     "texte": "# L'ART MODERNE\n\n## M. De Boeck exécutera des pièces pour orgue de Haendel, J.-S. Bach et César Franck.\n\nLe programme du concert avec orchestre annoncé par M. Henri Merck pour jeudi prochain (Grande-Harmonie), promet une séance exceptionnellement intéressante.\n\nIndépendamment des Variations symphoniques de Boellmann et d'une série de pièces de Bach, Pergolèse et Becker, le réputé violoncelliste jouera, en première audition à Bruxelles, le Concerto en mi mineur de Herbert.\n\nL'orchestre, sous la direction de M. Albeniz, exécutera le prélude de Merlin et Cataloña, deux œuvres encore inédites de l'auteur de Pepita Jimenez.\n\nOn nous prie d'annoncer le concert qui sera donné le 20 janvier, à 8 h. 12, à la Grande-Harmonie, au profit de l'Œuvre des petits lits, avec le concours de Mme Félia Litvinne, MM. Ed. Jacobs, P. de Wit, etc.\n\nDes billets à 15, 10 et 5 francs sont déposés chez les éditeurs de musique.\n\nLa Rapsodie moderne pour orchestre de M. V. Vreuls sera exécutée le 19 janvier aux Concerts Cortot. Les autres œuvres du programme sont : le Prologue du Crépuscule des Dieux, les Fest-Klänge de Liszt, le Concerto de Beethoven pour violon (M. Armand Forest) et la Quatrième Béatitude de Franck.\n\nParmi les habituelles publications du bout de l'an dont il est parlé ici, il faut citer le Tour du monde, le célèbre et somptueux recueil où s'alimentent les esprits épris de découvertes et d'inconnu.\n\n---",
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     "texte": "**Fabrique de cadres pour tableaux.**\n\n**Ch. XHROUET**\n\n192, rue Royale, Bruxelles\n\nCadres de tous styles et d'après dessin pour tableaux aquarelles, pastels, etc.\n\nLE PLUS GRAND CHOIX DU PAYS\n\nPRIX MODÉRÉS\n\n---\n\n## Des journaux de voyages dramatiques et vécus nous transportent, cette fois, vers les lieux sur lesquels le monde civilisé fixe actuellement les yeux, la Macédoine, le Tibet, la Corée, le Maroc, le Soudan. Dans un journal comme celui-ci, il convient de signaler spécialement la belle étude nombreuse et documentée que Gustave Geffroy consacre à la Bretagne du Sud.\n\nM. Gisbert Combaz commencera mercredi prochain, à 8 h. 12 du soir, à la Section d'art et d'enseignement de la Maison du Peuple, un cours sur l'Art en Extrême-Orient. Les premières leçons seront consacrées à l'Inde et la Chine.\n\nCe cours absolument gratuit, illustré de projections lumineuses, aura lieu dans la salle de l'Institut des Hautes-Études, 28, rue de Ruysbroeck.\n\n---\n\n## PIANOS\n\n**GUNTHER**\n\nBruxelles, 6, rue Thérésienne, 6\n\nDIPLOME D'HONNEUR\n\nAUX EXPOSITIONS UNIVERSELLES\n\nFournisseur des Conservatoires et Écoles de musique de Belgique.\n\nINSTRUMENTS DE CONCERT ET DE SALON\n\nLOCATION EXPORTATION ÉCHANGE\n\n---\n\n## L'EUROPÉEN\n\nCourrier international hebdomadaire\n\nDirection politique :\n\nFr. de Presense. — Pierre Quillard. — A.-Ferd. Hérol\n\nComité de patronage :\n\nB. Björnson. — A. France — N. Salmeron\n\nCh. Seignobos — Emile Van der Velde\n\nRédaction et Administration : 24, rue Dauphine, Paris (VIe).\n\nAbonnements : France, 12 francs l'an ; étranger, 15 francs\n\n---\n\n## AMEUBLEMENTS D'ART MODERNE\n\n**G. SERRURIER**\n\nLIÈGE - 41 Rue Hemricourt\n\nBRUXELLES - 2 Boulevard du Regent\n\nPARIS - 54 Rue de Tocqueville\n\nLA HAYE - 39 Parkstraat\n\nMOBILIERS\n\nSPECAUX POUR LA\n\nCAMPAGNE\n\nARTISTIQUES PRATIQUES\n\nSOLIDES ET PEU COUTEUX",
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