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     "texte": "VINGT-CINQUIÈME ANNÉE. N° 6. 5 FÉVRIER 1905.\n\nL'ART MODERNE\n\nREVUE CRITIQUE HEBDOMADAIRE\n\nBUREAUX : RUE DE L'INDUSTRIE, 32, BRUXELLES\n\nABONNEMENT : BELGIQUE, 10 FRANCS L'AN; UNION POSTALE, 13 FRANCS. — LE NUMI RO, 25 CONTIMES\n\nL'ART MODERNE est envoyé à l'essai, pendant un mois, aux personnes qui nous en font la demande ou qui nous sont indiquées par nos abonnés.\n\nLes demandes d'abonnement et de numéros à l'essai doivent être adressées à l'administration générale, rue de l'Industrie, 32, Bruxelles.\n\nOn est prié de renvoyer la revue à l'Administration si l'on ne désire pas s'y abonner.\n\nL'ART MODERNE est en vente, à Paris, à la librairie H. Floury, 1, boulevard des Capucines.\n\nSOMMAIRE\n\nEmile Verhaeren. L'I spiration flamande (suite) Médéric Dufour). — Protestation des Lécrivains be ges contre l'arrestation de Maxime Gorki. — Chronique littéraire Georges Rency. — Chronique artistique O. M. — « L'Art contemporain ». Une Exposition Leys et Henri de Brackeler a Anvers. — Notes de musique. Concert Répri Merck O. M.) Concert Crickboom a la Maison du Peuple (M. M.) (concerts divers Concurrence. — Une aventure de la Guimard. Nécrologie. Edmond Van der Meulen. J.-A. Herpain. — Petite Chronique.",
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     "texte": "ÉMILE VERHAEREN\n\nL Inspiration flamande (1).\n\nLa poésie d'Emile Verhaeren, pour imaginaire qu'elle paraisse, utopiste qu'elle se déclare, est, au vrai, puisée à deux sources réelles : la sensation et le souvenir. L'arbitraire y a peu de part.\n\nMais, par l'efficace de la passion, émue au cœur du poète, les images sont élaborées et ordonnées, amplifiées et renforcées, rapetissées et atténuées. La dominante, — celle qui correspond à l'impression la plus profonde, ou que le sentiment élit et abstrait, — s'assujettit les autres, les attire ou les repousse, les ranime ou les éteint, selon leur degré de conformité, les réduit à l'unité architectonique. Le verbe et le rythme, le vers et le poème, ployés à cette loi, sont, sans doute, éloignés de la réalité, mais approchés de la vérité. Les images se sont muées en symboles. — Le symbole, partie du monde recréée par le sentiment, est poétique et révélateur. Interprétant l'expérience selon l'intuition, approfondissant l'impression selon le pressentiment, traduisant l'idéal dans le langage du réel, il soumet l'univers à l'âme. Il implique plus d'absolu que la formule d'une loi physique. Aussi la poésie devance-t-elle la science. Novalis a pu dire : « Le poète comprend mieux la nature que le savant. » 1)\n\nEn ce sens, tout ressouvenir est symbolique. C'est un fait que nous constatons, quand nous parlons de la poésie du passé, sans en expliquer la cause. — Entre les sensations, poussées par le temps au néant de l'oubli, le souvenir en retient certaines, qui, purifiées par le sentiment, sont les clairs miroirs où l'âme se contemple. Ces souvenances, au charme desquelles se complaisent nos rêves, sont nos plus véridiques témoins. — Dis-moi quelles images d'autrefois ta piété conserve dans le secret de ta mémoire, je saurai à quels sommets de la pensée s'élevera ton esprit, à quels amours s'élar-\n\n(1) Suite. Voir nos numéros des 22 et 29 janvier derniers.\n\n(1) Traduction de MAURICE MASTERLINCK. Les Disciples à Sais et les Fragments de N valis Bruxelles, Lacombles, 1895).",
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     "texte": "# L'ART MODERNE\n\ngira ton cœur. Notre passé modèle notre présent, anticipe notre avenir. Des ténèbres du futur, ce sont des revenants, qui s'avancent vers nous. Je croyais ouvrir ma porte à un étranger, je reconnais l'hôte que j'hébergeai jadis; dans ses mains tendues, il m'apporte les rayons et les parfums de la campagne; l'ombre de ma demeure en est éclaircie et embaumée; et sa parole m'est si douce, que, l'écoutant, j'oublie les peines qui m'incombèrent de son départ à son retour.\n\n* * *\n\nBeaucoup d'entre les poèmes d'Emile Verhaeren sont brodés sur le canevas du souvenir. Loin du présent, jonché d'illusions navrées, il se réconfortait aux remembrances des années sereines où prirent l'essor sa joie et son espoir, où son cœur s'ouvrit à l'amour:\n\nOh! les bons souvenirs et comme ils me refont Une tendresse et un bonheur mélancoliques! O mon âme, voici tes plus douces reliques; Voici, dans ton repli le plus profond, La plus frêle des fleurs de rêve, La plus douce des fleurs d'amour, Qui se révèle au jour Et vers tes larmes se soulève! (1)\n\nDans chaque œuvre nouvelle, il représentait le même village, — celui dont le clocher fut à son juvénile orgueil\n\nun champion de pierre Carrant si largement sa force et sa valeur Dans la lumière; (2)\n\nle même paysage, — celui où il erra,\n\nHeureux de balancer son corps et ses deux bras Au rythme libre et fort et sonnant de son pas, A travers la nature innombrable et prodigue. (3)\n\nLes mêmes lignes dessinaient l'un; les mêmes horizons bornaient l'autre; mais les couleurs changeaient, harmonisées avec ses gaités et ses tristesses, ses volontés et ses renoncements, ses certitudes et ses doutes. Toujours le passé pénétrait le présent, d'où le nimbe de la poésie irradiait.\n\nLes Tendresses premières apparaissent comme un recueil des thèmes auparavant développés par le poète. Voici la tour, qui de l'œil rond de son horloge contempla la défaite du passeur d'eau (4); le clocher et le sonneur (5); le cimetière et le fossoyeur (6); le forgeron (7); le cordier (8; presque tous les artisans, qui accomplissent les tâches symboliques des Villages illusoires:\n\n(1) Les Tendresses premières : Ardeurs naïves, (2 Mon Village, (3) L'Envolée.\n(4) Les Villages illusoires : Le Passeur d'Eau, (5 Le Sonneur, (6) Le Fossoyeur, (7) Le Forgeron, (8 Les Cordiers.\n\nEt l'Escaut gris et puis la tour Qui se mire, parmi les eaux bourrues... (1)\n\n... Jean Til, le vieux sonneur de messes, Pour me complaire un peu, m'amenaît voir, L'été, avant que ne tombât le soir, Le gros bourdon, qui sonnait les kermesses (2)\n\nJe me souviens du passeur d'eau et du maçon, De la cloche, dont j'ai gardé mémoire entière, Et dont j'entends encore le son; Je me souviens du cimetière (3).\n\nTous les bruits familiers se réveillent dans l'air, Le han du forgeron sur son enclume lasse, La voix des passeurs d'eau, le chant du jardinier... (4)\n\nMon oreille écoutait les fers tumultueux Du forgeron chanter dans le village... (5)\n\nJ'étais l'ami de l'horloger et du charron, Et du vannier et du marchand de cordes (6.\n\n— Voici l'usine, tout ardente de la fièvre dont brûlera l'un des plus beaux poèmes des Villes tentaculaires (7):\n\nJe me souviens de l'usine voisine, — Tonnerres et météores Roulant et ruisselant De haut en bas entre ses murs sonores, — Je me souviens des mille bruits brandis, Des émeutes de vapeur blanche, Qu'on déchainait le samedi Pour le chômage du dimanche (8).\n\n— Voici la mer, symbole d'avenir illimité et d'indéfectible espoir : (9)\n\nO l'océan, là-bas, et sa fête écumeuse A l'infini sur les plages l'hiver! En ai-je aimé le vent et le désert! En ai-je aimé la vie en des barques tragiques, Qui s'en allaient fouiller les eaux mythologiques, Où les grands dieux du Nord apparaissent encor! (10)\n\n— Voici les êtres bizarres du folklore flamand, dont Les Petites Légendes contiennent les gestes et répètent les dits, les « diableries » (11 , qui relient certains poèmes d'Émile Verhaeren aux tableaux de Breughel d'Enfer et l'apparentent au peintre Ensor :\n\n(1) Les Tendresses premières : Mon Village, (2) Mon Village, (3) Liminaire, (4) Ardeurs naïves, (5) Convalescence, 6) Mon Village, (7) Les Usines, 8) Liminaire.\n\n(9) Cf. dans Les Visages de la Vie : Au Bord du Quai et Vers la Mer; dans Les Forces tumultueuses : Le Voyage et Sur la Mer. Le peintre Théo van Rysseberghe a fait, dans une eau-forte en couleurs, un portrait d'Emile Verhaeren se promenant au bord de la mer; c'est une des plus significatives effigies du poète.\n\n(10) Les Tendresses premières : Liminaire.\n\n(11) Rappelez-vous « Le Fou » des Campagnes hallucinées, « La Vieille » des Villages illusoires et « Le Voyant » des Aubes.",
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     "texte": "# L'ART MODERNE\n\nOn écoute rire et baguenauder  \nPrès des mares et dans les landes  \nLes naives légendes;  \nLes vieilles coutumes mêlent encor  \nLeur beau fil d'or  \nAu solide tissu des mœurs et des paroles;  \nOn croit toujours aux sorcières et aux idoles... (1)\n\n— Enfin, voici poindre, dans les Ardeurs naives, ce touchant poème où\n\n... la petite amie espiègle et bloude  \nQui s'en alla vers l'autre monde  \nToute fragile,\n\na le charme triste de ceux que M. Maurice Maeterlinck appela les « Avertis », cet amour spirituel, qui s'épanouira dans Les Heures claires; et voici, allumé par « l'ample servante » (2, modèle de Kato 3), et L'Étrangère, l'amour charnel, etreintes brutales et ruts assaillants, qui accouple lourdauds et pataudes dans les kermesses des Flamandes.\n\n***\n\nAux diverses saisons de sa vie, c'est donc le même paysage de Flandre, cette Campine anversoise, proche du village de Saint-Amand, que peint Émile Verhaeren. Mais il en reçoit une impression, il lui prête une âme, il y démêle une signification, il en exprime un caractère différents, selon que se modifient ses sentiments, ses croyances ou ses idées. A quel autre poète s'appliquerait mieux cette définition, dont les œuvres de l'école symboliste révèlèrent le sens profond : « Un paysage est un état d'âme »?\n\nMÉDÉRIC DUFOUR\n\nLa fin prochainement.)\n\n---",
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     "texte": "## Protestation des Écrivains belges contre l'arrestation de Maxime Gorki.\n\nL'Association des Écrivains belges a pris l'initiative d'une protestation contre l'arrestation du célèbre écrivain russe Maxime Gorki. En voici le texte :\n\n« Maxime Gorki est arrêté. Paiera-t-il de sa tête ou de sa liberté sa participation aux récents événements de Russie?  \n« Quoi! pour avoir manifesté pacifiquement une foi politique et nationale, il serait mis à mort ou d'porté!  \n« Maxime Gorki n'est pas seulement un écrivain russe. Par son talent, par son génie, il appartient à l'humanité entière. Le pouvoir qui abattrait cette tête pour delit de pensée serait mis au ban du monde civilisé.  \n« Tout ce que l'Europe compte d'écrivains, d'artistes, de savants, d'hommes de cœur, proteste en ce moment contre une aussi monstrueuse éventualité.  \n« En 1867, l'Angleterre écouta la voix de Victor Hugo : les révoltés d'Irlande eurent la vie sauve. En 1905, le Tsar agira-t-il autrement? Celui qui fut le promoteur du tribunal de La Haye refusera-t-il d'entendre l'appel de tous ceux qui ont eu foi dans la noblesse et la générosité de ses sentiments? Avec leurs frères de France, d'Allemagne, d'Italie, de toutes les nations euluvées, les écrivains belges espèrent que le Tsar ne permettra pas qu'on souille son règne d'un crime inutile. La conscience moderne a des droits que nul ne violerait impunément.\n\nPour l'Association des Écrivains belges :\n\nLe Président,  \nOCTAVE MAUS.\n\nLe Secrétaire,  \nROBERT SAND.\n\nOnt déjà signé cette protestation :\n\nMM. Camille Lemonnier, Edmond Picard, Henri La Fontaine, Iwan Gilkin, Gustave Van Zype, Maurice des Ombiaux, Edmond Cattier, Gérard Harry, George Garnir, Auguste Vierset, L. Dumont-Wilden, Emile Delinge, Olympe Gilbert, Louis Delattre, Henri Liebrecht, Léonce Du Catillon, Edmond Glesener, James Ensor, Blanche Rousseau, Henri Maubel, Marius Renard, Charles Delchevalerie, Liévin Huysmans, Edgar Baes, Maurice Saey, Eugène Demolder, Jules Destree, Jean d'Ardenne, Oscar Colson, Arthur Hubens, Emile Leconte, Léon Wéry, Léopold Rosy, Nelson Le Kime, Henri Van de Putte, Christian Beck, Louis Pierard, Arthur Toisoul, Dr Jules Felix, Marie Closset, Georges Rency.\n\nLes journaux ont annoncé que Maxime Gorki avait été mis en liberté. Cette heureuse nouvelle a été démentie hier. Dans l'incertitude qui règne sur le sort de l'écrivain, les adhésions continueront à être reçues par M. Robert Sand, 4 rue du Frontispice, à Bruxelles.\n\n---",
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     "texte": "## CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n\nLe Droit au bonheur 1 de Camille Lemonnier est l'histoire étrange d'un ménage à trois dans une ville de Flandre, au bord d'un fleuve, où les gens sont plus près de la nature qu'ailleurs. Gerpach est un homme mou et geignard : fils d'un riche a mateur, mais ruiné, il ne travaille pas et vit, ainsi que sa femme Annah, d'une pension que lui sert son oncle Annah l'aimant, jadis, avant qu'elle connût Jorg Sangue, une sorte de beau sauvage qui hab te au delà du fleuve, à la listière du bois. Sangue et Gerpach sont des amis inutimes, ce qui n'empêche pas le premier de devenir l'amant d'Annah. Peu à peu, Gerpach a des soupçons, il souffre. La douleur pourrait bien faire de lui un homme : ma s il n'a jamais su regarder la vie et le malheur en face. Annah ne leur retire pas son affection apitoyée. Jorg l'aime toujours d'un amour plein de repentir. Tous deux sont possédés du désir de s'en aller ensemble, de ne plus mentir, d'être loyalement et franchement l'un à l'autre. Gerpach seul est l'obstacle : c'est lui qui doit se sac ifier, disparaitre, donner sa femme à son ami. Et Gerpach devine bien ce qu'on attend de lui : il est sans cesse sur le point de prononcer les paroles libératrices et se ravise toujours au moment suprême. Peut-être ne les prononcerait-il jamais, s'il ne se trouvait mêlé à la triste histoire d'un menuisier qui a chassé sa femme, autrefois, pour adultère et s'est remarié avec un autre. L'homme, maintenant, a des remords : sa première femme, abandonnée, est devenue alcoolique et va mourir de misère dans une ville voisine Le menuisier, au fond de lui, voit son devoir et qu'il doit obtenir le pardon de sa femme. Gerpach et lui vont à son chevet à l'hôpital où elle se meurt, et là, le\n\n(1) Paris. Ollend rff.\n\n(1) Les Tendresses premières : Lim'naire, 2) Seise, dix-sept et dix-huit Ans.\n\n(3) Aux Bords de la Route.",
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     "texte": "44\n\nL'ART MODERNE\n\nmenuiser, avec des mots émouvants comme des sanglots, reconnaît que toute la faute de leur commun malheur retombe sur lui seul. Malgré son endurcissement, sa femme semble le regarder partir avec moins de haine et de mépris. La scène est fort belle. Elle rappelle les pages les plus simplement tragiques des auteurs russes. Au retour, le menuisier va se pendre dans un bois et Gerpach, convaincu que lui aussi est la cause de l'adultére de sa femme, trouve enfin le courage d'unir les mains de Jorg et d'Annah.\n\nCe résumé sec et sans vie n° peut donner qu'une idée bien imparfaite de ce roman, chaste et audacieux à la fois, où la douleur de Gerpach est peinte d'une façon impressionniste, par petites touches, par l'indication sommaire de quelques gestes suggestifs ; où les remords de Jorg montrent clairement la lutte de la civilisation et de l'instinct dans l'âme d'un être de force et de nature, qui sent bien que, malgré tout, c'est l'instinct qui a raison ; où le personnage d'Annah concrétise vraiment toutes les qualités de la femme : bonne, aimante, pitoyable, mais capable, pour défendre son bonheur, de tous les mensonges et de toutes les dissimulations. Écrit dans cette langue neuve, un peu mystérieuse par tout ce que les mots semblent derober de secrets, que Lemonnier s'est forgée de toutes pières depuis quelques années, le Droit au b il ur est une œuvre de san e morale où passe, au-dessus de petits demêlés de famille et des conflits! mesquins des sentiments, le grand souffle de la nature éternelle qui se moque des préjugés, des conventions et des lois et qui veut avant tout le triomphe de l'amour.\n\n* * *\n\nL'Autre Vue (1) de Georges Eekhoud est l'aboutissement logique de l'effort de cet écrivain : âme en revolte perpétuelle contre la société et même contre les hommes, il a peu a peu spécialisé ses amours et ses haines, il a compris graduellement pourquoi il y avait, entre ses contemporains et lui, une sorte de fossé moral qui l'isolait orgueilleusement. « L'âme, dit l'épigraphie du livre empruntée à Spinoza, pâtit en tant qu'elle a des idées inadéquates ». Et voilà l'explication de toute son œuvre où règne une fièvre incurable : il a été malheureux parce que, ayant des appétits et des idées que les autres n'ont pas, il a toujours vu les choses autrement qu'eux. Nous nous réjouissons du progrès qui assainit l'espèce, en chasse les éléments inutiles et nuisibles : lui, au contraire, aime d'un amour maladif les voleurs et les voyous, parce qu'ils sont, comme lui, des revoltes contre la morale bourgeoise et contre la société.\n\nDans l'Autre Vue, il présente, sous la forme supposée de cahiers où son héros, Laurent Paridael, consigne ses impressions, l'apologie des habitants des Marolles, ses « savoureux voyous de velours », comme il les appelle. Laurent va vivre parmi eux, devient leur ami, admire leurs formes plastiques, les serre dans ses bras, respire avec delice l'odeur forte qu'ils dégagent. Il les adore surtout à cause de leurs vices : leur paresse, leurs habitudes contre-nature, leurs méfaits sournoirs, les viols et les vols qu'ils commettent avec serenite. Il veut ne voir en eux que les frères lointains de ces athlètes grecs qui ont servi de modèles à d'immortels chefs-d'œuvre. Il les exalte au point de magn fier à l'excès les funérailles de l'un d'eux, tué par une femme — la grande ennemie! — et d'en faire quelque chose d'énorme, comme le carnaval de la mort. Et puis, quand la police a mis la main sur toutes ces fleurs de l'égout, Laurent les suit vers cette Campine où se dressent les gèhennes des dépôts de mendicité. Son imagination déjà malade s'enfièvre encore au contact des pays nostalgiques où l'on parque les voyous et les mendiants. Il devient surveillant dans une école de bienfaisance de l'Etat. Là, il ne tarde pas à se faire l'ami des prisonniers, a les défendre contre les autres geôliers : et son étrange passion se rassasie à frôler, des mains et des yeux, la beauté de tous ces misérables dont le vice et la faim ont sculpté les formes l'inguides et équivoques. Chassé pour ses complaisances à l'égard des détenus, il finit par se suicider. Mais il s'arrange de façon à être enterré par un jeune\n\n1) Paris, Mercure de France.\n\nfossoyeur qu'il a passionément admiré pendant les derniers jours de sa vie.\n\nOn pourrait dire, si l'on ne craignait les interprétations fâcheuses, que Laurent Paridael meurt de ses excès de philanthropie. J'avoue franchement que, malgré tout le talent de M. Eekhoud, malgré sa science du mot corrosif, malgré sa forme lyrique, ardente, palpitante d'émotion, de désir malsain et fiévreux, j'avoue que des livres de ce genre me paraissent sortir des limites de l'art. Ce sont les confessions d'un malade bien plus que les impressions d'un artiste. Il y manque cet intérêt d'humanité générale sans quoi nulle œuvre ne vaut la peine d'être composée. Sans doute, il n'est point défendu d'admirer de belles pourritures : Baudelaire a fait sur de pareils sujets des vers merveilleux. Mais qu'on aille, à notre époque où gronde de toutes parts l'espoir des plèbes qui veulent enfin le Bonheur, qu'on aille restreindre sa sympathie à la mesure de quelques voyous, parce qu'ils ont les reins souples, la croupe frêti lante et des costumes de velours aux tons rejouis-sants, il faut avouer que voilà une manie étrange, digne d'être étudiée par la science au chapitre des perversions sexuelles. Il est un peu fâcheux que notre littérature s'enrichisse d'ouvrages de ce genre : ils contribuent à maintenir la réputation qu'on nous a faite d'être surtout des écrivains scatologues et pervertis. Comment nous plaindrons-nous encore de voir le public se détourner de nous, si nos meilleurs auteurs se mettent à publier des livres qui révoltent le bon sens et le bon goût? J'ai pour M. Eekhoud une admiration qu'attirissent vivement de telles publications. Qu'il consente, désormais, a regarder les choses comme nous tous : il y trouvera matière encore a des livres sains et vivants.\n\nGEORGES RENCY\n\n---",
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     "texte": "CHRONIQUE ARTISTIQUE\n\nMM. Evariste Carpentier et Frans Smeers exposent de concert au Cercle artistique. On connaît, au premier, les paysages avec figures d'une composition anecdotique, volontiers « romance », qui perpétuent, dans une vision rajeunie, les traditions du « Tableau de genre » jadis en honneur Les Derniers beaux jours répondent avec une évidente intention philosophique aux Premiers beaux jours, symbole de jeunesse, d'insouciance et de joie. Et tel Galopin qui fait le désespoir de sa famille ne serait pas renié par les plus romantiques des imagiers allemands, amoureux du sujet plus que l'impression qu'il dégage...\n\nM. Carpentier a de l'acquis. Il s'efforce de renouveler, en l'éclairant, le coloris métallique et uniforme de sa palette. Certains morceaux, l'Église de Saint-Barthelemy à Liege, l'Été, le Pignon ensoleite, entre autres, le montrent sollicite par le souci d'exprimer la lumière.\n\nChez M. Smeers, il y a aussi, semble-t-il, lutte entre l'éducation et l'aspiration vers un art libéré. Des souvenirs de musée pèsent sur sa peinture, traditionnellement « flamande » dans le sens attaché à ce mot par les conservateurs de collections publiques. Mais il a de l'éclat, de la puissance et la « patte » voulue.\n\nLa plupart des toiles qu'il a reunes ont été exposées au Sillon ou dans les Salons triennaux. On revit avec intérêt ses deux bonnes vieilles tricoteuses, les Araignées, son Étude de nu, son Cabaret Mignolet, Etienne, etc. En ces peintures massives, d'un coloris sonore mais trivial, M. Smeers rappelle M. Maurice Wagemans dont le Vieux Radar s'évoque ici avec force. D'autres études révèlent une indépendance plus grande, un œil plus sensible aux jeux de la lumière. C'est surtout un Vieil escalier n° 41), d'une tonalité claire, d'une facture légère et ferme à la fois, qui nous a séduit, avec une minuscule éude, Coin de ferme cataloguée sous le n° 14\n\nCitons pour mémoire deux expositions de paysagistes amateurs, MM. Ch. Bougard et F. Patte, ouvertes l'une à la galerie Boute, l'autre à la galerie Royale. Souvenirs de voyage, essais parfois heureux. Constantinople et le Bosphore ont mieux inspiré",
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     "texte": "# L'ART MODERNE\n\nle premier que la jolie baie de Saint-Jean-de-Luz n'a ému le second. Il y avait autre chose à faire du Fort de Socoa et de la pointe Sainte-Barbe que les mornes impressions qu'il en a rapportées.\n\nO. M.\n\n---",
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     "texte": "## « L'ART CONTEMPORAIN »\n\nUne Exposition Leys et Henri De Braekeleer à Anvers.\n\nA deux reprises, à peu d'intervalle, un groupe d'artistes et d'intellectuels a fait à Anvers appel à l'initiative privée pour des entreprises d'art et a reçu l'accueil le plus empressé. Il y a un an, c'était pour constituer la Société des Nouveaux Concerts. En quelques jours, un capital d'une centaine de mille francs fut réuni. On sait le brillant succès qui a couronné cette entreprise. D'excellents concerts se sont succédés à Anvers; les chefs d'orchestre et les artistes les plus réputés continuent à se suivre et l'ensemble de l'œuvre garde une allure très élevée et très digne. Non contente de ces exécutons, la Société des Nouveaux Concerts vient de créer un concours annuel pour la meilleure œuvre symphonique belge. Le jury, composé de MM. Vincent d'Indy, Blockx, Mortelmans et Humperdinck, donne toutes garanties. Enfin pour l'un des prochains concerts, M. Gilson a écrit une ouverture qui sera dirigée par le jeune et brillant chef que la Société a relevé, M. L. Mortelmans. Bref, il y a là un très bel effort qui se caractérise par le cordial concours de toute une population.\n\nOr, dans le même esprit désintéresse, voici que les initiateurs de cette renaissance viennent de créer pour les arts plastiques une œuvre de propagande et de diffusion. Et cette nouvelle initiative a rencontré les mêmes sympathies que la première.\n\nSans appartenir à une tendance particulière, la nouvelle association, qui a pris le titre de l'Art contemporain, a demandé la collaboration de quinze artistes, qui se renouvelleront de deux en deux ans par tiers et dont les noms mieux qu'un programme — affirment les tendances d'art probe, original et sincère de la Société. Ce sont: Constantin Meunier, E. Claus, A. Baertsoen, Ch. Mertens, V. Rousseau, E. Laermans, Jacob Smits, R. Baeseleer, G. Morren, J. Delvin, H. Luytens, V. Hageman et Walter Vaes.\n\nMM. Van Rysselberghe et G. Minne ont été également sollicités de prêter leur concours. Des invitations, tant en Belgique qu'à l'étranger, viendront compléter ce groupe et l'on peut espérer qu'elles seront faites dans un même souci d'art pur, sans préoccupation de coterie, mais en excluant le rabâchage, le poncif et le mercantilisme.\n\nL'Association se propose d'organiser annuellement des expositions rétrospectives, consacrées aux grands peintres du siècle passé. Elle débutera de la mi-mai à la mi-juin prochain, par une exposition des œuvres de Leys et d'Henri de Braekeleer. Viendra ensuite, probablement à l'automne, un Salon moderne dans lequel les œuvres seront présentées autant que possible par séries, de façon à montrer dans son ensemble la personnalité des artistes exposants. Il y aura des conférences, des albums, des publications d'art; bref un ensemble de moyens de nature à former, à développer le goût du public, à faire connaître et apprécier les artistes.\n\nCette artistique initiative, appelée aux plus heureux résultats, mérite tous éloges.\n\n---",
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     "texte": "## NOTES DE MUSIQUE\n\n### Concert Henri Merck.\n\nDepuis plusieurs années, le violoncelliste Henri Merck ne s'était plus fait entendre à Bruxelles, L'Amérique nous l'avait pris et l'avait gardé. Aussi le retour de l'enfant prodigue a-t-il été salué par d'unanimes sympathies, et son apparition sur l'estrade de la Grande-Harmonie chaleureusement acclamée.\n\nM. Merck possède, avec un mécanisme de virtuose, une âme de musicien. Il a un beau son, large et plein, de la nettette dans les traits, la légèreté d'archet qui manque à beaucoup de ses confrères et un sentiment expressif. De plus, — et ceci n'est pas son moindre mérite, — il est de la catégorie restreinte des violoncelistes libérés des Tarentelles et autres Papillons de Popper. Son programme, intéressant et varié, nous a permis d'apprécier le talent d'un compositeur irlandais fixé en Amérique, M. V. Herbert, dont le deuxième Concerto pour violoncelle et orchestre, très melodique, bien construit et symphoniquement traité, est l'une des meilleures œuvres concertantes du r pertoire moderne. Les V a tations symphoniques de Boelmann, qui offraient au virtuose l'occasion d'affirmer ses qualités diverses, l'A ria de Bach extrait de la Suite en ré et l'émouvante E egue de Gabriel Fauré completaient la partie re-serve au soliste.\n\nSi l'on applaudit avec entrain celui ci, on fit fête à M. Albeniz, qui conduisit l'orchestre avec une sûreté, une précision et une intelli,ence remarquables. L'auteur de Pepita se fit, en outre, apprécier comme pianiste en accompagnant délicieusement l'A ria et l'E egue, enfin comme compositeur. Le prélude de son Mer in, qui ouvrait le concert, et l'etourdisante fantaisie symphonique Catalonia, d'une verve qui en aurait bouché un coin à cet excellent Chabrier, mirent l'un et l'autre en relief sa personnalité multiple, endiablee, primesautière et ironique. M. Albeniz est de ceux et ils sont rares! — qui savent traduire la joie sans tomber dans la vulgareté. Sa gaité n'a rien de l'actice. Elle est l'expression même d'un temperament, et sa sincerité la rend particulièrement sympathique.\n\nO. M.\n\n### Concert Crickboom à la Maison du Peuple.\n\nComme tous les vrais et grands artistes qui se sont fait entendre dans ce milieu, Crickboom devait être tenté par la spontanéité du public de la Maison du Peuple. Et ce public a prouvé une fois de plus qu'il comprenait l'art le plus élevé quand il est interprété avec chaleur, précision et souplesse, comme il le fut dimanche.\n\nOvation pour la Symphonie en ré de Beethoven, dont les belles grandes lignes étaient bien mises en relief, pour l'A ria de Bach, les Dan es lo g ues de Brahms, et surtout pour l'ouverture de Freisch t z, dont l'interprétation ample, coloree, dramatique, a enthousiasmé l'auditoire. Jouissance au moins aussi complète pour les auditeurs mu ciens qui appréciaient la sonorité exceptionnelle de la salle, le travail consciencieux de l'orcl estre, qui fournissait « vraiment de la belle ouvrage » style Couroub e , et le talent précieux de son directeur — un des très rares chefs d'orchestre que nous ayons en Belgique pour le quart-d'heure.\n\nMme Gabrielle Bernard, premier prix du Conservatoire, a remplacé au dernier moment Mme Thévenet, empêchée. Voix souple, jolie, etendue, diction très soignée; a fait applaudir l'Absence de Berlioz, dite avec un sentiment très juste, puis la Serenade inutile de Brahms rappels! et la Berce ise de Mozart.\n\nM. M.\n\n### Concerts divers.\n\nM. Crickboom s'est d'ailleurs prodigué la semaine dern ère. Après avoir organisé et dirigé le premier Concert populaire de la Maison du peuple, il a conduit l'orchestre qui, jeudi, accompagnait, à la Grande-Harmonie, le violoniste Max Donner, et le lendema n il a dirigé un agréable concert symphonique dont le programme comprenait entre autres, la Symphonie en ré de Beethoven, fort bien exécutée, l'aimable poème symphonique Printemps de Glazounow et l'ouverture d'Obéron. On a reentendu à cette seance le Concerto pour violoncelle de Herbert, joue cette fois par Mme Elsa Ruegger, qui est actuellement une virtuose accomplie, possédant avec une technique impeccable du sentiment et du style.\n\nSignalons, pour finir cette rapide revue de la semaine musicale, le plaisir qu'a causé à l'auditoire, mercredi passé, l'art exquis de Mme Mysz Gmeiner, qui excelle dans l'interprétat on du lied. Schubert, Wagner, Liszt, Brahms et Schumann lui ont fourni les éléments d'un programme des plus attrayants que le public a trouvé",
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     "texte": "# L'ART MODERNE\n\ntrop court et auquel la cantatrice a généreusement ajouté une mélodie d'Hugo Wolf et une pièce française.\n\nMme Mysz-Gmeiner était accompagnée par le jeune pianiste du Chastain, qui a fait applaudir la vélociété de son mécanisme et l'égalité de ses traits dans le *Concerto italien* de Bach, la Sonate (op. 53) de Beethoven et quelques pièces de Chopin et de Liszt. M. du Chastain est un pianiste de talent, il lui reste à devenir un artiste.\n\n---",
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     "texte": "## CONCURRENCE\n\nLa presse a protesté maintes fois contre les « niches » que se jouent l’un à l’autre les directeurs de théâtres en fixant leurs « premières » le même jour. Voici que les directeurs de concerts emboîtent le pas aux entrepreneurs de spectacles! Le Conservatoire et les Concerts Ysaye donneront, en effet, aujourd’hui dimanche, à la même heure, une audition également intéressante et vont s’arracher — tel le corps de Patrocle — les fidèles de la symphonie et du concerto. La plupart de ceux-ci étant abonnés à l’un et l’autre de ces concerts, on devine leur mécontentement.\n\nPourquoi ne s’est-on pas mis d’accord pour échelonner, suivant l’usage, les concerts dominicaux?\n\nIl résulte de nos renseignements qu’au début de la saison l’administration des Concerts Ysaye a offert, comme de coutume, le choix des dates au directeur du Conservatoire. Celui-ci a fixé ses concerts aux 18 décembre, 29 janvier, 26 février et 16 avril, ce qui ne l’a pas empêché de reculer sa deuxième matinée au 5 février sans en aviser les Concerts Ysaye.\n\nCeux-ci avaient engagé pour le même jour le chef d’orchestre d’Amsterdam, M. Mengelberg, et le pianiste Mark Hambourg. Impossible donc d’ajourner la séance. Mais la coïncidence les privant de plusieurs chefs de pupitre, professeurs au Conservatoire, il a fallu faire appel au concours d’instrumentistes des conservatoires de Liege, de Gand, etc. D’où augmentation notable des frais, difficultés d’organisation, complications de toute espèce.\n\nIl est regrettable que M. Gevaert, toujours disposé à seconder les initiatives musicales, ait manqué cette fois à ses habitudes de confraternité.\n\n---",
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     "texte": "## Une Aventure de la Guimard.\n\nLe titre de l’aimable ballet de M.M. Cain et Messager, applaudi avant-hier à la Monnaie, semble promettre quelque épisode galant et croustilleux. Il s’agit, au demeurant, d’un simple marivaudage. Pour offrir à sa belle des présents et des fleurs, un jeune nigaud se laisse prendre aux rêts d’un sergent recruteur et signe étourdiment son engagement. Désespoir de l’amoureuse, qui tente vainement de faire annuler le marché. Le sergent reprend l’argent mais garde le traité. Survient la Guimard, qui a eu la fantaisie de courir les cabaret en compagnie de quelques amies.\n\nPour sauver les amoureux, elle tente de séduire le soudard. Sa grâce et sa malice la remettent en possession du précieux document, qu’elle déchire joyeusement. Giflé, le sergent appelle la garde : on va arrêter la célèbre danseuse et la jeter aux fers, lorsqu’elle se dévoile. Le lieutenant de police la salue avec respect et fait avancer sa chaise pour la ramener chez elle.\n\nCette petite pantomime n’est, on le voit, qu’un prétexte à évoquer, en un tableau pittoresque et châtoyant, une époque fameuse par son élégance et à offrir à l’étoile de la danse l’occasion de se distinguer.\n\nL’un et l’autre but ont été atteints. Si le cadre est charmant, Mme Boni a dansé avec une grâce, une légèreté et une précision dignes de l’illustre ballerine qu’elle incarnait.\n\nLa musique écrite par M. Messager pour ce divertissement est mélodique, bien rythmée et instrumentée avec le talent habituel à l’auteur de la *Basseche* et de *Véronique*.\n\n---",
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     "texte": "## NÉCROLOGIE\n\nNous apprenons à regret la mort, à soixante-trois ans, de M. Edmond Van der Meulen, qui s’était fait une spécialité de la peinture des chiens et prit part assidûment aux expositions belges et étrangères. M. Van der Meulen est représenté par une toile au musée de Bruxelles.\n\nUn jeune peintre belge qui donnait de sérieuses espérances, M. J.-A. Herpain, vient de mourir à Bruxelles dans sa trentième année.\n\nM. Herpain était le beau-frère de W. Eugène Georges, directeur de la *Libre Critique*, à qui nous présentons l’expression de nos sincères condoléances.\n\n---",
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     "texte": "## PETITE CHRONIQUE\n\nPour rappeler le souvenir des peintres décédés qui se signalèrent spécialement en Belgique dans l’évolution dont le prochain Salon offrira la synthèse, la direction de la *Libre Esthétique* réunira quelques œuvres caractéristiques, choisies dans des collections particulières, de G Vogels, P. Pantazis, E. Verdyen et H. Evenepoel.\n\nCette section rétrospective ne sera pas l’un des moindres attraits de l’exposition.\n\nNous apprenons avec plaisir le succès qui a accueilli à l’Exposition de Saint-Louis W. A.-J. Heymans, dont une toile importante, *Après-midi d’octobre*, vient d’être acquise par un musée des États-Unis.\n\nLa Libre Académie de Belgique s’est réunie lundi dernier, en séance publique, à l’Hôtel Ravenstein sous la présidence de M. J. des Cressonnieres. Elle a entendu, entre autres, un éloquent discours de Camille Lemonnier dont nous publierons le texte intégral dans un de nos plus prochains numéros.\n\nReprenant une idée émise naguère par notre collaborateur Eugène Demolder dans *l’Art Moderne*, la direction du *Thyrse* organise une exposition du Livre belge embrassant la production littéraire depuis Ch. De Coster et O. Pirmez, les collections de revues, les illustrations, les tableaux inspirés par des œuvres littéraires, portraits, caricatures, manuscrits, photographies, etc.\n\nL’exposition, dont le projet définitif est à l’étude, sera faite au bénéfice du monument Waller.\n\nLa Commission de patronage de l’Exposition rétrospective de l’Art belge s’est, dit le *XXe Siècle*, occupée des premières mesures d’organisation générale : l’Expositon on aura lieu du 15 juillet à fin octobre, dans le hall de droite du Cinquantenaire. Elle se composera des œuvres les plus typiques au point de vue de l’histoire de l’art belge depuis 1830, choisies dans la production des peintres, sculpteurs, architectes et graveurs actuellement décédés. Il a cependant été décidé d’admettre, à titre exceptionnel, des tableaux des maîtres vivants ayant occupé une place prépondérante dans l’évolution artistique et dont la période de production est terminée : tels Alfred Stevens, Théodore Verstraete, Willems, Lamorinière.\n\nLa Société holland-belge des Amis de la Médaille s’est réunie dimanche dernier en assemblée générale sous la présidence de M. A. De Witte. Les rapports du secrétaire, du trésorier et une intéressante allocution du président ont constaté la prospérité croissante de la Société, qui compte actuellement 420 membres belges et 67 hollandais, parmi lesquels, — l’honneur n’est pas banal, — S. M. la reine de Hollande.\n\nL’état des finances des *Amis de la Médaille* a permis à ceux-ci d’éditer cette année deux médailles, — chiffre qui sera vraisemblablement maintenu dans l’avenir.\n\nLa compagnie, après une discussion sur l’organisation des concours et quelques autres objets, a examiné les diverses mé-",
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     "texte": "L'ART MODERNE\n\n47\n\ndailles parues en Belgique et à l'étranger depuis la dernière réunion, et spécialement celles de MM. Van der Stappen, G. Devreese, Ch. Samuel, J. de Lalaing, L. Devillez et L. Dupuis. Un déjeuner a réuni ensuite la plupart des sociétaires dans les salons du Grand-Miroir.\n\nThéâtres :\nLa reprise de la Basoche est fixée à vendredi prochain. Le théâtre du Parc annonce pour le même jour une représentation de Severo Torelli avec le concours de M. Albert Lambert.\n\nConcerts de la semaine :\nDimanche 5, à 2 heures, troisième concert Ysaye sous la direction de M. Mengelberg, avec le concours de M. Mark Hambourg (Alhambra). — À la même heure, deuxième concert du Conservatoire sous la direction de M. Gevaert. Symphonie pastorale, Concerto-Symphonie de Bach, pièces de Rameau.\nMardi 7, à 8 h. 1 2, troisième séance Henusse, Liégeois, Frémolle Ecole centrale technique, rue Berckendael).\nMercredi 8, à 4 h. 1 2, dixième séance Engel-Bathori : G. Huberti et L. Wallner (Salle Gaveau). — A 8 h. 1 2, récital Lazare Lévy (Grande-Harmonie).\nJeudi 9, à 8 h. 1 2, récital L. Bracony (Salle Erard).\nVendredi 10, à 8 h. 1 2, Sonates pour piano et violon : Mlle L. Desmaisons, M. Angeloty (Salle Erard).\nSamedi 11, à 2 heures, répétition générale du Concert populaire dirigé par M. S. Dupuis, avec le concours de Mme Kleeberg-Samuel (Théâtre de la Monnaie).",
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     "texte": "Fabrique de cadres pour tableaux.\nCh. XHROUET\n192, rue Royale, Bruxelles\nCadres de tous styles et d'après dessin pour tableaux aquarelles, pastels, etc.\nLE PLUS GRAND CHOIX DU PAYS\nPRIX MODÉRÉS\n\nDu Nocturne au Caprice. Un de nos confrères parisien donne à propos d'une pièce représentée au Palais-Royal cette curieuse définition :\n« Les personnes qui ne savent pas l'argot — et elles sont peu nombreuses — doivent apprendre qu'un chopin n'est autre chose qu'un fort béguin, c'est-à-dire un violent caprice. Les personnes qui ne savent pas la musique — e elles sont peu nombreuses — doivent apprendre qu'un composé eur polonais 1810-1849 , et qui inspira des passions historiques, porta aussi le nom de Chopin ».\nJeunes pianistes, méfiez vous du Chopin !\n\nConférence du Jeune Barreau d'Anvers. Exposition du Croquis et de la Caricature judiciaire.\nIl reste quelques exemplaires du catalogue illustré, qu'on peut se procurer au prix de 3 francs en s'adressant à M. Victor Yseux, président de la Conférence, 2, rue de la Reine, Anvers.\n\nL'Etranger de Vincent d'Indy est en répétition à l'Opéra de Nice et passera dans le courant du mois. Le rôle de Vita, créé à Bruxelles par Mlle Claire Friché, aura pour interprète Mme Charlotte Wyns, qui a commencé la saison par une série de représentations de Carmen en italien au Polytama de Trieste, alterne en ce moment des représentations à l'Opéra et au Casino de Nice et chantera en mars au National-Theater de Berlin six roles de son répertoire.\nM. d'Indy est attendu a Nice pour les dernières études de son drame.\n\nPIANOS\nGUNTHER\nBruxelles, 6, rue Thérésienne, 6\nDIPLOME D'HONNEUR\nAUX EXPOSITIONS UNIVERSELLES\nFournisseur des Conservatoires et Écoles de musique de Belgique.\nINSTRUMENTS DE CONCERT ET DE SALON\nLOCATION EXPORTATION ÉCHANGE\n\nAMEUBLEMENTS D'ART MODERNE\nG. SERRURIER\nLIÈGE - 41 Rue Hemricourt\nBRUXELLES - 2 Boule du Regent\nPARIS - 54 Rue de Tocqueville\nLA HAYE - 39 Parkstraat\nMOBILIERS\nSPECIAUX POUR LA\nCAMPAGNE\nARTISTIQUES PRATIQUES\nSOLDES ET PEU COUTEUX",
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     "texte": "Maison Félix MOMMEN & C°, Brevetés\n\nFABRIQUE ET ATELIERS : 37, RUE DE LA CHARITÉ, BRUXELLES\nTéléphone 1947\n\nFabrique de Couleurs, Panneaux, Toiles, Vernis, etc., etc.\n\nSpécialité de tous les articles concernant la peinture, la sculpture,\nla gravure, l'architecture et le dessin.\n\nRENTOILAGE, NETTOYAGE ET VERNISSAGE DE TABLEAUX\n\nPremières médailles aux Expositions d'Amsterdam, Paris, Liverpool, Le Havre, Bruxelles, Chicago, etc., etc.\n\nLIMBOSCH & CIE\nBRUXELLES 19 et 21, rue du Midi\n31, rue des Pierres\n\nBLANC ET AMEUBLEMENT\n\nTrousseaux et Layettes, Linge de Table, de Toilette et de Ménage,\nCouvertures, Couvre-lits et Edredons\n\nRIDEAUX ET STORES\n\nTentures et Mobiliers complets pour Jardins d'Hiver, Serres, Villas, etc.\nTissus, Nattes et Fantaisies Artistiques\n\nAMEUBLEMENTS D'ART\n\nANCIENNE MAISON ADÈLE DESWARTE\n\nALBERT MENDEL SUCC°\nRue de la Violette, 28, Bruxelles.\n\nFabrique de couleurs fines\nMatériel pour artistes.\nToiles et colons préparés.\nPanneaux. — Châssis.\n\nMENUISERIE ARTISTIQUE\nBOITES, CHEVALETS, TABLES, ÉCRANS, PARAVENTS, ETC.\nDevis et croquis sur demande. — Prix très modérés.\n\nE. DEMAN, Libraire-Éditeur\n86, rue de la Montagne, 86, à Bruxelles.\n\nŒUVRES de MALLARMÉ, MAETERLINCK, VERBAEREN,\nVILLIERS de l'ISLE ADAM\nConstantin MEUNIER, Félicien ROPS, etc.\n\nBulletins périodiques d'ouvrages rares et précieux en vente aux prix marqués.\nCatalogue envoyé gratuitement sur demande.\nDirection de ventes publiques de livres et estampes. Expertises.\n\nVITRAUX\nR. EVALDRE\n23, Rue des Douze-Apôtres,\nBRUXELLES\n\nTHE BURLINGTON MAGAZINE\nFOR CONNOISSEURS\n\nIllustrated and published monthly. — Price : Half a crown net.\nAnnual subscription (including supplement) : 25 shillings\nLondon : The Savile publishing Cy Ld, 14, New Burlington St. W\nBRUSSELS : Spineux and C°, 62, Montagne de la Cour.\nPARIS : H. Floury, 1, boulevard des Capucines.\n\nDEMANDEZ CHEZ TOUS LES PAPETIERS\nL'Encre à écrire indélébile\nBLUE-BLACK Van Loey-Noury\nSUPÉRIEURE A TOUTES LES AUTRES MARQUES\n\nImprimé sur papier de la Maison KEYM, rue de la Buanderie, 12-14.\n\nBruxelles. — Imp. V° MONNOM, 32, rue de l'industrie.",
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