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     "texte": "VINGT-CINQUIÈME ANNÉE. N° 50. 10 DÉCEMBRE 1905.\n\n# L'ART MODERNE\n\nREVUE CRITIQUE HEBDOMADAIRE\n\nBUREAUX : RUE DE L'INDUSTRIE, 32, BRUXELLES\n\nABONNEMENT : BELGIQUE, 10 FRANCS L'AN; UNION POSTALE, 13 FRANCS. — LE NUMÉRO. 25 CENTIMES\n\nLes nouveaux abonnés pour 1906 recevront gratuitement l'ART MODERNE, à partir du jour de leur souscription jusqu'à la fin de décembre.\n\nL'ART MODERNE est envoyé à l'essai, pendant un mois, aux personnes qui nous en font la demande ou qui nous sont indiquées par nos abonnés.\n\nLes demandes d'abonnement et de numéros à l'essai doivent être adressées à l'Administration générale, rue de l'Industrie, 32, Bruxelles.\n\nOn est prié de renvoyer la revue à l'Administration si l'on ne désire pas s'y abonner.\n\nL'ART MODERNE est en vente, à Paris, à la librairie H. Floury, 1, boulevard des Capucines.\n\n---\n\n## SOMMAIRE\n\nUn portrait de Vermeer de Delft au Musée de Bruxelles (A.-J. Wauters). — « L'Ame Belge » (O. M.). — Le Prix Goncourt. — Musiques Maritimes : Aux Concerts populaires (HENRY LESBROUSART). — L'Exposition des Aquarellistes (O. M.). — Conférence de l'Université Nouvelle (M.). — Notes le musique : Concert Zimmer-Derscheid (O. M.); Deux pianistes : M. Bosquet, Mme Kleeberg-Samuel (Ca. V.). — La Reconstitution du Poliptyque de « l'Agneau ». — Chronique théâtrale (G. R.) — Accusés de réception. — Petite Chronique.\n\n---",
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     "texte": "## Un portrait de Vermeer de Delft au Musée de Bruxelles.\n\n« Tenez pour certain, dit Bürger dans sa première étude sur Vermeer de Delft, qu'il y a beaucoup d'autres œuvres de ce peintre sous le nom de Pieter de Hooghe ou de maîtres analogues. Il ne s'agit que de les reconnaître et de leur restituer leur véritable attribution. »\n\nDepuis cinq ans, le Musée de Bruxelles possède un Vermeer parmi ses ouvrages anonymes (n° 665). C'est un portrait d'homme acheté à Paris, en 1900, pour la somme de 19,500 francs. Tous les habitués de la galerie connaissent cette effigie, très particulière, très vivante, qui, dans la deuxième salle réservée à l'École hollandaise, voisine avec le *Moulin d'Hobbema*, et fait pendant au buste du professeur Hoornebeck, de Frans Hals. C'est un personnage assis, vu de face, vêtu d'un pourpoint noir à rabat, et coiffé d'un chapeau noir haut de forme, à larges bords. Il tient des gants de peau de chamois dans la main droite, le bras appuyé sur le dossier de la chaise sur laquelle il est assis. La figure est vulgaire : des cheveux plats, des lèvres épaisses, un regard inquiétant. Le fond des carnations est taché de petits points roses, empâtés, qui s'observent surtout sur le nez, les joues et le menton; des ombres bleutées enveloppent l'ovale du visage, contournent le nez et les yeux. Les noirs du costume sont veloutés; le fond de muraille est mouvementé par de chaudes ombres transparentes.\n\nLe portrait a fait partie des collections anglaises Peter Norton et Humphrey Ward, puis de celle de M. Otlet, à Bruxelles. Smith le catalogue sous le nom de Rembrandt, signé et daté 1644. Seulement cette signature et cette date, reconnues fausses, ont été enlevées. L'œuvre n'en a pas moins figuré sous le nom de ce maître à l'Exposition rétrospective de la Royal Academy, en 1888. Plus tard, elle fut considérée comme une production de la première manière de Nicolas Maes. C'est sous ce nom qu'elle fut vendue à Paris. La National Gallery conserve un portrait d'homme de Maes, signé et daté de 1666, donc peint lorsqu'il avait trente",
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     "texte": "398\n\nL'ART MODERNE\n\nquatre ans. C'est une peinture plate, sans parti-pris de lumière, aux noirs sans accent et dont la technique et le modèle diffèrent essentiellement du métier du portrait de Bruxelles. Celui-ci, à son entrée au Musée, fut donc provisoirement classé parmi les ouvrages anonymes.\n\nAu cours de nos recherches pour découvrir le nom de l'auteur, nous avons tenu à comparer le portrait avec quelques peintures authentiques du maître, et notre collègue, M. Cardon, ayant prononcé le nom de Vermeer de Delft, nous sommes allé revoir les Vermeer d'Allemagne, de Hollande, de Londres et de Paris.\n\nLe nouveau Vermeer du Musée de Berlin représente un Intérieur avec un couple buvant (n° 912°). La tête du cavalier, en belle lumière, est d'une facture extrêmement curieuse. C'est une sorte de peinture pointillée : des traits rosés, fort menus, couvrent le nez et le menton ; la bouche close, ombragée par une moustache naissante, est dessinée d'un trait noir, entre des lèvres sanguines. Le chapeau de feutre noir, haut de forme et à larges bords, projette de l'ombre sur le front et noie les yeux aux paupières baissées dans un clair-obscur délicat. L'autre tableau de Berlin (n° 912 b) montre, étalées sur la table, des étoffes noires, de ce beau noir bleui, résonnant, analogues à ceux qui, dans les portraits de Bruxelles, de Dresde et de la collection Czernin, à Vienne, imposent le silence à tous les noirs des peintures environnantes.\n\nA Dresde, il y a, outre le grand tableau à quatre figures, une Liseuse (n° 1336) qui présente également de nombreux traits de famille avec notre portrait. Ici tout le panneau est pointillé : le châssis de la fenêtre ouverte, le tapis et les fruits, la tête de la jeune femme aux joues rose brique et aux cheveux blonds, la chemisette, la taille verte à bandes de velours noir ; les mains et la lettre, le rideau et sa belle frange si admirablement détaillée..... Personne n'a surpris comme Vermeer le secret des empâtements lumineux. Le fond de l'appartement est de ton gris-pierre, teinté d'ombres, comme à Bruxelles, et, ce qui, dans les deux tableaux, est plus frappant encore, c'est la facture identique des mains.\n\nLa National Gallery de Londres attribue, avec raison, à Vermeer un groupe de deux figures en pied : La Leçon (n° 1699). Le professeur est coiffé d'un chapeau haut de forme, habillé de noir velouté et porte un rabat à glands absolument semblable, comme facture, à ceux du portrait de Bruxelles. Grande analogie également entre les mains des deux tableaux.\n\nVermeer a surtout peint des sujets de genre et quelques vues de villes, mais on lui connaît aussi des portraits qui sont à Londres, à Budapest, à La Haye et dans la collection du duc d'Arenberg, à Bruxelles.\n\nNos souvenirs étant devenus un peu confus quant au portrait de femme de Budapest (n° 316), nous avons prié M. Verlant, directeur des Beaux-Arts, qui se rendait en Autriche-Hongrie, de bien vouloir examiner le Vermeer du Musée hongrois au point de vue de notre hypothèse. Notre ami nous a rapporté l'assurance qu'il y a la plus grande ressemblance de facture et de coloris entre le portrait de Budapest et celui de Bruxelles, opinion qui vient de nous être confirmée par M. Heseltine, de la Commission de la National Gallery.\n\nEnfin, nous devons appeler aussi l'attention sur la chaise sur laquelle est assis le personnage, chaise dont le dossier est surmonté de têtes de lion en chêne sculpté. Ici encore, Vermeer se signale par sa technique si personnelle, ses petites touches de rehaut dans les chairs, sa façon si spéciale de fixer la lumière. Or, cette chaise, d'une forme particulière et dont le modèle meublait, sans aucun doute, son atelier, nous la retrouvons, absolument semblable, avec ses têtes de lion sculptées, dans plusieurs autres de ses tableaux : dans la Femme lisant du Rykmuseum d'Amsterdam (n° 2527) ; dans la Liseuse du Musée de Dresde (n° 1336) ; dans le Soldat et la Rieuse de la collection Joseph, à Londres ; dans la Cuisinière endormie de la collection Rodolphe Kaim, à Paris ; dans l'Intérieur du Musée de Berlin (n° 912 c), où elle est reproduite à deux exemplaires dont l'un joue un rôle capital dans la composition, montrant tout l'échafaudage de sa construction, — laquelle authentique, du même coup, la chaise du tableau de la National Gallery (n° 1699).\n\nCe modèle de chaise s'observe, il est vrai, dans quelques autres intérieurs hollandais de cette époque, mais nous ne l'avons rencontré dans aucune œuvre des peintres ayant avec Vermeer des points de contact, tels Pieter de Hooch et Nicolas Maes. Avec ses deux têtes de lion aux mufles polis et aux crinières brillantes, elle équivaut donc presque à une signature (1).\n\nA.-J. WAUTERS\n\n---",
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     "texte": "**« L'AME BELGE »**\n\nM. Henri Van de Putte a fait la semaine dernière à la Maison du Peuple une conférence très applaudie sur la Prétendue Ame belge. Tout en louant hautement nos compatriotes pour leurs nombreuses initiatives commerciales, industrielles, juridiques, sociales et artistiques, il a spirituellement raillé les exagérations\n\n(1) En nous faisant part de son importante découverte, M. A.-J. WAUTERS, membre de la Commission directrice des Musées royaux de Bruxelles, a bien voulu nous communiquer cette version française (inédite) de l'étude par laquelle il révèle aux lecteurs du Burlington Magazine de Londres l'auteur de l'effigie en question.\n\nRappelons que nous avons publié la reproduction de ce portrait, alors attribué à Nicolas Maes et intitulé le Calviniste, dans notre numéro du 16 décembre 1900, p. 401.",
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     "texte": "# L'ART MODERNE\n\n---\n\nd'un chauvinisme qui, récemment inventé par des patriotes ingé- nus et propagé par les partisans intéressés du régime actuel, menace d'entraver l'évolution progressive du pays, tout en nous couvrant de ridicule. Après les dithyrambes jubilaires et le déchaîne- ment des Brabançonnnes officielles, il était bon que quelqu'un nous rappelât au sentiment de la modestie. M. Van de Putte l'a fait avec humour mais non sans fermeté.\n\nSon couplet sur les panégyries anniversaires donnera le ton de son discours :\n\n« Nous venons de connaître six mois d'apothéoses. Pour fêter, soi-disant, les coups de fusil tirés au Parc, aux portes de Bruxelles, en 1830, avec beaucoup de grâce ma foi, avec courage, sous les ailes larges et rafraîchissantes du mot Liberté..., on pro- mena des Combattants, on gratifia le peuple du Pain et des Jeux, on s'assembla couvert de plaques parmi des gardes-civiques, on se répandit en Ommegancks, tandis qu'éclataient discours, can- tates, feux d'artifice.\n\nAvant que de rechercher les intentions de ceux qui, munifi- cents, nous payèrent avec nos deniers ces fêtes resplendissantes, disons qu'il y eut de bons actes à la féerie. En tout homme l'en- fant qu'il fut demeure, et il lance des monosyllabes admiratifs devant les longues et suaves fusées dont on empanache l'île du Bois de la Cambre; il est ravi de voir tant de lumières briller au long des boulevards et sur les monuments publics; juge pas- sionné ou bonasse, il assiste aux joutes nautiques, aux jeux de balle, aux festivals; il danse volontiers sous les étoiles; plus volontiers encore il goûte quelques dimanches dans la semaine, passés à « se promener en ville », à boire des verres, rien faire.\n\nLes fêtes sont toujours sympathiques.\n\nPour le Gouvernement, pour nos nationalistes, vaste réclame, c'est indiscutable : bonne presse, bon public. Pour nous, heureu- sement, en même temps, outre ses plaisirs enfantins, quelques voluptés artistiques.\n\nLe tournoi, c'était bien fait, ça avait de l'allure, de la couleur, du caractère, de l'exactitude. Le cortège c'était mieux encore. Plusieurs chars et le dessin de la plupart des costumes étaient dus à des hommes de goût sûr. Sous la belle lumière de l'été, qu'ils étaient ravissants ces jeux des couleurs : ces beaux cavaliers blancs, ces soldats et ces chevaliers de tous plumages, ces tendres chambres de rhétorique, cette Période espagnole, aux délicates et flambantes oriflammes, délicieusement diaprées!\n\nEncore, il y eut ceci : M. Pierpont Morgan nous prêta une tapisserie merveilleuse; le Palais de l'Art ancien, à Liège, se rem- plit de lits, de buffets, de cristaux, de dinanderies, dont com- bien étaient admirables; peintres et sculpteurs morts furent con- frontés avec les vivants.\n\nNous fûmes conviés là à un rare festin. Au Parc du Cinquante- naire, les plus terribles, les plus succulents, les plus parfaits des Rops, caricaturesques ou sadiques.\n\nToute l'œuvre de Constantin Meunier. La force mâle, la beauté mâle, les mains qui sèment, fauchent, taillent, abattent, les pieds qui marchent, les dos qui portent les fardeaux, les poitrines dont le souffle enflé le verre : le travail, l'homme. C'est bien là votre poète, ô ouvriers!\n\nHippolyte Boulenger, le plus peintre de nos peintres. Et toute la collection des chefs-d'œuvre de Leys et de Braekeler qu'on venait de réunir, pour les bien faire goûter, pour les bien célé- brer, à Anvers.\n\nEt Navez, et Alfred Stevens, Charles De Groux et Verwée.\n\nEt cependant, à Liège, étaient réunis nos meilleurs artistes vivants : Courtens et Delaunois, Gilsoul et Laermans, Emile Fabry, à qui étaient venus se joindre d'excellents étrangers : Rodin, Renoir, Carrière, Monet.\n\nVoilà-t-il pas de quoi dérider le plus grincheux? Et que veux-tu? Soixante-quinze ans de Belgique, ça se célèbre, que diable ! Quand même une union matrimoniale est déplorable, on s'empresse tou- jours de saluer, avec pompe et transports, ses anniversaires.\n\nIci, notre réticence. Ces fêtes ne furent pas d'intention inno- cente, non plus qu'inoffensives. Leur but? Glorification du minis- tère, inoculation au Belge de la fièvre patriotique. Et on réussit ! Qui disait donc — excellemment — qu'à force de la célébrer, on avait fini par faire être la patrie belge?\n\nCes fêtes furent le piège le plus savamment tendu qu'il nous ait jamais été donné de contempler. On persuada le populaire de son patriotisme en le lui affirmant. Les paroles s'envolent, les fêtes demeurent, a-t-on envie de parodier. Les fêtes frappent l'imagination et enjolent. Quel Romain eût douté de la bienfai- sance, de la puissance, de la divinité du régime qui lui offrait le cirque? »\n\nLa Nation belge ! La Patrie belge ! L'Ame belge ! Trois termes qu'on s'étonne de voir appliquer à tout propos (et hors de propos) à la réunion arbitraire de deux peuples séparés par la langue, par le tempérament, par le passé, par les influences subies, et même par l'intérêt. Vantons les individualités qui, en Flandre ou en Wallonie, ont tracé vaillamment leur sillon. Mais ne les considé- rons pas, au mépris de toute logique, comme l'expression d'une « patrie » unique, alors que cette patrie, toute artificielle, n'existe que par suite des hasards de la politique. Ainsi que l'a dit Met- ternich : « L'existence du royaume belge est le produit de circons- tances fortuites, non celui de conditions naturelles, — soit géo- graphiques, soit historiques, — conditions sur lesquelles repose la force irrésistible des Etats. »\n\nPour tenter de parer la Belgique, en lui donnant une origine reculée, de l'unité ethnique qui lui manque, M. Pirenne la fait remonter à 4339, date d'un traité d'alliance offensive et défensive entre la Flandre et le Brabant, traité auquel adhéra ensuite le Hainaut. L'histoire des Pays-Bas, c'est, d'après lui, l'histoire de deux groupes de territoires qui se détachent, par un mouvement irrésistible, des grands Etats dont ils relèvent et se transforment à la longue en principautés indépendantes.\n\nA quoi M. Van de Putte réplique :\n\n« La phrase revient à dire que, il y a dix siècles, les deux fractions d'alors de la Belgique actuelle ne tâchaient qu'à se débarrasser de tout joug étranger, tendaient de toutes leurs forces à l'indépendance, pour, dans la suite, comme l'historien nous le prétendra, très volontiers se réunir sous le Téméraire, qu'on se complaît à considérer actuellement comme le premier des souve- rains belges, le précurseur de Léopold Ier.\n\nMais il est on ne peut plus explicable, ce goût d'indépendance ! Un Flamand n'est pas plus fait pour être soumis à la France qu'un Wallon à l'Allemagne. Il serait même souhaitable qu'en opposition aux ouvrages qui chantent les patries forcées, les patries politiques, on écrivit une histoire des tentatives sépara- listes au long du temps. Que nous importe la grandeur de l'Alle- magne? Combien nous intéresse davantage le génie bavarois, que ne peuvent qu'atténuer la domination, l'absorption allemandes. Vive la Pologne contre la Russie! Vive la Flandre contre la France! (Et Dieu sait pourtant si nous aimons celle-ci.) Applaudis- sons à tout ce qui favorise les génies naturels des individus, des villes, des régions, contre les génies factices des groupements politiques.\n\nEt, d'autre part, ce n'est pas volontairement que cette Flandre et cette Lotharingie se réunirent sous le Bourguignon. C'est le Bourguignon qui les réunit. Elles ne se révoltèrent point parce que probablement elles se trouvèrent mieux gouvernées intime- ment par ce prince présent, que par quelque lointain allemand ou le roi de France. De sympathie irrésistible de peuple à peuple, aucune trace. De même aujourd'hui. Nous supportons volontiers le régime régnant, parce que, en le comparant à celui de nos voisins, nous le trouvons très supportable.\n\nNous tendons à mieux plutôt qu'à autre chose. Nous sommes plus libres qu'un Prussien ou un Russe. Constatons-le avec jus- tice. qu'on nous accorde l'égalité, davantage de libertés, les pro- grès politiques et économiques que nous réclamons, et nous nous",
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     "texte": "400\n\nL'ART MODERNE\n\nattacherons de plus en plus à ces institutions conformes à nos besoins, nos goûts, nos aspirations; avec plus de fierté nous porterons cette étiquette : Belges. »\n\nLa vérité, au surplus, n'a-t-elle pas été dite par M. Émile Vandervelde, dont l'orateur cite cette phrase significative : « La patrie n'existait pas hier, ou plutôt c'était la province, et avant la province la commune, et avant la commune la famille. Elle n'existera plus demain, ou plutôt elle jouera, dans la Fédération internationale, dans les États-Unis de l'Europe ou du Monde, le rôle, important mais subordonné, que jouent les familles, les communes, les provinces dans les organisations nationales actuelles. »\n\nC'est voir plus loin que l'horizon étroit auquel nos bons nationalistes prétendent limiter nos regards.\n\nO. M.\n\n---",
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     "texte": "LE PRIX GONCOURT\n\nNous apprenons avec grand plaisir que le prix Goncourt (5,000 francs) vient d'être attribué à notre collaborateur M. Claude Farrère.\n\nCe fut, la première fois, M. J.-A. Nau qui obtint cette distinction. La deuxième, M. Léon Frapié.\n\nLes membres de l'Académie sont MM. J.-K. Huysmans, Octave Mirbeau, P. Margueritte, Élémire Bourges, Descaves, Hennique, J. et H. Rosny, Léon Daudet et G. Geoffroy.\n\nNos lecteurs ont eu l'occasion d'apprécier, à maintes reprises, et tout récemment encore, l'esprit d'observation à la fois mordant, ironique et « bon garçon » de M. Claude Farrère, que le prix Goncourt classe au premier rang des jeunes écrivains français.\n\nSon premier volume, *Fumée d'opium*, préfacé par M. Pierre Louys, avait été remarqué des hommes de lettres. Le livre qui lui vaut le prix Goncourt est un étrange et voluptueux roman, *les Civilisés* (1), où il met en scène un groupe d'Européens habitant Saigon, la ville de tous les stupres et de toutes les ivresses. C'est un ouvrage au charme troublant, et dans lequel la satire se défend à peine, tout en la blâmant, contre la séduction de la vie asiatique. L'académie Goncourt a eu la main heureuse en retirant ce beau livre de la masse des romans contemporains et en signifiant ainsi son auteur à l'attention du grand public. Nous adressons à notre collaborateur nos sincères et amicales félicitations. Mais sur quelle rive lointaine — car M. Claude Farrère est marin — l'heureuse nouvelle lui parviendra-t-elle?\n\n---",
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     "texte": "MUSIQUES MARITIMES\n\nAux Concerts populaires.\n\nEn inscrivant au programme de deux concerts successifs *La Mer* de Gilson et *La Mer* de Debussy, M. Dupuis provoquait le rapprochement. Aucun des fidèles de ses auditions n'a manqué d'établir le sien : ne faisons pas exception, et allons-y de notre parallèle.\n\nGilson est synthétique; Debussy analyste. La fresque du premier est brossée à grands coups, couleurs fortes, ensembles larges; le second discute ses sensations, et les note, une à une, avec minutie. Gilson, pittoresque et simple, a composé sa toile en\n\n(1) Paris, librairie P. Ollendorff.\n\npanorama; Debussy, littéraire et ingénieux, couvre les murs de sa salle d'exposition de dessins, aquarelles et pastels fixant chacun un aspect rare et toujours exquis de la mer atirante : chaque cadre entoure un croquis différent, sans nuire à l'heureuse homogénéité de l'ensemble. Gilson est parti en pleine Atlantique; l'horizon est tout entier glauque et mouvant; lui-même en est le centre effacé et, autant que possible, impersonnel. Debussy, resté sur la plage, observe l'élément du point de vue objectif; il voit, écoute, ressent, vibre et enregistre : mais son cerveau seul fermente dans son œuvre, et si son *interprétation* est merveilleuse, il conserve cerveau et cœur libres, sans s'identifier à la nature, sans tenter de superposer à son âme celle que la poésie attribue à l'océan.\n\nDe cette distinction essentielle découlent les divergences assesseuses. Gilson académique emploie les développements traditionnels, ne s'écarte pas des règles conservatoriennes de tonalité et de rythme. Debussy se grise de dissonances et d'imprévus, — tout en conservant dans son imprécision même une sûreté de métier qui donne à ses idées apparemment les plus inachevées un tour définitif. Gilson, germain un peu impressionné par l'école russe, aime la couleur, le sentimental, le grandiose; il drape sur une armature solide et simple les plis lourds et peu compliqués de son étoffe orchestrale. Debussy, latin, *racé*, ingénieux, chercheur, cultive sa sensibilité, craint la boursouflure et l'émotion banale, redoute la longueur, la disproportion, le « gros ».\n\n***\n\nL'œuvre nouvelle de M. Debussy a été accueillie sans grand enthousiasme. Est-elle trop raffinée, trop dédaigneuse des procédés, trop intellectuelle pour qu'un public, même relativement cultivé comme le nôtre, l'adopte dès la première audition? Je ne sais. Il semble plutôt qu'on l'écoute mal, ou qu'on y cherche ce que Debussy n'a pas voulu y mettre. L'habitude veut qu'une mélodie parfois trop accapareuse, soutenue par un accompagnement parfois trop modeste, guide l'auditeur dès les premières mesures d'un morceau symphonique : le public, routinier, cherche d'instinct ce fil d'Ariane, et croit comprendre s'il pense le tenir. Une telle préoccupation, à l'audition de *la Mer* de Debussy, est stérile et nuisible : elle détruit la délicieuse qualité de l'impression réelle, qui est dans le tout, dans les harmonies, dans l'atmosphère engendrée par les quatre-vingts voix de l'orchestre. Dès que vous l'aurez compris, dès que votre oreille aura perçu le langage des successions d'accords et des juxtapositions instrumentales, vous resterez surpris qu'il puisse se trouver en dehors de la tabulation classique tant de charme, tant de sensibilité pénétrante et de souplesse libre. Et dans cet abandon, nécessaire pour que le régal soit intact, vous démêlerez bientôt, avec quel émerveillement! la mélodie, la vraie mélodie, éternel langage du sentiment, portée par les évolutions harmoniques, et si étroitement unie avec elles que l'on ne saurait les séparer sans briser la suavité d'un mariage parfait.\n\nC'est dans le premier mouvement, *De l'Aube à midi sur la mer*, qu'on distingue le mieux le caractère *successif* des interprétations de Debussy. Il fait passer tour à tour devant nous des portions de mer, et les détaille l'une après l'autre. Ses pastels apparaissent surtout comme études de surface. Ils ont l'humidité de l'ambiance océanique, mais ils ne veulent pas pénétrer la profond deur des masses liquides. C'est de la lumière qui joue sur l'eau. Que de notations charmantes, et quelle infinie variété de métier!",
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     "texte": "# L'ART MODERNE\n\n## Enveloppés par de fréquents frottis des cordes, d'une fluidité adroite, les flots s'étirent, la mer allonge ses chatteries, en rythmes ralentis; les vagues s'écrroulent, — légères saceades de sons; un rayon de soleil accroche une crête mousseuse, et saute ricochant, de plan en plan, jusqu'à l'horizon où il s'évanouit... Les Jeux des vagues ont été mieux appréciés: le premier tableau avait peut-être commencé la préparation de l'auditoire. Cette deuxième partie est tout à fait adorable, bien que nous l'estimions moins intéressante comme originalité et comme pensée que les mouvements I et III. Ici aussi l'orchestre s'amuse: la flâte, la harpe, les cors, la trompette elle-même battent et trillent; l'ensemble reste toujours heureux, lumineux, avec des raffinements d'ingéniosité laissant entière la complète candeur d'une fraîche poésie maritime.\n\nLe troisième mouvement, Dialogue du vent et de la mer, semble légèrement forcé. Il y a de petits halètements d'expression; certains crescendos trop courts sont vite épuisés. Le vent est un peu mince, un peu terrien; la mer est moins présente. L'orchestre reste fort beau, puissant, sobre, avec cette particularité qui est toute la personnalité de Debussy que chaque instrument participe pour une importance presque égale dans l'expression générale. Un instant, l'interprétation paraît s'émerveiller; à deux reprises, un sentiment d'essence dramatique échauffe l'analyste; on songe aux émois, aux extases de la rencontre de Psyché et de l'Amour de Franck. Mais le narrateur (ou le dessinateur) se ressaisit et l'œuvre se termine élégamment, sans longueur, sans véritable péroraison, comme si l'auteur laissait entendre qu'en traitant un pareil sujet on ne saurait conclure.\n\nIl faut féliciter et remercier tout particulièrement M. Dupuis d'avoir fait connaître cette œuvre délicieuse, originale et profonde; et vraiment, il l'a présentée avec un soin délicat, un souci intelligent des nuances, des plans d'orchestre, de la nouveauté d'expression du jeune maître français. On peut également le louer d'avoir inscrit au programme deux autres œuvres en première audition; mais, si ce souci de nouveauté doit nous enchanter, à l'Art moderne surtout où le « misonisme » n'est pas de mise, encore faudrait-il, doser plus modérément les breuvages inconnus offerts à un public d'humeur plutôt conforme! Après tout, c'est là son affaire. Pour ce qui nous concerne, nous avons pris grand plaisir à écouter le très curieux essai de M. Delius, Paris la nuit, œuvre un peu déjetée, un peu disproportionnée, mais qui décèle un incontestable talent et dénote une science d'orchestre profonde et de grandes ressources. M. Dupont a écrit avec simplicité et équilibre une Morgane que le public aurait mieux appréciée s'il avait pu l'entendre tout tôt.\n\nEnfin l'inévitable élément virtuose était représenté par une gentille enfant de dix-sept ans, Mme Stéfi Geyer, qui joue du violon avec beaucoup d'habileté et promet un phrasé extrêmement gracieux et naturel. Elle a exécuté l'inévitable concerto: c'était, cette fois, une œuvre de Goldmark, dans laquelle il y avait vraiment assez bien de musique. Il y en avait beaucoup moins dans le Rondo capricioso de Saint-Saëns, presque plus dans des Czardas de Hubay, et certainement pas du tout dans les plates et déconcertantes petites acrobaties que cette personne mal conseillée a exécutées en bis. Ah! la soif des bravos!\n\nHENRI LESBROUSSART.",
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     "texte": "## L'Exposition des Aquarellistes.\n\nLa mort a été dure pour les aquarellistes. Quatre d'entre eux: Con-tantin Meunier, Isidore Verheyden, Léon Abry, Césare Dell'Acqua — ce dernier, fond·teur de la Société — ont disparu depuis moins d'un an, et leurs œuvres s'ornent douloureusement, à la cimaise, d'un crêpe funèbre et d'une palme... Celles de Meunier sont, faut-il le dire, par l'ampleur du style et la noblesse du dessin, parmi les plus belles que rassemble le présent Salon. Qu'il les pèrit dans la terre plastique ou qu'il les silhouetait du bout des martres, l'admirable artiste conférait à ses types de hâleurs et de marteleurs la même allure, synthétique et définitive. De même, on retrouve dans la Petite Chapelle en Campine, dans le Vieux Moulin et dans un Hiver d'Isidore Verheyden les qualités solides et brillantes de sa peinture à l'huile. Et bien qu'il ne fût pas un « professionnel » de l'aquarelle, il créa, dans ce genre spécial, des impressions personnelles que nul ne peut lui disputer.\n\nDécimée par la mort, la Société des Aquarellistes a fait appel à des talents nouveaux. Le choix qu'elle a fait de MM. Georges Lemmen et Charles Mertens est tout à fait heureux. Ce sont, l'un et l'autre, des artistes novateurs, originaux, sincères, pour qui l'aquarelle n'est que le moyen d'extérioriser une sensation d'art. C'est — au rebours de tant d'autres — l'impression artistique seule qui les guide. Le procédé demeure subordonné à leurs conceptions et varie avec elles, loin de s'immobiliser dans une recette unique. C'est ce qui donne un si grand charme aux intimités de M. Lemmen: Le Tricot, Mère et Enfant, la Couture, etc., ainsi qu'aux notations précises et documentaires de M. Mertens: Grenier de moulin, Estacade, Crique.\n\nCette même intensité, cette acuité visuelle, cette sensibilité expressive indépendante des moyens de la réaliser, on les retrouve dans les coins d'églises, les béguinages, les « portraits psychologiques » de M. Alfred Delaunois, dont l'important envoi marque parmi les meilleurs du Salon. L'évocateur du silence des cloîtres a l'art de produire, avec des cadres grands comme la main, une impression énorme.\n\nM. Khnopff doit être rangé, de même, parmi les aquarellistes d'exception. Ses dessins rehaussés: D'autrefois, Isolde, etc., volontairement énigmatiques, proferent un talent raffiné et subtil, pour qui la vie n'est qu'un prétexte au rêve et l'occasion de traduire par des formes des pensées souvent hermétiques.\n\nLe groupe des aquarellistes proprement dits nous ramène à des notions plus usitées. Les impressions de nature de M. Stacquet, bien qu'un peu factices, plaisent par leur tonalité harmonieuse et leur distinction. M. Franz Charlet évoque avec esprit les « Maisons dorées » de Bruges. M. Cassiers trouve des filons nouveaux dans l'inépuisable mine que lui fournit le sol de la Hollande. Son ami Charles Bartlett s'attaque cette fois, non sans succès, à la Bretagne. M. Donnay stylise avec goût les aspects de la vallée de l'Ourthe. M. Marcette étudie à Nieuport, avec un réel bonheur, la fluidité des eaux, la transparence des ciels maritimes. M. Jacob Smits peint avec âpreté les frustes intérieurs campinois, tandis que son homonyme Eugène Smits rajeunit chaque année davantage sa palette en nous offrant — cette fois c'est Othello racontant ses aventures, c'est la Tresse, c'est la Manchette — des visions délicieuses, d'un coloris châtoyant et nacré.\n\nCitons encore un portrait de M. La Touche, un intérieur de M. Luigini et une aimable composition archaïque de M. Lynen.\n\nLa plupart des autres exposants ne nous apportant point de note nouvelle — c'est le cas pour MM. Uytterschaut, Hagemans, Hannon, De Mol, Hoeterickx, Van Leemputten, Pequereau, Titz, Thémon, Mmes Gilsoul et Montalb — nous nous bornerons à mentionner leur participation.\n\nParmi les invités, signalons particulièrement M. Alexandre Robinson, qui déploie dans des impressions de Venise, de Naples et de Florence (pourquoi les avoir si mal placées?) de jolies qualités de lumière et de couleur; M. Van Hoytema, l'un des meilleurs animaliers de ce temps; MM. G. Muller, G. Staller et G. Bottini.\n\nO. M.",
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     "texte": "**Conférences de l'Université Nouvelle.**\n\nM. Ossip-Lourié a fait lundi dernier à l'Université Nouvelle une très intéressante conférence sur l'Esthétique russe. Le conférencier a successivement passé en revue la peinture, la sculpture, l'architectur Aux-Moustaches-En-Croc, comme l'eût désigné Homère. Le local, le buste en plâtre du Kaiser et l'impériale image photographique qui lui fait vis-à-vis appelaient un programme allemand auquel les exécutants : M. Zimmer, Mme Zimmer et Mlle Derscheid ont donné l'interprétation germanique congrue. On applaudit la Sonate en ut mineur (op. 30) de Beethoven, celle de Brahms en ré mineur (op. 408), quatre des plus belles mélodies de Schubert. Et les moustaches du souverain semblèrent plus menaçantes quand, pour clôturer la séance, Mme Zimmer se permit de chanter en français quelques lieder (restons dans la note teutonique) de M. Gabriel Fauré. Elle les chanta d'ailleurs dans la demi-teinte, avec des inflexions douces et murmurantes, afin, sans doute, de se les faire pardonner des Alrunes du lieu.\n\nLes débuts de la jeune cantatrice furent très sympathiquement accueillis. Mme Zimmer possède une jolie voix de mezzo grave, étendue et homogène, qu'elle conduit en musicienne. Elle file le son avec art et trouve dans l'expression mélodique des nuances charmantes. L'expérience lui apprendra à chanter plus « en dehors » et à hausser aux exigences des salles de concerts le volume de voix qu'elle eut, jusqu'ici, coutume de régler sur les dimensions restreintes des Salons.\n\nM. Zimmer accompagnait sa femme au piano. Beau-frère d'une pianiste, les Gunther lui sont devenus Stradivarius!\n\nO. M.\n\n**Deux pianistes : M. Bosquet, Mme Kleeberg-Samuel.**\n\nDeux pianistes, et non des moindres : lui, parce qu'il est un grand modeste et un grand convaincu ; elle, parce qu'elle est, parmi les femmes-pianistes, l'une des plus remarquablement douées et des plus intelligentes.\n\nDeux récitals presque irréprochables comme programme; « presque », disons-nous ; et cette restriction vise M. Bosquet, qui a cru bon d'ajouter l'intempérance antimusical de Liszt (homme aussi exquis que compositeur néfaste), à la beauté grandiose et sans tache de Bach, de Beethoven et de Franck, et au modernisme intéressant de Fauré et de Debussy. Mme Kleeberg a eu le courage et la pensée heureuse, en ce temps d'éclectisme à outrance, de ne mettre que Beethoven à son programme; et comme le « Vieux sourd » a encore du bon, l'art pur en a considérablement bénéficié.\n\nLes interprétations de Mme Kleeberg sont toujours intéressantes et dénotent une étude fouillée des œuvres exécutées; peut-être même trop fouillée parfois, car il lui arrive, en voulant détailler à fond, d'amoincir l'impression d'ensemble. Sa manière de jouer n'est donc pas exempte, à certains moments, d'une précision, très féminine, il est vrai, mais qui n'en est pas moins nuisible, quand il s'agit de donner à certaines œuvres leur physionomie vraie. C'est ainsi que Mme Kleeberg a donné une interprétation « antipathétique » de la sonate, qui, bien que portant le nom de « pathétique » ne l'est déjà que médiocrement par elle-même. De même, dans le Largo e mesto de la sonate op. 40 n° 3, encore qu'elle l'ait joué avec une rare intelligence et une profonde conscience, elle nous paraît avoir trop sacrifié la ligne d'ensemble au fini des détails.\n\nD'autre part, il nous semble qu'elle ne parvient pas à rendre avec l'intensité d'expression voulue ce qui est grave, austère, douloureux. Son jeu est trop perlé, trop joli pour cela. Aussi avec quelle grâce exécute-t-elle tout ce qui exige la souplesse, le charme, la magie du phrasé! Notamment le Menuetto de la sonate op. 40 n° 3, le Thème et variations op. 34, la dernière partie (dont toute la face heureuse du talent de Mendelssohn semble être sortie) de la sonate op. 90, et la sonate op. 33 (la prétendue Aurore) que l'on peut concevoir de deux façons différentes : héroïque ou fougueusement aimable; l'ayant comprise de cette dernière façon, Mme Kleeberg l'a rendue à la perfection, avec des jeux de pédales surprenants d'habileté.\n\nLa caractéristique de M. Bosquet est de voir avant tout l'ensemble et de lui subordonner le détail. Et sa vision d'ensemble est généralement belle et juste. Il nous l'a montré de maîtresse manière, en jouant d'abord le Toccata et Fugue en ut mineur de Bach. Nous ne saurions exprimer avec assez de force notre enthousiasme pour son interprétation de cette œuvre merveilleusement variée qui fait défiler devant nous, depuis son début jusqu'à sa conclusion titanesque, tout un monde de pensées musicales correspondant à tout ce que nous pouvons concevoir de plus divin, intellectuellement et sentimentalement.\n\nL'excellent pianiste continue à nous montrer la beauté de sa vision en jouant, avec une infinie délicatesse, l'une des dernières sonates de Beethoven. (Op. 409).\n\nEt il a achevé de nous subjuger en jouant le colossal Prélude, Aria et Finale, dans lequel César Franck a mis toute son âme, grande par sa simplicité de primitif et par son incomparable fer- veur. Pourquoi ne joue-t-on pas plus souvent cette œuvre à Bruxelles? Elle est pourtant aussi belle, sinon plus belle que Prélude, Choral et Fugue qui a fréquemment joui des honneurs de nos concerts. Elle date de 1886; elle est donc postérieure d'en- viron deux ans à Prélude, Choral et Fugue et d'un an aux Variations symphoniques; elle a été composée la même année que la Sonate pour piano et violon. C'est une œuvre indéfinissablement belle, qui contient en elle, semble-t-il, tout ce qui est cher à notre âme moderne, de plus en plus éprise d'art et de mysticisme (ces deux mots ne sont-ils pas synonymes?), à mesure que la civilisation actuelle, dominée par des nécessités économiques bruta- les, s'écarte de cet idéal.\n\nM. Bosquet a cependant interprété très librement l'œuvre de Franck, et spécialement le Prélude, dans lequel les licences de mouvement ont un peu surpris au premier abord. 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     "texte": "## La Reconstitution du Poliptyque de « l'Agneau ».\n\nA la dernière séance de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Gand, M. L. Maeterlinck a entretenu ses collègues du projet d'exposition de l'œuvre des frères van Eyck dont nous avons parlé et dont le « clou » sera la reconstitution temporaire du poliptyque de l'Agneau mystique.\n\nLa première idée de cette imposante manifestation artistique fut, dit-il, émise dès 1898 à l'une des réunions de la Société d'archéologie gantoise. L'exposition devait coïncider avec l'inauguration d'un monument à ériger à la mémoire d'Hubert van Eyck dans la cathédrale de Saint-Bavon, où se trouvent les principaux panneaux du retable. Lors de l'Exposition des Primitifs flamands à Bruges, en 1902, le même désir fut exprimé et des démarches officielles furent faites par le Gouvernement belge pour obtenir le prêt des volets de Berlin. Ces démarches se heurtèrent malheureusement à un refus formel de la direction des musées de la capitale de l'Allemagne. L'impression profonde provoquée à Bruges par celles des œuvres des Van Eyck qui y furent réunies aviva le regret de n'avoir pu reconstituer le retable de l'Agneau.\n\nDans son étude sur Hubert van Eyck, son œuvre et son influence, M. Durand-Gréville écrivit peu de temps après : « Si l'on pouvait organiser une exposition internationale des van Eyck et de leur école!... Et pourquoi un tel rêve ne deviendrait-il pas une réalité? Celui de l'Exposition des Primitifs flamands, qui paraissait si téméraire, n'a-t-il pas réussi à Bruges? Cette exposition peut et doit se faire! »\n\nVers la même époque l'organisateur de l'Exposition des Primitifs français, M. Henri Bouchot, faisait ressortir à son tour dans l'Art et les Artistes la nécessité de réunir les fragments dispersés du poliptyque de Gand. « Je n'apprendrai à personne, écrivait-il, que l'histoire de l'art a pour point de départ ce monument unique; que tout vient de là, et que sans les van Eyck, et notamment sans l'Agneau, nous nous fussions péniblement trainés à la suite de Gioto sans avoir connu la peinture à l'huile, dont les deux frères ont inventé les secrets entre 1440 et 1444. » L'artiste finissait par ces mots : « Une telle manifestation, pour se produire, doit avoir le patronage de l'État et le concours des hommes compétents de la Belgique et de l'Allemagne. Si on le veut en haut lieu, la chose est faite. Ce sera pour la plus grande joie de tous et le grand profit de l'érudition et de l'art. »\n\nLe conservateur du Musée de Gand a tenu à faire constater qu'il n'a pas eu le premier l'idée de la reconstitution du retable et que son rôle s'est borné à essayer de faire passer le projet, qui était dans les désirs de tous, de l'état de rêve à celui de réalité. « Au commencement, dit-il entre autres, tout le monde nous objectait : Vous n'aurez pas les volets de Berlin; ils ont été refusés en 1902; vos démarches sont inutiles, etc. On oubliait que depuis cette époque nous avons eu le brillant succès de nos primitifs flamands à Bruges, suivi de celui des primitifs français à Paris, sans oublier celui des primitifs allemands à Dusseldorf. Ce qui paraissait impossible jadis pouvait être réalisé dans les circonstances actuelles, éminemment plus favorables.\n\nIl fallait tout d'abord connaître les dispositions des conservateurs des musées royaux de Berlin. Ceux-ci se montrèrent très sympa hiques au projet. Le transfert à Gand des volets de Berlin ne leur paraît nullement impossible, à la condition que l'exposition soit installée dans une salle bien éclairée, permettant l'examen complet et minutieux de toutes les parties du chef-d'œuvre.\n\nComme le font remarquer MM. Bode et Friedländer, les splendides panneaux de Gand sont, en effet, pour ainsi dire inconnus; certaines parties sont hors de vue et leur emplacement même empêche d'étudier la partie supérieure, qui présente un si grand intérêt.\n\nAyant jugé que cette fois des démarches officielles présenteraient des chances sérieuses de succès, la ville de Gand a promis d'organiser l'Exposition Van Eyck, avec le concours du gouvernement, si toutefois l'autorité diocésaine de Saint-Bavon permettait l'exposition de l'Agneau dans les locaux du Musée des Beaux-Arts. Grâce à la bienveillante intervention de M. le chanoine van der Gheyn, une réponse favorable a été faite. La ville pourra disposer du retable dès que les panneaux de Berlin lui seront parvenus.\n\nAjoutons que M. Verlant, directeur des Beaux-Arts, a bien voulu promettre aux promoteurs du projet de faire partie du comité d'organisation. Celui-ci a fixé cette belle manifestation d'art aux mois de juin à septembre 1906.\n\nM. Maeterlinck a proposé à la Société d'histoire et d'archéologie de convoquer en même temps un grand Congrès international d'histoire de l'Art, spécialement consacré à l'étude des multiples questions que soulève l'étude de la vie et des œuvres des frères Van Eyck. La société s'est montrée très favorable à ce double projet. Elle a exprimé le vœu que M. Maeterlinck continue ses démarches, avec l'espoir de les voir aboutir.\n\n---",
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     "texte": "## CHRONIQUE THÉÂTRALE\n\nMM. Paul et Victor Margueritte, les champions courageux du divorce unilatéral, sont venus plaider sa cause à Bruxelles au cours de la semaine dernière. M. Victor Margueritte, payant de sa personne et de sa jolie voix au charme presque féminin, a confié d'abord sur ce grave sujet au Cercle artistique et littéraire. Il y avait foule, une foule très élégante, très mondaine, très conforme, que les arguments pressés du conférencier ont dû singulièrement bouleverser. Le lendemain, au théâtre du Parc, la représentation du Cœur et la Loi est venue confirmer et illustrer la thèse audacieuse des frères Margueritte. Dire que le public s'est follement amusé, ce serait de l'exagération. Toutes les discussions juridiques auxquelles la pièce donne lieu sont assez ennuyeuses. Les personnages trop souvent sont des avocats qui défendent une cause, plutôt que des êtres humains qui luttent pour le bonheur ou pour la passion. Quelques scènes, pourtant, ardentes, généreuses, où passe le grand souffle de la liberté et de l'amour, ont emporté le succès, et l'on a pu voir les spectateurs des fauteuils et des loges applaudir les tirades révolutionnaires de l'héroïne du drame, tout comme de simples habitués du paradis. En tous cas, la pièce nous aura convaincus — et c'était l'unique but des auteurs — qu'il peut se présenter des cas où le divorce par la volonté d'un seul s'impose. Mlle Sergine, sur laquelle on a fondé tant d'espérances — à bon droit, nous semble-t-il, — prêtait au personnage de Franckie le Hagre, l'épouse liée par la loi à un époux indigne dont elle ne peut s'affranchir, le secours de son talent nombreux, varié, tour à tour violent et tendre : et voilà certes une actrice qui a du tempérament. La troupe de l'Odéon l'entourait d'une façon irréprochable. Et, somme toute, ce ne fut pas une soirée perdue, puisqu'elle contribua peut-être à détruire quelques préjugés dans les têtes légères ou rebelles au progrès des idées des mondiaux qui y assistèrent.\n\nMonsieur Piégois, de Capus, dont le théâtre du Parc donnait le lendemain la première, a un premier acte un peu languissant, un deuxième très bon et terminé par une scène très émouvante, un troisième très faible et dont le dénouement laisse beaucoup à désirer. Voilà ce qui arrive quand on veut écrire trop vite. On ne prend plus le temps de mûrir son idée et l'on accouche de comédies imparfaites qui laissent voir leurs défauts et leurs trous malgré toute la broderie d'esprit dont on a soin de les parer. Et pourtant, il y avait là une idée charmante qui, traitée avec moins de précipitation, eût donné une pièce vraiment nouvelle et originale.",
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     "texte": "404\n\nL'ART MODERNE\n\nM. Piégois est un déclassé. Il a de l'instruction et aurait pu devenir médecin, tout comme un autre. Sans fortune, il a fait tous les métiers et finalement, ayant trouvé la veine, il est devenu directeur d'un cercle de jeux dans les Pyrénées. Il est maintenant riche et féminale. Son caractère est un curieux mélange de cynisme et de politesse, d'audace aventurière et de véritable bonté. Ainsi, il a toujours gardé sa maîtresse de jadis, une ancienne ouvrière sans éducation ; peut-être même l'épouserait-il, s'il ne rencontrait tout à coup une jeune veuve de bonne famille. Hélène Audry, dont il devient amoureux. Celle-ci de son côté se sent attirée vers lui, mais elle refuse de céder à ce sentiment et, dans une scène très belle, elle crie à Piégois son mépris pour cette fortune qu'il a gagnée en exploitant la passion du jeu. Mais Piégois a promis de sauver le frère de Mme Audry, le banquier Jantel, ruiné à plates coutures. Il ne le sauvera pas, puisqu'on le traite de la sorte! Et il sort furieux, tandis que Jantel s'effondre en sanglotant. Si fait, il le sauvera tout de même : il rentre, secoue Jantel, l'emmène et s'adressant à Henriette, d'un air et avec un accent canailles : — « J'ai pas été très chic tout à l'heure, dit-il. Mande bien pardon, Madame! » On devine comment tout cela finira. Les dénouements de Capus sont optimistes par essence. Henriette revient sur ses préventions et épousera Piégois qui, par amour, s'est en quelque sorte réhabilité. Il ne sera plus directeur de cercle, il sera banquier. Il y a des gens qui prétendent ne pas bien voir la différence... Quant à Emma, sa vieille maîtresse, elle épousera Lebrasier, un ami d'ancienne date, vieux garçon, grognon, envieux, potinier, un peu conventionnel mais qui, représenté par l'excellent M. Gerby, est très amusant. M. Chautard a fait du rôle de M. Piégois une création remarquable; il a été tout le temps, avec une vérité parfaite, dans la peau de son personnage. M. Barré ne paraissait pas à son aise dans le rôle de Jantel, mais M. Gildès a été un maire délicieux. Quant aux dames, Mme Juliette Clarel (Henriette Audry), Mme Damaury (Mme Jantel) et Mme de Dosme (Emma, la maîtresse de Piégois), elles rivalisent d'élégance, de toilettes et de talent. Que de grâce, que de dentelles, que de soie, que de velours! Les spectatrices ne savaient plus si elles étaient venues pour regarder ou pour écouter! Elles auraient eu tort, d'ailleurs, de se laisser trop distraire par le luxe étalé sur la scène. La pièce de M. Capus, tout en n'étant pas de ses meilleures, a la beauté du diable. Même quand on a envie de la critique, on est séduit, charmé, vaincu par ce dialogue si plein de vie et de verve. Monsieur Piégois est une comédie mal faite, c'est possible, mais elle a toutes les séductions d'une femme laide qui a beaucoup, beaucoup d'esprit.\n\n* * *\n\nLe théâtre de la Monnaie continue la série de ses reprises annuelles. Mireille a reparti à l'affiche avec une distribution un peu modifiée. C'est Mlle Korsoff qui chante le rôle de Mireille. Elle y déploie, peut-être même avec quelque excès, toutes les ressources de son étonnante virtuosité. Mlle Bourgeois est une excellente Taven et ce joli rôle de vieille n'a jamais trouvé une plus jeune et plus aimable interprète. MM. David, Bourbon et Dassy gardent leurs rôles de l'an dernier.\n\nG. R.",
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     "texte": "ACCUSÉS DE RÉCEPTION\n\nPOÉSIE — Litanies à la Bien-Aimée, par Léon Wauthy. Paris et Liège, l'Édition artistique.\n\nROMAN. — Les Civilisés, par Claude Farrère. Paris, P. Ollendorff. — Le Mystère du Visage, par Camille Maucclair. Paris, P. Ollendorff. — Le Dernier Satyre, par Théo Varlet. Lille, édition du Befroi. — Le Chalet dans la montagne, par Eugène Montfort. Paris, E. Fasquelle.\n\nCRITIQUE. — La Renaissance septentrionale et les premiers maîtres des Flandres, par Fierens Gevaert. Bruxelles, G. Van Oest et Cie. — Anders Zorn, par Vittorio Pica. Vingt-neuf illustrations. Extrait de l'Emporium (septembre 1903). — Erasme Raway, par Georges Dwelshauvers. Extrait de la Revue de l'Université de Bruxelles. — Les Musiciens célèbres. Liszt, par M.-D. Calvocoressi. Bibliographie critique illustrée de douze reproductions hors texte. Paris, H. Laurens. — La Littérature contemporaine (1905), par Georges Le Cardonnel et Charles Vellay. Opinion des écrivains de ce temps. Paris, Mercure de France. — L'Histoire de l'Art apprise par des promenades dans Paris, par L. Décout. Blois, Imprimeries réunies du Centre (E. Rivière).\n\nDIVERS. — Histoire de la Forêt de Soigne, par Sander Pieron. Orné de cent-seize illustrations et d'une couverture en couleurs par Louis Titz. Bruxelles, imp. scientifique Ch. Buelens. — Socialisme et Monarchie. Essai de synthèse sociale, par Emile Sigogne. Bruxelles, V° F. Larcier; Paris, F. Alcan. — Richard Wagner à Mathilde Wesendonck. Journal et lettres (1833-1874). Traduction de M. G. Knoepff; préface de M. H. Lichtenberger. Deux volumes. Berlin, Alex. Duncker; Paris, O. Mieth; Bruxelles, Breitkopf et Härtel.",
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     "texte": "PETITE CHRONIQUE\n\nLa Libre Académie de Belgique se réunira samedi prochain pour conférer le prix annuel de la fondation Edmond Picard. L'Académie aura à se prononcer entre plusieurs candidats, parmi lesquels deux peintres, deux écrivains et un juriste.\n\nUne exposition rétrospective des œuvres de feu Cesare Dell' Acqua s'ouvrira demain, lundi, au Cercle artistique.\n\nLe cercle d'Art Aze ick Kan a ouvert hier, à Anvers, place de Meir, 117, son Exposition annuelle.\n\nUn Salonnet d'Art mobilier s'ouvrira mardi prochain à Verviers. Il est organisé par M. Bochoms, architecte, avec la collaboration de MM. M. Blieck et G. Jacmote, de Mûles Léo Jo et Jenny Lorrain.\n\nA Verviers, également, du 10 au 18 décembre, exposition de sept femmes peintres : Mûles G. Meunier, A. Eckermans, H. Gevers, H. de Harven, A. Mols, Mmes Holterhoff-de Harven et Wam bach.\n\nL'Art contemporain consacrera sa prochaine exposition rétrospective, qui aura lieu à Anvers en juin 1906, à Théodore Verstraete et à W. Linnig. L'œuvre des deux artistes sera réuni à peu près au complet.\n\nUne nouvelle association internationale d'artistes, les Peintres à l'eau, vient d'être fondée à Paris sous la présidence de M. G. La Touche. Elle compte parmi ses membres MM. A. Besnard, Ch.-W. Bartlett, Breitner, H. Cassiers, F. Charlet, A. Delaunois, F. Knoepff, F.-J. Luigini, A. Marcette, J. Sargent, L. Simon, J. Smits et H. Staequet.\n\nLe premier Salon des Peintres à l'eau s'ouvrira en février prochain à la Galerie des Artistes modernes, rue Caumartin.\n\nUne exposition internationale des Arts et Industries du Feu (Céramique, Verrerie, Cristallerie) aura lieu à Paris, au Cours la Reine (Champs-Elysées), de juin à octobre 1906, sous le patronage des ministres du Commerce, des Travaux publics et de l'Instruction publique. Direction générale : rue Saint-Roch, 49, Paris. Coordinatrice général pour la Belgique et la Hollande : M. Gustave d'Hénin, 41, boulevard Anspach, Bruxelles.\n\nNous tenons, dans nos bureaux, le règlement à la disposition des intéressés.\n\nMM. Fritz Toussaint et René Janssens, artistes peintres, viennent d'être installés comme membres de la Commission administrative du Musée d'Ixelles.\n\nC'est M. H. Richir qui succède à feu Isidore Verheyden comme premier professeur de peinture à l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles. M Jean Delville est nommé professeur de dessin d'après nature au même établissement.",
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     "texte": "# L'ART MODERNE\n\n405\n\nLa collection des portraits d'artistes peints par eux-mêmes du Palais Pitti, à Florence, va s'enrichir du portrait de M. J. Van Beers, le peintre anversois.\n\nM. Fernand Khnopff vient également d'être prié d'exécuter son portrait pour la même Galerie.\n\nCette demande lui a été faite au moment où il apprenait, d'autre part, qu'on venait de lui décerner la médaille d'honneur pour sa participation à l'Exposition internationale de Munich, où il avait envoyé une aquarelle.\n\nM. Emile Engel vient d'être nommé professeur au Conservatoire de Paris. C'est là un choix excellent. Après une brillante carrière théâtrale, M. Engel s'est, on le sait, fait dans l'enseignement du chant une place en vue. Sa méthode et son expérience rendront les plus grands services à la classe qu'il est appelé à diriger.\n\nLe concours de musique symphonique organisé par la Société des Nouveaux Concerts d'Anvers avait réuni neuf envois. Le jury était composé de MM. Vincent d'Indy, Humperdinck, P. Gilson, J. Blockx et J. Mortelmans, directeur musical de la société.\n\nLe prix a été alloué à M. A. Alpaerts pour son poème symphonique. M. Willems a reçu une mention honorable pour une composition intitulée *Excelsior*.\n\nL'œuvre couronnée sera exécutée à l'un des prochains concerts de la société.\n\nLa semaine musicale :\n\n*Dimanche 10.* — 2 h. Troisième concert Ysaye, avec le concours de M. Jacques Thibaud (Alhambra).\n\n*Mardi 12.* — 8 h. 1/2. Récital Busoni (Grande-Harmonie). — Même heure. Sonates (école belge), par Mlle A. Cholet et M. L. Delcroix (Salle Erard).\n\n*Mercredi 13.* — 8 h. 1/2. Séance du Trio Lorenzo : MM. von Lorenzo, E. Barat, I. Kuhner (Salle Erard). — Même heure. Concert de Mlle Stéfi Geyer, avec le concours du pianiste Paul Goldschmidt (Grande-Harmonie).\n\n*Vendredi 15.* — 8 h. 1/2. Troisième et dernière séance Bosquet-Chaumont (Salle Erard).\n\nEn raison du peu d'empressement que montre le public à seconder l'initiative prise par M. Eugène Ysaye pour lui faire connaître les œuvres de musique de chambre de l'École belge, celui-ci nous prie d'annoncer que les quatre séances qu'il comptait consacrer à ces œuvres n'auront pas lieu.\n\nL'Association des Concerts populaires de Liège, sous la direction de M. Debefve, annonce pour samedi prochain, à 8 heures du soir, son premier grand concert. Celui-ci aura lieu au Conservatoire avec le concours de M. P. Casals, violoncelliste.\n\nPablo Casals, le maître violoncelliste espagnol, qui fut le triomphateur du dernier Concert populaire, se fera entendre à la Grande-Harmonie le mardi 19 décembre, dans un concert organisé par la maison Schott frères et auquel coopéreront le pianiste Emile Bosquet et le violoniste Crieckboom.\n\nLe poète flamand A. Rodenbach (1856-1880), dont on connaît le superbe drame *Gudrun*, sera commémoré en une séance solennelle organisée par le Cercle des Étudiants flamands de l'Université de Bruxelles sous la présidence de M. Niko Gunzburg. Cette séance aura lieu jeudi prochain, à 8 heures du soir, à la Salle Gaveau. M. Auguste Vermeylen fera une conférence sur le poète et des lierers seront chantés par Mlle Denekamp et M. Floris T'Sjoen sous la direction de M. A. Wilford, directeur du *Kunstverbond*.\n\nL'Administration communale de Saint-Gilles nous prie d'annoncer qu'une place de professeur de figure antique, de dessin d'après nature et de composition décorative figurale est vacante à l'académie de dessin de Saint-Gilles (cours du 1er octobre au 15 avril). Traitement initial : 1,800 francs, avec augmentations périodiques.\n\nOn demande, d'autre part, à l'École industrielle, un professeur de décoration de styles (même période). Traitement initial : 900 francs, susceptible également d'augmentations périodiques.\n\nLes demandes ne sont recevables que pour l'une ou l'autre des deux places, les leçons ayant lieu aux mêmes heures, elles devront être adressées d'urgence à l'Administration. Les deux emplois seront conférés par voie de concours.\n\nUne vente importante de pastels, aquarelles et dessins comprenant des œuvres de Claude Monet, Sisley, Pissaro, Lebourg, Toulouse-Lautrec, Jongkind, etc. aura lieu à l'hôtel Drouot (salle n° 1) samedi prochain, à 2 heures. Experts : MM. Bernheim, jeune.\n\n*Wallonia*, l'excellente revue folklorique dirigée par M. Oscar Colson (1), consacre sa livraison d'octobre aux Rapports préparés pour le Congrès Wallon qui rassemble à Liège, les 30 septembre, 1er et 2 octobre derniers, près de six cents adhérents.\n\nSignalons particulièrement, parmi les nombreux documents réunis, les études sur le Sentiment wallon dans l'Architecture (M. P. Jaspar), dans la Sculpture (M. J. Rulot), dans la Musique (M. E. Closson), dans la Peinture (M. A. Donnay), dans la Littérature française (M. Ch. Delchevalerie), dans la Littérature et le Folklore (M. M. des Ombiaux), qui offrent toutes un vif intérêt.\n\n(1) Liège, 10, rue Henkart.\n\n---",
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     "texte": "## NOUVEAUTÉS MUSICALES\n\néditées par M. GEORGES OERTEL, 17-19, rue de la Régence, BRUXELLES\n\nPAUL GILSON. — *La Princesse Rayon-de-Soleil*, légende féerique en quatre actes. (Poème flamand de P. DE MONT. Traduction française de M. LEFÈVRE.)\n\nPartition piano et chant. Prix : 20 francs.\n\nId. — *Nocturne* pour piano. Prix net : 2 francs.\n\nId. — *Paysages* pour piano. Prix net : 2 francs.\n\nId. — *Deux Mélodies* (P. DE MONT) pour chant et piano.\n\nTexte flamand, français et allemand. Prix net : 2 fr. chacune.\n\nCH. HENUSSE. — *Barcarolle*, petite pièce romantique pour piano.\n\nH. KLING — *Vers la Cime*, romance pour violon avec accompagnement de piano. Prix : 2 francs.\n\nPAUL LAGYE. — *Le Prélude du Rêve*, septuor (réduction pour piano). Prix : 2 francs.\n\nLÉON SOUBRE. — *Cours supérieur de solfège*. Deuxième partie.\n\nLeçons en clefs d'ut (2e, 3e et 4e ligne), de fa (3e ligne). Fascicules I et II. Prix net : 1 fr. 50 chacun.\n\n---\n\nLIBRAIRIE NATIONALE D'ART ET D'HISTOIRE\n\nG. VAN OEST & Cie\n\n16, rue du Musée, BRUXELLES.\n\nVient de paraître\n\nÉTUDES SUR L'ART FLAMAND\n\nLA RENAISSANCE SEPTENTRIONALE\n\nET LES PREMIERS MAITRES DES FLANDRES\n\nLes Origines. — Le XIVe siècle. — Les Van Eyck.\n\nPAR FIERENS-GEVAERT\n\nProfesseur d'Esthétique et d'Histoire de l'Art à l'Université de Liège et aux Cours d'Art et d'Archéologie de Bruxelles.\n\nBeau volume gr. in-8°, illustré de 106 reproductions dont 24 planches hors texte. — Prix : 10 francs.\n\nAu 1er janvier 1906 le prix de cet ouvrage sera porté à 12 francs net.",
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     "texte": "# Maison Félix MOMMEN & C°, Brevetés\n\nFABRIQUE ET ATELIERS : 37, RUE DE LA CHARITÉ, BRUXELLES  \nTéléphone 1947\n\nFabrique de Couleurs, Panneaux, Toiles, Vernis, etc., etc.\n\nSpécialité de tous les articles concernant la peinture, la sculpture,  \nla gravure, l'architecture et le dessin.\n\nRENTOILAGE, NETTOYAGE ET VERNISSAGE DE TABLEAUX\n\nGRAND PRIX ET MÉDAILLE D'OR À L'EXPOSITION DE S-LOUIS 1904\n\nPremières médailles aux Expositions d'Amsterdam, Paris, Liverpool, Le Havre, Bruxelles, Chicago, etc., etc.\n\n---\n\n# LIMBOSCH & CIE\n\nBRUXELLES 19 et 21, rue du Midi  \n31, rue des Pierres\n\n## BLANC ET AMEUBLEMENT\n\nTrousseaux et Layettes, Linge de Table, de Toilette et de Ménage,  \nCouvertures, Couvre-lits et Edredons\n\n## RIDEAUX ET STORES\n\nTentures et Mobiliers complets pour Jardins d'Hiver, Serres, Villas, etc.  \nTissus, Nattes et Fantaisies Artistiques\n\n## AMEUBLEMENTS D'ART\n\n---\n\n<table>\n  <tr>\n    <td>\n      INSTRUMENTS DE CONCERTS ET DE SALONS\n\n      **PIANOS J. OOR**\n\n      Diplômes d'Honneur et Médailles d'or à toutes les Expositions\n\n      **PHONOLA** appareil merveilleux, s'adaptant  \n      à tous pianos et permettant à  \n      chacun de jouer en virtuose avec nuances et sentiment.\n\n      BRUXELLES, 83, RUE NEUVE\n    </td>\n    <td>\n      E. DEMAN, Libraire-Éditeur  \n      86, rue de la Montagne, à Bruxelles.\n\n      ŒUVRES de MALLARMÉ, MAETERLINCK, VERHAEREN,  \n      VILLIERS de l'ISLE ADAM  \n      Constantin MEUNIER, Félicien ROPS, etc.\n\n      Bulletins périodiques d'œuvres rares et précieux en vente aux prix marqués.  \n      Catalogue envoyé gratuitement sur demande.  \n      Direction de ventes publiques de livres et estampes. Expertises.\n    </td>\n  </tr>\n  <tr>\n    <td>\n      Fabrique de cadres pour tableaux.\n\n      **Ch. XHROUET**  \n      192, rue Royale, Bruxelles\n\n      Cadres de tous styles et d'après dessin pour tableaux  \n      aquarelles, pastels, etc.\n\n      LE PLUS GRAND CHOIX DU PAYS  \n      PRIX MODÉRÉS\n    </td>\n    <td>\n      FABRIQUE DE CADRES  \n      POUR  \n      TABLEAUX, GLACES, GRAVURES, AQUARELLES, ETC.\n\n      **PH. CERISIER**  \n      29, RUE DES DEUX-ÉGLISES, 29  \n      BRUXELLES\n\n      Spécialité de cadres pour tableaux. — Passe-partout en tous genres.  \n      Cadres anciens et modernes en tous styles.\n\n      Lavage et restauration de gravures.  \n      Dorure à l'eau et au four (genre ancien) pour l'ameublement.\n\n      Transport et expéditions — Prix modérés.\n    </td>\n  </tr>\n  <tr>\n    <td>\n      **Le Courrier musical**  \n      Directeur : M. Albert DIOT  \n      Paraissant le 1er et le 15 de chaque mois.\n\n      Rédaction : 128, rue de la Pompe, Paris.  \n      Administration : 2, rue de Louvois, Paris.\n\n      ABONNEMENTS : France, 12 francs l'an; Étranger, 15 francs.\n\n      Dépôt pour la Belgique chez MM. Breitkopf et Hertel, Bruxelles.\n    </td>\n    <td>\n      DEMANDEZ CHEZ TOUS LES PAPETIERS  \n      L'Encre à écrire indélébile  \n      BLUE-BLACK Van Loey-Noury  \n      SUPÉRIEURE A TOUTES LES AUTRES MARQUES\n\n      Imprimé sur papier de la Maison KEYM, rue de la Buanderie, 12-14.\n    </td>\n  </tr>\n</table>\n\nBruxelles. — Imp. V° MONNOM, 32, rue de l'Industrie.",
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