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     "texte": "VINGT-CINQUIÈME ANNÉE. N° 26. 25 JUIN 1905.\n\n# L'ART MODERNE\n\nREVUE CRITIQUE HEBDOMADAIRE\n\nBUREAUX : RUE DE L'INDUSTRIE, 32, BRUXELLES\n\nABONNEMENT : BELGIQUE, 10 FRANCS L'AN; UNION POSTALE, 13 FRANCS. — LE NUMÉRO, 25 CENTIMES\n\nL'ART MODERNE est envoyé à l'essai, pendant un mois, aux personnes qui nous en font la demande ou qui nous sont indiquées par nos abonnés.\n\nLes demandes d'abonnement et de numéros à l'essai doivent être adressées à l'Administration générale, rue de l'Industrie, 32, Bruxelles.\n\nOn est prié de renvoyer la revue à l'Administration si l'on ne désire pas s'y abonner.\n\nL'ART MODERNE est en vente, à Paris, à la librairie H. Floury, 1, boulevard des Capucines.\n\n---\n\n## SOMMAIRE\n\nChefs-d'œuvre d'art japonais (FIBRENS-GEVAERT). — M. Eugène Gilbert (GEORGES RENCY). — Salon de l'Art contemporain à Anvers (V.). — Une nouvelle revue. — Le Théâtre antique de la Nature (O. M.). — La Victoire du « Faune ». — Les Symphonies de Beethoven (PIERRE LALO) — Théâtre Molière. Surcouf (G. R.). — Concours du Conservatoire. — Accusés de réception. — Petite Chronique.\n\n---",
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     "texte": "## Chefs-d'œuvre d'art japonais.\n\nM. Gaston Migeon, conservateur des objets d'art du Musée du Louvre, publie chez l'éditeur Longuet (1) un album consacré au merveilleux art du Japon; on y voit reproduits plus de mille chefs-d'œuvre d'art japonais, appartenant au Louvre, au Musée Guimet, au Musée des Arts décoratifs, aux grandes collections pri-\n\n(1) GASTON MIGEON. Chefs-d'œuvre d'art japonais, 1,154 reproductions sur 100 planches. Paris, atelier photomécanique D.-A. Longuet, 250, rue du Faubourg-Saint-Martin.\n\nvées de France, et qui n'ont été publiés ni dans le livre de Bing, ni dans celui de Gonse, ni dans les admirables catalogues des ventes Burty, Goncourt, Hayashi et Gillot. L'album de M. Migeon est donc d'un intérêt documentaire absolument inédit.\n\nLe texte y est réduit au minimum. M. Migeon aurait pu nous entretenir longuement d'un sujet qu'il connaît bien, — dont il connaît du moins tout ce que les occidentaux en ont pu apprendre. Il a préféré laisser parler l'image, agissant ainsi en vrai savant et en sage. Nous ne possédons jusqu'à ce jour, il faut bien l'avouer, que des notions historiques et archéologiques assez vagues sur l'art japonais, et nos commentaires sur les œuvres ne sont que de la littérature vaine, vouée à la caducité précoce. Est-ce à dire que nous ne saurons jamais rien? Patience. Les Japonais eux-mêmes auront à cœur de résoudre les énigmes de leur longue et inaltérable histoire artistique. Leurs temples ont des trésors, comme les nôtres; et des archives soigneusement conservées gardent le secret de ces reliques de Beauté. Après l'extraordinaire crise sociale, économique et guerrière que les sujets du mikado viennent de traverser, peut-être accorderont-ils une petite part de leur activité aux travaux de l'érudition esthétique. Et s'ils s'assimilent nos méthodes d'investigation scientifique avec autant de succès que notre manière de supprimer par milliers les « vagues humanités », nul doute que bientôt l'art japonais ne soit connu par le détail des dates, des faits, des événements.\n\nEn attendant nous pouvons en jouir en dilettantes; l'album de M. Migeon nous y convie. Voici des aqua-",
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     "texte": "206\n\nL'ART MODERNE\n\nrelles, des dessins, des estampes reproduisant des œuvres allant du xi° au xix° siècle : scènes de mœurs, paysages (ah ! les religieux Sapins dans la montagne !), échassiers, oiseaux de proie, frises florales où s'épanouit avec souplesse tout ce qu'a rêvé notre renaissance décorative. Et voici la sculpture avec de réalistes et vivants portraits de prêtres s'opposant aux effigies idéalisées des dieux, avec des masques qu'on dirait imaginés, taillés, tourmentés, étirés par les sculpteurs des gargouilles gothiques ; et voici encore des laques (iuros, écritorières, etc.) ; des grès, porcelaines, grès de Bizen, gardes de sabre, bronzes, pochoirs, armes, objets en fer, des étuis avec leurs netskés-boutons, des objets ciselés, des manches de couteaux kotsukès, étoffes et foukousas, etc. — œuvres choisies dans toutes les époques ; car si nous ignorons encore beaucoup de choses de l'art japonais, du moins savons-nous qu'il n'est pas uniquement limité, comme le croyait Edmond de Goncourt, aux créations charmantes, mais un peu minces du xvm° siècle, et que ses « temps modernes » procèdent d'une « antiquité » robuste, large, simple, féconde comme l'art grec ou le moyen âge français.\n\nJe n'oserais pas étendre mes assertions. Je souligne pourtant que l'album de M. Migeon n'est pas seulement une jolie récréation pour les yeux. Il a son importance scientifique et les procédés de M. Longuet en font un excellent « outil » pour ceux qui voudront étudier l'art japonais avec quelque sérieux.\n\nOn se dispose à installer au Musée du Cinquantenaire la précieuse collection de M. Michotte, que notre pays a la fortune inespérée de pouvoir conserver grâce au désintéressement du collectionneur, à la bonne volonté du gouvernement et à l'initiative du conservateur, M. Van Overloop ; quand ces trésors seront exposés nous pourrons, aidés de l'Art japonais de Louis Gonse, du Japon artistique de Bing et de l'Album de M. Migeon, jeter un coup d'œil en profondeur sur le monde immense qu'est l'art plastique des Nippons. En toute conscience, nous pourrons nous confirmer dans l'opinion qu'exprime M. Migeon en terminant sa préface. « Cet art a tout pour lui : la vigueur, la puissance, la fantaisie, le charme et l'esprit, l'harmonie et la couleur, une inépuisable variété de thèmes, une prodigieuse faculté de reproduire l'aspect vrai des choses et un don de simplification dans la notation qui n'a jamais été égalé. »\n\nFIERENS-GEVAERT",
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     "texte": "M. EUGÈNE GILBERT\n\nNous avons, en Belgique, deux critiques de profession — si je puis m'exprimer ainsi : c'est-à-dire deux écrivains qui consacrent tout leur temps et tout leur talent à analyser et à juger les œuvres des autres. Tous deux sont catholiques pratiquants et militants. Mais l'un, M. Firmin Van den Bosch — dont je parlais ici même il y a quelques semaines — est Flamand, tandis que l'autre, M. Gilbert, est d'origine française. Cette question de race n'est pas indifférente, puisqu'elle explique les convictions, les sympathies et les haines plus aiguës, plus agressives du premier, et l'urbanité, la bienveillance du second. A part ces différences dans la forme de leurs écrits, ces deux critiques se ressemblent. Avant d'être littérateurs, tous deux sont catholiques et, devant un livre qu'ils doivent apprécier, jamais ils n'oublient le point de vue spécial auquel les placent leurs conceptions philosophiques et morales de la vie et du monde.\n\nEst-ce une infériorité ? J'en suis, pour ma part, absolument convaincu. Il est évident que l'homme qui juge la littérature au nom de principes religieux et moraux stables et immuables, se condamne fatalement à ne rien comprendre à l'évolution moderne des esprits. Il pourra, s'il est, comme M. Gilbert, poli et aimable, faire preuve d'impartialité, d'une impartialité relative, tout au moins. Mais le plus grand éloge que l'on fera de lui, sera encore une critique déguisée. On dira : « C'est admirable ! Quoique catholique, cet écrivain rend justice aux mérites de ceux qui ne le sont pas ! » Qui ne voit que c'est là sous-entendre que l'intrusion de la religion dans la littérature, y fait presque toujours pénétrer à sa suite le fanatisme et l'intolérance ?\n\nEst ce à dire qu'un catholique ne peut pas faire de la bonne critique ? Il serait absurde de le soutenir. — Seulement, à l'instant où il prend la plume pour rendre compte de ses lectures, il ne doit plus se souvenir qu'il appartient à telle ou telle confession religieuse ; mais il doit parler des œuvres et des hommes, en savant plutôt qu'en pamphlétaire ou en apologiste. Qu'il l'avoue ou non, nous sommes entrés dans l'âge scientifique. Sans doute, une matière aussi essentiellement personnelle et délicate que la littérature ne s'accommodera jamais tout à fait des formes rigoureuses employées aujourd'hui pour l'étude des phénomènes. Mais enfin, si la philosophie, abandonnant ses spéculations hasardeuses, se soumet elle-même aux lois scientifiques et, au lieu d'étudier l'âme dans son inconnaisable substratum, demande à la vie physiologique seule une part des secrets de la vie morale, pourquoi la critique littéraire elle aussi, descendant de sa chaire solennelle, ne prendrait-elle pas en main la loupe du savant pour suivre de plus près le travail de composition, l'élaboration lente d'une œuvre d'art ? Que nous importe, en somme, que Balzac ait été catholique et que Hugo ait cessé de l'être ? Flaubert fut poursuivi pour attentat aux bonnes mœurs. Quels sont les lecteurs de Madame Bovary qui s'en souviennent encore ! Qu'une œuvre attaque un dogme défini, viole une règle morale établie, qu'est-ce que cela peut faire à un écrivain ? La littérature, la morale, la religion sont des choses différentes. Ceux qui ne comprennent pas cette simple et élémentaire vérité, qu'ils ne viennent pas nous dire qu'ils peuvent admirer le Parthénon ou les odes d'Horace ! Ce sont là des beautés mortes pour leurs y'ux.\n\nSi j'insiste sur ce point, qui me paraît capital, c'est que M. Gilbert — comme M. Van den Bosch d'ailleurs — fatigue un peu le lecteur indépendant par ses perpétuelles restrictions touchant le dogme ou la morale. Son dernier livre, France et Belgique (1), est bourré de petites phrases insidieuses pour regretter que tel\n\n(1) Paris, chez Plon et Nourrit, avec une préface de M. Paul Bourget.",
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     "texte": "# L'ART MODERNE\n\n## 207\n\nauteur ne soit pas chrétien, que tel autre ne respecte pas les mœurs. Cela ne sert de rien et, malgré toute la gentillesse avec laquelle cela est dit, il est un peu insultant tout de même de s'entendre reprocher de ne pas être le contraire de ce qu'on est et d'écrire des choses malpropres alors qu'on a la conscience parfaitement tranquille à ce sujet.\n\nM. Gilbert, du reste, qui voudrait ramener toute la littérature au christianisme, ne fait peut-être pas tout ce qu'il pourrait pour rendre la religion aimable. A l'en croire, un catholique doit être un traditionaliste, un aristocrate, un ennemi de la Révolution française, un adversaire de la science ou, du moins, un homme qui ne regarde les conquêtes de la science qu'avec inquiétude et mécontentement. Il approuve, notamment, ce livre mauvais, malfaisant, faux d'un bout à l'autre, méconnaissant tous les principes modernes, qui nous ont faits ce que nous sommes — qu'est l'Étape de Bourget. M. Gilbert n'a donc pas réfléchi que sans la Révolution française, — cette Révolution qu'il ne connaît pas, — sans le mélange de classes qu'elle a opéré, sans la liberté qu'elle a donnée au monde, sans l'extraordinaire retentissement qu'elle a eu dans tous les domaines et qui a provoqué soudain une éclosion inouïe de progrès matériels de toute espèce, que sans tout cela, M. Bourget, très probablement, n'aurait jamais été à même d'écrire son œuvre et de la renier ensuite, et que M. Gilbert lui-même aurait été sans doute dans le même cas? Est-il possible qu'un homme intelligent et qui n'y est pas entraîné par la détestable politique, écrive aujourd'hui, au xx° siècle, comme M. Gilbert le fait, que la Révolution française a été un mal, que la démocratie moderne est dangereuse, que les universités populaires ne rendent pas de services, que le rêve d'une humanité heureuse sur la terre est une utopie, qu'il n'est pas bon de sortir de sa caste et de prétendre à s'élever! Mais alors, s'il en est ainsi, où allons-nous? Que signifient les cent dernières années d'histoire? A quoi rime tout l'effort humain actuel, qui n'a jamais été ni si énergique, ni si fécond? Il faut bien en convenir, et je le regrette vivement, M. Gilbert est un réactionnaire. Il l'est en politique, en religion, en morale. Heureusement, il l'est moins en littérature. Dès que les questions irritantes que j'ai soulevées, ne l'entraînent plus à faire des déclarations ou des restrictions également regrettables, à nier des faits aussi évidents que la lumière du soleil, M. Gilbert devient un critique charmant, abondant, plein d'aménité et de politesse. Lui, si dogmatique à certains points de vue, ne l'est pas du tout quand il s'agit de discuter la forme d'un auteur. Il est extrêmement conciliant et courtois pour ce qui regarde, par exemple, des innovations littéraires que personnellement il n'aime pas. Il tâche toujours d'entrer dans les idées et d'éprouver les sensations des écrivains qu'il apprécie. Ce n'est pas un juge qui, le Code à la main, distribue autour de lui des peines et des amendes. C'est un curieux qui se promène, amusé et intéressé, parmi les productions littéraires de son temps.\n\nSon dernier livre, France et Belgique, est un recueil d'articles du Journal de Bruxelles et de la Revue Générale. C'est le labeur littéraire de plusieurs années d'un homme qui lit beaucoup, généralement avec bienveillance, parfois même avec une bienveillance trop accusée, et qui goûte un véritable plaisir à faire part à ses lecteurs de ses impressions. S'il ne s'adressait qu'à des lecteurs catholiques, on ne pourrait qu'admirer sans réserve son talent alerte et fleuri. Mais du moment où il réunit ses articles et leur donne la forme du livre, il s'adresse à tous et ne doit point s'étonner qu'un écrivain qui éprouve à son égard une sympathie réelle, qui rend justice à tout ce qu'il a fait déjà, en Belgique et en France, pour répandre dans le grand public le nom et les œuvres de nos littérateurs nationaux, lui dise ici, avec la franchise dont il a coutume, son regret de le voir mêler trop souvent aux préoccupations esthétiques pures des idées, qui toutes respectables qu'elles soient, ne devraient avoir avec l'art aucun rapport.\n\nGEORGES RENCY\n\n---",
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     "texte": "## Salon de l'Art contemporain à Anvers.\n\nA l'Exposition Leys-De Braekeleer, qui a obtenu un succès triomphal, la jeune association l'Art contemporain tera succéder dès le 22 juillet prochain un salon consacré à une série d'artistes vivants, un seul hélas! excepté : Constantin Meunier.\n\nLe programme est de rompre avec les foires à tableaux où chaque peintre n'envoie qu'une ou deux œuvres, et où dans l'ambiance d'une foule de médiocrités se noient l'intérêt du spectateur en même temps que le caractère propre des toiles de vrai mérite. Au lieu de ce banal assemblage, on veut tenter de montrer des ensembles donnant de chaque artiste, à certaine date, le spectacle d'un effort complet, si possible, général et essentiel en tout cas. Le programme d'ailleurs importe moins; la qualité d'art de ce qu'on expose est tout.\n\nSous ce rapport le Salon prochain promet beaucoup.\n\nDe France, il y aura Bernard, avec une vingtaine d'œuvres, dont nombre de paysages; Cottet, qui a demandé quinze mètres de rampe.\n\nPour la Hollande, une série de tableaux permettra d'apprécier à sa très haute valeur le grand peintre Breitner.\n\nPour l'Allemagne, on attend un envoi remarquable de Zügel et peut-être de Hans Thomas, tandis que, pour la première fois à Anvers, on verra Zuloaga dans un ensemble de toiles faisant valoir son caractéristique et savoureux talent.\n\nConstantin Meunier, qui avait salué avec joie la constitution de l'Art contemporain et figurait parmi les artistes associés, sera représenté par un nombre aussi grand que possible de ses œuvres. Rousseau. Minne, Huyghelen exposeront à côté du génial artiste, trop tôt disparu.\n\nDans le compartiment de la peinture, l'école belge aura à montrer, tous dans un bon choix d'œuvres, Van Rysselberghe, Baertsoen, Claus, Mellery, Mertens, Jacob Smits, Morren, Delvin, Delaunoy, Baeseleer, Walter Vaes, Oleffe, Hageman, Laermans, van Mieghem.\n\nLe Salon de l'Art contemporain coïncidera, à quelques jours près, avec l'Exposition Jordaens. Par le choix des artistes et l'importance de leur participation, il s'annonce comme fort intéressant : il n'en fallait pas moins pour faire au grand Flamand de jadis une garde d'art, dans laquelle, malgré la diversité des méthodes, des temps et des visées, son large rire fraternel ne saluerait que de vrais artistes. Le contraste, en tout cas, ne manquera pas de piquer plus d'une curiosité.\n\nV.\n\n---",
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     "texte": "UNE NOUVELLE REVUE\n\nNous signalons à nos lecteurs une revue nouvelle en Wallonie : La Terre wallonne, dirigée par MM. Émile Cornet et Pierre Wuille. Dans le premier numéro, il faut lire un très joli poème d'Émile Cornet et une étude de Pierre Wuille sur l'âme wallonne d'où nous extrayons le passage caractéristique suivant :\n\n« Voyez : le ciel est léger, papillotant, « sans rien qui pèse »; en un rythme harmonieux les coteaux boisés se déroulent sur l'horizon, s'indiquant d'une ligne ténue mais précise; des brumes diaphanes ondulent comme des écharpes au ras de la Meuse glauque, alanguie en de lents étirements quasi féminins; les rochers eux-mêmes n'ont pas la sauvage grandeur chaotique des paysages bretons, ils sont moins tourmentés, plus humains si je puis dire, et leurs teintes où chantent les gammes des gris-bleutés, des fauves clairs et des vermillons passés, sont infiniment reposantes; tout est en lignes atténuées, en nuances discrètes et amorties, l'œil suit l'anatomie délicate du sol, et de cette contemplation s'exhale une infinie douceur faite d'un intense bonheur de vivre et d'une mélancolie réveuse : c'est l'Ame wallonne.\n\n« ... Des nuages passent, les nuances s'assombrissent, le fleuve se plombe, le vert des collines s'estompe de violet, l'horizon se noie en des grisailles : c'est du Rêve, du rêve résigné et palpitant de vagues nostalgies.\n\n« Mais voici que le soleil disperse les brumes, une nappe de clarté blonde ondule et dévale des sommets jusque dans les vallées; à nouveau les contours s'affirment, les couleurs s'avivent, les innombrables ruisseaux semblent charrier des éclats de miroirs, l'air fluide circule entre les troncs des arbres, une humanité profonde s'éveille, reprise au leurre éternel du soleil et du bonheur : c'est de la Vie, de la vie vibrante, spontanée, généreuse et folle.\n\n« Là git toute la Wallonie, avec sa molle féminité, sa poésie réveuse, son éternelle indécision, ballottée sans fin au gré du Sort, de la Vie au Rêve et du Rêve à la Vie.\n\n« Là vibre tout entière l'Ame wallonne, fuyante, insaisissable, mobile à l'égal du vent qui passe, du ruisseau qui chante, de l'oiseau qui vole et des jeux de lumière dans les sous-bois; l'Ame wallonne, profondément fervente aux jours mauvais, soit que la grêle ait haché la récolte, que le grisou ait déchiqueté les chairs jeunes ou que l'usine ait broyé les membres vaillants, mais gaie et insouciante et sceptique et gauloise aux jours ensoleillés; l'Ame wallonne, avec ses enthousiasmes d'un jour, ses abattements d'une heure qu'un sourire de belle fille dissipe et qu'un baiser refusé ramène; l'Ame wallonne enfin, candide et courageuse, sensuelle et mystique à la fois, profondément sincère toujours, et diverse comme la Nature elle-même. »\n\nLa direction de la revue est à Auvelais, 55, rue du Pont-de-Sambre. L'abonnement coûte 2 fr. 50 par an.",
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     "texte": "Le Théâtre antique de la Nature.\n\nAprès Bussang, après Orange, Nimes, Béziers, voici qu'un nouveau théâtre en plein air, voué aux plus nobles expressions de la tragédie antique et moderne, s'érige aux environs de Paris. C'est à Champigny-la-Bataille, non loin de la Marne, à mi-côte, dans un merveilleux décor naturel de verdure, à l'ombre des sycamores et des platanes, que se déroulera très prochainement un premier cycle de représentations au programme desquelles figurent Sémi- ramis de Péladan, Monna Vanna de Maeterlinck, la Légende de l'épée de Victor Hugo, Médée de Catulle Mendès, Sang gaulois de De Wils, etc.\n\nTout semble favoriser cette artistique entreprise. L'excellent acteur Albert Darmont, qui en prit l'initiative et s'y consacre depuis quelques mois corps et âme, secondé par M. Gabriel Boissy, a formé un comité de propagande à la tête duquel se trouvent les sénateurs, députés, conseillers généraux et municipaux de la région, et de toutes parts le projet rencontre le meilleur accueil.\n\nEn compagnie de Maurice Maeterlinck et de Charles Van Lerberghe, nous avons surpris dernièrement M. Darmont dans le coup de feu de son installation, au milieu de ses terrassiers, ébrancheurs, jardiniers, menuisiers, etc. Avec sa cordialité habituelle, il nous a exposé ses plans et promené dans les loges de verdure, dans la « salle » en forme d'hémicycle, qui pourra contenir de quatre à cinq mille spectateurs, sur la scène formée par un accident naturel du terrain et qui aura quarante mètres de développement sur quinze mètres de profondeur, dans les bosquets qui serviront, comme à Bayreuth, à la promenade et au repos des spectateurs durant les entr'actes.\n\nLe spectacle du Théâtre antique doublera, on le voit, les émotions de l'art des charmes agrestes de la nature.\n\nO. M.",
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     "texte": "LA VICTOIRE DU « FAUNE »\n\nPar 22 voix contre 14, le Conseil communal de Liège a résolu d'acquérir, pour en orner une place publique, le groupe de M. Lambeaux, le Faune mordu, qu'une coalition imbécile avait expulsé des jardins de l'Exposition.\n\nEn vengeant le statuaire de l'affront qui lui avait été infligé, la ville de Liège s'est, du même coup, soustraite au ridicule que lui avait fait encourir cette disgrâce. Elle vient de prouver qu'elle a le respect des artistes et des œuvres d'art. Tant pis pour ceux qui ont tenté de faire croire le contraire : l'affaire, qui a fait du bruit, a tourné à leur confusion.",
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     "texte": "Les Symphonies de Beethoven.\n\nPremière Symphonie (1800) en ut majeur (op. 21).\n\nLes caractères de la Première Symphonie sont la limpidité et la vivacité. Pourtant, lorsqu'à trente ans Beethoven la composa, il était déjà en proie à l'angoisse atroce de la surdité commençante; c'est le temps où il écrivait à ses amis : « Votre Beethoven est horriblement malheureux... Je veux, si cela est possible, je veux braver mon destin; mais il y a des moments de ma vie où je suis la plus misérable créature de Dieu. » Cette claire Symphonie est tout entourée d'œuvres sombres, où il a exprimé la douleur dont il était plein; précédée de la Sonate pathétique, suivie de la Sonate avec marche funebre; il semble que Beethoven n'ait pas confié tout d'abord à l'orchestre le plus secret de lui-même, et qu'il ait gardé pour un langage plus intime les sentiments les plus profonds de son être. Berlioz a parlé de la Première Symphonie avec quelque légèreté : « Ce n'est pas la Beethoven », a-t-il affirmé. Voilà qui est vite dit. Ce n'est sans doute pas tout Beethoven; mais c'est Beethoven déjà. C'est Beethoven quant à la matière de la musique : parce que son orchestre est tout de suite plus complet et plus riche — d'une flûte et de deux clarinettes — que l'orchestre de Mozart; parce que la brusque hardiesse et l'originalité de son harmonie apparaissent dès les premiers accords du premier morceau, — accords de fa commençant une Symphonie en ut, — qui firent scandale à leur époque. Et c'est Beethoven quant à l'esprit : en maints endroits de cette sereine musique, dans l'accent de certains rythmes, dans l'énergie de certains coups d'archets, dans le grondement de certaines basses, on pressent soudain sa grande âme orageuse.",
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     "texte": "L'ART MODERNE\n\n209\n\nDeuxième Symphonie (1803) en ré majeur (op. 36).\n\nLa Deuxième Symphonie est un élan d'allégresse, d'espoir et de vie : le contraste qu'une telle œuvre fait avec le moment où elle fut créée est plus saisissant encore qu'il n'était pour la symphonie en ut majeur. Ce moment est à peu près celui du plus mortel désespoir que Beethoven ait souffert; celui où il écrit cette plainte déchirante qu'est le Testament d'Heiligenstadt : « Même le haut courage qui me soutenait souvent dans les beaux jours d'été s'est évanoui. O Providence, ne me feras-tu pas apparaître un seul jour de joie? Il y a si longtemps que le son de la joie véritable m'est devenu étranger. Quand, oh quand, mon Dieu, pourrai-je la rencontrer encore? » Comment, de cette détresse suprême, est née cette souriante Symphonie? Volonté de dominer le mal, et de dédaigner la douleur? Influence de son amour pour la fausse et coquette Giulietta Guicciardi, illusion d'être aimé qu'il exprimait dans cette lettre : « Ma vie est devenue plus douce... Ce changement, une chère et charmante fille l'a accompli : je l'aime et elle m'aime... »? On ne sait. Mais la symphonie en ré est sans tristesse et sans révolte. Les rythmes impatients de l'allegro initial, le transparent et souple larghetto, le gai scherzo, le bouillonnant finale : tout y est gaîté, jeunesse et confiance; tout y rayonne d'une lumière douce et brillante, devant laquelle les ombres pour un moment ont fui.\n\nTroisième Symphonie (1804) en mi bémol majeur (op. 55).\n\nIci Beethoven apparaît tout entier pour la première fois. Nul n'ignore l'histoire de la Symphonie héroïque : qu'elle fut d'abord dédiée à la gloire de Bonaparte consul; que le manuscrit porte, encore visible sous les ratures, le nom du héros; mais que Napoleon s'étant fait empereur, Beethoven indigné, déçu dans son admiration romaine, défrit la dédicace et la remplaça par ce titre : Sinfonia eroica, composta per festeggiare il souvenir d'un gran uomo; et qu'enfin, lorsqu'il apprit la mort du grand homme à Sainte-Hélène, songeant à la marche funèbre de sa symphonie, il dit ces seules paroles : « J'ai fait il y a dix-sept ans la musique qui convient à cette mort. » Mais en vérité, le héros que Beethoven a glorifié, le héros qu'il a représenté, ce n'est pas Bonaparte : c'est le héros idéal qu'il concevait dans sa pensée et qu'il sentait vivre en son cœur; et ce héros idéal est Beethoven lui-même. C'est lui qui a souffert ces angoisses, livré ces combats, remporté ces victoires; il a accompli son œuvre dans la tempête; il a conquis sur la douleur tous les jours de son existence; sa volonté tendue vers un but sublime a surmonté tous les assauts du désespoir; il a été, selon la définition de Carlyle, « une âme de héros qui a pris forme de musicien ». Souffrance, lutte et victoire, tout cela, qui est l'essence de l'art de Beethoven comme de sa vie, on le voit dans la plupart de ses ouvrages; mais dans aucun plus clairement que dans l'Héroïque: et si Beethoven ailleurs a des triomphes plus grandioses encore, il n'en a pas de plus éclatants. Il n'a que trente-cinq ans; l'énergie de sa puissante nature n'est pas brisée; aux heures d'écablement succèdent des heures d'ivresse orgueilleuse; il est dans l'état d'esprit que révèlent ces lignes : « La force de mon corps grandit avec ma force intellectuelle. Ma jeunesse, je le sens, ne fait que commencer... Je veux saisir le destin à la gueule, il ne réussira pas à me courber... Courage! malgré toutes les défaillances, je triompherai... » On ne peut entendre l'Héroïque sans y reconnaître l'expression magnifique de cette vaillante et confiante fierté. Le dur, le violent, l'opiniâtre combat qui se livre dans le développement du premier morceau, a pour dénouement un essor vainqueur : voyez la coda éblouissante, son allure hardie et son vol rapide; c'est une victoire radieuse, une victoire juvénile; c'est la victoire ailée. L'adagio funèbre lui-même, si profond que soit son deuil, si grave et si pathétique sa mélancolie, n'a pas d'agonie et pas de désespoir. Et le finale, vivace, ardent, frémissant, tout animé d'un souffle de bataille, s'achève par une autre victoire, qui est la victoire suprême : cette fin lente, élargie, solennelle, conclusion si belle et si singulière d'un mouvement emporté et véhément, c'est après la fièvre de la lutte, la volonté enfin maîtresse du destin, c'est la paix glorieuse de l'effort victorieux. Ainsi se définit le signe qui distingue cette symphonie entre toutes les œuvres héroïques de Beethoven, ainsi se manifeste son caractère véritable : elle est le chant triomphal de l'héroïsme.\n\nQuatrième Symphonie (1806) en si bémol majeur (op. 60).\n\nLa Quatrième Symphonie est la symphonie de l'amour heureux. Beethoven interrompit pour l'écrire la Symphonie en ut mineur, qui l'occupait depuis longtemps déjà : il lui fallait épancher le bonheur dont son cœur débordait. Bonheur vrai cette fois; non plus, comme au temps de la Deuxième Symphonie, illusion et mirage. Au mois de mai 1806, il s'était fiancé avec Thérèse de Brunswick, die unsterbliche Geliebte, « l'immortelle bien-aimée », comme il l'a nommée lui-même, et comme elle restera nommée tant que la musique sera. Il l'aimait avec toute l'intensité, la passion et la force de sa nature; et elle, noble et loyale femme, l'aimait d'un cœur pur et profond. Bien qu'après quatre années d'attente, des raisons ignorées les aient séparés pour toujours, ni l'un ni l'autre n'oublia jamais cet amour unique. Dans les derniers temps de la vie de Beethoven, un ami le surprit assis près de sa fenêtre, tenant entre ses mains un portrait de Thérèse, et parlant avec lui-même : « Tu étais si belle, si grande, si pareille aux anges ! » Et Thérèse, lorsqu'elle mourut, trente-quatre ans après Beethoven, voulut qu'on ensevelit avec elle des fleurs qu'il lui avait données à l'époque des fiançailles. C'est la première douceur de cet amour si grand et si tendre que chante la Symphonie en si bémol. Opprimée par le voisinage de ses deux formidables sœurs, la Symphonie en ut mineur et l'Héroïque, cette œuvre d'un jour de bonheur reste dans l'ombre trop souvent; elle mérite d'être mieux connue et mieux aimée. Sous la grâce, la fantaisie et la gaîté de ses mouvements vifs, on sent la force et la volonté, apaisées et riantes, mais toujours prêtes à se tendre de nouveau; on perçoit par instant le son profond de ces demandes inquiètes que Beethoven adresse à la vie : « Mes idées se pressent vers toi, mon immortelle bien-aimée, parfois joyeuses, parfois tristes, interrogeant le destin, lui demandant s'il nous exaucera... » Et l'adagio est le plus touchant des cantiques amoureux : pur, grave, mystérieux, pénétré d'une tendresse infinie, d'une mélancolie divine, d'une félicité intense jusqu'aux larmes, il est digne des deux êtres dont il exprime les âmes; et c'est lui qui fait de la Symphonie en si bémol la fleur d'amour de l'œuvre de Beethoven.\n\nPIERRE LALO\n\n(A suivre.)",
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     "texte": "THÉATRE MOLIÈRE\n\nSurcouf.\n\nIl n'y a vraiment rien à dire de cet opéra-comique de Chivot, Duru et Planquette, sinon qu'il est bête à pleurer et soutenu par les plus détestables ficelles que le métier théâtral ait jamais employées.\n\nLa petite troupe du Molière use inutilement sa bonne volonté à mettre debout de pareilles machines.\n\nG. R.",
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     "texte": "CONCOURS DU CONSERVATOIRE\n\nTrombone. Professeur, M. Séha. — 1er prix, M. Vandevoorde; 2e prix avec distinction, M. Alloo; 2e prix, M. Walnier; 1er accessit, M. Dax.\n\nCor. Professeur, M. Mahy. — 1er prix, M.W. Schram et Robbeets; 2e prix, M. Tuerlings.",
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     "texte": "210\n\nL'ART MODERNE\n\nTrompette. Professeur, M. Goyens. — 1er prix, M. Deschamps; 2e prix, M. Vanden Abeele; 2e prix avec distinction, M. Duminil.\n\nBasson. Professeur, M. Boogaerts. — 1er prix avec distinction, M. Bouchat; 2e prix avec distinction, M. Bernard; 2e prix, M. Verbruggen; 1er accessit, M. D'Heur.\n\nClarinet. Professeur, M. Hannon. — 1er prix, M. Brismée; 2e prix, MM. Stevens et Adrianssens; 1er accessit, MM. Biot, Charlier, Trausch.\n\nHautbois. Professeur, M. Guidé. — 1er prix avec distinction, M. Beaumez; 1er prix, MM. Verhulst et Staatje.\n\nFlûte. Professeur, M. Anthoni. — 1er prix, M. Van Hamme; 2e prix, MM. Demacq et Culot; 1er accessit, MM. Van Branteghem, Sarley, Bastin; 2e accessit, MM. Jenet et Ottermans.",
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     "texte": "ACCUSÉS DE RÉCEPTION\n\nROMAN. — Le Servage, par EDOUARD DUCOTÉ. Paris, Calmann-Lévy. — Feuilles qui Vent, par FRANZ MAHUTTE. Bruxelles, J. Lebègue et Cie. — Le Parfum de Volupté, par GASTON DANVILLE. Paris. Mercure de France. — Coins de Bruxelles, par L. DUMONT-WILDEN. Illustrations de MM. H. Meunier, H.-F. Hendrick, F. Beauck, etc. Édition de l'Association des Écrivains belges.\n\nTHÉÂTRE. — L'Éducation de Charles Quint, drame historique en cinq actes, en vers, par GABRIELLE REMY. Bruxelles, J. Lebègue et Cie.\n\nCRITIQUE. — Félicien Rops, par ERASTÈNE RAMIRO. Cinquante-cinq planches hors texte. Nombreuses illustrations dans le texte. Paris, G. Pellet et H. Floury. — Origine et Esthétique de la Tragédie, par PÉLADAN. Paris, E. Sansot et Cie. — Jean Moréas, par JEAN DE GOURMONT. Portrait; autographe, opinions et bibliographie. Paris, E. Sansot et Cie. — La Vie Belge, par CAMILLE LEMONNIER. Bruxelles, E. Fasquelle.\n\nPOÉSIE. — Au long des terrasses, par PAUL CASTIAUX, Lille, éd. du Befroi.\n\nDIVERS. — Pensées et Impressions choisies de STENDHAL, précédées d'une introduction par JULES BERTAUT. Paris, E. Sansot et Cie. — Dernières paroles, par le comte L.-N. TOLSTOI (La Guerre Russo-Japonaise, les Événements actuels en Russie, etc.). Traduction de J.-W. Bienstock. Portrait du comte Tolstoi. Paris, Mercure de France.",
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     "texte": "PETITE CHRONIQUE\n\nLe Roi vient d'acquérir, par l'intermédiaire de son architecte, M. Giraud, pour le château de Laeken, deux grands bas-reliefs du XVIIIe siècle qui ornaient jadis le palais de Saint-Cloud, incendié en 1870. L'un représente le Triomphe de Flore, l'autre la Course d'Atalante et d'Hippomène. On les attribue à Clodion, sans preuves certaines d'ailleurs. Ils furent l'un et l'autre cédés, après l'incendie, à un entrepreneur de maçonnerie, qui les vendit à un sculpteur et réparateur, M. Tonchery. Celui-ci les restaura, et c'est dans son atelier que M. Giraud les découvrit par hasard.\n\nLe jury international des récompenses à l'Exposition des beaux-arts annexée à l'Exposition universelle de Liège est composé de MM. le marquis de Beauffort, président; le baron de Beeckman, commissaire des beaux-arts à Liège; les peintres Hens, Rosseels, Courtens, Struys, Verhaeren, Verheyden; les sculpteurs Vander Stappen, Vinçotte; les architectes Maquet et Flanneau. Suppléants: MM. DeVreese, statuaire, Dierckx, peintre, et Soubre, architecte. Secrétaire, M. P. Lambotte.\n\nLa classe des beaux-arts de l'Académie royale de Belgique vient d'arrêter le programme du concours pour l'année 1905.\n\nPour la peinture, la classe demande le projet d'une frise décorative représentant un retour de chasse aux temps préhistoriques. (Prix : 800 francs.)\n\nPour la gravure en médailles, elle demande une médaille destinée à perpétuer la mémoire de Marie-Henriette, reine des Belges. (Prix : 800 francs.)\n\nM. Van den Eeden, directeur du Conservatoire de musique de Mons, vient d'achever un drame lyrique en quatre actes et cinq tableaux. Rhina, sur un poème de M. Michel Carré.\n\nL'action, très scénique et très émouvante, se passe en Italie au XVIIIe siècle.\n\nMM. P. de Carsalade et J. Max, qui ont pris, comme nous l'avons dit, l'initiative du Théâtre des Auteurs belges, destiné à donner tous les ans dix spectacles à Bruxelles, Gand, Liège, Charleroi, Verviers, Louvain, Anvers, Mons, Bruges et Namur, viennent de fonder une revue mensuelle : L'Université littéraire, organe du Théâtre des Auteurs belges, consacrée au mouvement des arts et des lettres en Belgique et à l'étranger. Direction : 99, boulevard Anspach, Bruxelles, Abonnements : 5 francs par an (étranger, 7 francs).\n\nA l'École de musique et de déclamation d'Ixelles, pour rappel, mercredi prochain, à 8 heures précises du soir, deuxième conférence de M. Ch. Vanden Borren : Le Sentiment de la Nature en musique. OEuvres de Schubert, Weber, Beethoven, Schumann, Wagner, C. Franck, H. Thiebaut.\n\nLa célébration du Jubilé nous vaut une intéressante série d'expositions à une époque où, d'habitude, le chômage est complet. Rappelons les dates d'inauguration : Samedi 15 juillet, ouverture de l'Exposition rétrospective de l'Art belge au palais du Cinquantenaire; mercredi 19 juillet, ouverture de l'Exposition des anciennes industries d'art bruxellois au Cercle artistique; le 29 juillet, ouverture de l'Exposition Jordaens au Musée d'Anvers. Enfin, le 16 septembre s'ouvrira à Bruxelles, au palais du Cinquantenaire, le deuxième Salon des arts et métiers.\n\nLe numéro de l'Art flamand et hollandais, consacré à Leys et à De Braekeler, vient de paraître. Il contient vingt-quatre planches reproduisant quelques-unes des plus belles œuvres qui figurèrent à l'Exposition d'Anvers et plusieurs autres spécimens caractéristiques de leur art.\n\nPresque toutes ces planches sont inédites et ont été photographiées spécialement pour l'Art flamand et hollandais. M. H. Hymans, conservateur en chef de la Bibliothèque royale, a fourni le commentaire de toutes ces reproductions.\n\nMM. Ed. De Jans et Alfred Van Neste, professeurs à l'Académie royale des beaux-arts d'Anvers, ont composé pour l'Exposition de Liège cinq grands panneaux décoratifs destinés au grand hall de la section belge. Le plus grand, un tympan triangulaire de 25 mètres de base sur 6 mètres de hauteur, représente la Belgique et la ville de Liège recevant les Nations conviées à l'Exposition.\n\nLe Studio de juin s'ouvre par une étude de M. F. Knoopff sur Constantin Meunier, ornée de dix reproductions. Parmi les artistes auxquels ce même fascicule consacre d'intéressantes illustrations, citons Alexandre Fisher, George Frampton, le comte L. Sparre, etc.\n\nUn comité vient de se former pour organiser à Paris, sous la présidence de M. H. Bouchot, conservateur du Cabinet des estampes, une exposition de l'œuvre du maître peintre-graveur suédois Anders Zorn.\n\nLes gravures anciennes sont de plus en plus recherchées. A une vente publique dirigée à Berlin par MM. Amsler et Ruthardt, les planches d'Albert Durer, surtout, et celles de Rembrandt ont été vivement disputées. Du premier, une étude du Christ en croix, par exemple, a été adjugée 610 marks; un Saint Hubert, 620; la Promenade, 635; un Saint Hiéronyme, 700; les Trois Génies, 1,550. L'encheré la plus élevée a été pour une gravure sur bois : l'Homme de douleur assis, adjugée 2,100 marks. La planche la Mort et le Soldat, datée de 1510, est montée à 1,220 mk.",
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     "texte": "Maison Félix MOMMEN & C°, Brevetés\n\nFABRIQUE ET ATELIERS : 37, Rue de la Charité, BRUXELLES\nTéléphone 1947\nFabrique de Couleurs, Panneaux, Toiles, Vernis, etc., etc.\nSpécialité de tous les articles concernant la peinture, la sculpture,\nla gravure, l'architecture et le dessin.\nRENTOILAGE, NETTOYAGE ET VERNISSAGE DE TABLEAUX\nGRAND PRIX ET MÉDAILLE D'OR A L'EXPOSITION DE S-LOUIS 1904\nPremières médailles aux Expositions d'Amsterdam, Paris, Liverpool, Le Havre, Bruxelles, Chicago, etc., etc.\n\nLIMBOSCH & CIE\nBRUXELLES 19 et 21, rue du Midi\n31, rue des Pierres\nBLANC ET AMEUBLEMENT\nTrousseaux et Layettes, Linge de Table, de Toilette et de Ménage,\nCouvertures, Couvre-lits et Edredons\nRIDEAUX ET STORES\nTentures et Mobiliers complets pour Jardins d'Hiver, Serres, Villas, etc.\nTissus, Nattes et Fantaisies Artistiques\nAMEUBLEMENTS D'ART\n\nINSTRUMENTS DE CONCERTS ET DE SALONS\nPIANOS J. OOR\nDiplômes d'Honneur et Médailles d'or à toutes les Expositions\nPHONOLA appareil merveilleux, s'adaptant à tous pianos et permettant à chacun de jouer en virtuose avec nuances et sentiment.\nBRUXELLES, 83, RUE NEUVE\n\nE. DEMAN, Libraire-Éditeur\n86, rue de la Montagne, à Bruxelles.\nŒUVRES de MALLARMÉ, MAETERLINCK, VERHAEREN, VILLIERS de l'ISLE ADAM\nConstantin MEUNIER, Félicien ROPS, etc.\nBulletins périodiques d'ouvrages rares et précieux en vente aux prix rachus.\nCatalogue envoyé gratuitement sur demande.\nDirection de ventes publiques de livres et estampes. Expertises.\n\nANCIENNE MAISON ADÈLE DESWARTE\nALBERT MENDEL SUCC\nRue de la Violette, 28, Bruxelles.\nFabrique de couleurs fines. Toiles et cotons préparés.\nMatériel pour artistes. Panneaux. — Châssis.\nMENUISERIE ARTISTIQUE\nBOITES, CHEVALETS, TABLES, ÉCRANS, PARAVENTS, ETC.\nDevis et croquis sur demande. — Prix très modérés.\n\nFabrique de cadres pour tableaux.\nCh. XHROUET\n192, rue Royale, Bruxelles\nCadres de tous styles et d'après dessin pour tableaux\naquarelles, pastels, etc.\nLE PLUS GRAND CHOIX DU PAYS\nPRIX MODÉRÉS\n\nFABRIQUE DE CADRES\nPOUR\nTABLEAUX, GLACES, GRAVURES, AQUARELLES, ETC.\nPH. CERISIER\n29, RUE DES DEUX-ÉGLISES, 29\nBRUXELLES\nSpécialité de cadres pour tableaux. — Passe-partout en tous genres.\nCadres anciens et modernes en tous styles.\nLavage et restauration de gravures.\nDorure à l'eau et au four (genre ancien) pour l'ameublement.\nTransport et expéditions — Prix modérés.\n\nDEMANDEZ CHEZ TOUS LES PAPETIERS\nL'Encre à écrire indélébile\nBLUE-BLACK Van Loey-Noury\nSUPÉRIEURE A TOUTES LES AUTRES MARQUES\n\nImprimé sur papier de la Maison KEYM, rue de la Buanderie, 12-14.\n\nBruxelles. — Imp. V° MOMMEN, 32, rue de l'Industrie.",
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