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     "texte": "VINGT-CINQUIÈME ANNÉE. N° 28. 9 JUILLET 1905.\n\n# L'ART MODERNE\n\nREVUE CRITIQUE HEBDOMADAIRE\n\nBUREAUX : RUE DE L'INDUSTRIE, 32, BRUXELLES\n\nABONNEMENT : BELGIQUE, 10 FRANCS L'AN; UNION POSTALE, 13 FRANCS. — LE NUMÉRO, 25 CENTIMES\n\n---\n\nL'ART MODERNE est envoyé à l'essai, pendant un mois, aux personnes qui nous en font la demande ou qui nous sont indiquées par nos abonnés.\n\nLes demandes d'abonnement et de numéros à l'essai doivent être adressées à l'Administration générale, rue de l'Industrie, 32, Bruxelles.\n\nOn est prié de renvoyer la revue à l'Administration si l'on ne désire pas s'y abonner.\n\n---\n\n## SOMMAIRE\n\nHommage à Élisée Reclus. Allocution du Père à ses Filles et à ses Gendres. — Exposition internationale de Liège. Le Salon des Beaux-Arts (OCTAVE MAUS). — Les Symphonies de Beethoven (suite) (PIERRE LALO). — Exposition rétrospective de l'Art belge. — A l'Exposition de Liège. Quelques frises de la Section française des Beaux-Arts (HENRY FRANTZ). — Un Salon annuel. — L'Art à Paris. Exposition de M. Albert Besnard (ROGER MARX). — Le Budget et les Lettres. — Notes de musique. — Concours du Conservatoire. — Salon de l'Art contemporain à Anvers. — Police musicale (M. M.). — Accusés de réception. — Petite Chronique.\n\n---",
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     "texte": "## Hommage à Élisée Reclus.\n\nLe savant et l'apôtre que la mort vient d'enlever à la respectueuse admiration du monde intellectuel était doublé d'un écrivain dont le style imagé, d'une forme impeccable, conférait à ses travaux une haute valeur d'art. A ce titre, il a droit à l'hommage fervent des artistes, aux regrets de tous ceux qui ont le culte des Lettres.\n\nPour nous associer aux témoignages pieux que suscite sa fin, nous publions une page d'Élisée Reclus qui exprime avec une saisissante éloquence la noblesse de son esprit et la charité de son cœur. C'est l'allocation qu'il prononça le 14 octobre 1882 dans l'intimité d'une réunion de famille et dont le texte, jusqu'à ce jour, — bien qu'il ait inspiré une scène du drame de Lucien Descaves, *Oiseaux de passage*, — n'avait pas franchi le cercle de cette famille et de ses amis les plus proches.\n\n---",
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     "texte": "## Allocution du Père à ses Filles et à ses Gendres.\n\n« Les enfants bien aimés qui nous convoquent pour nous prendre à témoin de leur union se marient dans la plénitude de leur liberté; ils ne viennent point demander à notre parole une confirmation de celle qu'ils ont prononcée dans le fond du cœur. Leur fière volonté suffit, mais il leur plaira certainement d'entendre la voix du père à l'entrée de cette vie nouvelle qui les attend.\n\nCe n'est point au nom de l'autorité paternelle que je m'adresse à vous, mes filles, et à vous, jeunes hommes qui me permettez de vous donner le nom de fils. Notre titre de parents ne nous fait en rien vos supérieurs et nous n'avons sur vous d'autres droits que ceux de notre profonde affection. Bien plus, dans cette grande circonstance de votre vie, nous vous demandons d'être nos juges. A vous, mes enfants, de dire si nous avons abusé de notre force pour vous maintenir dans la faiblesse, de notre volonté pour asservir la vôtre, de notre influence naturelle pour vous imposer notre morale. Vous rendrez à ceux qui vous aiment cette justice que leur tendresse n'a pas été tyrannique. Dans ce groupe de parents qui vous entourent, il en est qui",
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     "texte": "222\n\nL'ART MODERNE\n\neussent préféré voir votre mariage accompagné des cérémonies légales; peut-être même un certain serrement de cœur s'est-il mêlé chez quelques-uns d'entre eux à la joie que causait votre union; mais tous vous ont respectés, aucun n'a voulu vous obliger à suivre ses idées : au-dessus de la divergence des opinions s'est maintenue l'intégrité de votre droit. L'épreuve n'a servi qu'à nous rapprocher les uns des autres et à nous faire aimer davantage. Les pères et mères ont senti doubler leur tendresse, les fils et les filles ont senti croître leur dévouement. Restés libres, vous n'en êtes devenus que plus aimants.\n\nEncore en ce jour, vous êtes vos propres maîtres. Nous n'avons point à vous demander de promesses et nous ne vous faisons point de recommandations. Vous êtes responsables de vos actes. Sans doute nous vous suivrons avec toute la sollicitude que nous donne notre tendresse, mais vous n'en serez point humiliés. Quand l'oiseau essaie pour la première fois ses ailes, avant de s'envoler dans l'air bleu, peut-on en vouloir à la mère qui regarde anxieusement au bord de son nid? Mais elle aura bientôt confiance. Vos ailes sont fortes et vous porteront dans le libre espace.\n\nNous ne vous demandons rien, mes enfants, mais vous nous donnerez beaucoup. L'âge commence à peser sur nos têtes; à vous de nous rendre la jeunesse et la force. Il est vrai que dans la grande famille humaine nous voyons toutes choses se renouveler incessamment, les printemps succèdent aux printemps et les idées aux idées. Mais nous éprouverons une plus intime douceur à voir le renouveau qui se fait autour de nous dans le cercle discret de la famille. C'est en vous, enfants, qu'il nous plaît surtout de nous voir renaître, de recommencer la lutte de la vie et de continuer avec de nouvelles forces les œuvres entreprises. Nous sommes fatigués, mais vous reprenez notre travail, puis d'autres le reprendront après vous. C'est ainsi que, dans l'avenir, nous voyons notre dur et bon labeur se prolonger d'existence en existence. Vous nous donnez le sentiment de la durée; par vous, mes filles et mes fils, nous nous sentons immortels.\n\nMais vous avez mieux que l'immortalité, vous avez l'intensité de la vie présente. Comment l'emploierez-vous? Est-ce simplement à vous aimer, à courir après le bonheur, à violenter la destinée pour qu'elle devienne votre complice et vous fasse tirer le bon numéro dans la loterie de l'existence? Non, vous avez de plus hautes ambitions, j'en suis sûr. Il ne vous suffira pas d'être heureux, vos unions ne seront pas des égoïsmes de ménage, mais le doublement de toutes vos vertus de dévouement et de bonté. Vous êtes bons! Soyez encore meilleurs, plus sincères dans la pratique de la justice, plus forts dans la revendication du droit. Rappellez-vous que tous ne sont pas heureux, que tous n'ont point de parents qui les aiment, de compagnons qui les encouragent, de femmes ou de maris qui se dévouent pour eux! Pensez que, dans ce moment même, il en est qui meurent sans amis et d'autres qui cheminent désespérés en regardant du haut des ponts courir l'eau noire de la Seine! Vous êtes parmi les heureux. Faites-le vous pardonner en travaillant pour ceux qui ne le sont point. Jurez de consacrer votre vie à diminuer le poids des douleurs imméritées qui pèsent sur le monde. Pour faire le bien, vous êtes plus forts que vous ne pensez; même seuls vous pourriez agir, et vous êtes unis!",
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     "texte": "Exposition internationale de Liège.\n\nLe Salon des Beaux-Arts.\n\nC'est un honnête Salon, de valeur moyenne, assez éclectique pour donner, sinon l'étiage exact, du moins un aperçu approximatif de la peinture et de la sculpture belges au début du xx° siècle, encore qu'on n'y rencontre ni Emile Wauters, ni Charles Hermans, ni Mellery, ni Struys, ni Van Rysselberghe, ni Lemmen, — pour ne citer que quelques-uns des absents les plus notoires. En ce concours international il tient honorablement son rang à côté de l'Art français, et triomphe de la Hollande, de l'Allemagne, de la Russie, de l'Italie, de l'Espagne, des Etats-Unis avec d'autant plus de facilité que ces divers pays sont, en général, médiocrement représentés. A défaut de « clou » ou de débuts sensationnels, il offre un ensemble homogène et bien composé.\n\nOn affirme que le jury s'est montré sévère dans l'admission des œuvres. Le nombre de celles-ci est, en effet, restreint (1). Mais seul le Salon des Refusés, dont l'idée a été abandonnée, eût pu nous apprendre si cette sévérité fut excessive. Elle ne semble pas, au surplus, avoir été inspirée par un esprit tendancieux. Les diverses fractions de l'Ecole belge, même les plus intransigeantes d'entre elles, ont au Salon leurs délégués. Et il serait injuste de proclamer réactionnaire et partial un jury qui n'a exclu ni Ensor, ni De Groux, ni Ottmann, ni Beauck, par exemple, ni les plus inconnus des jeunes peintres qui, à Anvers, réagissent énergiquement contre les bitumes ancestraux. Il n'en eût pas été de même naguère! Et mieux encore : telle œuvre jugée indigne de figurer au Salon de Bruxelles en 1897 — la belle eau-forte de Franz Hens, Marée montante à Heyst — se carre aujourd'hui à la rampe. Que les refusés de 1905 se consolent donc et attendent, comme leurs aînés, la réparation qui leur est due et qu'on leur accordera sans doute tôt ou tard.\n\nLe Salon étant, aux termes du règlement, « ouvert aux œuvres des artistes vivants au 1er janvier 1898, » la présence se justifie de quelques toiles de Verwée (l'Embouchure de l'Escaut, Bœufs au labour), de Binjé (l'Elang, Chemin à Profondsart), de César De Cock, de Corneille Van Leemputten, d'Albert De Vriendt, de Léo Van Aken, d'Hubert Bellis, qu'on revoit les unes avec agrément, les autres sans déplaisir. A ces noms eussent pu s'ajouter ceux de Th. Baron, F. Rops, H. Van der Hecht, A. Bourlard,\n\n(1) Le catalogue mentionne pour la Peinture 287 numéros; pour la Sculpture, 378; pour la Gravure, 33; pour l'Architecture, 18.",
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     "texte": "# L'ART MODERNE\n\nJ. Montigny, J. Raeymaekers, H. Evenepoel, A. Hanotiau, E. Larocq, que la mort a frappés depuis la date réglementaire. Mais l'Exposition rétrospective qui va s'ouvrir à Bruxelles en consacrera sans doute le souvenir mieux encore que ne l'eût pu faire le Salon liégeois.\n\nAllons aux vivants, et constatons la parfaite santé des artistes qui sont actuellement à la tête de l'École belge. Quelques-uns poursuivent avec bonheur l'étude de la nature et, amplifiant le programme réaliste, expriment en d'harmonieuses symphonies chromiques les relations du paysage avec l'atmosphère qui le baigne, avec les jeux de lumière qui le transforment. Heymans, dont le Troupeau sous la neige et les Fonds de Bertogne marquent deux étapes distinctes d'une noble carrière d'artiste, Emile Claus, que sa Récolte du Lin et son Canal à l'Écluse, admirés dernièrement au Cercle artistique, classent parmi les plus radieux luministes d'aujourd'hui, Baertsoen, pénétrant et synthétique dans ses Chalands sous la neige et sa Petite Place flamande, Georges Buysse, qui atteint la maîtrise dans son Canal en Décembre, Ensor, dont une admirable étude d'accessoires et une vue du quartier des pêcheurs à Ostende proclament la vision affinée et le coloris subtil, d'autres encore : Georges Morren (Promenade matinale, En Été), Rodolphe Wytsman et Mme Wytsman, Frans Hens, Rodolphe De Saegher, Mme de Weert et Edmond Verstraeten se signalent particulièrement, avec quelques peintres nouveaux dont nous examinerons spécialement les envois, parmi les artistes libérés des traditions, d'ailleurs glorieuses, de l'école réaliste. Celles-ci ont en MM. Asselberghs, Courtens, Gilsoul, Marcette, Mathieu, et aussi en MM. Merckaert, Apol, Viérin, etc., des représentants convaincus qui les défendent avec talent.\n\nA côté du groupe des « naturistes », les peintres plus soucieux du sentiment, de l'idée, du symbole, de l'allégorie que de la couleur et de la lumière montrent au Salon de Liège une autre face de l'art belge. C'est M. Alfred Delaunois, le poète des intérieurs d'églises, des abbayes et des béguinages. C'est M. Laermans, toujours émouvant dans ses évolutions de la vie des humbles. C'est M. Frédéric, attirant et éloquent malgré son coloris revêche et la sécheresse voulue de ses compositions. C'est M. Klonopff, dont l'art hermétique et dédaigneux ne cherche pas à être compris des foules. C'est M. Delville, qui, à défaut de l'Homme-Dieu, jugé de proportions trop gigantesques pour figurer au Salon, expose une aimable composition décorative, Terre heureuse. C'est M. Henry De Groux, auteur d'une poignante interprétation de la Divine Comédie, qui, malgré son caractère sommaire et désordonné, méritait d'être mieux placée que dans le réduit où on l'a reléguée. C'est M. Levêque, dont je voudrais pouvoir louer l'effort persévérant et multiple...\n\nPuis encore, les coloristes somptueux en qui s'extériorise, au dire de certains, notre réel tempérament pictural, issu d'une hérité illustre : Alfred Stevens, dont le Fiancé qui passe et la Femme en blanc rappellent un glorieux passé, Jan Stobbaerts et sa Cuisine d'une zoolâtre, morceau célèbre à juste titre, Eugène Smits, qui ne laisse jamais indifférent, même dans ses erreurs, Alfred Verhaeren aux pompeux intérieurs, aux truculentes natures mortes. Si l'on excepte M. René Janssens, dont les trois aspects d'une demeure patricienne ont de l'éclat et du style, et peut être M. Van Zevenberghen, encore qu'il apparaisse bien cotonneux dans sa Cuisine, cette Ecole claironnante ne paraît pas trouver dans la génération nouvelle de disciples capables de la continuer. Le portrait de femme qu'expose M. Thomas ne justifie pas l'espoir qu'avaient fait naître des débuts retentissants. La peinture de MM. Bastien et Blieck sombre dans les tons fuligineux, MM. Smeers et Wagemans s'abstiennent et le groupe des peintres anversois, à quelques exceptions près, s'endeuille de plus en plus.\n\nIci règne encore souverainement, avec des influences de terroir, la tradition académique. On y cultive l'anecdote, on hausse l'illustration aux proportions d'un tableau d'histoire. Qu'est-ce, sinon un fait divers amplifié, que les Cartomanciennes de M. Verhaert, ou tel épisode de pêche de M. Farasyn, ou le Premier né de M. Dierckx, on encore le Massacre des Innocents de M. Van der Ouderaa? Que nous importe toute cette imagerie enluminée? Il y a, il est vrai, dans le Pélerinage à Montaigu de M. Franz Van Leemputten un accent de sincérité qui frappe malgré le bariolage cru et agressif de couleurs par lequel l'artiste traduit une impression qu'on sent profonde. Le pauvre Théodore Verstraete, que la maladie a arraché depuis des années à son chevalet, comprenait, lui aussi, que pour émouvoir il suffit d'exprimer naïvement ce qu'on éprouve. Et MM. Charles Mertens, Léon Abry, Richard Baseleer, Henry Luyten, J. Posenaer, W. Vaes et quelques autres compensent par une indépendance tout au moins relative l'enrégimentement de leurs concitoyens.\n\n(A suivre.)\n\nOCTAVE MAUS\n\n---",
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     "texte": "## Les Symphonies de Beethoven. (1)\n\n### Huitième Symphonie (1812) en fa majeur (op. 93).\n\nLa Septième et la Huitième Symphonies sont deux formes différentes d'un même état d'esprit. La Symphonie en la, c'est la verve violente et puissante; c'est la force qui jouit d'être libre et lâchée; la Symphonie en fa, c'est la fantaisie spirituelle et bizarre, le caprice qui s'amuse de ses jeux et de ses surprises. Caprice et fantaisie qu'on aurait tort de croire superficiels, légers et frivoles : on serait vite et rudement éveillé de son illusion. On met parfois la Symphonie en fa au nombre des petites symphonies. Moins grande que la Symphonie en la : cela est vrai. Mais, mêlée à sa grâce ou à son allégresse, quelle brusque énergie elle porte en elle! Quelles colères subites, quelles gaietés imprévues, quels contrastes, quels éclats, quelles sautes de vent et d'humeur, d'une humeur plus étrange encore que celle de sa sœur ainée! On l'a définie la symphonie humoristique : définition juste, si l'on donne au mot son sens le plus fort. Elle a des imaginations singulières, des traits comiques, presque des farces, qui ne sont qu'à elle; elle passe en un moment du rire à la furie. Voyez le premier allegro : il commence par un thème aimable; il annonce un développement facile et doux. Mais attendez la seconde reprise de ce développement : un soudain accès d'humeur fantasque bouleverse tout; des coups pressés et répétés disloquent le thème; c'est une ironie opiniâtre, une rage gouailleuse qui vont s'exaspérant jusqu'à la fin. Voyez le scherzando, élégant, délicat et précieux. I touche au terme de sa route : Beethoven ne l'y laisse pas parvenir; quelques mesures brutales l'arrêtent, l'accablent, l'anéantisent; c'est un coup de poing en guise de conclusion. Et voyez surtout le finale. Il est moins puissant, moins formidable que\n\n(1) Sa.te. Voir nos deux derniers numéros.",
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     "texte": "224\n\nL'ART MODERNE\n\ncelui de la Symphonie en la. Mais plus saccadé, plus aigu, plus strident; plus hérisssé de pointes, de saillies, de boutades; tel cet accord célèbre d'ut dièse, passant à travers tous les tons, et si inattendu, si frappant, si vite évanoui, qu'il semble une apparition fantastique... Tandis qu'il était à Tœplitz, Beethoven rencontra un jour toute la famille impériale, qui encombrait son chemin. Impatient, riant et sauvage, il assura son chapeau, boutonna son habit, et fonça au milieu de la troupe couronnée. Les princes le saluèrent; les courtisans stupéfiés firent la haie. Ce Beethoven-là, c'est la Huitième Symphonie.\n\nPIERRE LALO\n\n---",
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     "texte": "Exposition rétrospective de l'Art belge.\n\nL'exception faite en faveur de M. Alfred Stevens, invité, quoique vivant, à prendre part à l'Exposition rétrospective de l'Art belge, a été étendue à MM. Florent Willems, Lamorinière et Théodore Verstraete, qui tous trois ont fait honneur à l'École belge et dont la production peut être considérée comme terminée. Le Comité a réuni de chacun de ces peintres un choix d'œuvres caractéristiques.\n\nC'est samedi prochain, à 3 heures, que s'ouvrira l'Exposition. Elle est, comme on sait, installée au Palais du Cinquantenaire (hall Sud). Le Roi en fera l'inauguration solennelle. A partir du lendemain, elle sera accessible au public. Le prix d'entrée est fixé à cinquant centimes. Cartes permanentes : 2 fr. 50.\n\n---",
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     "texte": "EXPOSITION DE LIÈGE\n\nQuelques frises de la Section française des Beaux-Arts.\n\nIl faut savoir gré à M. Pol Neveux non seulement de l'arrangement de la Section française des Beaux-Arts, dont la séduisante harmonie n'a échappé à personne, mais aussi de l'initiative dont il a fait preuve en faisant orner chacune de ses salles par une frise, confiée toujours à un artiste différent. Il y a là un ensemble décoratif qui, pour être très intéressant en lui-même, ne nuit en rien aux œuvres exposées, et même dans bien des cas en rehausse encore la valeur.\n\nDonc chaque salle a son décorateur: dans la première, c'est une œuvre de Lalique. Sur de la toile bise où courent des arabesques élégantes en gros fil d'une teinte assourdie, se détache au milieu de chaque panneau un ornement généralement formé de deux couronnes enlacées, découpées dans du drap d'or. Chacun de ces ornements est emprunté au règne floral, avec cette stylisation, cette interprétation délicates dont Lalique a le secret et qui conserve en même temps une simplicité et une ordonnance tout à fait remarquables.\n\nDeux frises ici sont du reste purement ornementales, et la frise de M. Georges Picard, le charmant décorateur de l'hôtel de ville, voisine dignement avec celle de Lalique. C'est une frise au pochoir sur un motif de feuilles de marronniers, dont les tons sont très délicatement gradués.\n\nC'est la première fois, croyons-nous, que Mme Delasalle s'attaque à la peinture décorative, et cette tentative a l'attrait qui s'attache toujours aux productions de cette artiste. Elle a traité avec agrément : Les Jardins de France, quatre panneaux où vivent les sites harmonieux et calmes de Saint-Cloud, du Bois de Boulogne, du Luxembourg et de Chantilly.\n\nTandis que M. Gaston La Touche interprète les parcs de France, Mme Dufau nous offre, sous le titre : Les Vergers de France, quatre morceaux d'une exceptionnelle beauté, traités avec ce velouté, cette poésie de la couleur, ces lignes reposées qui font la saveur de son art. Les Vergers de France, ce sont les horizons apaisés de la Creuse, les pommiers fleuris de la Normandie avec la mer pâle au bord des falaises, ce sont les rochers romantiques de la Provence avec leurs bois d'oliviers, c'est enfin la terre natale de l'artiste, les vignes du pays basque, le gave clair que dominent les monts.\n\nChaque artiste célèbre ici avec son tempérament quelque essentielle beauté française. Wery, avec un sens décoratif subtil à l'instar des Japonais, traite délicatement les montagnes de France idéalisées et poétisées à l'infini. Le beau et puissant réalisme d'Adler se retrouve dans ces quatre morceaux où la France manufacturière vit si puissamment à l'ombre de ses hauts fourneaux, de ses mines et de ses usines. Essentiellement décorateur aussi, Lepère, ce grand artiste de production si variée lorsqu'il traite les Rivières de France en des morceaux qui s'harmonisent avec les tons de la salle qu'il est chargé de décorer.\n\nEt n'oublions pas, enfin, M. Noël Bouton, qui illustre la salle d'architecture de quelques peintures classiques dont l'exactitude n'est pas bannie — chose fort louable, en somme, puisqu'il s'agit de montrer quelques-uns des beaux monuments du passé dont la France s'enorgueillit à juste titre.\n\nHENRY FRANTZ\n\n---",
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     "texte": "UN SALON ANNUEL\n\nLe correspondant bruxellois de l'Express écrit à ce journal :\n\n« On songe en ce moment, à Bruxelles, à un projet qui intéresse indirectement Liège et qui a, parait-il, des chances sérieuses d'être réalisé.\n\nIl s'agit du Salon des Beaux-Arts. On voudrait avoir à Bruxelles, au lieu du grand Salon triennal qui doit résumer la production de trois années et qui est toujours encombré, un Salon annuel, qui serait naturellement plus restreint. On songe même à faire le premier de ces Salons annuels dès l'an prochain, dans les locaux provisoires que l'on a édifiés dans un des grands halls du Cinquantenaire, pour l'Exposition rétrospective de l'Art belge.\n\nCe Salon annuel se ferait au printemps. Et l'on maintiendrait les Salons triennaux d'Anvers, de Gand et de Liège — celui-ci admis définitivement dans le roulement — et qui s'ouvriraient en automne. Ce n'est encore qu'un projet, mais beaucoup de personnalités du monde des artistes en sont partisans. Elles font valoir que la production artistique est considérable et que ces Salons seraient facilement alimentés, et qu'ainsi on pourrait plus aisément donner une place à Liège dans le roulement des expositions officielles des Beaux-Arts.\n\nEtant donné que l'on voudrait utiliser pour le prochain Salon les locaux du Cinquantenaire, il faudra qu'une décision intervienne assez prochainement, puisque ces locaux provisoires devraient disparaître après la clôture de l'Exposition fixée au 15 novembre. D'ici là, il faudra que l'on prenne une résolution. »",
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     "texte": "## L'ART A PARIS\n\n**Exposition de M. Albert Besnard.**\n\nVoici, avec l'Exposition Whistler, la plus fière manifestation de cette saison d'art finissante. M. Albert Besnard s'y récapitule triomphalement; au cours de cette évocation d'un tiers de siècle de labeur, rien ne rappelle la prééminence du décorateur prestigieux qui para de beauté les murs de la maison commune, de l'église, de l'école, de la Sorbonne; seul le peintre de chevalet s'offre au jugement, et il ne parait pas vraiment que depuis Delacroix on ait rencontré organisation plus puissante, imagination plus riche et mieux secondée par la mémoire pittoresque. En cette ère nouvelle, revenue des ivresses romantiques, M. Besnard s'est gardé de la fièvre turbulente des drames passionnés; de même l'élévation de son esprit laissa sans prises sur lui le terre à terre d'un naturalisme exclusif ou grossier. La culture du goût, le souci spontané de l'allure hausse au style les portraits naguère discutés qui, maintenant réunis, se classent parmi les créations essentielles de l'école moderne; il y a eu là, sans conteste, apport d'inédit, aussi bien dans le dispositif que dans la nouveauté de l'éclairage et la volupté des harmonies. Ce que M. Besnard retient dans la réalité, c'est l'irréel; ce qu'il goûte autour de lui, ce sont les spectacles où s'ajoute à l'intérêt pittoresque le prestige du caractère, de la tendresse ou du recueillement; ce vers quoi il aspire, c'est vers le symbole des vérités éternelles. Tout se transforme et s'embellit à la suggestion d'un cerveau qui conçoit du même coup l'idée et la forme qu'elle doit revêtir. Depuis les époques disparues jusqu'aux temps futurs entrevus durant le songe sur la « pierre blanche », M. Besnard a parcouru les âges de l'humanité sans s'arrêter à aucun; il a cultivé tous les genres, rendu toutes les lumières, abordé toutes les techniques à commencer par la miniature et l'eau-forte pour aboutir à la décoration murale. Son talent, irrassasié d'inédit, l'a poussé à la découverte de beautés ignorées, et ainsi il poursuivra sa carrière, accordant la curiosité de son esprit avec l'originalité de ses moyens d'expression comme si l'ambition le hantait d'opposer au renouvellement fatal de la nature le rayonnement créateur du génie humain.\n\n**ROGER MARX**",
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     "texte": "## LE BUDGET ET LES LETTRES\n\nNous lisons, sous ce titre, dans le Jeune Effort, cet intéressant articlelet:\n\n« La question de la protection des lettres, en Belgique, fit couler beaucoup d'encre en ces temps derniers. Nous vimes même s'y intéresser nos quotidiens, passionnément. Pur souci littéraire? Hélas, non! On ne pouvait manquer l'occasion de faire intervenir dame Politique en cette occurence, et on n'y manqua point. Le côté pratique de la question fut, naturellement, fort négligé au profit des déclamations sur le « rôle social » de l'écrivain, le béotisme national, l'inertie du Pouvoir, et autres grandiloquences faciles et quelque peu vétustes. A notre humble avis, ont eût mieux fait en insistant sur l'extrême simplicité d'une solution affranchie de tout esprit de parti.\n\nNous avons eu l'idée de consulter le budget du ministère de l'intérieur et de l'instruction publique. A notre grande surprise, il nous apprit que les lettres et les sciences relèvent d'une identique compétence bureaucratique et sont absolument confondues dans le libellé des articles. C'est-à-dire que les crédits votés sous prétexte d'encourager nos écrivains peuvent être absorbés par nombre de branches d'activité étrangères à la littérature! L'administration des « Lettres et des Sciences » étant composée de gens d'enseignement dont l'autorité pédagogique s'accompagnerait fort malaisement de la spécialisation esthétique qu'exige leur double fonction, il est naturel que les complaisances budgétaires se refusent à tout effort échappant complètement, par sa nature même, aux facultés d'appréciation de ces fonctionnaires. Dès lors, pourquoi ne point séparer Sciences et Lettres, et annexer ces dernières aux Beaux-Arts? Nous avons, pour notre part, une entière confiance dans l'intelligence critique et l'impartialité de M. Verlant, et son administration nous paraît la seule qui soit apte à ces délicates tâches de protection littéraire. Quant à la difficulté administrative d'un tel transfert d'attributions, elle doit être absolument nulle, les crédits concernant la littérature pure étant infimes et les organismes bureaucratiques, créés en vue d'en assurer la dépense, dépourvus de toute extrême complication...\n\nMais cette réforme serait vraiment trop simple, et nous n'osons espérer qu'elle se réalise en une année aussi jubilaire que celle-ci!\n\n**JEUNE EFFORT**\n\nCes réflexions sont très justes. La solution que préconise notre confrère serait de nature à satisfaire tout le monde — ou du moins le plus de monde possible. Mais voilà, elle est vraiment trop simple, comme il le dit lui-même. Et chacun sait qu'en Belgique ce sont les réformes les plus simples qui sont les plus difficiles à réaliser.\n\nDans le même numéro de cette revue, signalons aussi un remarquable article de M. Gaston Heux sur le peintre Gailliard. Le Jeune Effort, qui vient d'entrer dans sa troisième année, réunit actuellement les meilleurs éléments de notre jeunesse littéraire.\n\n---",
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     "texte": "## NOTES DE MUSIQUE\n\nLa deuxième conférence faite à l'École de musique et de déclamation d'Ixelles par M. Ch. Van den Borren sur le Sentiment de la nature en musique a été illustrée d'une très intéressante partie musicale, comprenant entre autres la Sonate pastorale de Beethoven, des lieder de Schumann et de Schubert, des fragments d'Euryanthe, le trio des Ondines du Crépuscule des Dieux, puis un court extrait en première exécution du drame sacré de M. H. Thiébaut, la Passion du Christ. La scène qui exprime la tombée du soir, avec les derniers échos du chalumeau des bergers faisant rentrer leurs troupeaux, a produit grande impression et l'assistance nombreuse a fait un accueil enthousiaste au compositeur.\n\nMmes Miry, Boulvin, Cousin, Mmes Piers et Guilleaume, MM. Liégeois et G. Mertens ont interprété à merveille ce beau programme.\n\nMercredi dernier, Mme de Mazière, subitement indisposée, s'étant trouvée, au dernier moment, dans l'impossibilité de donner le récital de chant annoncé, la direction a improvisé séance tenante une audition instrumentale et vocale dont le programme et l'interprétation ont été également intéressants.\n\nL'auditoire a particulièrement applaudi Mme Piers, qui a mis en relief des mélodies de Léon Jouret, J. Blockx, K. Mestdagh, H. Thiébaut, A. Bruneau, Vincent d'Indy, et la pittoresque ballade des Gros Dindons de Chabrier. On a fait également grand succès à Mme Guilleaume dans ses récits, ainsi qu'à Mme Cousin, qui, accompagnée de son élève Mlle Evers, a interprété avec son talent habituel des pages de Haendel, de Busoni et l'une des Valses romantiques de Chabrier.\n\nLe récital de Mme de Mazière aura lieu mercredi prochain, 8 heures du soir. Au programme : Bach, Haendel, Gluck, Schubert, Schumann, Wagner, Brahms.\n\n**\\*\\***\n\nA l'occasion des fêtes nationales, l'orchestre du théâtre de la Monnaie donne au Waux-Hall, sous la direction de M. Sylvain Dupuis, une série de six concerts gratuits entièrement consacrés",
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     "texte": "226\n\nL'ART MODERNE\n\naux auteurs belges. Ces séances, d'un réel attrait artistique, sont très appréciées du nombreux auditoire qui les suit. Le programme du quatrième concert, fixé à demain, à 8 h. 1/2, est particulièrement intéressant. Il comprend, entre autres, le Chasseur maudit de César Franck, les Scènes hindoues d'E. Raway, la Fantaisie sur des thèmes populaires de Théo Ysaye, la Marche inaugurale de Lunssens. Mlle Jeanne Holland interprétera l'ariso de Quentin Durward de Gevaert et des mélodies de Riga et d'Huberti.\n\n* * *\n\nAux fêtes musicales qui ont eu lieu à Mons à l'occasion du soixante-quinzième anniversaire de l'indépendance de la Belgique, une foule qu'on évalue à vingt mille personnes a frénétiquement applaudi l'exécution, sur la Grand'Place, de l'oratorio Jacqueline de Bavière de M. Jean Van den Eeden, directeur du Conservatoire. Cette partition mélodique, expressive, dont le style populaire s'accorde avec une inspiration distinguée, a été admirablement mise en relief par l'orchestre et les masses chorales, ainsi que par les solistes, Mlle Emma Van der Linden, MM. A. Tondeur et G. Lexin, qui ont partagé avec le compositeur le succès de la journée.\n\n---",
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     "texte": "**Concours du Conservatoire** (1).\n\nViolon. Professeurs, MM. Cornélis, Thomson et Marchot. — 1er prix avec la plus grande distinction, Mlle Jean; 1er prix avec distinction, Mlle Rosa, Buess et West, M. Vanneste; 1er prix, Mlle Schornstein, MM. Bonjean, Lecomte et Dellhasse; 2e prix avec distinction, Mlle Laidlaw, MM. de Barincourt, Massia y Pratz, L'Homme; 2e prix, MM. Putzeys, Janssens, Craen, Peelaert, L'Hoir, Hendrickx; 1er accessit, MM. Bachy et Leleu.\n\n---",
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     "texte": "**Salon de l'Art contemporain à Anvers.**\n\nComplétons d'abord nos renseignements au sujet des exposants belges. A ceux que nous avons cités il faut ajouter Ensor, qui aura au Salon une douzaine de toiles, Léon Frédéric, qui enverra son tryptique le Peuple verra un jour le lever du soleil et dont on réunit diverses autres œuvres, probablement Henry Luyten, Georges Buysse, les statuaires Minne et Rombaux.\n\nL'envoi de Besnard, dont l'exposition à Paris vient de faire sensation, comprendra vingt-trois tableaux, plus des pastels et les très beaux cartons composés pour l'église de Berck. De Zuloaga il y aura dix toiles, de Cottet une quinzaine, de Breitner au moins autant. Bref, les 300 à 350 mètres de cimaise dont l'Art contemporain dispose seront occupés par les vingt à vingt-cinq artistes associés et invités. Les salles de la rue Vénus recevront une décoration spéciale.\n\n---",
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     "texte": "**POLICE MUSICALE**\n\nDans ce pays bien ordonné qu'est l'Allemagne, il n'est permis à personne de faire de la musique les fenêtres ouvertes. C'est priver les passants de quelques bonnes bouffées de mélodies, dira-t-on. Mais dans une rue où plusieurs pianos, autant de violons et quelques saxophones s'exercent aux mêmes heures, ces bouffées de mélodies deviennent le plus affolant des supplices, aux heures ordinaires du jour. La nuit, c'est l'insomnie, l'attaque de nerfs, — quasi la folie.\n\nNe serons-nous pas, un jour, des gens assez civilisés pour pro-\n\n(1) Voir nos deux derniers numéros.\n\ntégier par de bons règlements l'ouie des pauvres citadins, en attendant que l'éducation ait fait de chaque citoyen un être respectueux des nerfs d'autrui?\n\nLégiférons toujours, ça fera réfléchir les gens.\n\nEt tant qu'on y est, qu'on n'aille pas oublier les phonographes surtout! Les infâmes machines! Le son nasillard et « zingué » de leur porte-voix suggère une sen-ation qui, dans un autre domaine, a beaucoup d'analogie avec celle-là : on ne peut s'empêcher d'évoquer, en les entendant, une odeur d'ail. Une crème à l'ail!\n\nFermons! fermons fenêtres, hublots, soupiraux, judas, tout, tout ce qui se ferme!\n\nM. M.\n\n---",
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     "texte": "**ACCUSÉS DE RÉCEPTION**\n\nPOÉSIE. — Œuvre de René Ghil : Dire du mieux : 1. Le Meilleur devenir; 2. Le Geste ingénu. Edition nouvelle. Paris, L. Vanier (A. Messein, successeur). — Poèmes fervents, par Fernand Urbain. Paris et Liège, l'Édition artistique.\n\nROMAN. — L'Hypocrite sanctifié, traduit de l'anglais par X.-Marcel Boulestin, et précédé d'un essai sur Max Beerbohm. Paris, Mercure de France. — La Domination, par la comtesse Mathieu de Noailles. Paris, Calmann-Lévy. — Mémoires d'un Don Juan, par Jean de La Hire. Paris, Librairie universelle (33, rue de Provence).\n\nCRITIQUE. — Henri De Braekeleer, peintre de la Lumière, par Camille Lemonnier. Avec un portrait et quatre reproductions d'eaux-fortes. Bruxelles, G. Van Oest et Cie. — La Roulotte, numéro spécial consacré à José Hennebico, par E. Lecomte et L. Moreau. Portrait, autographe, notes bio-bibliographiques, etc. Bruxelles, P. Lacomblez — H. Anglada y Camarasa, par Vittorio Pica. Extr. de l'Emporium. Portrait et dix-sept reproductions. — Portraits d'artistes, par Sander Pierron. Ouvrage illustré de vingt portraits originaux, dessinés d'après nature par F.-G. Lemmers, et de vingt reproductions. Bruxelles, Xavier Havermans. — Ménages d'artistes : Willy et Colette, par Jean de La Hire, avec portraits, dessins et caricatures. Biblioth. indépendante d'édition, Ad. Lespie, 43, rue des Ursulines, Paris. — Ménages d'artistes : M. et Mme Jean de La Hire, par Paul Yaki. Portraits, caricatures, autographes, etc. Biblioth. indépendante d'édition, Paris. — Biographie des Liégeois illustres, par Camille Pavard. Couverture en couleurs, Bruxelles, A. Castaigne. — Sentiments, par Gilbert de Voisins. Paris, Mercure de France.\n\nTHÉÂTRE. — Miss Lili, comédie en trois actes, par H. Liebrecht et Ch. Morisseaux. Paris et Liège, l'Édition artistique.\n\nDIVERS. — Chaussettes pour dames, par Willy et Curnonski. Illustrations de Mirande. Paris, Garnier frères.\n\n---",
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     "texte": "**PETITE CHRONIQUE**\n\nLe vicomte de Spoelberch de Lovenjoul a consacré toute sa vie et employé sa grande fortune à réunir des documents sur les plus illustres écrivains français du dix-neuvième siècle et plus particulièrement sur Balzac, George Sand, Sainte-Beuve et Théophile Gautier.\n\nNul n'a pu se flatter de donner une biographie sérieuse de l'un ou de l'autre de ces écrivains, dit le Gaulois, s'il n'a consulté les archives du vicomte de Spoelberch de Lovenjoul qui, à force de patience et à très grands frais, a réuni une collection inestimable de précieux documents qu'il met volontiers à la disposition des travailleurs : manuscrits de livres publiés, manuscrits inédits, plans de livres restés inachevés, originaux de la correspondance publiée ou de la correspondance inédite, factures, relevés de comptes, etc. C'est ainsi, par exemple, qu'il possède de Balzac le manuscrit",
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     "texte": "L'ART MODERNE\n\nautographe d'une tragédie inédite écrite en 1820, Cromwell, et un exemplaire unique et seulement « en épreuves » d'une comédie inédite. L'Ecole des Ménages, datée de 1839.\n\nDe George Sand, il possède le manuscrit de son premier roman, La Marraine, resté inédit, celui d'une pièce historique, également inédite, Une Conspiration en 1537, écrite en 1832; les « explications », inédites, qu'elle adressa à sa mère, en 1825, très curieuses confessions, inédite.\n\nDepuis longtemps, le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul songeait à faire la France héritière des richesses littéraires qu'il a réunies. Il vient de se décider à léguer ses collections au musée Condé, à Chantilly, c'est-à-dire à l'Institut de France.\n\nLe Coq-sur-Mer aura cette année, comme l'an dernier, son salonnet d'aquarellistes. L'exposition s'ouvrira dans la salle des fêtes du Grand Hôtel le 28 juillet et sera close le 9 septembre.\n\nExposants : MM. H. Stacquet, F. Charlet, H. Cassiers, Ch. Watelet, H. Janlet, P. Hermanus, I. Verheyden, Th. Bannon, E. Luigini, M. Hagemans, V. Uytterschaut et L. Bartholomé.\n\nDes fêtes mondiales, auditions musicales, conférences seront organisées au cours du Salon.\n\nMme Duse donnera avec sa troupe italienne une représentation de Monna Vanna, le drame célèbre de Maeterlinck, au théâtre de la Monnaie, le mercredi 19 juillet. La location est ouverte au théâtre.\n\nChangement de spectacle au théâtre Molière, où l'on donne actuellement la Fille du régiment et les Noces de Jeannette.\n\nC'est aujourd'hui, à 3 heures, que commence à Verviers le grand concours international de chant d'ensemble organisé par l'Emulation et l'Orphéon. Il sera continué les dimanches 16, 23, 30 juillet, 6 et 13 août, pour être clôturé le 15 août par l'exécution d'une cantate jubilaire, par un banquet, par des concerts en plein air, etc.\n\nLa logique des faits-divers.\n\nDécoupé dans un quotidien : « L'harmonie exécutait un des meilleurs morceaux de son répertoire lorsque, tout à coup, son directeur chancela et tomba à la renverse.\n\nLes musiciens interrompirent immédiatement le morceau qu'ils exécutaient.\n\nLes brancardiers de la Croix-Rouge, etc. »\n\nLe deuxième Congrès des architectes belges se réunira à Liège au commencement de septembre. La durée du Congrès sera d'un jour, un dimanche. Sont seuls invités à y participer les architectes belges, à l'exclusion des entrepreneurs et architectes-entrepreneurs.\n\nLes membres belges de la Société centrale d'Architecture font de droit partie du Congrès. La cotisation pour les architectes ne faisant pas partie de la Société est fixée à 5 francs.\n\nL'aviation fait décidément des progrès surprenants. Non contents de se diriger tout seuls, les ballons commencent à converser entre eux, s'il faut en croire cette information du Soir :",
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     "texte": "PIANOS\n\nGUNTHER\n\nBruxelles, 6, rue Thérésienne, 6\n\nDIPLOME D'HONNEUR\n\nAUX EXPOSITIONS UNIVERSELLES\n\nFournisseur des Conservatoires et Écoles de musique de Belgique.\n\nINSTRUMENTS DE CONCERT ET DE SALON\n\nLOCATION EXPORTATION ÉCHANGE\n\n« Le ballon de M. Désiré Gheude a attint 2,600 mètres, puis est redescendu à 1,200 mètres, altitude où il a rencontré le courant favorable. En route, il a croisé de si près l'aérostat de M. Léon Ribeyre, la Fleur de Lis, qu'il a pu causer avec son confrère. »\n\nLe concours de chansons populaires organisé à Anvers a réuni un grand nombre de concurrents Cent quatre-vingt-dix partitions, écrites sur l'un ou l'autre des trois poèmes primés, ont été soumises au jury. Celui-ci en choisira douze, — quatre par poème, — qui seront exécutées publiquement au Théâtre Royal en présence d'un jury populaire composé des délégués des sociétés d'agrément. Celui-ci désignera à son tour la meilleure composition de chaque série. L'attribution des premier, deuxième et troisième prix sera faite définitivement à ces trois pièces par le jury officiel.\n\nOn sait que la maison où vécut Rubens à Anvers existe toujours. Au cours des siècles, elle a, dit la Métropole, subi de nombreux replâtrages et transformations, mais puisque la toiture subsiste dans l'état primitif, il est presque certain que l'ossature de l'immeuble est restée intacte et qu'en grattant le plâtre on retrouverait les traces des anciens murs. Dans le jardin se trouve, admirablement conservés, un portique et un pavillon construits d'après les dessins du maître. Il semble avéré que c'est dans ce pavillon que Rubens avait l'habitude de peindre et qu'il exécuta notamment sa fameuse Femme au chapeau de paille.\n\nLa ville ne ferait-elle pas bien d'acquérir ces vestiges glorieux?\n\nAnvers possède également l'atelier de Jordaens. Celui-ci est demeuré tel que Jordaens le fit construire. Il appartient à M. Ch. Van der Linden, qui en a tiré une série d'admirables peintures décotives dont il a décoré son hôtel.\n\nM. Ch. Vander Stappen vient d'être élu membre de l'Académie de Belgique en remplacement de Constantin Meunier. M. Victor Rousseau remplace comme membre correspondant feu Julien Dillens.\n\nDans la Section de peinture, M. Gebhardt a été nommé membre associé en remplacement d'Adolphe Wenzel.\n\nDans la Section de gravure, M. Auguste Danse remplace feu Gustave Biot.\n\nEnfin, dans la Section des sciences et lettres, M. F. Van Duyse est nommé membre effectif en remplacement d'Edmond Van Even.\n\nLe statuaire anversois J. Dupon achève en ce moment le monument qui sera érigé à Berchem à la mémoire du comte Frédéric de Merode. Voici la description qu'en fait la Chronique :\n\n« Le comte de Merode, blessé à la cuisse, a laissé choir son fusil, mais se dresse, encore combatif, un pistolet à la main droite. Sa main gauche, sous la morsure de la souffrance, se cramponne à l'épaule d'un soldat volontaire accouru pour le soutenir; et ce soldat, brandissant un drapeau, crée un tragique appel au secours.\n\nAux pieds du blessé, un autre combatant, à genoux, s'efforce d'étanchier le sang au moyen d'un mouchoir, tandis qu'il toise du regard l'horizon comme pour l'interroger sur le drame à venir. »\n\nLIBRAIRIE NATIONALE D'ART ET D'HISTOIRE\n\nG. VAN OEST & Cie\n\n16, rue du Musée, BRUXELLES.\n\nVIENT DE PARAITRE\n\nHENRI DE BRAEKELEER\n\nPEINTRE DE LA LUMIÈRE\n\nPAR\n\nCAMILLE LEMONNIER\n\navec un portrait du maître et quatre reproductions de ses eaux-fortes.\n\nPrix : 1 fr. 50.",
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     "texte": "Maison Félix MOMMEN & C°, Brevetés\n\nFABRIQUE ET ATELIERS : 37, RUE DE LA CHARITÉ, BRUXELLES\nTéléphone 1947\nFabrique de Couleurs, Panneaux, Toiles, Vernis, etc., etc.\nSpécialité de tous les articles concernant la peinture, la sculpture,\nla gravure, l'architecture et le dessin.\nRENTOILAGE, NETTOYAGE ET VERNISSAGE DE TABLEAUX\nGRAND PRIX ET MÉDAILLE D'OR A L'EXPOSITION DE S-LOUIS 1904\nPremières médailles aux Expositions d'Amsterdam, Paris, Liverpool, Le Havre, Bruxelles, Chicago, etc., etc.\n\nLIMBOSCH & CIE\nBRUXELLES 19 et 21, rue du Midi\n31, rue des Pierres\nBLANC ET AMEUBLEMENT\nTrousseaux et Layettes, Linge de Table, de Toilette et de Ménage,\nCouvertures, Couvre-lits et Edredons\nRIDEAUX ET STORES\nTentures et Mobiliers complets pour Jardins d'Hiver, Serres, Villas, etc.\nTissus, Nattes et Fantaisies Artistiques\nAMEUBLEMENTS D'ART\n\nINSTRUMENTS DE CONCERTS ET DE SALONS\nPIANOS J. OOR\nDiplômes d'Honneur et Médailles d'or à toutes les Expositions\nPHONOLA\nappareil merveilleux, s'adaptant à tous pianos et permettant à chacun de jouer en virtuose avec nuances et sentiment.\nBRUXELLES, 83, RUE NEUVE\n\nVILLE DE BRUXELLES\nVENTE PUBLIQUE\nle mardi 4 juillet et quatre jours suivants,\nd'une importante réunion de\nLIVRES, ESTAMPES ET DESSINS\nprovenant des collections de\nfeu M. Ch. TILMAN, inspecteur général au ministère de l'Instruction publique et de M. E. S., ancien magistrat.\nLa vente aura lieu à 4 heures précises, par le ministère de l'huisier L. Cox, en la galerie et sous la direction de M. E. DEMAN, libraire-expert,\n80, rue de la Montagne.\nLe catalogue, comprenant 1,391 numéros, se vend 50 centimes.\nExposition chaque jour de vente, de 10 heures à 1 heure.\n\nANCIENNE MAISON ADÈLE DESWARTE\nALBERT MENDEL SUCC\nRue de la Violette, 28, Bruxelles.\nFabrique de couleurs fines\nMatériel pour artistes.\nToiles et coton préparés.\nPanneaux. — Châssis.\nMENUISERIE ARTISTIQUE\nBOITES, CHEVALETS, TABLES, ÉCRANS, PARAVENTS, ETC.\nDevis et croqués sur demande. — Prix très modérés.\n\nFabrique de cadres pour tableaux.\nCh. XHROUET\n192, rue Royale, Bruxelles\nCadres de tous styles et d'après dessin pour tableaux\naquarelles, pastels, etc.\nLE PLUS GRAND CHOIX DU PAYS\nPRIX MODÉRÉS\n\nFABRIQUE DE CADRES\nPOUR\nTABLEAUX, GLACES, GRAVURES, AQUARELLES, ETC.\nPH. CERISIER\n29, RUE DES DEUX-ÉGLISES, 29\nBRUXELLES\nSpécialité de cadres pour tableaux. — Passe-partout en tous genres.\nCadres anciens et modernes en tous styles.\nLavage et restauration de gravures.\nDorure à l'eau et au four (genre ancien) pour l'ameublement,\nTransport et expéditions — Prix modérés.\n\nDEMANDEZ CHEZ TOUS LES PAPETIERS\nL'Encre à écrire indélébile\nBLUE-BLACK Van Loey-Noury\nSUPERIEURE A TOUTES LES AUTRES MARQUES\n\nImprimé sur papier de la Maison KEYM, rue de la Buanderie, 12-14.\n\nBruxelles. — Imp. V° Monnom, 32, rue de l'Industrie.",
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